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L'âge des condottieri et des princes

Faillite de l'Empire et de la papauté

Après la disparition des Hohenstaufen, l'empereur germanique se désintéresse de l'Italie, et le gibelinisme décline. Il ne reprend vie que lors des rares campagnes impériales en Italie : Henri VII, en qui Dante voyait l'instrument de la paix et de la justice, échoue, et meurt en Toscane en 1313 ; Louis de Bavière et Jean de Bohême ne sont pas plus heureux. Après 1350, l'Empire n'est plus qu'une royauté allemande. La papauté ne profite guère de cet effacement. La curie est déchirée par les dissensions entre cardinaux français et italiens. Boniface VIII, tout en poussant à l'extrême la doctrine théocratique, ne parvient pas à se faire obéir à Rome, et est humilié par les envoyés de Philippe le Bel à Anagni (1303). Clément V, pape français, transfère à Avignon le siège de la papauté, et l'Italie est désormais « un navire sans nocher » (Dante).

Royaumes, républiques et seigneuries

Restent face à face des royaumes en déclin, des seigneuries triomphantes et quelques communes essayant de préserver leur liberté. Robert d'Anjou, roi de Naples, ne peut reconquérir la Sicile ; nommé par le pape Jean XXII vicaire impérial en Italie, il est le chef des guelfes, protecteur de Florence, mais se heurte à une coalition des seigneurs de Lombardie. Dans son propre royaume, son autorité s'affaiblit devant l'indépendance des barons et les appétits des commerçants florentins et vénitiens. Après la mort de Robert (1343), les égarements de la reine Jeanne Ire et les conflits entre branches angevines rivales provoquent une grave crise sociale et politique. En Sicile, malgré la valeur de quelques princes aragonais, le processus de désintégration féodale l'emporte sur les efforts de restauration de l'autorité monarchique.

Dans l'Italie du Nord et du Centre se développent des seigneuries puissantes qui cherchent à s'étendre grâce à l'action de bandes de mercenaires, menées par des condottieri. Les Visconti de Milan conquièrent la Lombardie puis, au temps de Jean Galeas, allié au roi de France, occupent Vérone, Padoue, Pise, Sienne, Bologne, menacent Florence et transforment leur principauté en duché. La mort subite de Jean Galeas en 1402 arrête provisoirement cette expansion. La Savoie accroît ses possessions piémontaises, et devient elle aussi un duché sous le règne d'Amédée VIII (1391-1431). La concession d'un titre impérial fait de la seigneurie, devenue héréditaire, un principat dont le chef, sans aucun lien avec son peuple, exerce une dictature que tempèrent coups d'État et assassinats. Les nouveaux États territoriaux absorbent peu à peu les petites seigneuries des Marches et de Romagne, et menacent dans leur existence les dernières grandes communes.

Gênes connaît au xive siècle une instabilité chronique qui la conduit à s'offrir à Robert d'Anjou, à se donner à partir de 1339 des doges perpétuels, mais trop vite renouvelés, puis, par crainte des Visconti, à accepter comme maître le roi de France Charles VI. Son impérialisme maritime se heurte en Orient aux intérêts vénitiens ; trois longues guerres opposent les deux rivales, sans vrai résultat. À Venise, le régime aristocratique se consolide, malgré les conspirations de Bajamonte Tiepolo et du doge Marino Falier. La République se fait conquérante pour assurer sa sécurité ; elle se constitue un État de Terre-Ferme comprenant Padoue, Vicence, Trévise, occupe l'Istrie puis le Frioul et une partie de la Dalmatie (1411-1420). Florence, qui a connu une grave crise bancaire entre 1342 et 1346, puis comme toute la péninsule, les méfaits de la peste noire de 1348, se relève à la fin du siècle. Le gouvernement, mené par l'oligarchie marchande, doit affronter la révolte sociale des Ciompi en 1378 et résister à la poussée des Visconti. Elle annexe Arezzo, Livourne et Pise, sa rivale de toujours (1406). Florence domine ainsi toute la vallée de l'Arno.

Le départ des papes pour Avignon a laissé les États de l'Église dans une complète anarchie. De petites seigneuries s'y constituent ; à Rome même, Cola di Rienzo, s'inspirant de souvenirs antiques, veut régénérer l'Italie en lui donnant un empereur national. L'aventure échoue, et la ville reste déchirée par les luttes entre grandes familles. Le cardinal Albornoz nettoie l'État pontifical des bandes de mercenaires, et rétablit l'ordre pour préparer le re [...]

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Italie : drapeau

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Le patriote italien Giuseppe Mazzini, vers 1870

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-600 à -200. Philosophes et conquérants

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Écrit par :

  • : maître assistant à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris
  • : professeur honoraire à l'université de Genève
  • : maître assistant à l'université de Paris-I
  • : professeur émérite d'histoire à l'université de Provence
  • : professeur à la faculté des lettres et sciences humaines de Grenoble

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Pour citer l’article

Michel BALARD, Paul GUICHONNET, Jean-Marie MARTIN, Jean-Louis MIÈGE, Paul PETIT, « ITALIE - Histoire », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/italie-histoire/