ITALIEHistoire

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le Risorgimento et l'unité

La lente conquête de l'indépendance demandera trois quarts de siècle, et, en dépit des aspirations et des complots des patriotes, elle ne sera possible qu'avec l'aide militaire et diplomatique de la France et l'appui de l'Angleterre.

Unité italienne

Vidéo : Unité italienne

Au milieu du XIXè siècle, il n'y a pas d'État italien. La conscience de l'existence d'une culture italienne spécifique a bien donné naissance à un mouvement culturel important, le Risorgimento, qui traduit l'aspiration des Italiens à prendre en charge leur devenir politique. Mais... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher

L'Italie républicaine et jacobine

La force de rupture de l'ordre ancien vient de la Révolution française. Les idées de 1789 suscitent, dans la bourgeoisie, des sympathies qui se traduisent par une sourde opposition aux souverains, rangés dans le camp antifrançais. En 1791, la Constituante annexe l'enclave pontificale du Comtat-Venaissin. En 1792, Victor-Amédée III de Savoie s'allie à l'Autriche. La Savoie et le comté de Nice sont envahis et annexés à la France après plébiscite. L'offensive de la « grande nation » se développe au printemps 1796. Après une fulgurante campagne, la victoire de Lodi ouvre la Lombardie à Bonaparte qui impose au Piémont, occupé, un traité signé à Paris, le 15 mai 1796. Il lui faudra cinq mois de durs combats autour de Mantoue (Bassano, Arcole, Rivoli), de septembre 1796 à janvier 1797, pour forcer la route de Vienne et imposer à l'Autriche les préliminaires de Leoben (7 avr.) confirmés par la paix de Campoformio (18 oct. 1797). L'empereur cède au Directoire la Lombardie et reçoit en compensation les terres de la république de Venise. Dans toute l'Italie, l'Ancien Régime s'écroule, sous la double poussée des armées françaises et de l'action des jacobins locaux. Une floraison de « républiques sœurs » adopte les institutions politiques et la législation nées de la Révolution. Le pouvoir passe à la bourgeoisie des propriétaires, la féodalité est abolie, les biens d'Église mis en vente. Bonaparte crée en Lombardie la république Cisalpine (26 juin 1797), qui absorbe l'éphémère république Cispadane, formée en Émilie et à Modène et qui s'était donné comme emblème le tricolore vert-blanc-rouge. Gênes s'érige en république Ligurienne (2 déc. 1797). Les Français occupent Rome et proclament la république Romaine (févr. 1798). Le roi de Naples perd ses États continentaux, où naît la république Parthénopéenne (23 janv. 1799), et se réfugie en Sicile. Dès décembre 1799, le Piémont est annexé à la France. Cette Italie jacobine s'effondre devant les succès de l'offensive austro-russe qui, de mars à août 1799, réoccupe la péninsule, sur laquelle s'abat la réaction.

Italie, 1799

Dessin : Italie, 1799

L'Italie au début de 1799 : la création de « républiques sœurs » sous l'influence de la Révolution française et les annexions autrichiennes. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher

L'Italie napoléonienne

Bonaparte, qui s'est emparé du pouvoir par le coup d'État du 18 brumaire (9-10 nov. 1799), redresse la situation. La victoire de Marengo (14 juin 1800) et la paix de Lunéville (9 févr. 1801) replacent l'Italie sous l'hégémonie française. Durant le Consulat, puis l'Empire, Napoléon, qui n'a pas de politique italienne préméditée, va opérer, au gré des circonstances, des remaniements autoritaires successifs. Ils aboutissent à une intégration au système continental français et à une extension du gouvernement direct, soit par le moyen d'annexions à l'Empire, soit par la création d'États vassaux, donnés à des membres de la famille Bonaparte. À l'image de la métropole, les institutions des anciennes républiques le cèdent au césarisme bureaucratique et centralisateur. En décembre 1801, les notables de la Cisalpine, réunis dans la Consulta de Lyon, créent une République italienne dont Napoléon est élu président. Le 31 mars 1805, elle est transformée en royaume d'Italie, dont l'Empereur ceint la couronne et qu'administre le vice-roi Eugène de Beauharnais. Dans un premier temps, le pape et le roi de Naples conservent leurs États, et la Toscane devient un royaume d'Étrurie, donné au duc de Parme. Après Austerlitz et la victoire sur la troisième coalition, puis à cause des nécessités du Blocus continental, l'emprise française se resserre sur l'Italie, dans le cadre du « système familial ». La Vénétie est annexée au royaume d'Italie, ainsi que Parme, Plaisance et Gênes. Élisa Bonaparte règne à Lucques et Piombino ; Pauline à Guastalla. Le roi de Naples est chassé de son trône, octroyé en 1806 à Joseph Bonaparte, puis, en 1808, à Joachim Murat. L'Étrurie est attribuée, en 1809, à Élisa sous le nom de grand-duché de Toscane. L'Empire annexe le Trentin et le littoral dalmate [...]

Bataille de Marengo

Photographie : Bataille de Marengo

Le 14 juin 1800, ce n'est qu'avec l'arrivée in extremis du corps d'armée de Desaix que Napoléon peut retourner la situation et l'emporter sur les Autrichiens. Huile sur toile de Louis-François Lejeune (1775-1848). Château de Versailles. 

Crédits : VISIOARS/ AKG

Afficher

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 41 pages

Médias de l’article

Italie : drapeau

Italie : drapeau
Crédits : Encyclopædia Universalis France

drapeau

Le patriote italien Giuseppe Mazzini, vers 1870

Le patriote italien Giuseppe Mazzini, vers 1870
Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

photographie

-600 à -200. Philosophes et conquérants

-600 à -200. Philosophes et conquérants
Crédits : Encyclopædia Universalis France

vidéo

500 à 600. Reconquêtes

500 à 600. Reconquêtes
Crédits : Encyclopædia Universalis France

vidéo

Afficher les 42 médias de l'article


Écrit par :

  • : maître assistant à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris
  • : professeur honoraire à l'université de Genève
  • : maître assistant à l'université de Paris-I
  • : professeur émérite d'histoire à l'université de Provence
  • : professeur à la faculté des lettres et sciences humaines de Grenoble

Classification

Voir aussi

Les derniers événements

18-31 août 2015 Union européenne. Crise migratoire.

Sur les quarante mille demandeurs d’asile hébergés en Italie et en Grèce, dont la Commission avait demandé, en mai, la répartition au sein de l’Union, seuls trente-deux mille deux cent cinquante ont été pris en charge – dont la moitié par l’Allemagne et la France. Les deux dirigeants préconisent une aide accrue aux pays frontaliers des zones de guerre – Turquie, Liban, Jordanie – qui accueillent de nombreux exilés, ainsi que l’ouverture de centres d’accueil en Italie et en Grèce, destinés à trier les migrants. […] Lire la suite

2-30 mai 1986 U.R.S.S. Suites de l'accident de Tchernobyl

et en Italie, les chefs d'État et de gouvernement des sept pays industrialisés, réunis au sommet de Tōkyō, abordent le problème de la sécurité nucléaire. Le 12, un nouveau bilan de la catastrophe fait état de six morts (auxquels il faut ajouter deux personnes décédées au moment de l'accident) et de trente-cinq brûlés et irradiés dans un état grave. […] Lire la suite

13 avril 1986 Italie. Visite du pape Jean-Paul II à la synagogue de Rome

Jean-Paul II se rend à la synagogue de Rome, située non loin du Vatican, de l'autre côté du Tibre. C'est la première fois dans l'histoire du Vatican qu'un pape accomplit ce geste. Accueilli par Giacomo Saban, président de l'Union israélite de Rome, puis par le grand rabbin Elio Toaff, Jean-Paul II, après la lecture en italien et en hébreu d'un passage du Livre de la Genèse, répond à l'allocution du grand rabbin. […] Lire la suite

23 octobre - 3 novembre 1983 Liban. Attentat à Beyrouth contre les soldats américains et français de la force multinationale

À son retour à Paris, il confirme que « la France reste et restera fidèle à son histoire et à ses engagements ». Le 26, le vice-président américain George Bush effectue à son tour une courte visite à Beyrouth. Le 27, les ministres des Affaires étrangères des quatre pays associés au sein de la force multinationale (États-Unis, France, Grande-Bretagne et Italie) se réunissent au château de La Celle-Saint-Cloud, près de Paris. […] Lire la suite

4-12 août 1983 Italie. Premier gouvernement de coalition à direction socialiste

Le 4, Bettino Craxi, secrétaire général du P.S.I., constitue, pour la première fois dans l'histoire de la République italienne, un gouvernement présidé par un socialiste. Mais, seize des vingt-neuf membres qui le composent, dont deux anciens présidents du Conseil : Giulio Andreotti (Affaires étrangères) et Arnaldo Forlani, vice-président du Conseil), appartiennent à la Démocratie chrétienne. […] Lire la suite

Pour citer l’article

Michel BALARD, Paul GUICHONNET, Jean-Marie MARTIN, Jean-Louis MIÈGE, Paul PETIT, « ITALIE - Histoire », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/italie-histoire/