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ITALIE Histoire

L'Italie, pôle de développement de l'économie occidentale

Les origines de l'essor économique

Le déclin de la vie d'échanges, sensible dans tout l'Occident jusqu'au xe siècle, a épargné les régions italiennes qui, longtemps byzantines, ont maintenu des relations avec Constantinople et le monde musulman. Amalfitains et Vénitiens portent en Orient des bois et des esclaves ; ils y achètent soieries, épices et drogues qui sont acheminées vers Pavie et parviennent en Flandre dès la seconde moitié du xie siècle. En 1082, Venise, supplantant Amalfi, obtient l'usage presque exclusif du marché constantinopolitain. Au même moment, Gênes et Pise arment des flottes pour répondre aux pirateries des Sarrasins. Les croisades ne font qu'accroître une vie de relations économiques déjà active en Italie au xie siècle.

Les flottes italiennes transportent, protègent, ravitaillent les croisés. En échange de leur aide, Génois, Vénitiens, Pisans obtiennent dans les villes de Syrie franque des privilèges fiscaux et la concession d'un quartier, embryon d'une colonie permanente. Les marchands italiens fréquentent aussi les ports de Berbérie, Alexandrie, accroissent leur influence à Constantinople où Pisans et Génois sont à leur tour admis. Malgré d'inévitables rivalités entre les cités maritimes, des colonies italiennes se créent sur tout le pourtour du bassin méditerranéen ; en raison de leur avance technique, du rôle qu'ils ont joué dans les croisades, les marchands italiens s'assurent le monopole du commerce en Méditerranée.

Les formes de l'activité économique

L'Italie, pauvre en plaines, a une vocation agricole médiocre. L'accroissement de la population, à partir du xie siècle, impose l'amélioration des anciens terroirs et la mise en valeur de terres nouvelles. Les défrichements font reculer les espaces boisés ; de nouveaux villages se créent ; de grands travaux de drainage sont entrepris dans la plaine du Pô ; vignes et olivettes prospèrent sur des terrasses aménagées. Des capitaux urbains s'intéressent à l'aménagement de domaines ruraux, que stimule la généralisation du métayage dans l'Italie des communes au profit des serfs affranchis. Malgré ces progrès, la terre ne suffit pas à nourrir une population en constant accroissement ; pour les Italiens le commerce est une « frontière ».

Dans le renouveau des xie et xiie siècles, la vie d'échanges occupe la première place. À l'organiser, les Italiens font preuve d'initiatives originales, fondées sur les principes de l'association commerciale et de la division des risques. Les contrats de commenda, de societas maris et de colleganza permettent de réunir les capitaux et d'intéresser aux bénéfices du commerce grands et petits investisseurs. Pour limiter les risques de mer, la propriété et la cargaison des bateaux sont divisées en parts aisément négociables. À Sienne et à Florence se créent des sociétés stables ou compagnies qui groupent de nombreux participants. Ceux-ci mettent en commun leurs capitaux et s'adonnent au grand commerce, mais aussi à la banque et à l'industrie. Sous des formes diverses, les villes italiennes, surtout celles du Nord et du Centre, s'enrichissent par une intense vie d'échanges.

Dans les ports barbaresques, les Italiens apportent les produits d'Italie et d'Orient, et acquièrent l'or africain qui leur permet, croit-on, d'équilibrer leur balance commerciale avec l'Orient ; là même, ils vendent des esclaves, des armes, des draps pour acheter des tissus précieux et des épices. L'appât du gain pousse les marchands à se procurer directement les produits orientaux. Ayant échoué contre l'Égypte, les Italiens créent autour de Constantinople un empire latin dominé par Venise (1204), puis, après la restauration byzantine de 1261, ils fondent des comptoirs[...]

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Écrit par

  • : maître assistant à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris
  • : professeur honoraire à l'université de Genève
  • : maître assistant à l'université de Paris-I
  • : professeur émérite d'histoire à l'université de Provence
  • : professeur à la faculté des lettres et sciences humaines de Grenoble

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Le patriote italien Giuseppe Mazzini, vers 1870 - crédits : Hulton Archive/ Getty Images

Le patriote italien Giuseppe Mazzini, vers 1870

-600 à -200. Philosophes et conquérants - crédits : Encyclopædia Universalis France

-600 à -200. Philosophes et conquérants

500 à 600. Reconquêtes - crédits : Encyclopædia Universalis France

500 à 600. Reconquêtes

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