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La conquête romaine

La République romaine

Divers points sont encore l'objet de discussions.

L'expulsion des Tarquins ne résulterait pas d'une révolution intérieure, mais serait « un épisode du vaste conflit qui mettait aux prises dans le Latium des coalitions militaires rivales » (J. Heurgon). C'est Porsenna, roi tyran de Chiusi, qui aurait chassé Tarquin en prenant la ville (ce que la tradition a pieusement dissimulé), qu'il entraîna dans sa première guerre avec la Ligue latine, formée autour de Tusculum et d'Aricie.

La République serait née non pas exactement en 509 avant J.-C., date probable de l'arrivée de Porsenna, mais un peu plus tard.

L'influence étrusque ne cessa nullement après l'expulsion des rois : on connaît parmi les consuls des premières décennies des chefs de grandes familles étrusques ayant partie liée avec l'aristocratie romaine. Cette persistance de l'influence étrusque, attestée archéologiquement, a incité certains savants à retarder jusque vers 475-470 avant J.-C. l'expulsion des rois, ce qui semble excessif.

L'apparition des consuls, dont le nom même reste inexpliqué, est obscure : après la chute des rois, on aurait créé deux praetores maiores au lieu d'un praetor maximus, afin de satisfaire des tendances rivales, et ces préteurs auraient reçu, dans la première partie du ve siècle, le nom de consuls.

Enfin, l'origine du patriciat et de la plèbe n'est pas claire : un antagonisme de classes a dû exister dès l'époque royale, et s'est exacerbé plus tard, le patriciat étant en somme le résultat de la fermeture (la « clôture », selon J. Heurgon) de l'ancienne aristocratie des gentes, désireuse de se réserver les pouvoirs politiques (magistratures) et religieux (sacerdoces).

De là vient la fameuse « lutte des deux ordres ». Favorisée par les conditions économiques et militaires (organisation centuriate, tribus territoriales, développement du commerce et de l'activité artisanale), la plèbe usa de la force (sécessions) et des alliances politiques pour obtenir la création des tribuns de la plèbe, la reconnaissance de ses assemblées (concilia) et de leurs décisions (plebiscita), la rédaction de lois écrites (loi des XII Tables, œuvre des décemvirs au milieu du ve s. av. J.-C.), et finalement l'égalité complète dans une cité dont les institutions se précisèrent peu à peu jusqu'à la fin du ive siècle avant J.-C. Ce fut en réalité la victoire de la noblesse patricio-plébéienne (nobilitas), née des alliances matrimoniales et des combinaisons de clientèles au sein de la classe riche. Mais, dans l'intervalle, Rome avait conquis l'Italie.

Les étapes de la conquête

Dès le début, Rome dut se défendre contre les coalitions et l'encerclement, et grandit peu à peu, malgré de nombreux revers, grâce à la stabilité de ses institutions (rôle éminent du Sénat), à la constance de ses citoyens, aidés de plus en plus par les contingents levés chez les peuples déjà soumis, grâce aussi à une adroite politique de récompense des fidélités. Elle se heurta successivement, et parfois simultanément, aux Latins, aux Étrusques, aux Gaulois, aux Samnites et à certaines villes grecques de l'Italie du Sud.

Les Latins formaient une fédération, le nomen latinum, avec un conseil, un chef militaire fourni à tour de rôle par chaque peuple, et des centres religieux. Rome en fit longtemps partie, et les conquêtes initiales furent latines plutôt que romaines : les premières colonies, fondées aux limites du Latium contre les Eques et les Volsques, sont latines, donc fédérales (Cora, Norba, Satricum, Velitrae), la plus ancienne colonie proprement romaine étant Ostie, en 335 avant J.-C. seulement. La Ligue latine fut affaiblie par les conflits qui opposaient ses principales villes, Tibur, Préneste, Lavinium et Rome elle-même, qui, plus forte, parvint à elle seule à s'opposer, puis à s'imposer à l'ensemble de tous les autres peuples de la Ligue. En 338 avant J.-C., elle fut dissoute, et le Latium unifié sous l'autorité romaine, les villes diversement traitées perdirent d'importantes parties de leur territoire, et leurs habitants, jouissant d'un droit inférieur (jus Latii), vinrent doubler les effectifs légionnaires. Bien avant cette date, Rome avait dû lutter contre les Étrusques de Véies, contre les montagnards de l'intérieur, attirés par les plaines côtières et la mer, se débarrasser des Gaulois qu [...]

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Italie : drapeau

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Le patriote italien Giuseppe Mazzini, vers 1870

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Écrit par :

  • : maître assistant à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris
  • : professeur honoraire à l'université de Genève
  • : maître assistant à l'université de Paris-I
  • : professeur émérite d'histoire à l'université de Provence
  • : professeur à la faculté des lettres et sciences humaines de Grenoble

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Pour citer l’article

Michel BALARD, Paul GUICHONNET, Jean-Marie MARTIN, Jean-Louis MIÈGE, Paul PETIT, « ITALIE - Histoire », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 octobre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/italie-histoire/