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ATLANTIQUE HISTOIRE DE L'OCÉAN

On rencontre, dès l'Antiquité, le mot « Atlantique » pour désigner le grand océan qui se trouve à l'ouest de l'Europe. Selon Hérodote, ce nom lui viendrait du peuple des Atlantes, qui habitait le Maroc. La dénomination disparut au Moyen Âge. On lui préféra alors celle de « mer Occidentale » ou quelquefois de « mer du Nord ». Mais le géographe Mercator fit revivre le mot « Atlantique » en le plaçant sur sa célèbre mappemonde, en 1569, et ce terme se substitua dès lors, peu à peu, à celui de « mer Océane » des vieux cartographes français.

L'Atlantique dans l'Antiquité

Il est certain que les populations préhistoriques campèrent sur les rivages de l'Atlantique. Se risquèrent-elles sur leurs eaux à bord de frêles esquifs ? C'est possible, rien dans l'état actuel de nos connaissances ne permet de l'affirmer. L'Atlantique, en effet, n'entre pas dans l'histoire avant l'an 600 avant J.-C. Hérodote raconte qu'à cette époque le pharaon d'Égypte Néchao II aurait accompli le périple de l'Afrique. Parti de la mer Rouge, il aurait été de retour en Méditerranée trois ans plus tard, après avoir franchi les colonnes d'Hercule. Exploit remarquable, s'il était confirmé. Mais rien n'est venu, jusqu'à présent, corroborer le récit d'Hérodote. On est certain que les Phéniciens, qui possédaient au demeurant de meilleures embarcations que les Égyptiens, ont franchi le détroit de Gibraltar. En 465 avant notre ère, Hannon, magistrat de Carthage, reçut l'ordre d'aller établir des colonies au-delà des colonnes d'Hercule. Il partit avec trente mille personnes, sur soixante navires. Il fonda ainsi, sur la côte actuelle du Maroc, les colonies de Thyméatherion (Mehédia) et Caricur (Agadir ?). Poursuivant sa route vers le sud, il doubla le cap Vert et aurait atteint la région du Cameroun. Au retour, Hannon et ses compagnons visitèrent des îles qu'ils nommèrent « Fortunées » à cause de la richesse de leur végétation : ce sont les Canaries. Ils abordèrent aussi à Madère. On a dit que certains membres de l'expédition, séparés du gros par une tempête, auraient été poussés par les vents jusqu'en Amérique. Rien ne le confirme. Pendant qu'Hannon cinglait vers le sud, un de ses compagnons, Himilcon, se dirigeait vers le nord, explorait l'île d'Albion (l'Angleterre), les Cassitérides, ou îles à étain (les Sorlingues), l'île Sacrée (l'Irlande). À dater de ces explorations, Phéniciens, Carthaginois et Grecs nouent, par l'Atlantique, des relations commerciales avec les pays de la mer du Nord, de la Baltique et de la côte atlantique du Maroc. Vers 340 avant notre ère, un Grec de Marseille, Pythéas, renouvelle l'exploit d'Himilcon, et se rend encore plus avant dans le Nord. Il atteint, en effet, l'île de Thulé, où la durée du jour était de vingt-quatre heures. Il s'agit sans doute de l'Islande. Durant l'Antiquité classique et le haut Moyen Âge, il ne semble pas que les Européens aient dépassé les régions atteintes par Hannon, Himilcon ou Pythéas.

Jusqu'au ixe siècle de notre ère, les routes de l'Atlantique, qui longeaient de près les côtes de l'Afrique septentrionale et de l'Europe, furent dominées par des Méditerranéens : Égyptiens, Phéniciens, Grecs, Romains, Arabes.

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Écrit par

  • : doyen de la faculté des lettres et sciences humaines de Toulouse
  • : maître de conférences en histoire contemporaine à l'université de Nantes

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

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