AMÉRIQUE (Histoire)Découverte

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Étymologiquement le mot « Amérique » vient d'Amerigo, prénom de Vespucci. Il a été inventé par Martin Waldseemüller qui, dans sa Cosmographie (1507), proposa d'appeler Amérique la « quatrième partie du monde », prétendument découverte par le Florentin.

Amerigo Vespucci

Photographie : Amerigo Vespucci

Navigateur florentin considéré comme un des successeurs de Christophe Colomb, Amerigo Vespucci fit quatre expéditions dans le Nouveau Monde, découvrant le Venezuela en 1497, et donnant son prénom au continent américain. 

Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

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La « découverte de l'Amérique » a été une œuvre collective. Qui peut savoir quel pêcheur anonyme est parvenu le premier sur les bancs de Terre-Neuve ? Et puis, les équipages de Colomb n'étaient-ils pas galiciens, basques ? Le « Découvreur » n'était-il pas tributaire de la science nautique apprise au Portugal ? Le Vénitien Cabot ne naviguait-il pas pour le compte de la monarchie anglaise, l'Italien Verrazzano pour celui du roi de France ?

Toutefois, si le nom de Colomb reste attaché à la découverte de l'Amérique, c'est parce qu'il fut l'initiateur génial d'une aventure pleinement consciente que vint couronner un succès grandiose. Il fut aussi un des premiers, quoi qu'on en ait dit, à avoir le pressentiment qu'il avait trouvé « un nouvel hémisphère inconnu des Anciens ».

Les grandes découvertes géographiques débutent au xve siècle. Néanmoins, on ne peut faire abstraction des « siècles obscurs » où les connaissances empiriques des Scandinaves, puis des marins du littoral atlantique, ont certainement permis une première atteinte du continent américain.

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Une découverte inconsciente

Les navigations scandinaves

Il est aujourd'hui certain que ces extraordinaires navigateurs qu'ont été les Vikings ont su aller en droiture de la Norvège au Groenland du Sud, et au-delà, sans se servir de cartes ni de boussole, en suivant approximativement le 60e parallèle. Ces navigations eurent pour résultat une véritable colonisation du Groenland et de certains territoires de l'Amérique septentrionale. Qu'allait-on y chercher ? L'huile de phoque, l'ivoire de morse, les pelleteries. Cette implantation s'est faite à partir de l'Islande, qui avait été occupée par les Norvégiens en 874. D'après une saga, un certain Erik le Rouge, proscrit d'Islande, cingle vers l'ouest en 982, découvre la pointe sud du Groenland, puis va continuer la chasse et la pêche sur une côte qui est peut-être la terre de Baffin. Si la saga dit vrai, Erik serait ainsi le premier découvreur de l'Amérique. Revenu en Islande, il en repart avec vingt-cinq bateaux et plusieurs centaines de colons, qui s'établissent dans la « Terre verte ». Il y aura deux sièges épiscopaux (qui, en 1357 encore, étaient en mesure de verser au denier de Saint-Pierre 250 défenses de morse). Au xive siècle, des relations régulières se poursuivent entre le Groenland, l'Islande et même la lointaine Norvège. Puis, sous l'action combinée de migrations d'Eskimos et, semble-t-il, d'un refroidissement du climat, la population européenne du Groenland diminua, dégénéra et finit par disparaître.

L'histoire des établissements groenlandais en Amérique proprement dite est attestée par trop de textes, confirmée par des découvertes archéologiques, pour qu'on puisse la récuser. Les courants marins portaient tout naturellement les Groenlandais vers le sud-ouest, notre Labrador actuel. C'est le Markland et le Helluland des sagas, où l'on voit, au xie siècle, les Groenlandais aller chasser, pêcher, charger du bois. Un peu plus au sud, il est question d'un mystérieux Vinland (Pays du vin) : la « Saga des Groenlandais » raconte que, à la fin du xe siècle, un certain Bjarn, marchand norvégien, déporté par les vents du nord-est alors qu'il se rendait à la Terre verte, vint aborder sur une côte où il trouva des raisins sauvages. Bjarn reviendra dans ces parages en compagnie de Leif, fils d'Erik le Rouge.

Plusieurs expéditions se succédèrent ensuite dans « les abris de Leif ». Et les sagas parlent de combats contre les Skraelinger (les Eskimos ?) et d'autres indigènes (qui seraient des Indiens).

On ne sait au juste où se situait le Pays du vin. Il s'agit sans doute de Terre-Neuve et du littoral de la Nouvelle-Écosse, jusqu'au cap Cod. Il est question du Vinland dans l'Histoire d'Adam de Brême (1070). D'autre part, les Annales islandaises rapportent qu'un évêque du Groenland s'y rendit en 1127.

La question du Vinland connut un regain d'intérêt avec la découverte d'une carte que l'université Yale a acquise (cf. R. A. Skelton & T. E. Marston, The Vinland Map and the Tartar Relation, Princeton-Londres, 1965). Sur ce planisphère sont figurés l'Islande, le Groenland et, plus à l'ouest, une grande « Vinlanda insula ». Une légende en latin raconte que cette terre fut trouvée par Bjarn et Leif. Mais, après examen, la plupart des chercheurs la considèrent comme un faux.

Terre-Neuve et les routes de la pêche

L'île de Terre-Neuve, en face de l'embouchure du Saint-Laurent, semble avoir été connue de bonne heure des marins européens. Certains érudits situent le Vinland sur le littoral nord-est (baie de la Trinité). Mais ce n'est pas tant la vigne que le poisson – la morue surtout – qui attirait sur les bancs de Terre-Neuve les marins du littoral atlantique. On faisait grande consommation de poisson au Moyen Âge (153 jours de maigre étaient prescrits). Quel pêcheur anonyme, poussé par la tempête ou des courants favorables, échoua le premier sur ces côtes poissonneuses ? Fut-il anglais, breton, basque (on sait que les Basques allaient chasser la baleine dans ces parages), ou portugais ? En tout cas, le « secret de Terre-Neuve » était connu des Bretons au xve siècle (un acte de 1514 consigne la déclaration de marins de Paimpol et de Bréhat, qui disent payer « depuis soixante ans » la dîme des morues pêchées sur les côtes d'Islande et « des Terres neuves »). Le nom de « Stockafixa », qui figure sur l'atlas de Bianco (1436) à l'emplacement d'une île de l'Atlantique Nord, est, en revanche, indiscutablement anglais (stockfish, morue). Les équipages portugais se rendaient probablement aussi dans ces eaux (et parfois en association avec les gens de Bristol) : certains historiens pensent que les navires de l'Açoréen J. Vaz Corte Real abordèrent à Terre-Neuve en 1472. Sur les cartes du xvie siècle, l'île et ses alentours sont appelés « Baccalaos » (bacalao signifie morue en castillan, bacalhau en portugais).

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Amerigo Vespucci

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Grandes découvertes : Espagne et Portugal à la conquête du monde

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Magellan (vers 1480-1521)

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Pour citer l’article

Marianne MAHN-LOT, « AMÉRIQUE (Histoire) - Découverte », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/amerique-histoire-decouverte/