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TAÏWAN [T'AI-WAN]

Nom officiel

Taïwan, République de Chine (TW) [n'est plus membre de l'O.N.U. depuis 1971]

    Chef de l'État

    Tsai Ing-wen (depuis le 20 mai 2016)

      Chef du gouvernement

      Chen Chien-jen (depuis le 31 janvier 2023)

        Siège du gouvernement

        Taipei

          Langue officielle

          Chinois mandarin

            Unité monétaire

            Nouveau dollar de Taïwan (TWD)

              Population (estim.) 23 356 000 (2024)
                Superficie 36 197 km²

                  Le développement économique

                  Encore essentiellement tournée vers l'agriculture dans les années 1950, Taïwan (Formose) est maintenant un lieu de référence pour les technologies de l'information. Située au carrefour de la Chine, du Japon et de l'Asie du Sud-Est, l'île fait son entrée sur la scène économique internationale au xviie siècle avec les Hollandais qui l'utilisent comme base pour leur commerce en Asie. Après une longue période pendant laquelle le continent chinois devient son partenaire commercial quasi exclusif (fin xviie-milieu xixe siècle), elle s'internationalise de nouveau grâce au commerce du thé, du sucre et du camphre (1860-1895), avant d'amorcer sa modernisation sous l'impulsion des Japonais qui y créent de nombreuses infrastructures, et à qui elle fournit d'abord des produits agricoles (riz, sucre, etc.), puis des matières premières (métaux, produits chimiques, etc.) pour répondre aux besoins de guerre (1895-1945). C'est cependant la séparation entre la république de Chine (Taïwan) et la République populaire de Chine en 1949 qui constitue le point de départ de son décollage économique.

                  Priorité à la stabilité

                  Lorsque Taïwan revient dans le giron chinois en 1945, son économie est en crise. Les bombardements américains ont considérablement affecté ses capacités productives, et le niveau de vie se dégrade rapidement sous l'effet d'une inflation galopante que ne parvient pas à endiguer la création, en mai 1946, d'une nouvelle monnaie, le dollar de Taïwan (Taiwan dollar). Pourtant, la guerre froide conduit très vite à un mariage de raison entre le gouvernement américain et Tchiang Kai-chek (Jiang Jieshi), qui met en œuvre une politique de développement devant assurer la stabilité économique et sociale sur l'île.

                  En juin 1949 est créé le nouveau dollar de Taïwan (New Taiwan dollar) afin de juguler l'inflation. Une réforme agraire limite le loyer à payer aux propriétaires terriens (1949) et permet une redistribution des terres aux fermiers (1951, 1953). Afin de pallier la pénurie de capitaux, Washington fournit une aide économique en nature (1,34 milliard de dollars américains) et financière (1,48 milliard de dollars) qui s'étalera sur les années 1950 et 1960. Le secteur agricole, grâce aux engrais chimiques, à de nouvelles techniques (le buffle sera progressivement abandonné), à une motivation plus forte chez les fermiers devenus propriétaires, parvient à la fois à nourrir une population en augmentation et à dégager des surplus pour l'exportation. S'appuyant sur le legs japonais, le secteur industriel se développe dans le cadre d'une économie protégée grâce à des taux de change différenciés favorisant la production locale de biens de consommation pour le marché domestique.

                  Une croissance tirée par les exportations

                  Mais cette politique se heurte à un marché taïwanais bientôt saturé. Les autorités de l'île décident donc de promouvoir les industries exportatrices en accordant des conditions préférentielles aux investisseurs étrangers (loi d'encouragement aux investissements, 1960), en établissant des « zones de transformation pour l'exportation » (1966, 1969) et en adoptant en 1968 un taux de change fixe sous-évaluant la monnaie nationale par rapport au dollar américain afin de rendre les produits taïwanais plus compétitifs sur les marchés étrangers. Des entreprises familiales dans les secteurs du textile ou de la chaussure deviennent sous-traitantes pour des firmes américaines ou japonaises qui profitent d'une main-d'œuvre abondante, peu onéreuse et possédant un bon niveau d'instruction. L'industrie électronique démarre : radios, téléviseurs dans les années 1960, calculatrices, téléphones dans les années 1970. L'État favorise l'innovation avec la création de l'Institut[...]

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                  Écrit par

                  • : docteur en études chinoises (Institut national des langues et civilisations orientales, Paris), maître de conférences en langue et civilisation chinoises à l'université Charles-de-Gaulle Lille 3
                  • : chercheur de troisième cycle à l'université de Paris-VII
                  • : docteur ès lettres, professeur émérite à l'université de Paris-Sorbonne
                  • : maître de conférences à l'Institut national des langues et civilisations orientales, maître de recherche à l'Institut français des relations internationales
                  • : journaliste
                  • : maître de conférences, responsable du centre de Taipei de l'Ecole française d'Extrême-Orient
                  • : professeur émérite des Université, université Bordeaux Montaigne
                  • : professeure émérite à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO)
                  • : docteur de troisième cycle en études sur l'Extrême-Orient et l'Asie-Pacifique, consultant-formateur Chine, journaliste
                  • : critique de cinéma, maître de conférences en histoire et esthétique de cinéma, université de Paris-III-Sorbonne nouvelle
                  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

                  . In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

                  Médias

                  Taïwan : carte physique - crédits : Encyclopædia Universalis France

                  Taïwan : carte physique

                  Taïwan : drapeau - crédits : Encyclopædia Universalis France

                  Taïwan : drapeau

                  Taïwan : contraintes naturelles et industrialisation - crédits : Encyclopædia Universalis France

                  Taïwan : contraintes naturelles et industrialisation

                  Autres références

                  • TAÏWAN, chronologie contemporaine

                    • Écrit par Universalis
                  • SHIMONOSEKI TRAITÉ DE (17 avr. 1895)

                    • Écrit par Vincent GOURDON
                    • 184 mots

                    L'annexion de Formose par le Japon est réalisée par le traité de Shimonoseki (17 avril 1895) qui achève la courte guerre sino-japonaise de 1894-1895. Elle marque la véritable entrée du Japon dans le cercle restreint des puissances impérialistes de la fin du xixe siècle. Longtemps fermé...

                  • ASIE (Structure et milieu) - Géographie physique

                    • Écrit par Pierre CARRIÈRE, Jean DELVERT, Xavier de PLANHOL
                    • 34 872 mots
                    • 8 médias
                    Taiwan, 35 970 km2, qu'un détroit peu profond, vraisemblablement un fossé tectonique, sépare de la Chine, est une île très montagneuse : le point culminant atteint 3 997 m dans le Yushan et le tiers de l'île a plus de 1 000 m d'altitude. Le relief dissymétrique dessine une concavité vers le Pacifique...
                  • ASIE (Géographie humaine et régionale) - Dynamiques régionales

                    • Écrit par Manuelle FRANCK, Bernard HOURCADE, Georges MUTIN, Philippe PELLETIER, Jean-Luc RACINE
                    • 24 797 mots
                    • 10 médias
                    Pendant la colonisation japonaise, la Corée etTaïwan se modernisent : infrastructures, quelques industries lourdes, développement agricole, instruction publique, formation d'une classe de technocrates. Une fois l'indépendance acquise et les troubles de la « guerre froide » dissipés, la réforme agraire...
                  • CHIANG CHING-KUO (1909-1988)

                    • Écrit par Yves SUAUDEAU
                    • 493 mots
                    • 1 média

                    Fils de Chiang Kai-chek (Tchiang Kai-chek) qui l'envoie, adolescent, suivre les cours de l'université Sun Yat-sen à Moscou, Chiang Ching-kuo (Jiang Jingguo) ne regagne la Chine qu'en 1937, soit dix ans après la rupture intervenue entre son père et Moscou. En Union soviétique, le jeune Chiang est entré...

                  • Afficher les 27 références

                  Voir aussi