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TAÏWAN [T'AI-WAN]

Nom officiel

Taïwan, République de Chine (TW) [n'est plus membre de l'O.N.U. depuis 1971]

    Chef de l'État

    Tsai Ing-wen (depuis le 20 mai 2016)

      Chef du gouvernement

      Chen Chien-jen (depuis le 31 janvier 2023)

        Siège du gouvernement

        Taipei

          Langue officielle

          Chinois mandarin

            Unité monétaire

            Nouveau dollar de Taïwan (TWD)

              Population (estim.) 23 356 000 (2024)
                Superficie 36 197 km²

                  La littérature

                  L'étude de la littérature taïwanaise devrait théoriquement envisager la diversité ethnique de l'île, y compris dans sa composante autochtone. En réalité, celle-ci a été pratiquement ignorée jusqu'aux années 1980, époque à laquelle des écrivains d'origine aborigène, mais s'exprimant en langue chinoise, ont commencé à attirer l'attention. La tradition orale de ces peuples a alors fait l'objet d'une collecte et d'une mise en forme. C'est donc, pour l'essentiel, de la littérature des immigrés chinois, largement majoritaires sur l'île, qu'il sera question ici, même si l'identité taïwanaise demeure éminemment problématique.

                  L'occupation japonaise

                  On sait que l'immigration en provenance du continent atteignit des proportions importantes à partir de la dynastie des Ming (1368-1644). Sous l'influence de Zheng Chenggong (Koxinga), l'île est devenue par la suite un bastion de la résistance aux Mandchous. C'est un fonctionnaire réfractaire à la dynastie mandchoue des Qing (1644-1911), Shen Guangwen (Shen Kwang-wen, 1612-1688), qui, après s'être exilé à Taïwan, y introduisit la culture lettrée chinoise.

                  Lorsque Taïwan passe aux mains des Japonais, en 1895 – après l'éphémère expérience républicaine –, la culture traditionnelle est donc solidement implantée. Elle sera remise en cause lors du mouvement dit de la « nouvelle littérature » (Xin wenxueyundong), qui démarre avec le lancement en 1920, par des étudiants résidant à Tokyo, de la revue Taiwan qingnian(Jeunesse taïwanaise), et qui promeut l'usage de la langue vernaculaire, l'éducation des masses et la critique sociale menée sur un mode réaliste. À la résistance armée, sporadique durant les vingt premières années d'occupation, succède alors la résistance culturelle. Toutefois, à Taïwan comme sur le continent, et probablement à un degré plus élevé, ce projet patriotique revêt une nécessaire ambiguïté, liée au fait que la défense de la nation passe par sa régénérescence, et donc par la dénonciation de son système social et de ses valeurs passées (féodalisme, confucianisme) autant que par l'ouverture à une modernité incarnée précisément par l'occupant nippon.

                  La parenté entre le mouvement de la nouvelle littérature taïwanaise et la révolution littéraire née du mouvement du 4 mai 1919, sur le continent, est évidente : Zhang Wojun (Chang Wo-chun, 1902-1955), un de ses principaux artisans, avait fait ses études à Pékin, où il résidera de 1926 à 1946. De son côté, Lai He (Lai Ho, 1894-1943), considéré comme le père de la littérature taïwanaise moderne, est comparé à Lu Xun. Néanmoins, le problème de la langue et de l'identité taïwanaises ne pouvait manquer de se poser rapidement : si Zhang Wojun estimait que le parler local de Taïwan ne réussirait à entrer dans la littérature qu'à la condition de se réformer, d'autres, surtout dans les milieux de gauche – Huang Shihui (Huang Shih-hui, 1900-1945) ou Guo Qiusheng (Kuo Chiu-sheng, 1904-1980) –, préconisent, à l'aube des années 1930, son usage immédiat. Ce qui n'était pas sans comporter de réelles difficultés linguistiques, la forme écrite du parler taïwanais étant encore largement à construire.

                  La question est restée d'ailleurs en suspens, le japonais ayant peu à peu supplanté le chinois au cours de la décennie suivante : à partir de 1930, en effet, l'emprise coloniale se renforce, et l'enseignement en langue japonaise se généralise chez les élites et dans la classe moyenne. Les écrivains, formés au Japon, utilisent ordinairement le japonais dans leurs œuvres, et concourent même pour des prix littéraires décernés dans ce pays – Yang Kui (Yang Kuei, 1905-1985), Lü Heruo (Lu Ho-jo, 1914-1950), Long Yingzong (Lung Ying-tsung, 1911-1999). C’est[...]

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                  Écrit par

                  • : docteur en études chinoises (Institut national des langues et civilisations orientales, Paris), maître de conférences en langue et civilisation chinoises à l'université Charles-de-Gaulle Lille 3
                  • : chercheur de troisième cycle à l'université de Paris-VII
                  • : docteur ès lettres, professeur émérite à l'université de Paris-Sorbonne
                  • : maître de conférences à l'Institut national des langues et civilisations orientales, maître de recherche à l'Institut français des relations internationales
                  • : journaliste
                  • : maître de conférences, responsable du centre de Taipei de l'Ecole française d'Extrême-Orient
                  • : professeur émérite des Université, université Bordeaux Montaigne
                  • : professeure émérite à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO)
                  • : docteur de troisième cycle en études sur l'Extrême-Orient et l'Asie-Pacifique, consultant-formateur Chine, journaliste
                  • : critique de cinéma, maître de conférences en histoire et esthétique de cinéma, université de Paris-III-Sorbonne nouvelle
                  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

                  . In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

                  Médias

                  Taïwan : carte physique - crédits : Encyclopædia Universalis France

                  Taïwan : carte physique

                  Taïwan : drapeau - crédits : Encyclopædia Universalis France

                  Taïwan : drapeau

                  Taïwan : contraintes naturelles et industrialisation - crédits : Encyclopædia Universalis France

                  Taïwan : contraintes naturelles et industrialisation

                  Autres références

                  • TAÏWAN, chronologie contemporaine

                    • Écrit par Universalis
                  • SHIMONOSEKI TRAITÉ DE (17 avr. 1895)

                    • Écrit par Vincent GOURDON
                    • 184 mots

                    L'annexion de Formose par le Japon est réalisée par le traité de Shimonoseki (17 avril 1895) qui achève la courte guerre sino-japonaise de 1894-1895. Elle marque la véritable entrée du Japon dans le cercle restreint des puissances impérialistes de la fin du xixe siècle. Longtemps fermé...

                  • ASIE (Structure et milieu) - Géographie physique

                    • Écrit par Pierre CARRIÈRE, Jean DELVERT, Xavier de PLANHOL
                    • 34 872 mots
                    • 8 médias
                    Taiwan, 35 970 km2, qu'un détroit peu profond, vraisemblablement un fossé tectonique, sépare de la Chine, est une île très montagneuse : le point culminant atteint 3 997 m dans le Yushan et le tiers de l'île a plus de 1 000 m d'altitude. Le relief dissymétrique dessine une concavité vers le Pacifique...
                  • ASIE (Géographie humaine et régionale) - Dynamiques régionales

                    • Écrit par Manuelle FRANCK, Bernard HOURCADE, Georges MUTIN, Philippe PELLETIER, Jean-Luc RACINE
                    • 24 797 mots
                    • 10 médias
                    Pendant la colonisation japonaise, la Corée etTaïwan se modernisent : infrastructures, quelques industries lourdes, développement agricole, instruction publique, formation d'une classe de technocrates. Une fois l'indépendance acquise et les troubles de la « guerre froide » dissipés, la réforme agraire...
                  • CHIANG CHING-KUO (1909-1988)

                    • Écrit par Yves SUAUDEAU
                    • 493 mots
                    • 1 média

                    Fils de Chiang Kai-chek (Tchiang Kai-chek) qui l'envoie, adolescent, suivre les cours de l'université Sun Yat-sen à Moscou, Chiang Ching-kuo (Jiang Jingguo) ne regagne la Chine qu'en 1937, soit dix ans après la rupture intervenue entre son père et Moscou. En Union soviétique, le jeune Chiang est entré...

                  • Afficher les 27 références

                  Voir aussi