FREUD SIGMUND (1856-1939)

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L'exil de Freud

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Une leçon clinique à la Salpêtrière, A. Brouillet

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Sigmund Freud est l'un des savants qui ont le plus marqué la pensée du xxe siècle. Parti d'une recherche sur l'étiologie des névroses, il a créé une œuvre qui déborde largement le domaine de la pathologie pour couvrir de nombreux secteurs du savoir, en particulier ceux qu'on groupe aujourd'hui sous le nom de sciences humaines. La théorie freudienne s'applique à l'homme normal comme au sujet malade ; elle décrit l'organisation de l'appareil psychique en s'appuyant principalement sur la notion d'inconscient, notion tout empirique, très différente de celle des philosophes, qui permet de définir la psyché dans ses rapports obscurs avec l'instinct (Trieb). Freud a dû lutter de longues années pour imposer cette idée d'un vaste espace mental soustrait à la conscience de l'individu, où cependant les souvenirs refoulés et les désirs interdits restent éternellement actifs. Longtemps seul pour affronter la résistance malveillante des milieux savants et du public, il comparait volontiers sa situation à celle de Copernic et de Darwin, qui, pour avoir humilié l'homme en lui montrant sa place dans l'ordre naturel des choses, s'étaient eux aussi attiré la haine et les sarcasmes des esprits conformistes. Il est vrai qu'après la publication de son livre majeur, Die Traumdeutung (La Science des rêves, Paris, 1926, ou, selon une version plus récente, L'Interprétation des rêves, Paris, 1967), il put peu à peu sortir de l'isolement, de sorte que, aidé de quelques disciples enthousiastes, il parvint à jeter les bases d'un véritable mouvement. Mais la paix ne lui fut pas accordée pour autant : il lui restait à se battre au-dehors comme au-dedans pour faire accepter chacune des conséquences de ses découvertes, puis pour préserver l'intégrité et le sens de sa doctrine. Admiré, aimé, raillé, trahi souvent par ceux-là mêmes qui s'étaient les premiers attachés à ses pas, il est demeuré intraitable sur cette portion de vérité qu'il avait conscience d'apporter à l'homme de son temps. Et c'est sans aucun doute à ce qu'il appelait lui-même son courage intellectuel qu'il doit d'avoir été l'un de ceux qui ont le plus fait pour abolir l'ancien régime de la pensée.

Le Freud d'avant Freud

La sphère familiale

Né à Freiberg, en Moravie, d'une famille de commerçants juifs aisés dont la situation sociale s'était dégradée, Sigmund Freud avait cinq ans lorsque ses parents se fixèrent à Vienne, où il passa presque toute sa vie (il y serait sans doute resté jusqu'à sa mort, n'eût été l'arrivée du nazisme qui, en 1938, le contraignit à l'exil) Il a lui-même souligné les deux données de sa biographie qui lui paraissaient propres, sinon à expliquer l'extraordinaire aventure de ses découvertes, du moins à éclairer les dispositions particulières de son esprit : ses origines juives et la structure remarquable du milieu familial dans lequel il avait grandi. De son judaïsme, il pensait tenir un jugement critique libre d'idées préconçues et de préjugés, ainsi que l'habitude de faire front à l'hostilité de la « majorité compacte ». Quant à sa situation de famille, le remariage du père avec une femme à peine plus âgée que le fils aîné du premier lit accusait sans aucun doute pour Sigmund Freud enfant le schéma affectif fondamental qu'il a décrit plus tard sous le nom de complexe d'Œdipe. Quoi qu'il en soit, du reste, du rôle qu'a pu jouer dans la genèse de ses idées ce rapprochement inhabituel de deux générations – son frère aîné aurait pu être l'époux de sa mère, tandis que son père était isolé par l'âge dans une sphère anormalement reculée –, le fait est que Jakob et Amalia Freud, vus par le fils génial qui fit sur eux la plus périlleuse des expériences intérieures, sont devenus les personnages exemplaires du drame secret de la famille humaine, où, à chaque génération, l'homme engage son destin.

L'exil de Freud

L'exil de Freud

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Sigmund Freud et sa fille Anna, lors de leur arrivée à Paris en 1938. Gravement malade, le fondateur de la psychanalyse, dont l'œuvre est l'une des cibles des autodafés nazis, s'est résigné à quitter Vienne pour Londres après l'Anschluss. 

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Les années d'apprentissage

Freud tenait de son père cette vénération de la connaissance intellectuelle qui traditionnellement fait partie de l'héritage juif ; après de solides études classiques, il se lança donc avec passion à la conquête du savoir, un peu au hasard du reste, sans se sentir pendant longtemps de vocation définie. Laissé libre de se choisir une profession, il s'inscrivit à la faculté de médecine de Vienne, non par goût, mais parce que la médecine lui paraissait propre à contenter son immense appétit (« Ni à cette époque ni plus tard, je ne ressentis d'inclination particulière pour la situation et les préoccupations du médecin, j'étais plutôt mû par une sorte de soif de savoir... »). Huit ans durant, il s'attarda à des cours de zoologie, de botanique, de chimie, de minéralogie, même de philosophie, jusqu'au moment où, sous l'influence de Ernst Brücke, directeur de l'institut de physiologie, il s'orienta enfin vers l'anatomo-pathologie, qui allait être pendant longtemps le domaine exclusif de sa recherche. Grâce à Brücke, le vieux maître auquel il garda toujours une grande admiration, il connut pour la première fois le calme dont il avait besoin pour prendre conscience de ses moyens scientifiques ; surtout, il se remit un peu des déceptions que lui avait causées l'Université (« Je devais, dit-il, m'y sentir inférieur et exclu de la nationalité des autres parce que j'étais juif... »). Et quoique par la suite il fût appelé à porter un rude coup aux doctrines positivistes de ses maîtres, précisément, il resta toute sa vie reconnaissant au premier « patron » qui lui avait transmis son idéal absolu de probité intellectuelle et sa foi dans la recherche ascétique de la vérité.

Freud a commencé sa carrière dans le domaine le plus opposé à celui qu'il a illustré, après l'avoir créé de toutes pièces au prix d'un pénible ostracisme. Engagé désormais dans les voies de l'anatomo-pathologie, science expérimentale dont les méthodes convenaient à son tempérament intellectuel autant qu'à son besoin de rigueur scientifique, il ne croyait certainement pas s'intéresser jamais à autre chose qu'aux moyens de mieux connaître le cerveau et le système nerveux, ni s'écarter en cela des principes sévères professés dans son entourage immédiat. En tant qu'élève de Brücke et de l'école du célèbre Helmholtz, il n'accordait de valeur qu'à l'observation et à la mesure dans l'exploration patiente de l'inconnu ; et non seulement il ne voyait rien au-delà des faits positifs, mais il partageait la méfiance générale de son temps pour tout ce qui, se dérobant à l'examen, tourne facilement à la spéculation. Matérialiste, positiviste au sens implicitement admis par la pensée scientifique dominante, donc fermement convaincu que les causes des maladies sont à rechercher dans l'organisme et que l'opinion contraire n'est qu'une illusion ou un préjugé, le Freud d'avant Freud aurait sans doute pu devenir l'un de ces chercheurs éminents qui se font un nom dans le cercle étroit de leur spécialité, plus ou moins loin du grand public. Rien, en tout cas, ne laissait présager qu'il allait suivre un autre chemin et rompre si brusquement avec le conformisme de son milieu, qu'il prendrait bientôt pour ses contemporains les traits suspects de l'hérétique ou, pis encore, du charlatan.

La compréhension de l'hystérie

Ce qui en a décidé n'est pas exactement un changement d'orientation, mais bien plutôt une circonstance matérielle : Freud était alors aux prises avec une situation précaire, parfois bien proche du dénuement, qui le contraignit finalement à abandonner le laboratoire pour la médecine pratique, sans grand espoir de poursuivre ailleurs une recherche désintéressée. S'étant résigné à devenir médecin malgré lui, « la mort dans l'âme », de son propre aveu, il ne tarda pas à rencontrer cette catégorie de malades importuns qu'on appelait alors des « nerveux » et qui, vu leur résistance remarquable à toutes les thérapeutiques, étaient pour les médecins un perpétuel sujet de découragement. Ces gens qui encombraient les consultations narguaient en effet la doctrine officielle puisque leurs troubles, exprimés à grand bruit et accompagnés de souffrances variées, mais sans aucun lien avec une lésion organique assignable, faisaient continuellement et scandaleusement injure à la théorie. Tenus dans l'ensemble pour des simulateurs peu dignes d'un intérêt médical, ils n'avaient d'autre recours que de grossir la clientèle des guérisseurs, magnétiseurs et empiriques de toutes espèces qui, s'ils ne pouvaient pas non plus grand-chose pour les soulager, avaient du moins l'avantage de prendre leur mal au sérieux. Comme tous les débutants, Freud eut en partage bon nombre de ces « nerveux » ingrats, mais, au lieu de se laisser rebuter par leur mauvaise réputation, il songea que leur cas valait peut-être la peine d'être examiné, d'autant que le praticien qui parviendrait à les guérir pourrait sûrement compter sur un rapide succès. C'est ainsi que, rejeté dans le camp du charlatanisme par une nécessité matérielle pressante autant que par une irrépressible curiosité, il en vint à se consacrer à l'irritante question de l'hystérie qui, déjà presque sortie des limites de la science, allait le lancer pour toute une vie dans la plus extraordinaire des aventures, et le forcer à créer une science inédite.

L'observation

En passant du laboratoire à l'étude de la « grande névrose », Freud n'eut pas tout d'abord à renier les principes méthodologiques qui inspiraient jusque-là sa démarche intellectuelle ; au contraire, l'enseignement de Charcot, auquel il devait en grande partie sa conversion, l'avait fortifié dans cette certitude que l'observation, fût-elle appliquée aux faits cliniques les plus déroutants, est la seule voie qui conduise à voir clair dans les choses encore inexpliquées ; la seule qui permette de classer, de définir, de nommer les phénomènes morbides, et de mettre par là un peu d'ordre dans le chaos des idées. Le maître qu'il avait suivi quelque temps dans les salles historiques de la Salpêtrière et qui, dit-il dans son éloge nécrologique, lui rappelait « Cuvier, le grand classificateur et connaisseur du monde animal dont on voit la statue en face du jardin des Plantes, entouré d'une foule de bêtes », ou bien encore évoquait pour lui « la figure mythique d'Adam qui, lorsque Dieu lui présenta toutes les créatures du Paradis afin qu'il les sépare et leur donne un nom, dut ressentir au plus haut degré la jouissance intellectuelle tellement prisée par Charcot », ce maître lui avait appris par son propre exemple que l'observation est en elle-même un acte de connaissance ; que comparer, séparer, donner un nom mène peu à peu à la vraie clairvoyance, c'est-à-dire à voir ce qu'on n'a jamais appris à voir et qui, pour cela même, paraît inexistant ou à jamais dérobé à la perception. Vers 1895, lorsqu'il s'attache à quelque chose que son propre milieu tend à rejeter comme un rebut de la science, il reste fidèle à cet enseignement, fondé certes sur les sciences naturelles, mais qui exige aussi de l'observateur le regard profond du visionnaire. Là-dessus le Freud de La Science des rêves ne pensera pas autrement que celui des Études sur l'hystérie : il a une fois pour toutes changé d'objet, non de méthode, ni de but. Et à aucun moment, pas même lorsqu'il se heurtera aux obstacles inattendus soulevés par ses propres découvertes, il ne cessera de travailler à réunir en lui l'ordre de Cuvier et le rêve extasié d'Adam.

Une leçon clinique à la Salpêtrière, A. Brouillet

Une leçon clinique à la Salpêtrière, A. Brouillet

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En 1882, Jean Martin Charcot devient titulaire de la prestigieuse chaire des maladies du système nerveux à l'hôpital de la Salpêtrière, à Paris. Sous son impulsion, son service va devenir le plus grand centre clinique neurologique d'Europe. André Brouillet, Une leçon clinique à la... 

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En fait, Freud ne s'est jamais posé en contempteur du positivisme contemporain, sauf pour lui reprocher de manquer lui-même à ses principes fondamentaux, le plus souvent sans s'en apercevoir, ou en niant le manquement au nom d'un intérêt scientifique mal compris. Ainsi les médecins savaient sur l'hystérie des choses dont ils parlaient volontiers entre eux, mais qu'ils passaient unanimement sous silence en public, de sorte qu'elles étaient exclues de leurs travaux et de leurs congrès. Un jour, Freud avait entendu Charcot dire à son assistant Brouardel que la « chose génitale » était toujours en jeu dans certains cas de troubles névrotiques ; toutefois, si c'était là sa pensée, il ne l'a jamais publiée, et personne sans doute n'en aurait fait état si Freud ne s'en était souvenu quelques années plus tard, lorsqu'il eut besoin d'une autorité reconnue pour appuyer son idée d'une étiologie sexuelle des névroses. De son côté, Josef Breuer avait affirmé devant lui que l'hystérie a souvent quelque rapport avec les secrets du lit conjugal, et, en lui confiant une malade, le célèbre gynécologue Chrobak s'était exprimé là-dessus encore plus crûment ; pourtant les deux médecins nièrent catégoriquement avoir tenu de pareils propos, et Charcot, lui eût-on demandé son avis, se fût lui aussi probablement déjugé. En l'occurrence, donc, les savants refusaient de se servir de la totalité de leur savoir, ils triaient préalablement leurs observations, séparaient le signifiant d'avec l'insignifiant, écartaient ou oubliaient une vérité quand ils la jugeaient bonne à taire, bref ils allaient contre leur doctrine, puisque celle-ci avait précisément pour fondement la notion d'examen sans exclusion et l'absence de préjugés.

L'expérience

La notion d'expérience n'était au fond pas mieux traitée. Charcot, par exemple, avait dressé un tableau impressionnant des symptômes hystériques, qui permettait de distinguer des nuances jusque-là inaperçues ; mais l'intérêt passionné qu'il donnait à ses malades entraînait une recrudescence spectaculaire de leurs troubles, à tel point qu'il lui suffisait d'entrer dans une salle pour provoquer ce « chaos de paralysies, de trémulations et de spasmes » qu'il croyait avoir seulement décrit et nommé. Faute de s'être avisé que cette situation en quelque sorte expérimentale, une fois reconnue pour telle et systématiquement exploitée, eût pu faire beaucoup pour éclairer la singularité des hystériques dans leur façon de vivre et d'exprimer leurs relations avec autrui, Charcot ne s'attira pas sans raison le reproche de « faire » des malades plutôt que de les amener à la guérison. La mésaventure de Breuer avec son célèbre cas Anna O. – mésaventure qui fit faire à Freud un formidable pas en avant, précisément parce qu'il sut en tirer la leçon – repose sur une méconnaissance analogue du fait expérimental créé par les conditions spéciales du traitement : au lieu de regarder les sentiments passionnés qu'il inspirait à la jeune fille comme le facteur décisif d'une expérience contrôlable – ce qui l'eût mené bien près du but –, Breuer en fut si épouvanté qu'il les chassa de son esprit (il est vrai qu'en la circonstance l'expérience interférait péniblement avec la vie intime du chercheur ; mais la science niait justement ces sortes d'interférences, et c'est en quoi résidaient son impuissance et ses illusions). Dans ces deux cas qui peuvent passer pour exemplaires, vu la haute figure des savants en cause, ni l'observation ni l'expérience n'étaient vraiment prises au sérieux ; enfermées par avance dans les limites étroites du connu ou du prétendu connaissable, elles échouaient nécessairement dès qu'il s'agissait de voir sous les choses déjà vues une portion nouvelle de réalité. Cependant la méthode elle-même restait hors de contestation, et Freud ne l'a jamais déclarée périmée ; bien plus, pendant toutes les années qu'il consacre au problème de l'hystérie, d'abord avec Breuer, puis, par la force des choses, contre lui, il n'a pas d'autre but que de lui restituer toute l'importance, toute la rigueur sans quoi la science expérimentale perd sa validité.

La méthode cathartique

Rendre à l'observation son sens plein, en recueillant indistinctement tous les faits et en s'abstenant de les préjuger ; puis confronter les résultats avec les artefacts produits par la situation thérapeutique, en demandant compte à l'expérience elle-même de ses réussites, de ses déviations inattendues et avant tout de ses échecs : tels sont les deux impératifs auxquels Freud a constamment subordonné sa tâche et qui, dans la mesure même où il les a pris au mot, l'ont forcé finalement à fonder une nouvelle science, non pas du tout à côté, mais bien dans le prolongement exact de l'ancienne. Pour observer correctement l'hystérique, on ne pouvait plus se contenter d'inventorier ses symptômes comme s'ils étaient isolés du reste de la personne ; il fallait replacer toutes les expressions de la maladie dans l'ensemble de l'existence du sujet, sans excepter les explications qu'il était peut-être à même de fournir sur son histoire personnelle et la genèse de ses troubles. Dès l'instant que l'hystérique n'était plus un simulateur, un menteur s'ingéniant à tromper le médecin pour se rendre intéressant, il y avait lieu de faire fond sur ses propos et même de l'inciter à parler librement, puisque, après tout, il était mieux informé que quiconque des accidents ayant compromis sa santé. Breuer déjà avait laissé Anna O. lui raconter en détail les circonstances dans lesquelles apparaissaient ses multiples symptômes et, alors que la jeune fille évoquait un enchaînement de faits précis, les troubles dont elle souffrait au moment même avaient cessé d'un coup, sans autre cause apparente que la magie des mots. Quand il se heurta aux effets irréguliers de l'hypnose et de la suggestion, Freud se rappela cette étonnante guérison et, sentant là un fait significatif, il adopta la méthode qu'Anna O. appelait « ramonage de cheminée » et Breuer « catharsis » (dite par la suite méthode Breuer-Freud), avec tout ce qu'elle impliquait de réceptivité pour les manifestations morbides apparemment les plus insensées. L'importance qui revenait désormais à l'expression verbale des troubles eut aussitôt pour conséquence des changements techniques décisifs, car Freud, devenu attentif à ce qu'il entendait autant qu'aux symptômes visibles, ouvert aussi à toutes les dispositions nouvelles dont ses malades prenaient l'initiative, amena les hystériques à collaborer activement à l'élucidation de leur propre mal. C'est ainsi que, grâce à une observation débarrassée de toute idée préconçue, il transforma des malades suspectes en auxiliaires intelligentes qui, le guidant à tâtons dans un lacis de symptômes et de symboles, l'entraînèrent peu à peu à remonter le cours du temps, jusqu'au fond du passé infantile où elles-mêmes n'avaient pas accès.

À partir de là, le traitement devenait une expérience dont les données immédiates variaient avec les réactions vivantes du sujet ; et au lieu de se résumer, comme il le faisait jusqu'alors, en un certain nombre d'essais plus ou moins fructueux, il retentissait directement sur la théorie, puisque le médecin n'inventait plus ses procédés en se fondant sur des précédents, mais en tâchant de comprendre chaque anomalie de l'expérience thérapeutique et chaque question soulevée par ses échecs. Freud ayant vu, à Paris, Charcot se servir d'un même moyen – l'hypnose – pour créer et supprimer des symptômes, il en avait déduit logiquement que « l'hystérie se comporte dans ses paralysies et autres manifestations comme si l'anatomie n'existait pas ou qu'elle n'en eût aucune connaissance ». À Nancy, la suggestion pratiquée par Bernheim lui avait montré que les hystériques savaient, mais pour ainsi dire à leur insu, quelque chose qui touchait de près aux causes de leur maladie ; seuls, ils ne pouvaient ni retrouver ni à plus forte raison exprimer ce qui restait mystérieusement caché à leur conscience ; l'hypnose et la suggestion servaient justement à faciliter ce rappel, mais elles n'avaient jamais d'effets durables ; par surcroît beaucoup de sujets y étaient en partie ou totalement insensibles, de sorte que les problèmes théoriques n'en tiraient pas grande clarté. Restait la « méthode cathartique » qui, si elle n'aboutissait elle aussi qu'à une brève guérison symptomatique, avait du moins le mérite de ramener le malade au monde de fantasmes et d'images où résidait apparemment son secret. Freud utilisa quelque temps ce dernier procédé, puis, l'ayant peu à peu épuré en écartant l'hypnotisme et tout ce qui ressemblait encore à de la suggestion, il put en faire finalement l'instrument original qui devait ouvrir à la clinique un champ d'observation encore inexploré, et donner pour la première fois une base solide à la théorie.

La technique des associations libres

Une fois devenue indépendante et établie comme règle exclusive de la cure, la technique dite des associations libres entraîna une à une toutes les découvertes que Freud mit ensuite des années à approfondir, en s'appuyant d'une part sur l'expérience clinique dont il avait reculé les bornes, d'autre part sur le raisonnement déductif, forme de pensée qui s'imposait d'elle-même pour compenser les difficultés de l'observation directe, dues à la résistance tenace des phénomènes inconscients. L'hystérie vécue dans la cure menait régulièrement à des souvenirs oubliés ayant affaire avec la genèse des symptômes ; donc à une zone d'ombre où l'oubli n'était pas l'oubli, et où les choses perdues pour la conscience gardaient une remarquable vitalité ; de plus, quel que fût le cours de leur récit, les malades revenaient toujours au plus lointain passé de leur enfance, et ce qu'ils en disaient forçait de conclure à l'existence d'une sexualité infantile qui, bien que le souvenir n'en fût pas conservé, avait scellé le destin psychique du sujet ; enfin, depuis qu'ils étaient libres de parler, tous sans exception racontaient abondamment leurs rêves, comme s'ils tenaient spontanément ces déchets de la vie nocturne pour des faits dignes d'attention dans la recherche de leur vérité. Là encore, Freud se comporta sérieusement avec les exigences et les ressources de l'expérience thérapeutique : le rêve survenait de façon imprévue dans les discours de la névrose, ce ne pouvait être sans raison, sa fréquence même était un indice dont l'analyse psychique devait pouvoir tirer parti pour reconstruire l'histoire secrète de la maladie. Il résolut donc de s'attaquer à cette nouvelle énigme, qui pouvait peut-être le guider dans le labyrinthe encore impénétrable des causes morbides et de leurs effets. Dès lors, le rêve devint pour la cure analytique ce qu'il était de toute évidence dans la vie intime des patients, et lorsque Freud en eut enfin la clé grâce à une méthode d'interprétation appropriée, il put franchir d'un coup le seuil inviolé de l'inconscient humain.

Naissance de la psychanalyse

Une fois rendue à sa spontanéité, l'hystérie conduisait à la technique des associations libres, laquelle, de son côté, obligeait à considérer le rêve comme un facteur décisif, révélateur non seulement des composantes inconscientes de certaines structures pathologiques, mais de l'organisation même de la psyché.

L'auto-analyse de Freud

Pourvue d'une méthode inédite et d'un espace mental ouvert pour la première fois à l'investigation, la psychanalyse commençait certes à s'affirmer comme une science indépendante, cependant elle n'était pas encore née, elle restait à maint égard hypothétique, et trop à la merci de son capricieux objet pour s'ériger en corps de doctrine. Pourtant, par l'un des paradoxes qui caractérisent son apparition dans le champ de la pensée, c'est précisément parce que Freud traversait alors une crise grave dans sa vie personnelle que la nouvelle science put sortir de la situation problématique où elle menaçait de s'enliser. Pour diverses raisons, en effet – la malveillance avec laquelle on accueillait ses travaux, la pression de grosses difficultés matérielles, les problèmes déroutants qu'il rencontrait chaque jour dans les cures, puis surtout la mort de son père, qui le plaça tout à coup dans la situation intérieure douloureuse que le contact des névrosés lui avait rendue familière –, il souffrait d'un malaise physique et moral très comparable à ceux qui motivaient les plaintes de ses clients, ce qui le porta à supposer qu'il était justiciable de la même sorte de traitement. Espérant se débarrasser de troubles pénibles s'il pouvait bénéficier de sa propre trouvaille, mais aussi comprendre en quelque sorte du dedans ce qui demeurait obscur dans les motivations cachées de la névrose, il se détermina à franchir le pas, sans autre aide qu'un immense appétit de savoir, ni autre instrument que son art tout neuf de déchiffrer les chimères de la nuit. Cette décision de s'analyser lui-même eut sur le cours de sa recherche un retentissement immédiat : elle apporta à la psychanalyse ce qui lui manquait pour se délivrer de ses dernières incertitudes théoriques et prendre rang parmi les autres sciences de l'esprit.

À quarante ans, donc, alors qu'il est marié, déjà père de cinq enfants, lié de tous côtés par des obligations sociales et des convictions arrêtées, Freud entreprend de remettre en cause ce qu'il pense et croit savoir de lui-même, en analysant ses rêves avec la même neutralité que s'ils ne venaient pas de lui. Les résultats de cette tâche dont il peut maintenant mesurer les périls sont consignés dans certains de ses ouvrages – en particulier dans La Science des rêves et dans Psychopathologie de la vie quotidienne –, mais les détails plus intimes n'en sont connus que par sa correspondance avec Wilhelm Fliess, un ami avec lequel il créa inconsciemment un équivalent de la situation analytique, en lui faisant jouer le rôle d'un substitut de l'autorité paternelle. Là, il décrit l'anxiété, l'abattement, l'exaltation, bref, les brusques changements d'état dont il est la proie ni plus ni moins que n'importe lequel de ses patients ; mais, s'il s'en plaint, il ne laisse pas non plus de s'en réjouir, d'abord à cause de la « beauté intellectuelle » de ce travail, dont il assure qu'il ne peut pas donner la moindre idée ; ensuite parce qu'il puise dans ses souffrances mêmes la certitude de ne s'être pas égaré. Pendant quatre ou cinq ans, il continue de descendre dans les régions inquiétantes où les fantômes de son lointain passé lui font revivre la sauvagerie première des passions ; mais, lorsqu'il remonte au jour, il a arraché à l'inconscient son secret le mieux gardé, et il peut s'engager dans la longue série des luttes qui accompagnent désormais la publication de ses idées.

Séduction précoce et complexe d'Œdipe

L'auto-analyse de Freud s'était faite dans des conditions trop anormales (absence de thérapeute et, partant, de transfert) pour aboutir à une guérison complète et durable, mais là n'était pas son principal intérêt ; elle avait pour but une connaissance totale de soi-même, capable de rendre au chercheur ce qu'il perdait à son insu par la faute de ses préjugés ou de ses raisonnements tendancieux. En fait, Freud l'avait commencée en grande partie pour surmonter les conséquences d'une grave illusion théorique dont il prenait vaguement conscience, sans toutefois parvenir à se l'expliquer. Se fiant à de nombreuses informations recueillies dans ses cures, il avait en effet soutenu que la cause de l'hystérie réside dans la séduction précoce de l'enfant par un adulte du sexe opposé (le père ou un éducateur pour la fille, la mère ou une gouvernante pour le fils) ; or, une fois cette thèse publiée, il s'était avisé qu'une circonstance aussi particulière pouvait difficilement avoir une portée universelle, à moins d'admettre le fait incroyable que tous les pères et toutes les mères eussent un comportement incestueux. Pourtant, les faits étaient là, tous les témoignages de ses malades concordaient ; comment était-ce possible ? pourquoi s'y était-il trompé si longtemps, et jusqu'à quel point sa théorie en était-elle infirmée ? Pendant plusieurs années, ces questions le laissèrent dans le plus profond désarroi, et c'est seulement lorsque l'analyse de ses rêves lui eut permis de reconstituer des faits datables de son enfance qu'il put remonter jusqu'à la source de l'erreur. Influencé comme il l'était par le processus d'identification propre à la situation analytique, il imputait au père (c'est-à-dire aussi au sien) la responsabilité de la séduction, mais en cela il se masquait les désirs incestueux de l'enfant (c'est-à-dire aussi les siens pour sa mère), qui pourtant en l'occurrence étaient les seuls à considérer. Ainsi, l'observateur prétendu impartial partageait les mêmes illusions que ses malades : il prenait leurs fantasmes pour des faits, et les ruses de l'inconscient pour l'expression de la vérité. Rarement erreur fut si féconde, il est vrai, car en s'apercevant que l'enfant séduit n'était qu'un mythe dissimulant l'enfant séducteur, prêt à tuer son père pour posséder une mère ardemment convoitée, il comprit d'un coup le drame fatal de toute enfance, qu'il nomma « complexe d'Œdipe », en souvenir des deux crimes commis par le héros grec. Dès lors, la psychanalyse était en possession de la pièce majeure de sa théorie, qui allait changer du tout au tout l'image que l'homme se forme de lui-même, et atteindre la science dans l'un de ses dogmes les mieux ancrés. En effet, issue d'une observation objective mal comprise, mais corrigée opportunément par une expérience intime vécue dans les replis de la subjectivité, elle démasquait par sa seule existence les prétentions du savant à l'impartialité, et, du même coup, elle se donnait la règle qui détermine jusqu'à présent les modalités spéciales de sa transmission : ayant démontré exemplairement qu'il n'y a pas d'observateur qui ne soit mû en quelque façon par les tendances inconscientes du complexe « œdipien », elle obligeait aussi à admettre qu'il n'y a pas d'analyste qui ne doive d'abord être analysé.

« La Science des rêves »

En publiant sa théorie du rêve sous le titre de Die Traumdeutung (1900), Freud semblait fournir un argument supplémentaire à ceux que ses travaux sur l'hystérie n'avaient qu'en partie ou pas du tout convaincus ; car, pour des oreilles allemandes, une Traumdeutung ne saurait être autre chose qu'une clé des songes, c'est-à-dire un ouvrage populaire qui, à la différence de ce que laisse entendre le titre français de La Science des rêves (ou L'Interprétation des rêves), vise uniquement à flatter le goût du public pour les prophéties et les révélations. Un pareil titre plaçait déjà l'ouvrage au voisinage de l'oniromancie – ce que Freud du reste avait partiellement voulu, l'expérience lui ayant montré que les croyances antiques touchant la signification des rêves reposaient sur un fond de vérité –, mais le livre lui-même rompait si entièrement avec les méthodes de pensée reçues que les milieux académiques devaient fatalement le juger suspect.

Science et interprétation

D'un côté, il est vrai, Freud marquait bien sa volonté de se conformer aux usages, ne fût-ce que dans le long chapitre qu'il consacrait à la littérature spécialisée (on sait d'ailleurs, par ses lettres à W. Fliess, combien cette partie du livre lui a coûté d'efforts et d'ennui) ; et puis, quelle que fût l'étrangeté de son matériel, il le présentait avec autant d'exactitude scrupuleuse que s'il se fût agi d'observations banales, sans se départir de l'attitude rigoureuse où la science du temps voyait sa principale garantie. Mais, sur un point au moins, il lui fallait innover, car le matériel fourni par le rêve n'avait en lui-même aucun intérêt, il ne constituait qu'un ensemble incohérent d'images insignifiantes ou absurdes – le contenu manifeste – dont seule comptait la signification cachée – le contenu latent –, de sorte qu'on n'en pouvait rien tirer tant qu'on ne possédait pas pour le traduire en clair une clé appropriée. Dès l'instant qu'il s'agissait de trouver un sens à quelque chose qui n'en avait pas, le raisonnement déductif ne suffisait plus à la connaissance du matériel observé ; il fallait le compléter, voire le remplacer provisoirement par une forme de pensée purement analogique – ce qui revenait à faire un bond dans une zone mal délimitée où, l'observation des faits cédant nécessairement devant l'interprétation de l'invisible, l'irrationnel risquait toujours de supplanter la raison. Que Freud ait longtemps hésité avant d'accomplir ce bond décisif, il l'a laissé entendre assez clairement en s'abstenant pendant des années de livrer La Science des rêves au public, sans doute pour n'affronter qu'à son heure l'hostilité railleuse des critiques, mais peut-être aussi pour surmonter un dernier doute quant au bien-fondé de sa démarche scientifique. Comme il l'avait prévu, le monde savant le tourna en dérision ou, pis encore, tenta de l'ignorer, tandis que, pour la première fois, des esprits moins timorés venaient spontanément se joindre à lui. Ainsi, déconsidéré par la démarche révolutionnaire qui lui valait ses premiers disciples, il put croire qu'il n'était plus seul à lutter, pour peu de temps toutefois, ayant dû bientôt constater que parmi ceux qui l'avaient suivi, certains, et non des moindres, ne l'avaient fait qu'à la faveur d'une confusion, sans le comprendre beaucoup mieux que ses ennemis.

Le fait est qu'en plaçant l'interprétation et la pensée analogique au même niveau que les autres formes de raisonnement, Freud n'entendait nullement renier tout ce qui faisait jusque-là son credo intellectuel ; au contraire, il s'efforçait de lui donner une confirmation élargie, afin d'étendre l'empire de la raison (notre dieu Logos, comme il l'appelle dans une œuvre plus tardive) bien au-delà de ses limites conventionnelles, et, par là, d'apporter sa part à la seule espèce de progrès qui lui parût souhaitable et possible. C'est là, sans aucun doute, la cause de tous les malentendus qui, au cours des années, l'ont opposé tantôt à ses détracteurs du dehors – lesquels lui reprochaient en gros de proposer des faits inaccessibles aux procédés méthodiques de vérification –, tantôt à ceux de ses adeptes qui, fascinés par les abîmes de l'inconscient, se croyaient déliés de l'obligation de fournir leurs preuves, et libres de spéculer. D'un bout à l'autre de son œuvre, Freud n'a cessé de maintenir contre les uns et les autres le paradoxe d'une science expérimentale fondée sur l'interprétation, d'une science empirique et spéculative tout à la fois qui, quoique obligée par la nature même de son objet d'étude à un long détour par les fantasmagories de la psyché, n'en devait pas moins soumettre ses résultats aux mêmes critères de validité que les disciplines d'un ordre plus concret. Science de l'inconscient, mais science comme les autres malgré l'inconscient qui lui résiste et la force à prendre des voies détournées, la psychanalyse, à ses yeux, n'était jamais dispensée de prouver ses certitudes, ni d'étayer ses conjectures avec toute la rigueur que lui laissaient ses arrière-plans irrationnels. Science des rêves, certes, et faite pour descendre au fond de tous les délires, jamais elle n'avait le droit de se contenter de rêver.

Rêves et symptômes

L'attachement de Freud à l'idéal intellectuel et moral qu'il gardait de sa formation scientifique s'exprime d'abord, dans ses livres, par une fidélité obstinée à l'esprit de méthode, même là où les particularités de l'expérience analytique l'entraînent à des écarts ou à des hypothèses mal assurées. S'il lui faut, par la force des choses, travailler sur les déchets de l'observation – rêves, lapsus, actes manqués et symptomatiques, mots d'esprit, etc. –, du moins le fait-il avec autant d'attention que d'autres en mettent à étudier l'essentiel (grâce à quoi il découvre effectivement l'essentiel sous le déchet, et le sens sous l'insignifiant). S'il lui faut bon gré mal gré interpréter au lieu de raisonner sur des données bien établies, du moins fonde-t-il son code de déchiffrement sur des principes constants qui, sans prétendre à la validité réclamée par les sciences naturelles et physiques, trouvent néanmoins dans une large expérience clinique l'équivalent d'une légalité.

L'interprétation des rêves, de même que l'analyse des symptômes névrotiques et des aberrations passagères de la vie quotidienne, ne tombe pas d'en haut à la façon d'une vérité révélée ; Freud n'en détient pas non plus la clé en vertu d'une inspiration isolée, il la reçoit, au contraire, après bien des tâtonnements, des erreurs, des va-et-vient, lorsqu'il comprend enfin le singulier système d'images et de désirs sur quoi repose le psychisme humain. Sans l'expérience clinique de l'hystérie, qui le conduisait aux abords du « complexe d'Œdipe » alors que ce drame passionnel de l'enfance n'avait encore pour lui ni sens ni nom, l'analyse freudienne des rêves n'aurait pas eu de base théorique plus solide que n'importe quelle autre technique de divination ; mais, sans le rêve, le « complexe d'Œdipe » n'aurait sans doute pas connu de longtemps les confirmations massives qui ont forcé les plus sceptiques à lui accorder un caractère universel. La psychopathologie et l'interprétation se tiennent ici si étroitement que l'exégète du rêve ne peut longtemps s'égarer ; quand il serait tenté de s'abandonner aux sollicitations de la poésie ou de la métaphysique, la fatalité du « complexe d'Œdipe » aurait tôt fait de le ramener sur terre, c'est-à-dire à l'ordre de l'histoire et aux lois de la biologie.

Le mouvement psychanalytique

L'originalité de la pensée freudienne, et sa plus grosse difficulté pour ceux-là mêmes qui en adoptaient le principe, réside dans cet effort plus ou moins couronné de succès, mais continu, pour maintenir l'imagination sous le régime de la science, tout en la dotant de la liberté dont elle a besoin dès qu'elle s'applique à saisir ses propres lois et les forces instinctives qui déterminent toutes ses activités. Freud n'a jamais fait là-dessus aucune concession, d'autant moins, semble-t-il, qu'il avait personnellement à s'arranger de deux tendances extrêmes impossibles à concilier, l'une qui le portait au rigorisme scientifique, ou, comme on a dit souvent non sans intention péjorative, au « scientisme » ; l'autre qui l'exposait à des bonds théoriques aventureux, hors des bornes permises à la déduction. Partagé entre l'éthique rigide qu'il avait héritée de ses maîtres et le désir impatient de connaissance qui restait en lui comme une vocation philosophique contrariée, il est vrai qu'il a paru parfois pencher du côté le moins compatible avec ses propres règles. Mais quels qu'aient été ses manquements au regard d'un sévère « surmoi » scientifique, jamais il ne s'y est complu, jamais surtout il ne les a mis au-dessus de ce qu'il croyait être, moralement et intellectuellement, la seule voie juste de la recherche.

Que ses élèves n'aient pas toujours pu le suivre jusqu'au bout de ce chemin ardu, on en a la preuve dans les querelles orageuses par quoi le mouvement freudien fut périodiquement divisé. Les premiers d'entre eux – A. Adler, P. Federn, W. Stekel, C. G. Jung, O. Rank – s'étaient ralliés à ses idées en mesurant la portée de La Science des rêves ; mais, au bout de quelques années, certains se séparèrent de lui sur la façon d'interpréter la libido, qui sous-tendait maintenant toute la théorie. Pour Freud, en effet, la libido ou énergie sexuelle était un fait à la fois biologique et psychique, quelque chose, donc, qui ne se manifestait pas seulement à travers des symboles interprétables, mais aussi, comme toute énergie, à travers des phénomènes concrets susceptibles d'observation et de mesure (il parlait de quantités, de charges, de décharges, etc.). Or cette conception fut le point de départ de graves dissensions, les uns (Adler) ôtant à la libido son caractère sexuel pour ne lui laisser qu'un sens agressif, tandis que les autres (Jung) l'élargissaient d'emblée aux proportions d'une énergie universelle, ce qui revenait encore à la désexualiser et à ruiner la base même de l'édifice théorique. Freud, qui plaçait la vérité psychanalytique aux confins de la biologie et du symbole, eut sans cesse à lutter contre des déviations analogues, toutes dues en fin de compte à une simplification de sa pensée. Tantôt on rétrécissait la notion de libido à l'extrême en isolant le sexe de la sexualité (école américaine), et dans ce cas on éliminait de la psychanalyse l'idée de psycho-sexualité sur quoi repose sa justification scientifique ; tantôt au contraire on mettait l'instinct partout en supposant un instinct du « beau », du « divin », de l'« idéal », et là on débouchait non pas sur de nouvelles perspectives analytiques, mais comme naguère sur la morale ou la philosophie. Sans doute les divergences avaient-elles des causes autrement plus profondes que celles qui s'avouent dans un débat d'idées ; l'autorité écrasante de Freud, les sentiments fortement ambivalents, pour sa personne et pour son œuvre, de certains de ses disciples les plus doués, sans compter les différences de tempéraments et les rivalités habituelles des petits groupes, tout cela bien entendu ne laissait pas de peser lourd sur la vie interne du mouvement ; mais il est remarquable que la plupart des hérésies importantes se soient soldées par un choix entre l'expérience et l'interprétation, comme s'il y avait là une alternative à trancher, et non pas deux choses également indispensables qu'il fallait mener à bien ensemble.

Ainsi, s'autorisant de l'énorme brèche creusée par La Science des rêves dans le savoir traditionnel, on optait pour le rêve contre la réalité, pour l'inconscient contre le conscient, ou plus tard pour le Ça contre le Moi, ce qui, sous le couvert d'un freudisme radical, menait tout droit à l'apologie du délire et de la folie, à l'exaltation des forces irrationnelles et de la « toute-puissance magique des idées » – toutes choses que Freud pouvait difficilement accepter puisqu'il avait précisément pour but de rendre le rêve à la réalité et d'ouvrir aux lumières de la raison les dessous obscurs de l'imagination, où l'esprit fabrique ses plus hautes créations aussi bien que ses maladies. Mais les choses n'allaient pas mieux lorsque l'option était inversée de telle sorte que le conscient, le principe de réalité ou le Moi occupaient entièrement le devant de la scène, car alors la psychanalyse retombait au niveau d'une psychologie du comportement ou de l'adaptation sociale qui, pour Freud, était une caricature et, de toutes, la plus affadie. Pendant quelque trente ans, il eut ainsi à défendre son œuvre contre des erreurs qui affectaient apparemment des formes variées, mais qui toutes se ramenaient en fin de compte à une alternative prématurément tranchée, alors que la démarche freudienne montrait précisément qu'il n'y avait pas à choisir, et que le choix n'était qu'un recul déguisé.

La démarche freudienne

À considérer l'histoire troublée du mouvement psychanalytique, on voit combien Freud avait de peine à faire comprendre autour de lui la double direction où il s'était engagé, non pas certes par irrésolution, mais pour restituer à la science telle qu'il la concevait l'énorme domaine dont l'ignorance de l'inconscient lui fermait l'accès. Fidèle à la méthode rationaliste jusque dans les dérèglements que le positivisme de stricte obédience était en droit de lui reprocher, il se sentait, contrairement à la plupart de ses élèves, tributaire des deux disciplines les plus liées aux déterminations concrètes de la vie : la biologie, de laquelle il gardait une quantité de notions – en particulier celles d'évolution, de constitution, d'instinct, de phylogenèse –, étant persuadé qu'en définitive la psychanalyse n'en était qu'une branche écartée, destinée un jour à rejoindre le tronc commun ; et l'histoire, où la réalité du « complexe d'Œdipe » l'obligeait à chercher ce qui fait partout la condition d'homme, avec ses normes et ses écarts, sa pathologie et son inépuisable pouvoir de création. Les deux disciplines ainsi rapprochées dans ses travaux montraient du reste une étroite solidarité : c'est en raison d'une particularité de la biologie humaine – la naissance prématurée du « petit homme » – que les facteurs historiques pèsent si lourd sur l'existence psychique de l'individu ; ou, plus exactement, c'est parce que sa biologie le condamne à une enfance et à une dépendance prolongées que l'homme doit subir la dure épreuve du « complexe d'Œdipe », épreuve historique qui modèle toutes les autres et qui décide, par conséquent, de la biographie individuelle aussi bien que de l'histoire tout court. Inséparables dans l'esprit de Freud, comme elles le sont en réalité pour travailler à former une vie, la biologie et l'histoire n'offrent pas seulement à la psychanalyse un immense réservoir de faits psychiques susceptibles d'interprétation, mais le seul terrain sûr où elle puisse ancrer ses théories, le seul en tout cas dont Freud, pour sa part, n'ait jamais renoncé à s'assurer.

Le réel et le fantasme

Biologie, physiologie, physique même (la physiologie physique de Brücke restait à cet égard un modèle), Freud ne juge pas qu'il puisse se passer de leur autorité ni se dispenser de leur rendre des comptes là où l'orientation de ses travaux leur donne le droit d'en réclamer. Le besoin de se justifier au regard des sciences naturelles est si fort et si constant dans son œuvre qu'il inspire les ouvrages les plus divers, depuis l'Esquisse pour une psychologie scientifique, œuvre posthume composée en 1895 à l'intention de Wilhelm Fliess, jusqu'à Au-delà du principe de plaisir qui, en 1923, vient jeter le trouble dans les esprits en rebâtissant l'édifice psychanalytique que tout le monde tenait pour achevé. En vertu de la double tendance qui pousse constamment Freud à émanciper la science – et lui-même en tant que savant – de ses observances trop étroites, sans toutefois cesser de se maintenir sous sa loi, c'est précisément dans ses ouvrages les plus spéculatifs, ou méthodologiquement les plus risqués, qu'il se croit tenu à fournir le plus de preuves. Ainsi, l'hypothèse de l'instinct de mort, qui, dans Au-delà du principe de plaisir, aboutit à un système abstrait, invérifiable non seulement par les méthodes des sciences naturelles, mais par la psychanalyse elle-même, s'appuie néanmoins sur la biologie comme sur la science mère à quoi l'auteur se sent assujetti. Il est vrai que, dans ce cas extrême, le plus déroutant pour les psychanalystes habitués à la prudence freudienne, une pareille tentative de justification peut paraître relever d'un « scientisme » naïf, étant donné qu'en spéculant sur les luttes grandioses qui mettent Érôs aux prises avec la mort, Freud, malgré qu'il en eût, tombait déjà dans la métaphysique. Mais, justement, rien ne montre mieux que ces références biologiques insistantes combien il tenait à rester dans la sphère propre de la science, jusque dans le penchant à philosopher qu'il suivait à certains moments de crise et qu'il jugeait lui-même suspect.

Il voulait aussi rester dans l'histoire, ce qui paraît aller de soi, puisque, vue sous l'angle de la cure, la psychanalyse se présente comme une technique d'exploration et de déchiffrement du passé, non seulement du passé mémorable, mais de celui qui, étant couvert par l'amnésie infantile, est pour tout adulte une portion de temps perdu. Le fait historique jouait déjà un rôle capital dans la compréhension de l'hystérie ; Freud croyait même tellement à sa matérialité qu'il bâtit sur elle sa théorie de la « séduction précoce des hystériques », sans soupçonner d'abord que les traumatismes évoqués par ses malades ne relevaient pas de l'ordre de l'événement. L'abandon de cette construction parfaitement recevable quant à la méthode, mais, parce qu'elle ignorait la réalité de l'inconscient, parfaitement absurde dans ses conclusions, marqua pour Freud le vrai début d'une démarche originale, car, trahi par le fait et pourtant sûr de ses observations, il fut positivement contraint de concevoir une autre catégorie de faits qui, psychique celle-là et par conséquent dépourvue de tout support matériel, n'en était pas moins douée d'une existence indéniable, ayant même sur la réalité tangible d'immédiates répercussions. Dès lors, convaincu qu'un événement n'a pas besoin d'être arrivé pour prendre possession de l'esprit, il put découvrir partout le fait psychique sous la fable, et le désir réel au fond de la réalité déformée.

L'histoire et l'homme

Bien qu'instruit par cette erreur en quelque sorte magistrale, Freud recourut encore à la méthode « historique » dans son auto-analyse, à un moment où, allant à l'aventure dans le dédale de ses propres rêves, il pouvait à peine croire que sa reconstruction fût vraie. En l'occurrence, elle l'était pourtant, il put s'en assurer lorsque sa mère lui confirma un point précis de sa biographie infantile, qu'il avait obtenu par une simple déduction, mais qui le laissait perplexe parce qu'il cherchait en vain à en ressaisir les données. Ainsi, après l'avoir gravement induit en erreur, la preuve par l'histoire lui apportait cette fois la certitude que, sous d'étranges dehors, sa « clé des songes » pouvait revendiquer un rang parmi les autres sciences, avec une dignité égale et même une éclatante supériorité, puisqu'en reconstituant les faits à partir de chimères communément tenues pour nulles elle aidait puissamment l'histoire à recouvrer ses droits sur l'intemporel.

Dans la mesure où La Science des rêves élevait le fantasme au niveau d'un fait et d'un objet de savoir véritable, elle semblait rendre toute espèce de vérification superflue, l'important pour la psychanalyse étant désormais la représentation mentale des choses, et non plus leurs qualités empiriques ou les repères visibles du temps. Mais Freud n'en continua pas moins à enraciner l'homme dans le passé, et dans les deux livres qui prolongent le plus directement son ouvrage fondamental : Totem et tabou et Moïse et le monothéisme, il conçoit le drame « œdipien » comme l'événement premier, le fait historique primordial dans lequel le parricide n'est pas seulement représenté à travers mythes ou symboles, mais vécu réellement par des pères tyranniques et des fils révoltés. La Science des rêves enseignait que tout homme éprouve dans son enfance un double désir – tuer son père pour épouser sa mère – qui, réprimé en vertu de la prohibition universelle de l'inceste, ou, en termes psychanalytiques, refoulé, est cela même qui engendre les névroses lorsqu'il survit à son déclin normal. Dans Totem et tabou, on apprend maintenant que le crime originel a réellement eu lieu, le père de la horde primitive a bien été assassiné, puis dévoré par les frères ligués contre lui ; bientôt enseveli dans l'inconscient de tous, ce crime a néanmoins marqué l'humanité d'une empreinte ineffaçable, car toutes nos religions ne sont rien d'autre que le lointain aboutissement des rites, cérémonies et sacrifices cultuels par quoi des générations de fils ont tenté de se racheter en adorant l'ancêtre outragé. L'homme préhistorique a donc accompli en fait ce dont ses descendants ne font plus que rêver, mais il n'est pas le seul à porter le poids du crime inexpiable : l'homme historique partage sa responsabilité, ayant perpétré le même forfait sur la personne du grand législateur et briseur d'idoles qu'était Moïse, chef des Juifs. Comme les fils de la horde primitive, les Juifs ont tué celui qui incarnait avec une inexprimable majesté le père tout-puissant, haï autant que vénéré ; et c'est parce qu'ils n'ont jamais pu l'oublier, parce que le père assassiné les hantait et les laissait inconsolables qu'ils ont élevé Moïse au rang de prophète, et sa loi tout humaine à la hauteur d'un commandement divin, en vigueur pour l'éternité. Ainsi le sang versé par Œdipe sur la scène d'un théâtre l'a été d'abord sur la scène de l'histoire, ou, plus exactement, l'histoire procède de ce drame unique qu'elle répète sans cesse avec de nouveaux acteurs et d'innombrables figurants.

Freud achève sa vie et son œuvre sur ce livre qu'il qualifie lui-même de « roman » (d'après lui, le titre devait en être d'abord : Moïse, un roman historique) et qui, en effet, appartient plus à l'épopée qu'au genre d'essais à quoi la science accorde sa caution. Mais justement : en fondant sa grandiose construction romanesque sur l'histoire et la phylogenèse (sa préface atteste qu'ici encore il ne s'y est pas résolu sans quelque scrupule), il dit sans équivoque, une dernière fois, où il veut aller depuis toujours, et que seul l'homme lui importe à la fin, l'homme dépouillé, il est vrai, de toutes ses spiritualisations hâtives, sinon de son esprit ; l'homme profond et sans au-delà qui naît captif de la terre, de son corps, et de son temps.

—  Marthe ROBERT

Freud, entre science et savoir

L'année 2010 a été marquée par l'entrée de l'œuvre de Sigmund Freud dans le domaine public. D'excellentes nouvelles traductions de L'Interprétation du rêve (que la première traduction française intitulait L'Interprétation des rêves), du Malaise dans la civilisation (que la traduction des Œuvres complètes. Psychanalyse, aux P.U.F., intitulait Le Malaise dans la culture) et de Totem et tabou sont ainsi venu relancer l'intérêt pour ces textes fondamentaux. D'autres traductions nouvelles ont suivi (Sur le rêve et Sur la psychanalyse, notamment), chez Flammarion. Si nul ne contestait que les premières traductions françaises de Freud avaient vieilli et souffraient d'un éparpillement entre plusieurs éditeurs et d'un regroupement parfois arbitraire en recueils d'essais que l'auteur n'avait pas prévus, la traduction des Œuvres complètes. Psychanalyse sous la direction de Jean Laplanche et de Pierre Cotet (seize volumes déjà publiés sur vingt et un prévus au total) avait suscité des controverses, malgré les mérites de cette édition rigoureusement chronologique, accompagnée d'un appareil critique de grand intérêt. On peut lui reprocher d'avoir estimé que Freud avait forgé un langage nouveau et devait par conséquent être traduit en une langue truffée de néologismes, sacrifiant toute lisibilité sur l'autel d'un idéal de fidélité à l'original.

Dues à Jean-Pierre Lefebvre pour L'Interprétation du rêve, Dominique Tassel pour Totem et tabou et Bernard Lortholary pour Le Malaise dans la civilisation, les nouvelles traductions publiées en 2010 ont pris le parti opposé. Confiées à des traducteurs expérimentés, familiers des classiques de la littérature et de la philosophie de langue allemande, elles restituent non seulement le Freud théoricien, mais aussi l'écrivain Freud, qui s'exprimait avec élégance et clarté dans la langue de Goethe. Pour construire son système théorique, le fondateur de la psychanalyse n'a pas – ou presque jamais – créé des termes techniques nouveaux : il a plutôt cherché à redéfinir des notions chargées d'histoire, souvent utilisées par les philosophes et les psychologues depuis le début du xixe siècle. Ni l'inconscient (das Unbewusste), ni les pulsions (die Triebe) ne sont des concepts forgés par Freud : il s'est contenté de leur donner un sens nouveau.

L'autre événement qui a mis en évidence l'immense prestige de Sigmund Freud fut le pamphlet de Michel Onfray, Le Crépuscule d'une idole (2010). Ce pavé de plus de six cents pages dans lequel Freud se voit présenté comme un dangereux mystificateur n'a guère impressionné les interprètes, même les plus critiques, de l'œuvre freudienne et a fait l'objet de réfutations cinglantes. On peut se demander si un pamphlet consacré à tout autre théoricien du domaine des sciences humaines et sociales aurait pu, en ce début de xxie siècle, provoquer un tel débat. Force est de constater que la psychanalyse conserve une importance considérable dans la pensée et dans la culture contemporaines.

La modernité viennoise

Depuis la découverte de la modernité viennoise, dans les années 1980, on considère Freud comme le théoricien de la crise de la culture libérale rationaliste, fondée sur la représentation d'individus raisonnables agissant dans le cadre d'institutions sociales et politiques édifiées par un processus de civilisation dont les Temps modernes constitueraient l'aboutissement. La démarche freudienne consiste à dissiper les illusions et les mensonges condensés dans l'idée de progrès scientifique, technique, mais aussi culturel, intellectuel, politique. Dans le sillage des Lumières, la vision du monde libérale considère le chaos comme un phénomène de surface qui peut être maîtrisé puisque l'ordre de toutes choses humaines est rationnel. La vision freudienne renverse la perspective : l'ordre rationnel qu'on est convenu d'appeler Kultur (terme que l'on traduit tantôt par « civilisation », tantôt par « culture »), est bâti sur le chaos de l'inconscient dont la force irréductible peut submerger l'individu, quand ses constructions identitaires sont mises à mal, mais aussi la culture tout entière, comme l'a montré à maintes reprises le retour imprévisible de la violence primaire que l'homme civilisé croyait avoir définitivement dépassée. La psychanalyse se nourrit à l'origine du sentiment de la grande fragilité de la civilisation de l'Europe centrale habsbourgeoise, vécue par Freud et ses contemporains comme un Âge d'or menacé par les nationalismes, l'antisémitisme devenu un code culturel diffusé dans tous les milieux, les conflits sociaux exacerbés et le militarisme dominant, présenté comme un gage de paix perpétuelle mais voué à préparer des guerres qui finissent toujours par éclater.

Si l'appartenance de la psychanalyse à la constellation historique de la modernité viennoise apparaît comme incontestable, c'est aujourd'hui l'inventaire plus précis de cet héritage qui est au centre des discussions. La pluralité des positions théoriques, esthétiques et politiques est masquée par l'apparence d'unité que suggère le terme « modernité viennoise ». Or il convient de distinguer, par exemple, une tradition autrichienne de la philosophie qui n'a pas suivi l'évolution de la pensée allemande postkantienne, qui est restée fidèle à l'idéal scientifique de Leibniz et, depuis Bernard Bolzano, à une démarche analytique et à la critique du langage. Cette tradition, renouvelée et transmise à l'époque de Freud par le philosophe Franz Brentano, en poste à l'université de Vienne, conduit au cercle de Vienne et à Ludwig Wittgenstein. Ce dernier, précisément, fut un lecteur attentif mais critique, pour ne pas dire sceptique, de Freud. De là à opposer la tradition autrichienne de la philosophie analytique et scientifique à la psychanalyse freudienne considérée comme un système invérifiable, le pas est souvent franchi. En réalité, les choses sont plus complexes : Freud appartient, lui aussi, à cette tradition autrichienne de la philosophie incarnée par Brentano, dont il fut l'auditeur à l'époque de ses études universitaires. Mais il se rattache aussi à la tradition allemande, de Goethe à Schopenhauer, et, sans jamais en convenir, il n'a pas cessé de se mesurer à Nietzsche. Si l'on admet que, chez Freud, « tout est langage », pour reprendre le titre d'un ouvrage de Françoise Dolto, on peut dire que la psychanalyse relève, elle aussi, du linguistic turn de la philosophie et des sciences humaines, dont Wittgenstein est le représentant le plus connu, mais dont Nietzsche, dans la critique du langage qu'il conduisit, fut un pionnier. Le penchant de Freud pour les hypothèses métapsychologiques, pour ne pas dire spéculatives, reste cependant indéniable. L'introduction de la notion de pulsion de mort dans le chapitre VI de Au-delà du principe de plaisir, publié à la fin de l'année 1920, en représente un exemple spectaculaire. Aux yeux de la philosophie analytique, la psychanalyse repose sur des hypothèses métaphysiques aussi captivantes qu'invérifiables.

Si les controverses à propos de la validité scientifique des thèses freudiennes n'ont jamais cessé depuis leur formulation, la « république des lettres », elle, a été révolutionnée par la psychanalyse. Nul ne conteste l'importance de la contribution freudienne à la théorie de la littérature et à la méthode d'interprétation des textes – en témoignent des approches aussi diverses que celles de Jean Starobinski, Jean Bellemin-Noël ou Jacques Derrida –, pas plus que l'intensité de la réception de la psychanalyse dans les avant-gardes du xxe siècle. Peu d'écrivains sont restés indifférents à cette nouvelle conception de la littérature : ainsi Kafka, malgré ses réticences, note dans son journal, au 23 septembre 1912, à l'époque où il écrit Le Procès : « Pensé à Freud, naturellement ». La notoriété des grandes lectures freudiennes, l'importance qu'elles accordent au mythe rendent impossible de se représenter un Œdipe sans complexe ou de lire un conte d'Hoffmann sans y guetter l'inquiétante étrangeté.

On a souvent accusé la méthode psychanalytique de réductionnisme : elle ferait tomber la poésie du ciel des idées dans les bas-fonds des pulsions, elle réduirait tout à un misérable petit tas de secrets biographiques. C'est le contraire qui est vrai : l'interprétation psychanalytique confère une identité au destin anonyme, un sens à l'insignifiant, au détail à première vue négligeable, à l'histoire individuelle que les historiens méconnaissent souvent. Certains textes lui doivent tout : ainsi la Gradiva de Wilhelm Jensen, cette « fantaisie archéologique » que le méta-récit interprétatif de Freud a transfigurée.

Si la psychanalyse a bien été l'alliée substantielle de la littérature, depuis la publication en novembre 1899 de L'Interprétation des rêves (ou du rêve, comme préfèrent dire les amis du singulier), c'est en raison de la double appartenance de la science de l'homme freudienne à la famille des arts de l'interprétation et à celle des disciplines scientifiques. En cela aussi, Freud est bien un représentant de la modernité viennoise. Il illustre la tradition intellectuelle autrichienne tournée vers la philosophie analytique et épistémologique, qui conduit aussi à L'Homme sans qualités de Robert Musil, au roman conçu comme la synthèse d'une conception scientifique du monde et de l'exploration de l'homo psychologicus.

C'est précisément cette appartenance de la discipline freudienne aux « deux cultures », la Bildung néo-humaniste et la culture scientifique au sens des Naturwissenschaften, qui est la cause de nombreux phénomènes de rejet. Les littéraires, bien souvent, la tiennent pour « réductionniste » et plus d'un écrivain entretient avec la psychanalyse une relation de rivalité (particulièrement perceptible, par exemple, chez Musil et chez Schnitzler). Tandis que les autres s'irritent de voir la psychanalyse prétendre au statut de science.

Un art de l'interprétation

L'Interprétation des rêves traduit le rêve en récit avant de l'interpréter. Freud raconte ses propres rêves, en reprenant des notes prises sur le mode du journal, puis en propose l'auto-analyse. Ce qui lui permet de définir la méthode d'interprétation des récits de rêve de ses patients, mais aussi des textes littéraires et des œuvres d'art. Le rêve pourrait donc être défini comme le genre littéraire le plus ancien et comme un « art premier ». Avant lui, Jean Paul, Schopenhauer ou Nietzsche avaient avancé des hypothèses voisines. L'Interprétation des rêves peut donc être considérée comme la reprise et le renouvellement d'un genre plus ancien même que la tragédie. Freud, dans cet ouvrage fondateur de la psychanalyse s'identifie au Joseph de la Bible, à l'interprète des rêves du pharaon.

Mais raconter, mettre en récit, c'est déjà déchiffrer. Voilà pourquoi Thomas Mann, un des romanciers les plus proches de Sigmund Freud, et qui sut mesurer toute l'importance de son œuvre, fait dire à Joseph : « L'action de rêver forme un tout où le rêve et l'interprétation sont inséparables ; et c'est seulement en apparence que le Songeur et l'Interprète sont distincts ; en réalité, ils sont interchangeables et ne font qu'un. Qui rêve interprète en même temps ; et qui interprète doit avoir rêvé » (Joseph et ses frères, 1933-1943). L'interprétation porte donc, non sur le rêve, mais sur le récit qui constitue déjà une auto-interprétation par le rêveur. Dans le roman de Mann inspiré par le récit biblique, Joseph procède à l'analyse de récit, il entend le non-dit dans les paroles du pharaon, il repère dans le discours ce qui trahit sa présence justement parce que le sujet du rêve cherche à le cacher.

Dans une culture où l'on pense que les rêves sont envoyés par les dieux, chacun scrute ses rêves et les retient précieusement pour les soumettre à l'interprétation du prêtre, devin et oniromancien. Pareillement, quand on admet que c'est l'inconscient qui envoie les rêves, le même code guide le récit de rêve et l'interprétation psychanalytique. Cette circularité est particulièrement frappante dans L'Interprétation des rêves : Freud, quand il raconte ses rêves, les construit de telle manière que l'interprétation qui suit leur va comme un gant, ce qui ne saurait surprendre puisque l'interprétation est de la même main que le récit.

Le passage du rêve à la parole est un processus d'auto-interprétation par traduction de sensations psychosomatiques en mots. La mise en forme narrative est le second degré de l'auto-interprétation qui fond le rêve dans le moule des formes narratives fondamentales. L'interprétation freudienne, dans cette perspective, apparaît comme le troisième degré de l'interprétation ou, pour le dire autrement, comme l'interprétation de l'auto-interprétation du rêveur. Dans les Maximes et réflexions de Goethe, on trouve cet aphorisme : « Il y a une poésie sans tropes qui est un trope de a jusqu'à z » (parag. 225). Les tropes, s'il est permis de le rappeler en citant le Petit Robert, ce sont les figures par lesquelles un mot ou une expression sont détournés de leur sens propre. Le récit de rêve est un parfait exemple de cette poésie en apparence sans tropes qui est, en réalité, un trope de bout en bout. Dans ces conditions, rien d'étonnant au fait que Freud analyse le travail du rêve en utilisant le vocabulaire habituellement employé pour l'analyse des textes littéraires : roman familial, scène originaire ou primitive, mise en scène, image (image d'angoisse, image mnésique...), parabole, symbole, allégorie, lacunes, omissions, condensation, déplacement, discours. Même le mot « censure » est emprunté à l'institution littéraire.

L'Interprétation des rêves peut ainsi être lu comme l'ouvrage où la psychanalyse in statu nascendi renoue avec la tradition judéo-chrétienne de l'interprétation des textes, devenue, sous sa forme sécularisée, philologie, critique et théorie de la littérature. C'est bien là que Freud pactise avec la littérature et, non content d'égaler Joseph, fils de Jacob et de Rachel, surpasse Nietzsche et La Naissance de la tragédie en énonçant une nouvelle interprétation d'Œdipe roi qui a fait oublier toutes les autres.

Ayant mis au point la méthode d'interprétation psychanalytique en pratiquant l'analyse de textes (Sophocle, Shakespeare...) et de discours (les récits de rêves), Freud n'aura aucun mal à adapter sa méthode à l'interprétation du texte littéraire. Celle-ci, dans les cas les plus heureux, se transforme chez Freud en une véritable « sympoésie » et « symphilosophie » (les mots sont de Novalis). Elle met en route bien plus qu'un dialogue du lecteur avec l'auteur : une véritable recréation du texte, dans laquelle le psychanalyste déconstruit et reconstruit l'œuvre en remontant au stade de sa genèse. Cette herméneutique « psychogénétique » saisit le texte littéraire aux trois moments décisifs : celui de l'écriture, celui du déploiement du texte comme système sémiotique, enfin celui de la réception, de la rencontre entre le lecteur-spectateur-auditeur et l'œuvre imprimée ou la pièce représentée sur la scène du théâtre. La distinction entre ces trois moments ne devrait pas être creusée à l'excès : Freud met en évidence au contraire leur profonde unité. L'écriture est le travail (selon les règles de l'art) de l'inconscient de l'auteur, le sens de l'œuvre peut être déchiffré comme s'il s'agissait d'interpréter l'inconscient du texte, et la jouissance esthétique du lecteur ou du spectateur est due à la satisfaction de ses désirs inconscients qui rejouent ceux de l'auteur.

Parce que l'intentionnalité et les fictions identitaires masquent le moi à l'autre comme à lui-même, l'interprétation freudienne procède selon la méthode philologique et critique : elle déchiffre le texte de l'inconscient pour l'établir (il peut être illisible, effacé, tronqué), elle date le texte-source dans l'histoire du sujet, elle étudie le contexte et les variantes, puis elle procède à la traduction (le mot Übertragung que l'on est convenu de traduire par « transfert » veut dire aussi traduction-adaptation). Il arrive aussi que la « philologie » psychanalytique ait à décoder une langue inconnue, un système d'écriture archaïque, comme dans le texte de 1931, « De la sexualité féminine », où Freud écrit : « La découverte d'une phase antérieure pré-œdipienne chez la petite fille provoque une surprise comparable à la mise au jour de la culture minoenne et mycénienne derrière la culture grecque. »

La littérature n'est donc pas seulement un objet de savoir auquel s'applique la méthode psychanalytique d'interprétation des textes. Elle n'est pas non plus une source de savoir pour la psychanalyse, car il serait naïf de dire que Freud a trouvé chez Sophocle la théorie du complexe d'Œdipe : la psychanalyse est un art du sens qui recueille et organise en modèle théorique les traditions interprétatives que la littérature (entendue ici au sens le plus large du mot) a élaborées et transmises depuis les temps bibliques.

Une pseudo-science ?

Les affinités de la psychanalyse avec la littérature ont parfois été dénoncées par les détracteurs de la « pseudo-science » psychanalytique qui ne voudraient voir en elle « que de la littérature ». C'est qu'au regard des disciplines scientifiques, la littérature n'est qu'un ornement de la culture et un divertissement, mais ne transmet aucun savoir : la discipline freudienne, si elle prend la littérature au sérieux, ne peut être que fantaisiste. Le succès des textes freudiens dans les départements de littérature générale et comparée de notre vieille Europe et des Amériques serait-il compromettant pour la psychanalyse ? Celle-ci ne pouvait-elle germer que dans l'esprit d'un admirateur de la tragédie grecque et ne s'adressait-elle qu'à des « littéraires », peu regardants sur la rigueur scientifique ? La psychanalyse, qui, en s'appelant analyse, se référait au modèle de l'analyse chimique, n'aurait-elle fait que transformer en système le traitement des passions de l'âme pratiqué depuis toujours par la littérature ?

Parmi les écrivains contemporains, Schnitzler fut un des plus proches de Freud. « Je vous ai évité par une sorte de crainte de rencontrer mon double. [...] En me plongeant dans vos splendides créations, j'ai toujours cru y trouver, derrière l'apparence poétique, les hypothèses, les intérêts et les résultats que je savais être les miens », écrit Freud à Schnitzler à l'occasion de son soixantième anniversaire, le 14 mai 1922. Et Schnitzler choisit une formule presque exactement symétrique dans une interview de 1930 : « Je suis le double du Professeur Freud qui, un jour, m'a appelé son jumeau psychique. Je traite en littérature des mêmes sujets que ceux qu'il explore avec une étonnante audace. » Peut-on pour autant parler d'influence réciproque ? Freud ne doit rien à Schnitzler, et si celui-ci a lu avec attention plusieurs livres de Freud, ce fut toujours d'un œil critique, en rejetant beaucoup de points fondamentaux de la psychanalyse et en préférant élaborer sa propre théorie du psychisme. Schnitzler n'avait pas du tout apprécié la monographie de Theodor Reik, Arthur Schnitzler psychologue, publiée en 1913, et il accueillit sans plaisir les études que lui consacrèrent d'autres disciples de Freud, Hanns Sachs et Alfred von Winterstein. S'il reconnaissait le génie personnel de Sigmund Freud, il restait très réservé face à « la psychanalyse » et aux psychanalystes.

Selon une formule de Friedrich Schlegel, « l'œuvre sait plus qu'elle ne dit, et veut plus qu'elle ne sait ». Ce surcroît de sens, situé au-delà des « intentions de l'auteur », se révèle dans la lecture et dans le travail d'interprétation critique. Il est clair qu'aucun auteur ni aucun individu n'accepte volontiers d'être mieux compris qu'il ne se comprend lui-même : c'est ce qui explique les résistances du patient à la psychanalyse et de l'auteur à la « psychocritique ». Car, comme le dit encore Schlegel, « un texte ne doit jamais pouvoir être totalement compris ». Tout comprendre, c'est le plus souvent ne rien avoir compris. De même que Schnitzler s'insurgeait contre l'interprétation de Reik, qu'il trouvait schématique et péremptoire, aucune subjectivité n'accepte d'être « mise à nu » et la bonne construction en analyse est sans doute celle qui donne un sens au destin de l'individu et qui dénoue ses nœuds douloureux, tout en préservant sa part de mystère.

Dans son interprétation de la Gradiva de Jensen, Freud confronte le travail du romancier et celui du psychanalyste : « Nous puisons vraisemblablement à la même source, nous travaillons sur le même objet, chacun de nous avec une méthode différente, et la concordance dans le résultat semble garantir que nous avons tous deux travaillé correctement. » Si l'on considère la psychanalyse comme une discipline herméneutique permettant au sujet de mieux comprendre son propre personnage au terme de son parcours analytique, alors les affinités entre le « savoir freudien » et le savoir littéraire apparaissent clairement. Le romancier ou l'auteur de théâtre comprend mieux ses personnages qu'ils ne se comprennent eux-mêmes : de même le lecteur ou le spectateur, parce qu'il comprend ces personnages auxquels il s'identifie mieux qu'il ne se comprend lui-même, peut se sentir transformé par une lecture ou un spectacle. Pareillement, la psychanalyse est un « savoir littéraire » dans la mesure où elle déchiffre et interprète le texte de l'inconscient, mais aussi l'inconscient du texte. Et si l'alliance entre psychanalyse et littérature s'est révélée indéfectible, malgré les brouilles, c'est que le siècle de Freud est aussi le siècle de Proust : il inaugure une nouvelle définition de la littérature, de l'écriture comme recherche et d'une connaissance littéraire que Proust définit ainsi dans Le Temps retrouvé : « Ce que nous n'avons pas eu à déchiffrer, à éclaircir par notre effort personnel, ce qui était clair avant nous, n'est pas à nous. Ne vient de nous-même que ce que nous tirons de l'obscurité qui est en nous et que ne connaissent pas les autres. »

Histoire d'une auto-analyse

La belle traduction nouvelle de la Traumdeutung (L'Interprétation du rêve), due à Jean-Pierre Lefebvre a été précédée de celle du remarquable ouvrage de Lydia Marinelli (1965-2008) et Andreas Mayer, Rêver avec Freud. L'histoire collective de « L'Interprétation du rêve ». Depuis les travaux d'Ilse Grubrich-Simitis, on savait que la Traumdeutung avait connu des modifications considérables au fur et à mesure de ses éditions successives, portant sur bien plus que de simples détails et témoignant de l'évolution de la théorie freudienne, qui, lors de la première édition de l'ouvrage, avait à peine pris forme. Le dernier remaniement de la Traumdeutung date de 1921. Plutôt que de penser l'évolution de L'Interprétation des rêves comme un processus organique de maturation et de consolidation, Lydia Marinelli et Andreas Mayer mettent en évidence les changements importants survenus d'une édition à l'autre. Ils font apparaître aussi en toute clarté que la Traumdeutung conserve, en tout cas jusqu'aux années 1920, son statut de texte fondateur et d'introduction indispensable à la théorie freudienne. C'est bien là que Freud définit sa méthode d'interprétation et la démarche qui lui permet de pénétrer les mécanismes de la causalité psychique. La psychanalyse s'y définit comme une « herméneutique du sujet » inscrite dans une tradition du « souci de soi » dont Michel Foucault voyait « l'histoire continue [...] de Platon à Freud, en passant par saint Augustin », insistant sur la « jonction entre gnôthi seauton et l'epimeleia heautou », entre le « connais-toi toi-même » et le « souci de soi » (L'Herméneutique du sujet. Cours au Collège de France. 1981-1982, éd. par Frédéric Gros). Michel Foucault insistait également sur « le primat de la mémoire » dans « la forme de réflexivité propre à tel ou tel type de souci de soi » (ibid.). Du « premier Freud » de L'Interprétation des rêves au « Freud ultime », l'auteur d'Un trouble de mémoire sur l'Acropole (1936), de Constructions en analyse (1937) et bien entendu de L'Homme Moïse et la religion monothéiste (1939), c'est l'analyse des processus de remémoration et de construction du « mythe individuel du névrosé » (titre d'un essai de Lacan), l'archéologie de la mémoire collective et des constructions mémorielles qui constitue le fil rouge de cette recherche. Ainsi considérée, la Traumdeutung n'est pas tant le premier stade historiquement daté de l'élaboration d'un système théorique en mouvement que le portail qui ouvre la voie menant de Joseph, l'interprète des songes, à l'homme Moïse.

C'est « la bonne interprétation », « la construction juste » qui produisent un effet thérapeutique. Mais l'interprétation, l'herméneutique, le récit de soi par le patient, qui est nécessairement une auto-analyse plus ou moins rudimentaire, et l'analyse par le thérapeute, sous la forme d'un récit plus élaboré, d'une « construction », ne relèvent-ils pas de l'art (n'obéissant à d'autres règles que celles du Genie in Latenz de l'analysant et du génie personnel de l'analyste) autant que de la technique codifiée, enseignée et transmissible ? C'est précisément la question de l'écart entre l'art freudien de l'interprétation thérapeutique et la psychanalyse comme méthode clinique qui conduit André Green à publier Illusions et désillusions du travail psychanalytique, ouvrage dans lequel il convient des fréquentes déceptions que réserve le travail analytique. Celles-ci doivent être confrontées aux notions de pulsion de mort ou de destruction (Todestrieb) que Freud a introduites en 1920. Le rapprochement entre 1921, date de la dernière édition remaniée de la Traumdeutung, et l'introduction de ces notions suggère une sorte de renversement qui fait passer l'anthropologie et la pratique freudiennes d'une perspective relativement optimiste à un point de vue pessimiste. Affirmer que le rêve est l'accomplissement d'un désir, c'est placer un principe vital et dynamique au fondement de la nature humaine. Le travail du Todestrieb, à l'opposé, est régressif, destructeur et autodestructeur.

Dans le livre d'André Green, on trouve cette phrase qui retient l'attention : « Il faut distinguer le désir de soulager qui domine la psychothérapie et celui d'analyser, qui implique un travail d'une autre nature. » Cette distinction est rarement faite avec autant de netteté. André Green écrit un peu plus loin : « L'effet recherché de l'analyse ne se limite pas au „progrès“ de l'analysant » ; elle a pour but « de parvenir à une sorte de „conversion“ interne ». Dans le cas de la Traumdeutung, c'est d'une « conversion » et d'une initiation du lecteur à l'auto-analyse qu'on peut parler. Lydia Marinelli et Andreas Mayer montrent comment, dans le cercle de Freud, la méthode d'auto-analyse mise au point dans L'Interprétation des rêves trouve des prolongements dans les conversations de Freud avec ses premiers disciples (en particulier lors des réunions du mercredi soir au 19, Berggasse...), dans des correspondances avec des lecteurs qui soumettent leurs rêves et leur auto-interprétation à Freud, dans des jeux de cénacle et de salon consistant à raconter un rêve et à proposer une interprétation. Dans ses échanges mondains avec Heinrich Gomperz, Freud fait une des premières expériences de ce qu'il appelle la résistance à la psychanalyse, en l'occurrence à la méthode d'auto-analyse des rêves. Il écrit à Wilhelm Fliess le 9 décembre 1899, évoquant ses efforts pour « convertir » H. Gomperz à ses vues : « Je n'ai pas réussi à le convaincre. L'intelligence est toujours faible et il est facile pour un philosophe de transformer une résistance interne en réfutation logique. » Brillante formule, qui depuis la publication de la Traumdeutung a eu le don d'exaspérer tous ceux, en particulier parmi les philosophes, qui se sont appliqués à critiquer la psychanalyse.

Les deux cultures

Ces considérations ramènent à la question des affinités entre psychanalyse et littérature. La lecture et l'écriture, elles aussi, sont des expériences auto-analytiques, un cheminement du lecteur, guidé par l'auteur, qui fut lui-même lecteur avant de devenir auteur, vers l'auto-interprétation.

Pour poser convenablement la question des relations entre littérature et psychanalyse, il est prudent d'écarter, explique Jacques Bouveresse, « l'idée que la littérature met à notre disposition une forme de connaissance qui se situe dans un rapport de rivalité et de conflit avec celle de la science » (La Connaissance de l'écrivain. Sur la littérature, la vérité et la vie, 2008). Jacques Bouveresse rejoint ici Hilary Putnam : « Les dramaturges grecs, la psychologie freudienne et le roman russe sont tous supposés [...] contenir une connaissance – une connaissance portant sur l'homme. Ils sont donc et en même temps ne sont pas en conflit avec la science. [...] Si nous ajoutons l'affirmation que cette espèce rivale de connaissance est d'une certaine façon „supérieure“ ou plus importante que la connaissance scientifique, nous avons une position obscurantiste achevée » (« Literature, Science and Reflection », in Meaning and the Moral Sciences, 1978). Dans cette citation de Putnam, la psychanalyse est rangée dans la catégorie des œuvres littéraires. Jacques Bouveresse ajoute à ce point de son argumentation : « Nous pouvons oublier le problème particulier que soulève le statut de disciplines comme la psychanalyse pour nous concentrer exclusivement sur celui que l'on peut donner au mot „connaissance“, quand il est question d'une connaissance qui ne peut être puisée que dans les œuvres littéraires » (ibid.).

Il ne s'agit pas ici d'opposer savoir littéraire et connaissance scientifique, ni de rattacher la psychanalyse à la tradition littéraire pour contester implicitement son statut scientifique. On peut dire plutôt de la discipline freudienne, surtout in statu nascendi, au stade de L'Interprétation des rêves, ce que l'on souligne à propos de la Théorie des couleurs goethéenne : elle réunit « les deux cultures » contemporaines, celle de la Bildung, au sein de laquelle la littérature et les arts occupent une place éminente, et celle qui est propre aux sciences, qui écarte de son champ les connaissances non démontrables, non vérifiables et non « falsifiables ». C'est un des éléments qui expliquent l'intérêt toujours actuel de la discipline fondée par Freud.

Cette alliance des « deux cultures », du savoir littéraire et de la connaissance scientifique, a-t-elle donné un résultat convaincant ? L'édifice freudien est-il toujours solide ? Lydia Marinelli et Andreas Mayer rappellent que les attaques contre la Traumdeutung au nom de la bonne méthode scientifique préfigurent une guerre de cent ans de la science contre la psychanalyse que le xxie siècle, dirait-on, poursuit de plus belle.

Une objection parfois adressée par les spécialistes de sciences sociales à la psychanalyse porte sur la prétendue transposition hâtive de la théorie du psychisme individuel à une théorie du « psychisme collectif » (le groupe, la société, la culture, etc.). Or une telle distinction entre l'individuel et le collectif n'existe pas dans la théorie freudienne. Le complexe d'Œdipe inscrit la psychogenèse de l'individu dans la microstructure sociale que représente la famille (le père, la mère, les frères et sœurs, la famille élargie) et conçoit l'adolescence de l'individu comme l'interaction plus ou moins conflictuelle entre les revendications pulsionnelles, celles du moi et les interdits du surmoi, et comme l'apprentissage de la sublimation qui est le moteur du processus de civilisation. Si l'inconscient est structuré comme un langage, comme l'indique Lacan, si la cure psychanalytique est une thérapie par la parole, on peut aussi admettre que l'usage de la langue inscrit d'emblée l'individu dans une pratique sociale et que le langage de l'inconscient et les discours sociaux sont des vases communicants. Cette tension jamais entièrement résolue entre l'individu et la société fait du « malaise dans la culture » un état chronique qui peut conduire aux crises de l'existence individuelle et du système culturel.

De cette connexion fondamentale entre l'individuel et le social, la théorie psychanalytique a pu tirer des conséquences contradictoires : les premiers disciples « freudo-marxistes » (d'Otto Gross à Paul Federn, Siegfried Bernfeld, Otto Fenichel, Erich Fromm, Wilhelm Reich) ont compris que les névroses résultent de la répression sociale et culturelle. Ils en ont déduit que la psychanalyse peut et doit contribuer à changer la morale et le système économique et social pour guérir le « malaise dans la culture ». D'autres, Erik H. Erikson par exemple, ont été accusés de concevoir la psychothérapie d'inspiration freudienne comme une méthode d'adaptation de l'individu en crise à la société. Dans cette seconde perspective, la psychanalyse prendrait la relève du « roman de formation », du Bildungsroman dont le Wilhelm Meister de Goethe a donné le modèle : elle est un processus d'apprentissage du nécessaire renoncement, du principe de réalité et de désillusion que l'individu devrait assumer pour trouver sa place dans l'ordre social et culturel.

Comment concilier l'histoire de l'individu, l'anthropologie historique et l'histoire sociale ? Replaçant l'homo psychologicus au centre de l'intérêt de l'historien, sans pour autant céder à l'illusion biographique ni participer aux constructions identitaires (les grands hommes, le caractère des peuples, les identités nationales et culturelles...), la psychanalyse peut enrichir la méthode de l'historien comme le montre notamment Carlo Ginzburg (Mythes, emblèmes, traces. Morphologie et histoire, 1986). Les phénomènes relevant dans l'histoire de ce que, échouant à le comprendre et plus encore à l'expliquer, certains appellent « l'irrationnel » : la chasse aux sorcières, la cruauté tolérée et la violence sous-jacente dans les civilisations les plus policées, l'identification des individus à des mouvements de masse et à des « leaders négatifs », la construction de la « déviance » au regard de la norme culturelle, le racisme et l'antisémitisme que les Lumières politiques n'ont pas vaincus sont autant de phénomènes qui trouvent dans les écrits anthropologiques et sociologiques de Freud des éléments d'interprétation susceptibles de compléter les perspectives de l'histoire sociale.

Depuis que s'est imposée la distinction entre histoire et mémoire, entre science historique et mémoire collective, depuis que l'histoire mémorielle entendue comme l'histoire des lieux de mémoire, des commémorations et des monuments, est considérée comme une discipline à part entière des sciences sociales, la contribution de la théorie freudienne aux sciences sociales acquiert une actualité nouvelle. De L'Interprétation des rêves à L'Homme Moïse et la religion monothéiste, Freud explore les processus individuels d'oubli, de refoulement et de réminiscence, les décalages entre le temps historique et la temporalité psychique, entre la « vérité » de « ce qui s'est réellement passé » et la construction plus ou moins fictionnelle et néanmoins parée de tous les attributs du vrai. Dans la deuxième Considération inactuelle intitulée De l'utilité et de l'inconvénient de l'histoire pour la vie, Nietzsche critiquait le régime d'historicité propre au xixe siècle, l'historicisme, qui considère que tout est historique est que l'histoire est la discipline reine, méconnaissant la nécessité de l'oubli pour la vie et pour la création de valeurs culturelles. Freud renouvelle le débat en montrant que l'oubli peut inhiber la vie de l'individu et dévoyer la culture, tout autant que le poids des souvenirs et l'excès de science historique. Il suggère que la réminiscence des souvenirs refoulés est la condition nécessaire à l'équilibre personnel, mais que l'effet de vérité du temps retrouvé est le plus souvent le résultat d'une construction dans laquelle, selon la formule choisie par Goethe pour intituler son autobiographie, poésie et vérité sont inextricablement mêlées. De même, la mémoire collective d'une société et des différents milieux sociaux qui la composent s'écarte parfois considérablement des acquis de la science historique : les « lieux de mémoire » se construisent hors du contrôle de l'historien et celui-ci se contente d'écrire l'histoire de la mémoire de sa société et des sociétés anciennes.

Ainsi la psychanalyse débouche sur ce qu'on a pu dénommer la « culture-analyse » : plus d'un siècle après la publication de la Traumdeutung, malgré les critiques sans cesse relancées, elle occupe toujours une place centrale, non seulement dans les sciences de l'homme et de la société, mais plus largement dans la culture du temps présent.

—  Jacques LE RIDER

BIBLIOGRAPHIE

※ Œuvres

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Payot, 1979 ; « Sur les transpositions de pulsions, particulièrement dans l'érotisme anal » (Über Triebumsetzungen im besondere des Analerotik, 1917), in La Vie sexuelle, P.U.F., 8e éd. 1989 ; « Un enfant est battu » (Ein Kind wird geschlagen, 1919), in Névrose, psychose et perversion ; « Sur la psychogenèse d'un cas d'homosexualité féminine » (Über die Psychogenese eines Falles von weiblicher Homosexualität, 1920), ibid. ; « Sur quelques mécanismes névrotiques dans la jalousie, la paranoïa et l'homosexualité » (Über einige neurotische Mechanismen bei Eifersucht, Paranoia und Homosexualität, 1922), ibid. ; « La Disparition du complexe d'Œdipe » (Der Untergang des Ödipuskomplexes, 1924), in La Vie sexuelle ; « Le Problème économique du masochisme » (Das ökonomische Problem des Masochismus, 1924), trad. J. Laplanche, in Névrose, psychose et perversion ; « La Négation » (Die Verneinung, 1925), in Rev. franç. Psychan., t. VII, no 2, 1934 ; Ma vie et la psychanalyse (Selbstdarstellung, 1925), suivi de Psychanalyse et médecine (Die Frage der Laienanalyse, 1926), trad. M. Bonaparte, rééd. Gallimard, 1968 ; Inhibition, symptôme et angoisse (Hemmung, Symptom und Angst, 1926), trad. M. Tort, 9e éd. P.U.F., 1990 ; Malaise dans la civilisation (Das Unbehagen in der Kultur, 1930), trad. M. Bonaparte, P.U.F., 9e éd. 1983, trad. C. et J. Odier, 10e éd. 1986 ; Nouvelles Conférences sur la psychanalyse (Neue Folge der Vorlesungen zur Einführung in die Psychoanalyse, 1932), trad. A. Berman, Gallimard, 1936 ; « Analyse terminée et analyse interminable » (Die endliche und die unendliche Analyse, 1937), in Rev. franç. Psychan., t. X, no 1, 1938, et t. XI, no 1, 1939 rééd. ibid., t. XXXIX, no 3, 1975 ; Abrégé de psychanalyse (Abriss der Psychoanalyse, 1938), trad. A. Berman, 5e éd. rev., P.U.F., 1967 ; Moïse et le monothéisme (Der Mann Moses und die monotheistische Religion, 1939), trad. A. Berman, rééd. Gallimard, 1967.

S. Freud, Lettres de jeunesse, trad. C. Heim, Gallimard, 1990 ; Correspondance, 1873-1939, E. Freud éd., trad. A. Berman, rééd. augm., Gallimard, 1979

S. Freud & K. Abraham, Correspondance. 1907-1926, H. C. Abraham et E. Freud éd., trad. F. Gambon et J. P. Grossein, Gallimard, 1969

S. Freud & J. Breuer, Études sur l'hystérie (Über den psychischen Mechanismus hysterischer Phänomene, 1893 ; Studien über Hysterie, 1895), trad. A. Berman, 2e éd. P.U.F., 1967

S. Freud & W. C. Bullitt, Le Président Thomas Woodrow Wilson. Portrait psychologique (Thomas Woodrow Wilson, Twenty-Eighth President of the United States. A Psychological Study, 1930), trad. M. Tadié, U.G.E., Paris, 1967

S. Freud & C. G. Jung, Correspondance, 2 vol., Gallimard, 1976

S. Freud & O. Pfister, Correspondance avec le pasteur Pfister. 1909-1939, E. L. Freud et H. Meng éd., trad. L. Jumel, Gallimard, 1966

L. Andreas-Salomé, Correspondance avec Sigmund Freud, trad. L. Jumel, Gallimard, 1970

S. Freud & A. Zweig, Correspondance (1927-1939), trad. L. Weibel, Gallimard, 1973

S. Freud & S. Zweig, Correspondance, trad. G. Hauer et D. Plassard, Rivages, Paris, 1991

J. Strackey, Bloomsbury-Freud, 1924-1925, P.U.F., 1990.

※ Études

D. Anzieu, L'Auto-analyse de Freud et la découverte de la psychanalyse, 2 vol., P.U.F., 1975, 3e éd. ref. 1988

S. Bernfeld, « An Unknown Biographical Fragment by Freud », in American Imago, t. IV, no 1, 1946

S. Bernfeld & S. Cassirer-Bernfeld, Bausteine der Freud-Biographik (introd. d'Ilse Grubrich-Simitis), Suhrkamp Verlag, Francfort, 1981

R. Dufresne, Bibliographie des écrits de Freud en français, allemand et anglais, Payot, 1973

H. Glaser, Sigmund Freuds Zwanzigstes Jahrhundert, Seelenbilder einer Epoche, Materialien und Analyse, Carl Hauser Verlag, Munich, 1976

E. Jones, La Vie et l'œuvre de Sigmund Freud (The Life and Work of Sigmund Freud, 1953-1955), 3 vol., trad. A. Berman et L. Flournoy, P.U.F., 1958-1969, 4e éd. 1982-1990

J. Laplanche & J.-B. Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse, Paris, 1967

O. Mannoni, Freud, Seuil, Paris, 1968

J. Nobécourt, « Psychanalyse : la freudistique », in Universalia, 1983

T. Reik, Trente Ans avec Freud, trad. franç., éd. Complexe, Bruxelles, 1975

L. B. Ritvo, L'Ascendant de Darwin sur Freud, trad. de l'angl. P. Lacoste, Gallimard, 1992

M. Robert, La Révolution psychanalytique, 2 vol., Payot, Paris, 1964 ; D'Œdipe à Moïse. Freud et la conscience juive, Calmann-Lévy, Paris, 1974

É. Roudinesco, La Bataille de cent ans. Histoire de la psychanalyse en France, t. I : 1885-1939, Ramsay, Paris, 1982

M. Schur, La Mort dans la vie de Freud, trad. franç., Gallimard, 1972

F. Wittels, « Freud und Goethe », in Psychoanalytische Bewegung, t. II, 1930 ; « Der Antiphilosoph Freud », in Almanach der Psychoanalyse, Vienne, 1931

S. Zweig, La Guérison par l'esprit, Paris, 1931.

※ Freud, entre science et savoir

S. Aouillé, P. Bruno, F. Chaumon et al., Manifeste pour la psychanalyse, La Fabrique, Paris, 2010

P.-L. Assoun, Le Freudisme, P.U.F., Paris, 2001

J. Derrida, États d'âme de la psychanalyse, Galilée, 2000

Dictionnaire de la psychanalyse, E. Roudinesco et M. Plon dir., Fayard, Paris, 2006

Dictionnaire international de la psychanalyse, A. de Mijolla dir., Hachette, Paris, 2005

L. Flem, Freud et ses patients, Hachette littératures, 2002

R. Gori, La Preuve par la parole. Essai sur la causalité en psychanalyse, Érès, Ramonville - Saint-Agne, 2008

A. Green, Illusions et désillusions du travail psychanalytique, Odile Jacob, Paris, 2010

J. Le Rider, Freud, de l'Acropole au Sinaï. Le retour à l'Antique des Modernes viennois, P.U.F., 2002 ; Arthur Schnitzler ou la Belle Époque viennoise, Belin, Paris, 2003

R. Major & C. Talagrand, Freud, Gallimard, Paris, 2006

L. Marinelli & A. Mayer, Rêver avec Freud. L'histoire collective de « L'Interprétation du rêve », trad. D. Tassel, Aubier, Paris, 2009

A. de Mijolla, Freud, fragments d'une histoire, P.U.F., 2003

M. Plon & H. Rey-Flaud dir., La Pulsion de mort, entre psychanalyse et philosophie, Érès, 2004

M. Onfray, Le Crépuscule d'une idole. L'affabulation freudienne, Grasset, Paris, 2010

H. Rey-Flaud, Le Démenti pervers : le refoulé et l'oublié, Aubier, 2002

E. Roudinesco, Pourquoi tant de haine ? Anatomie du « Livre noir de la psychanalyse », Navarin, 2005 ; Mais pourquoi tant de haine ?, Seuil, Paris, 2010

E. Zaretsky, Le Siècle de Freud. Une histoire sociale et culturelle de la psychanalyse, Albin Michel, Paris, 2008.

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Autres références

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CONFÉRENCES D'INTRODUCTION A LA PSYCHANALYSE (S. Freud)

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  • Jacques LE RIDER
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Les Conférences ou Leçons d'introduction à la psychanalyse constituent la mise en forme de deux cycles de cours présentés par Sigmund Freud à l'université de Vienne pendant les semestres d'hiver 1915-1916 et 1916-1917. Cette activité d'enseignement de Freud n'a rien d'exceptionnel : depuis son habilitat […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/conferences-d-introduction-a-la-psychanalyse-s-freud/#i_1878

L'HOMME MOÏSE ET LA RELIGION MONOTHÉISTE, Sigmund Freud - Fiche de lecture

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Cet ouvrage de Sigmund Freud fut publié en 1939 simultanément en allemand à Amsterdam sous le titre Der Mann Moses und die monotheistische Religion. Drei Abhandlungen, et à Londres en anglais, traduit par Katherine Jones sous le titre Moses and Monotheism.Livre de l'exil, il paraît quelques mois avant la mort de Freud et s'inscrit dans la suite log […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/l-homme-moise-et-la-religion-monotheiste/#i_1878

L'INTERPRÉTATION DES RÊVES, Sigmund Freud - Fiche de lecture

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Sigmund Freud (1856-1938) emploie pour la première fois le terme de psychanalyse en 1896. Mais la naissance de la psychanalyse elle-même date de 1897, au moment du renoncement à la théorie traumatique, de la découverte du f […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/l-interpretation-des-reves/#i_1878

LE MALAISE DANS LA CULTURE, Sigmund Freud - Fiche de lecture

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Intitulé Malaise dans la civilisation lors de sa première traduction française en 1934, cet ouvrage fut longtemps considéré comme appartenant à cette catégorie des œuvres freudiennes que l'on qualifiait d'anthropologiques non sans quelque mépris. Jacques Lacan, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-malaise-dans-la-culture/#i_1878

ABRÉACTION

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Terme utilisé en psychiatrie et en psychothérapie et qui traduit l'allemand Abreagiren , mot inconnu sans doute avant Breuer et Freud. Dans le sens le plus général, l'abréaction désigne toute décharge émotionnelle qui permet à un sujet d'extérioriser un affect lié à un souvenir traumatique et, en conséquence, de se libérer de son poids pathogène. P […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/abreaction/#i_1878

ADLER ALFRED (1870-1937)

  • Écrit par 
  • Alfred MEYER
  •  • 2 593 mots
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Dans le chapitre « Les origines de la pensée d'Adler »  : […] Alfred Adler, né à Vienne en 1870, commença sa carrière en Autriche. Docteur en médecine en 1895, il fut élève de Freud, reconnaissant la haute valeur d'investigation psychique de la psychanalyse. Le point de départ de l'œuvre originale d'Adler, dans sa première étude publiée à Vienne en 1907, est constitué par ses observations sur les infériorités […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/alfred-adler/#i_1878

ALTRUISME

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  • Guy PETITDEMANGE
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Dans le chapitre « Figures de l'altérité »  : […] La problématique de l'autre n'est pas un produit de l'immédiate modernité même si celle-ci, par bien de ses traits, permet de mieux comprendre son irruption sur le devant de la scène. Hegel la met en figure de façon très adéquate. Même si, dans la Phénoménologie de l'esprit (1807), la négation se révèle être, au terme, la médiation du concept, la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/altruisme/#i_1878

AMOUR

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  • Georges BRUNEL, 
  • Baldine SAINT GIRONS
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Dans le chapitre «  L'amour comme mythe endopsychique »  : […] Qu'une privation essentielle caractérise l'amour, telle sera, en effet, l'intuition centrale de Freud, aux yeux duquel le sujet paie, en aimant, l'amende d'une partie de son narcissisme. Se dessaisissant de sa personnalité au profit de l'aimé, il élève celui-ci au rang d'idéal sexuel, quand il ne le substitue pas simplement à ce qui constituait au […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/amour/#i_1878

ANDREAS-SALOMÉ LOU (1861-1937)

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Elle n'a voulu après elle ni tombeau ni publications posthumes. Aucune trace, pas même son nom sur une dalle, pas même les dates entre lesquelles s'encadre sa vie. Rien que les derniers échos des injures, des railleries, ou des admirations fanatiques qui accompagnèrent sa vie. On les perçoit encore, colportés par le cinéma, par les impressions hâti […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lou-andreas-salome/#i_1878

ANDROGYNE

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La figure plastique de l'androgyne que nous transmet l'Antiquité sous les espèces de l' Hermaphrodite couché est remarquable moins par ses caractères bisexuels, qui se trouvent effacés, que par l'indifférence ou plutôt la sérénité dont celui-ci fait preuve. Lorsque Freud cherche à rendre compte de la « bisexualité originaire », il se réfère au myt […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/androgyne/#i_1878

ASSOCIATION INTERNATIONALE DE PSYCHANALYSE (I.P.A.)

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  • Alain VANIER
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À partir de 1902, des réunions régulières se tiennent chez Freud le mercredi. La Société psychologique du Mercredi devient en 1908 la Société psychanalytique de Vienne. Au premier Congrès international de psychanalyse de Nuremberg en 1910, Sandor Ferenczi présente des propositions pour la création d'une organisation internationale : l'Association p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/association-internationale-de-psychanalyse/#i_1878

AUTOCONTRAINTE

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  • Fabien CARRIÉ
  •  • 1 191 mots

Le concept d’autocontrainte est élaboré par Norbert Elias dans le cadre de sa théorie du procès de civilisation. Opposée aux contraintes externes ( fremdzwänge ), consubstantielles à toute chaîne d’interrelations sociales, l’autocontrainte, parfois traduite comme autocontrôle ( selbstzwänge ), se comprend comme une réappropriation critique des acc […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/autocontrainte/#i_1878

BION WILFRED R. (1897-1979)

  • Écrit par 
  • Émile JALLEY
  •  • 4 813 mots

La figure de Bion, principal disciple de Melanie Klein, est celle d'un grand penseur du mouvement psychanalytique. Revenant à la source des premiers grands travaux de Sigmund Freud (1895, 1900, 1911), son principal mérite est d'avoir développé, selon l'ensemble de leurs conséquences et dans une perspective d'une remarquable originalité, l'esquisse […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/wilfred-r-bion/#i_1878

BREUER JOSEF (1842-1925)

  • Écrit par 
  • Catherine CLÉMENT
  •  • 440 mots

Médecin et physiologiste autrichien, qui travailla avec Freud sur la théorie des névroses. Breuer, avant d'entrer en rapport avec le fondateur de la psychanalyse, était déjà un savant établi, jouissant d'une excellente réputation médicale à Vienne. Il s'était intéressé, sous la direction d'Ewald Hering, à la physiologie de la respiration, attachant […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/josef-breuer/#i_1878

BRÜCKE ERNST WILHELM VON (1819-1892)

  • Écrit par 
  • Georges TORRIS
  •  • 324 mots

Ayant enseigné l'anatomie à Berlin (1846), sa ville natale, puis à Königsberg (1848) et enfin à Vienne (1849), où il se fixa définitivement, Ernst Wilhelm von Brücke fut un des fondateurs de l'anatomie microscopique (histologie) et de la physiologie, et ses travaux personnels ont porté sur la physiologie des sensations : Esquisse de la physiologie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ernst-wilhelm-von-brucke/#i_1878

CORPS - Le corps et la psychanalyse

  • Écrit par 
  • Monique DAVID-MÉNARD
  •  • 3 959 mots

Dans le chapitre « Le corps hystérique et la pantomime de la jouissance »  : […] La psychanalyse a commencé lorsque Freud repéra dans les consultations d'hystériques de la Salpêtrière, puis dans le transfert, un autre corps. La spécificité de ce corps de plaisir fut conçue d'abord sur le mode du paradoxe comme une hétérogénéité scandaleuse au regard de la clinique médicale, car rebelle à ses constructions. Dans un article rédi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/corps-le-corps-et-la-psychanalyse/#i_1878

CULPABILITÉ

  • Écrit par 
  • Charles BALADIER
  •  • 9 666 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La culpabilité collective »  : […] On voit qu'il est impossible de poser le problème de l'origine de la culpabilité dans l'individu sans rencontrer le social préexistant à celui-ci dans sa dimension historique, c'est-à-dire cette dialectique même « qui scande les enfantements de notre société » et qui ressortit à une psychanalyse de la culture. Comme en biologie, l'ontogenèse est ic […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/culpabilite/#i_1878

DESTIN

  • Écrit par 
  • Catherine CLÉMENT
  •  • 2 486 mots

Dans le chapitre « La peste »  : […] « Œdipe et Freud apportèrent tous deux la peste » (A. Green). La question se pose de savoir pourquoi c'est à Œdipe que Freud emprunte le modèle qui le définit comme structure universelle. Il s'en explique : « Pour moi, une série de suggestions prirent leur origine à partir du complexe d'Œdipe dont je reconnaissais l'ubiquité. Le choix, voire la cr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/destin/#i_1878

DEUTSCH HELEN (1884-1982)

  • Écrit par 
  • Pamela TYTELL
  •  • 1 182 mots

Théoricienne de la sexualité féminine, première femme psychanalyste à avoir été analysée par Sigmund Freud, Helen Rosenbach Deutsch est morte à Cambridge, dans le Massachusetts, aux États-Unis, à l'âge de quatre-vingt-dix-sept ans. Née à Przemysl, dans la partie polonaise de l'Empire austro-hongrois, militante politique tout au long de sa vie, elle […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/helen-deutsch/#i_1878

ENFANCE (Les connaissances) - La petite enfance

  • Écrit par 
  • Hélène STORK
  •  • 8 691 mots
  •  • 2 médias

« La psychanalyse des individus, écrivait S. Freud dans Moïse et le monothéisme (1938), nous apprend que les impressions les plus précoces, recueillies à une époque où l'enfant ne fait encore que balbutier, provoquent un jour, sans même resurgir dans le conscient, des effets obsédants. » Dans la continuité de cette intuition géniale, des psychana […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/enfance-les-connaissances-la-petite-enfance/#i_1878

ENFANCE (Les connaissances) - Enfant et psychanalyse

  • Écrit par 
  • Colette MISRAHI
  •  • 5 207 mots

Dans le chapitre « Le « petit Hans » »  : […] L'exemple le plus simple et le plus connu, celui du « petit Hans », est exposé par Freud dans les Cinq Psychanalyses. Il faut préciser les circonstances dans lesquelles s'engagea cette analyse très particulière qui vit l'entrée d'un enfant sur la scène psychanalytique. C'est en 1905 que Freud publie à Vienne les Trois Essais sur la sexualité , livr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/enfance-les-connaissances-enfant-et-psychanalyse/#i_1878

ESTHÉTIQUE - Esthétique et philosophie

  • Écrit par 
  • Mikel DUFRENNE
  •  • 7 348 mots

Dans le chapitre « L'esthétique subjectiviste »  : […] L'esthétique subjectiviste est d'abord une réflexion sur la perception esthétique. Au début du xx e  siècle, cette réflexion s'est placée sous l'égide de la psychologie, et le concept clé qu'elle a mis en œuvre est celui d' Einfühlung (à quoi répond alors, en gros, chez Croce, le concept d'intuition). Cette esthétique en effet est toujours soucieu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/esthetique-esthetique-et-philosophie/#i_1878

EXTRAVERSION & INTROVERSION

  • Écrit par 
  • Georges TORRIS
  •  • 699 mots

L'opposition entre caractère extraverti et caractère introverti est due à C. G. Jung (dans Sur les conflits de l'âme infantile , 1910, et surtout dans Types psychologiques , 1920), qui voulait concilier ainsi les positions de Freud et celles d'Adler. « Chez Adler, écrit Jung en 1928, l'accent porte sur un sujet qui se met en sûreté et qui cherche l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/extraversion-et-introversion/#i_1878

FEDERN ERNST (1914-2007)

  • Écrit par 
  • Michelle MOREAU-RICAUD
  •  • 509 mots

Né à Vienne dans une famille de la bourgeoisie juive assimilée, Ernst Federn était le fils du neurologue devenu psychanalyste Paul Federn (1871-1950), lui-même fils de médecin et neveu d'un célèbre rabbin de Prague. L'un des proches et des plus anciens disciples de Freud, Paul Federn devint son représentant officiel en tant que vice-président de l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ernst-federn/#i_1878

FERENCZI SANDOR (1873-1933)

  • Écrit par 
  • Catherine CLÉMENT
  •  • 913 mots
  •  • 1 média

Le plus connu des psychanalystes d'origine hongroise, Sandor Ferenczi eut pour élèves Gezà Roheim, le premier ethnologue psychanalyste, et Melanie Klein, la grande théoricienne de la psychanalyse des enfants : ils constituèrent ce « foyer de l'école hongroise aux brandons maintenant dispersés » dont parle Jacques Lacan. Né en Hongrie, à Miskolc, F […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sandor-ferenczi/#i_1878

FLIESS WILHELM (1858-1928)

  • Écrit par 
  • Catherine CLÉMENT
  •  • 357 mots

Médecin berlinois, que son amitié avec Freud a rendu célèbre. Il était spécialisé dans les maladies du nez et de la gorge. C'est sur le conseil de J. Breuer qu'il rencontre Freud en 1887 lors d'une visite à Vienne ; les deux médecins se lient d'amitié et entretinrent une correspondance passionnée jusqu'en 1902, date à laquelle ils rompent sous des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/wilhelm-fliess/#i_1878

FOLIE

  • Écrit par 
  • Alphonse DE WAELHENS
  •  • 4 743 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Pathologie mentale et culpabilité »  : […] Et voici qu'apparaît une nouvelle dissociation. L'âge classique n'a jamais cessé d'entretenir une certaine ambiguïté, qu'on appellerait mieux collusion, sur les rapports de la folie et de la faute. La psychiatrie du xix e  siècle, sans bannir toute idée de culpabilité à propos de la folie, tend à dissiper cette ambiguïté dans la mesure où elle che […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/folie/#i_1878

FOLKLORE

  • Écrit par 
  • Nicole BELMONT
  •  • 12 223 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Folklore et psychanalyse »  : […] Sigmund Freud, qui s'est beaucoup intéressé au folklore, déclare : « On retrouve [la symbolique du rêve] dans toute l'imagerie inconsciente, dans toutes les représentations collectives, populaires, notamment dans le folklore, le mythe, les légendes, les dictons, les proverbes, les jeux de mots courants : elle y est même plus complète que dans les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/folklore/#i_1878

FONDATEUR MYTHIQUE

  • Écrit par 
  • Catherine CLÉMENT
  •  • 787 mots

Le problème du rapport entre la mythologie et la réalité se pose tout particulièrement dans le cas des fondations de cités, de nations, d'institutions, de religions : on rencontre là des personnages héroïques, affectés d'une biographie prise dans sa continuité, distincts des dieux, lesquels se situent dans un registre imaginaire et religieux. Dès l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/fondateur-mythique/#i_1878

FORCLUSION, psychanalyse

  • Écrit par 
  • Jacques SÉDAT
  •  • 709 mots

Tiré du vocabulaire juridique, où il désigne la déchéance d'un droit qui n'a pas été exercé dans les délais prescrits, le terme de forclusion a été introduit dans le langage psychanalytique contemporain par Jacques Lacan pour traduire le mot freudien Verwerfung , très précisément dans le cadre d'une théorie de la psychose, la forclusion constituant […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/forclusion-psychanalyse/#i_1878

FOUS LITTÉRAIRES

  • Écrit par 
  • Jean-Jacques LECERCLE
  •  • 5 640 mots

Dans le chapitre « La psychanalyse à l'épreuve de la création »  : […] La principale version moderne de ce mythe est psychanalytique. C'est une version complexe et subtile, mais mythique néanmoins. On sait l'intérêt que portait Freud à la littérature. On sait aussi les rapports que sa pratique entretenait consciemment avec l'écriture littéraire : les récits de cas se lisent comme des romans, les grands complexes trou […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/fous-litteraires/#i_1878

FRAZER JAMES GEORGE (1854-1941)

  • Écrit par 
  • Nicole BELMONT
  •  • 3 467 mots

Dans le chapitre « La théorie de la magie »  : […] La notion de magie sympathique est, quant à elle, susceptible d'une application plus large puisque, aux yeux de Frazer, la pensée magique anime l'un des stades traversés par l'humanité, les deux autres étant caractérisés par la pensée religieuse et par la pensée scientifique. Il ne s'agit pas d'un évolutionnisme rigide. C'est ainsi que des traces […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/james-george-frazer/#i_1878

FREUD ANNA (1895-1982)

  • Écrit par 
  • Pamela TYTELL
  •  • 1 707 mots
  •  • 1 média

La fille de Freud, le dernier de ses six enfants, Anna , décédée le 9 octobre 1982 à Londres, fut la seule, dans la fratrie, à suivre les traces du père, dont elle était la préférée et dont elle devint le plus fidèle disciple. À la mort de Freud, elle se mua en gardienne vigilante de la doctrine, incarnant, pour une partie importante de la communa […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/anna-freud/#i_1878

FROMM ERICH (1900-1980)

  • Écrit par 
  • Pamela TYTELL
  •  • 1 186 mots

Né à Francfort-sur-le-Main, Erich Fromm étudia la sociologie à Heidelberg, à Francfort et à Munich : il s'initia à la psychanalyse à l'université de Munich et auprès de l'Institut de psychanalyse de Berlin de 1923 à 1925. Il fut analysé par Hanns Sachs. À Berlin, il admire les travaux de G. Groddeck, qui n'est pas accepté par la communauté analytiq […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/erich-fromm/#i_1878

GIRARD RENÉ (1923-2015)

  • Écrit par 
  • Pierre PACHET
  •  • 2 534 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Du mimétisme à la violence »  : […] Le deuxième ouvrage, La Violence et le sacré , suit le premier de onze ans (si l'on excepte un ouvrage sur Dostoïevski paru en 1963). Cette fois, l'analyse du désir mimétique ne se cantonne ni au roman, ni au plan des relations entre les individus. Elle s'appuie désormais sur la tragédie grecque, et vise à reconstituer l'histoire des sociétés et de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rene-girard/#i_1878

GRODDECK GEORG (1866-1934)

  • Écrit par 
  • François GANTHERET
  •  • 2 004 mots

Parmi les figures les plus marquantes de l'histoire du mouvement psychanalytique, Georg Groddeck tient une place très particulière. En contact épistolaire étroit avec Freud autour des années 1920, soutenu par celui-ci contre la réserve, voire l'hostilité de la plupart des analystes de l'époque, il ne peut cependant, même s'il réclamait ce titre, ê […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/georg-groddeck/#i_1878

HARTMANN HEINZ (1894-1970)

  • Écrit par 
  • Pamela TYTELL
  •  • 825 mots

Fils d'un professeur d'histoire de l'université de Vienne, Heinz Hartmann fit ses études de médecine et travailla sous la direction du pharmacologue Hans Horst Mayer et du sociologue Max Weber. En 1927, alors qu'il était en psychanalyse avec Sandor Rado, il publia Die Grundlagen der Psychoanalyse ( Les Fondements de la psychanalyse ), où il oppose […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/heinz-hartmann/#i_1878

HÉDONISME

  • Écrit par 
  • Henri WETZEL
  •  • 3 981 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'ordre de la jouissance et sa lettre »  : […] L'hédonisme d'Aristippe, grec mais aussi africain, laisse parler haut, au sein du rationalisme conquérant, les forces dites occultes parce que occultées et rejetées dans l'inconscient, qui portent atteinte à la souveraineté de la raison et rompent avec les orthodoxies qu'elle prétend imposer. La pensée occidentale s'est appliquée à réduire, ou du m […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/hedonisme/#i_1878

HOFMANNSTHAL HUGO VON (1874-1929)

  • Écrit par 
  • Jacques LE RIDER
  •  • 2 845 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « La collaboration avec Richard Strauss »  : […] Le 30 octobre 1903, au Kleines Theater de Berlin, fut créée Elektra , une tragédie de Sophocle adaptée par Hofmannsthal, dans une mise en scène de Max Reinhardt. Lecteur des Études sur l'hystérie de Josef Breuer et Sigmund Freud, Hofmannsthal avait su éviter l'académisme néo-classique en modernisant la psychologie des personnages : Électre était p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/hugo-von-hofmannsthal/#i_1878

HOMME - La réalité humaine

  • Écrit par 
  • Alphonse DE WAELHENS
  •  • 14 321 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Le débat avec Freud »  : […] On l'a déjà dit : le début du présent siècle a vu mûrir lentement deux tentatives majeures de repenser la condition du sujet et la situation de l'homme dans le monde. Elles diffèrent grandement par leur esprit, leurs moyens, leurs fins immédiates et peut-être lointaines, au point qu'on a relevé entre elles, et avec raison, bien des oppositions. Il […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/homme-la-realite-humaine/#i_1878

HOMME AUX LOUPS L'

  • Écrit par 
  • Pamela TYTELL
  •  • 1 105 mots

Un des plus célèbres patients de Sigmund Freud, Sergeï Petrov-Pankieff, est mort à Vienne, la ville même où exerça son plus grand thérapeute et d'où partit cette nouvelle science qu'est la psychanalyse et sans laquelle, répétait Sergeï, « je n'aurais jamais pu supporter ce que la vie m'a réservé ». Il avait commencé son traitement avec Freud à l'âg […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/l-homme-aux-loups/#i_1878

HOMOSEXUALITÉ

  • Écrit par 
  • Frédéric MARTEL
  •  • 9 204 mots

Dans le chapitre « Le XIXe siècle aliéniste »  : […] L'apport des auteurs qui se sont penchés sur le xix e  siècle est essentiel, et parmi eux bien sûr celui de Michel Foucault dans La Volonté de savoir . Le philosophe a tenté de comprendre comment les comportements homosexuels restent des « problèmes » au xix e  siècle et donnent même lieu à des multitudes d'analyses qui constituent autant d'objets […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/homosexualite/#i_1878

HYPNOSE

  • Écrit par 
  • Léon CHERTOK
  •  • 3 523 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Retour de l'hypnose »  : […] Dans les années soixante-dix, l'hypnose et la suggestion sont revenues à l'ordre du jour. Entre autres raisons, on peut invoquer la prolifération des techniques psychothérapiques (environ 250 aux États-Unis) et l'impossibilité, constatée par des recherches américaines, de prouver la supériorité de telle ou telle de ces approches. Il est apparu qu'i […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/hypnose/#i_1878

IMAGINAIRE SOCIAL

  • Écrit par 
  • Pierre ANSART
  •  • 1 312 mots

Dans le chapitre « Les fonctions sociales de l'imaginaire social »  : […] Cette problématique de l'imaginaire n'est pas récente : elle a reçu des réponses élaborées depuis les origines de la réflexion philosophique ; elle a été renouvelée par les fondateurs modernes des sciences sociales. Ainsi, dans ses écrits sur la vie politique de son temps, Karl Marx insiste sur « le poids très lourd » que seraient les traditions a […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/imaginaire-social/#i_1878

INDIVIDU & SOCIÉTÉ

  • Écrit par 
  • André AKOUN
  •  • 4 488 mots

Dans le chapitre « Désir et sujet »  : […] L'ordre biologique est à définir à partir de la symbolisation qu'il rend possible – symbolisation qui l'annule lui-même et le transpose. Ce n'est donc pas dans le discours du positivisme qu'il doit être traduit, mais dans un discours où il recevra son statut de manque. Ainsi compris, l'ordre biologique a un destin comparable à celui qu'a, dans la t […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/individu-et-societe/#i_1878

INFÉRIORITÉ SENTIMENT D'

  • Écrit par 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 883 mots
  •  • 1 média

Expression qui fut surtout employée par Alfred Adler ( Minderwertigkeitsgefühl ) et qu'on pourrait rapprocher de celle de « sentiments d'incomplétude » de Pierre Janet. Pour Adler, le sentiment d'infériorité est fondé sur la réalité : la personne qui l'éprouve est effectivement dans une situation d'infériorité organique ou fonctionnelle. Dans le s […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sentiment-d-inferiorite/#i_1878

JANET PIERRE (1859-1947)

  • Écrit par 
  • Jacques POSTEL
  •  • 868 mots

Philosophe et psychiatre français. Neveu du philosophe Paul Janet qui l'orienta vers la philosophie, Pierre Janet entra à l'École normale supérieure et fut reçu à l'agrégation en 1882. Professeur aux lycées de Châteauroux puis du Havre, il soutient, en 1889, sa thèse de doctorat en lettres ( L'Automatisme psychologique ). L'orientation psychopathol […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-janet/#i_1878

JONES ERNEST (1879-1958)

  • Écrit par 
  • Daniel WIDLÖCHER
  •  • 534 mots
  •  • 1 média

Psychanalyste anglais d'origine galloise, ami et biographe de Freud, Jones , docteur en médecine en 1901, avait une vocation de neurologue. Il découvrit l'œuvre de Freud au cours d'un stage qu'il accomplit à Zurich auprès de E. Bleuler et de C. G. Jung. Ce dernier le présenta à Freud en 1908 au cours du I er  Congrès de psychanalyse qui se tint à S […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ernest-jones/#i_1878

JUNG CARL GUSTAV (1875-1961)

  • Écrit par 
  • Étienne PERROT
  •  • 5 208 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les étapes d'une recherche »  : […] Carl Gustav Jung est né à Kesswill, sur la rive suisse du lac de Constance. Son père, pasteur, s'installa peu après à Schloss-Laufen, au bord de la chute du Rhin, puis à proximité de Bâle, ville où le jeune Carl Gustav fit ses études et acquit le titre de médecin. Jung vit se poser à lui, dès ses premières années, la double question qui domina sa v […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/carl-gustav-jung/#i_1878

KARDINER ABRAM (1891-1981)

  • Écrit par 
  • Mikel DUFRENNE
  •  • 2 580 mots

Dans le chapitre « De la psychanalyse à la théorie de la culture »  : […] La carrière de Kardiner illustre bien la pluridisciplinarité requise par l'anthropologie culturelle. Né à New York, il s'oriente d'abord vers la psychiatrie et la psychanalyse : en 1921, il va séjourner à Vienne auprès de Freud. Près de soixante ans plus tard, à la veille de sa mort, il fait, avec beaucoup de verve et d'humour, le récit de son « a […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/abram-kardiner/#i_1878

KRAFFT-EBING RICHARD VON (1840-1902)

  • Écrit par 
  • Jacques POSTEL
  •  • 293 mots

Psychiatre allemand. Après des études de psychologie et de médecine en Suisse, puis en Allemagne où il est l'élève de Griensinger, Krafft-Ebing est nommé professeur de psychiatrie, successivement à Strasbourg, à Graz et enfin à Vienne, où il remplace Meynert en 1889. Quoique peu favorable aux premiers travaux de Freud sur les névroses (« Ça ressemb […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/richard-von-krafft-ebing/#i_1878

KRIS ERNST (1900-1957)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 496 mots

Psychologue et historien de l'art américain, Ernst Kris est connu pour avoir étudié la création artistique sous l'angle psychanalytique et pour avoir mêlé, dans ses recherches sur la psychologie de l'enfant, psychanalyse et observation directe. Né le 26 avril 1900 à Vienne dans une famille de la bourgeoisie juive, Ernst Kris suit les enseignement […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ernst-kris/#i_1878

LES CHAÎNES D'ÉROS. ACTUALITÉ DU SEXUEL (A. Green)

  • Écrit par 
  • Alain VANIER
  •  • 1 325 mots

La psychanalyse naît avec un déplacement opéré par Freud dans la notion de sexualité, que traduisent l'abandon de la théorie de la séduction pour celle du fantasme et l'introduction du complexe d'Œdipe. Le sexuel ne fait plus, dès lors, une irruption accidentelle dans la vie du sujet, mais devient partie structurante et fondatrice de l'appareil psy […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-chaines-d-eros-actualite-du-sexuel/#i_1878

LINGUISTIQUE ET PSYCHANALYSE

  • Écrit par 
  • Jean-Claude MILNER
  •  • 7 201 mots

Dans le chapitre « La psychanalyse et la forme des langues »  : […] Il arrive que telle ou telle donnée de langue permette de proposer une analogie structurale éclairant le fonctionnement des processus inconscients. Ainsi, dans L' Interprétation des rêves , le terme « interprétation » ( Deutung ) relève de la philologie. Cela ne veut pas dire qu'aux yeux de Freud le rêve soit à proprement parler une langue, mais […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/linguistique-et-psychanalyse/#i_1878

LITTÉRATURE & PSYCHANALYSE

  • Écrit par 
  • Jean BELLEMIN-NOEL
  •  • 7 689 mots

Dans le chapitre « Le surplomb de l'auteur »  : […] On ne s'attardera pas ici sur la fraternité qui unit en profondeur la culture littéraire avec la découverte et la mise en place de l'inconscient. Non seulement Freud était un connaisseur et un amateur des ouvrages les plus variés, qui consacrait une grande part de ses loisirs à la lecture quand il n'était pas en voyage sur le pourtour de la Médite […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/litterature-et-psychanalyse/#i_1878

MARIAGE

  • Écrit par 
  • Catherine CLÉMENT, 
  • Catherine LABRUSSE-RIOU, 
  • Marie-Odile MÉTRAL-STIKER
  • , Universalis
  •  • 11 551 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Libérer le mariage »  : […] À la suite d'Engels, on peut réaffirmer que la fonction essentielle du mariage est la reproduction ; le mariage est à la charnière entre culture et nature, à la charnière aussi entre l'engendrement du langage et des signes d'une part, de leur transmission, d'autre part. Mais le fait de la reproduction comprend aussi la conservation d'une structure […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mariage/#i_1878

MÉTAPSYCHOLOGIE

  • Écrit par 
  • Michèle BOMPARD-PORTE
  •  • 1 275 mots

« Qui suit », « au-delà de » (du grec meta ) la psychologie. Terme créé par Sigmund Freud dans sa correspondance privée avec Wilhelm Fliess, en 1896, puis défini comme suit, en 1915, dans L'Inconscient  : « Nous ne trouverons pas déraisonnable de distinguer par un nom particulier le mode de considération qui est le plein achèvement de la recherc […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/metapsychologie/#i_1878

MITTELEUROPA

  • Écrit par 
  • Jacques LE RIDER
  •  • 8 386 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « La modernité, une pensée du chaos ? »  : […] La modernité, dans l'ordre esthétique et théorique, peut être interprétée comme la représentation et l'interprétation de la crise culturelle provoquée par la modernisation. Si la modernité viennoise et la modernité des métropoles centre-européennes restent une de nos références intellectuelles les plus importantes, c'est parce qu'elles ont pensé l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mitteleuropa/#i_1878

MUSATTI CESARE (1897-1989)

  • Écrit par 
  • Silvia VEGETTI FINZI
  •  • 1 040 mots

En dépit de ses dénégations, Cesare Musatti était connu comme le « père de la psychanalyse italienne ». Il eût préféré en être tenu pour le « frère jumeau » (comme le suggère son livre Mia sorella gemella la psicoanalisi , Rome, 1982), en en laissant la paternité prestigieuse au Triestin Edoardo Weiss. Son rapport à la psychanalyse se fondait sur u […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cesare-musatti/#i_1878

MYSTIQUE

  • Écrit par 
  • Michel de CERTEAU
  •  • 8 610 mots
  •  • 2 médias

À l'analyse que Freud avait faite de la religion dans L'Avenir d'une illusion (1926), Romain Rolland opposait une « sensation religieuse qui est toute différente des religions proprement dites » : « sensation de l'éternel », « sentiment océanique » qui peut être décrit comme un « contact » et comme un « fait » (lettre à S. Freud, 5 déc. 1927). En […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mystique/#i_1878

OPPOSITION CONCEPT D'

  • Écrit par 
  • Émile JALLEY
  •  • 18 813 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Schelling »  : […] Schelling reprend à Fichte l'idée cardinale selon laquelle l'affirmation ne s'établit que sur la négation, que la source de toute activité réside dans une opposition, que rien ne se pose que par une lutte et une victoire sur son opposé. Cependant, intéressé par les travaux de son époque, en particulier dans les sciences de la nature, Schelling appl […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/concept-d-opposition/#i_1878

PARANOÏA

  • Écrit par 
  • Jacques POSTEL
  •  • 3 137 mots

Dans le chapitre « Étiologie et pathogénie : la personnalité paranoïaque »  : […] L'apparition des délires paranoïaques, chez des sujets le plus souvent prédisposés, les a fait considérer soit comme des psychoses purement endogènes (Kraepelin, Kehrer, Gaupp), soit comme un développement de la personnalité antérieure (Jaspers, Lacan) sans qu'il y ait véritable solution de continuité entre le caractère paranoïaque et le délire. R […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/paranoia/#i_1878

PASSION

  • Écrit par 
  • Baldine SAINT GIRONS
  •  • 6 821 mots

Dans le chapitre « Psychanalyse et destin des pulsions »  : […] Cet abîme entre le fou et l'homme normal, Freud s'est appliqué à le combler : la psychanalyse a, en effet, pour objet non tant de soumettre la volonté à la pulsion que d'enraciner cette dernière dans l'histoire du sujet, en référence aux stades d'évolution libidinale. Ainsi, dans sa tentative pour reconstituer la genèse des pulsions et leur destin […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/passion/#i_1878

PHOBIE

  • Écrit par 
  • François PERRIER
  •  • 3 385 mots

Le terme de phobie est fréquemment utilisé, dans la langue courante, pour évoquer la fixité de peurs électives et irrationnelles, ou le caractère insistant du dégoût et de la répulsion envers certains objets qui déclenchent de l'anxiété et des réactions de fuite. Dans une perspective psychiatrique et surtout psychanalytique, le symptôme qu'est la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/phobie/#i_1878

PLAISIR

  • Écrit par 
  • Henri VAN LIER
  •  • 3 270 mots

Dans le chapitre « Plaisirs et style de comportement »  : […] Freud a sans doute introduit cette approche quand, plus ou moins systématiquement, il a décrit certains plaisirs, et surtout ces plaisirs élémentaires qu'il appelle plaisirs d'organe ( Organlust ). Un cas exemplaire en est fourni par la succion du pouce. Ce qui caractérise un comportement de ce genre, c'est d'abord qu'il est suffisant ; il ne renvo […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/plaisir/#i_1878

PROHIBITION DE L'INCESTE

  • Écrit par 
  • Laurent BARRY
  •  • 1 338 mots

Dans le chapitre « « Conséquences néfastes » ou aversion innée ? »  : […] Si nos contemporains ancrent souvent la raison d'être des interdits incestueux dans la notion de risques biologiques, ce n'est pourtant pas, historiquement, la motivation première. Ainsi les juristes romains alléguaient plutôt le risque de la confusion des rôles sociaux. Épouser sa mère, c'était ainsi ajouter au nom de « fils » celui de « mari » e […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/prohibition-de-l-inceste/#i_1878

PSYCHANALYSE

  • Écrit par 
  • Pierre KAUFMANN
  •  • 17 217 mots
  •  • 1 média

La psychanalyse n'aurait pas occupé la place qui lui revient, non seulement dans le progrès des disciplines médicales et des sciences humaines, mais dans le développement général de la civilisation, si la préoccupation la plus intime de Freud n'avait été, de toujours, celle de la souffrance. En témoignent, aux origines de sa carrière, ses recherc […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/psychanalyse/#i_1878

PSYCHANALYSE (théories et pratiques)

  • Écrit par 
  • Jacques SÉDAT
  •  • 6 680 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Relativiser la scientificité »  : […] Les scientifiques accordent aux modèles dont ils usent une valeur métaphorique et heuristique mais ne leur reconnaissent pas une valeur de détermination ontologique exigible dans le champ philosophique. Entre ces deux positions, les psychanalystes oscillent, avec ce risque que, s'ils préfèrent la seconde position, les modèles ou les métaphores impo […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/psychanalyse-theories-et-pratiques/#i_1878

PSYCHANALYSE & PEINTURE

  • Écrit par 
  • Jean-François LYOTARD
  •  • 7 908 mots

On peut examiner le rapport de la psychanalyse avec l'art de bien des façons qui toutes peuvent se recommander de Freud. Plutôt que d'entreprendre à nouveau un recensement, mieux fait par d'autres (P. Kaufmann, 1971 ; J.-F. Lyotard, 1969 ; S. Kofman, 1970), de cet éventail, on préfère ici proposer une problématique un peu différente, en partant d' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/psychanalyse-et-peinture/#i_1878

PSYCHOLOGIE DE LA RELIGION

  • Écrit par 
  • Vassilis SAROGLOU
  •  • 4 079 mots

Dans le chapitre « Origines »  : […] La genèse et les développements de cette sous-discipline ont suivi ceux de la psychologie en général. La psychologie de la religion trouve son origine dans cette nécessité scientifique d’étudier empiriquement les faits religieux, comme toute autre activité humaine, en tant qu’expériences individuelles et collectives vécues et non pas sur la base de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/psychologie-de-la-religion/#i_1878

PSYCHOLOGIE CLINIQUE DE L'ANXIÉTÉ

  • Écrit par 
  • Alexandre HEEREN
  •  • 995 mots

Dans le chapitre « Peur et anxiété »  : […] Selon Barlow, la compréhension de ces troubles est étroitement liée aux émotions de peur et d’anxiété. La peur est une émotion primaire éprouvée par l’individu lors de la confrontation avec un danger immédiat, par exemple la confrontation avec un prédateur. Elle est toujours déclenchée par un objet déterminé et survient de manière circonscrite dan […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/psychologie-clinique-de-l-anxiete/#i_1878

PUTNAM JAMES JACKSON (1846-1918)

  • Écrit par 
  • Pamela TYTELL
  •  • 709 mots

Neuropsychiatre de nationalité américaine, professeur de neurologie à l'école de médecine de l'université Harvard et fondateur de l'American Neurological Association, James Jackson Putnam s'intéressa à l'hypnose et à la psychothérapie dès 1890. Disciple d'Emerson, donc ouvert à la dimension sociale comme ses ancêtres puritains de la Nouvelle-Anglet […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/james-jackson-putnam/#i_1878

RANK OTTO (1884-1939)

  • Écrit par 
  • Pamela TYTELL
  •  • 1 743 mots
  •  • 1 média

Né à Vienne dans une famille modeste marquée par la mésentente et l'alcoolisme, le jeune Rosenfeld prend à dix-sept ans le nom de Rank pour renier ce milieu. Destiné à un travail manuel, il est obligé de prendre, pour des raisons de santé, un emploi de bureau, mais ambitionne de faire une carrière littéraire. Lorsque Freud le rencontre, il travail […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/otto-rank/#i_1878

REICH WILHELM (1897-1957)

  • Écrit par 
  • Jacquy CHEMOUNI
  •  • 2 838 mots

Dans le chapitre « L'engagement politique »  : […] L' engagement politique de Reich est inséparable de ses conceptions psychanalytiques. Convaincu que les problèmes et souffrances psychologiques sont la conséquence des conditions sociales, il jette dès 1929 dans Matérialisme dialectique, matérialisme historique et psychanalyse les bases d'une théorie qui allie Freud et Marx. Il visite cette même a […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/wilhelm-reich/#i_1878

RITES

  • Écrit par 
  • Jean CAZENEUVE
  •  • 3 731 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Fonctions et explications »  : […] L'un des fondateurs de l'école fonctionnaliste, Bronislaw Malinowski, voit dans les rites une création de l'intelligence ayant pour finalité de pallier les déficiences de l' instinct chez l'homme. Les instincts n'étant pas régis par des règles biologiques comme ils le sont chez les animaux, ce sont des obligations édictées par la société sous forme […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rites/#i_1878

ROBERT MARTHE (1914-1996)

  • Écrit par 
  • Aliette ARMEL
  •  • 1 105 mots

Née à Paris dans une famille très modeste, remarquée par ses professeurs, Marthe Robert bénéficie, dès ses études secondaires, d'une bourse lui permettant de séjourner en Allemagne. La rencontre avec ce pays, sa langue et sa littérature est décisive pour l'orientation de sa vocation littéraire. Son premier livre publié est une Introduction à la le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marthe-robert/#i_1878

SCHNITZLER ARTHUR (1862-1931)

  • Écrit par 
  • Jacques LE RIDER
  •  • 2 059 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Un romancier du rêve »  : […] Ayant travaillé dans le service du psychiatre Theodor Meynert, familier des techniques psychothérapeutiques de l'hypnose et de la suggestion, parsemant ses œuvres d'études de cas qui semblent sorties des annales de la clinique, Schnitzler a souvent été considéré comme le « double » de Sigmund Freud. C'est le fondateur de la psychanalyse en personn […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/arthur-schnitzler/#i_1878

SCHOPENHAUER ARTHUR (1788-1860)

  • Écrit par 
  • Jean LEFRANC
  •  • 3 154 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Une anthropologie pessimiste »  : […] Schopenhauer reproche avec virulence aux religions du Livre leur mépris de l' animalité, et la supériorité des religions de l'Inde sur ce point lui paraît manifeste. Mais il est vrai qu'avec le langage l'homme devient capable de se détacher de l'expérience immédiate, de penser le passé et l'avenir, de prendre conscience d'être mortel et de se poser […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/arthur-schopenhauer/#i_1878

SEXUALITÉ HISTOIRE DE LA

  • Écrit par 
  • Michel BOZON
  •  • 6 731 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Sciences de la sexualité et volonté de savoir  »  : […] L'aspiration au contrôle de l'activité reproductrice est une des conditions de l'émergence, dans le champ du savoir et dans la conscience des acteurs, d'une sphère de la sexualité obéissant à des lois propres. Vers le milieu du xix e  siècle, l'apparition d'un langage spécifique de la sexualité, sans référence à la théologie, et de plus en plus ind […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/histoire-de-la-sexualite/#i_1878

SOCIABILITÉ

  • Écrit par 
  • André AKOUN
  •  • 3 847 mots

Dans le chapitre « L'essence de la sociabilité »  : […] Partant de la description que donne Gustave Le Bon de la foule, Freud écrit : « Puisque les individus faisant partie d'une foule sont fondus en une unité, il doit bien y avoir quelque chose qui les rattache les uns aux autres et il est possible que ce quelque chose soit précisément ce qui caractérise la foule. » Quand on sait que sous la notion de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sociabilite/#i_1878

STADE NOTION DE

  • Écrit par 
  • Marie-Claude LAMBOTTE
  •  • 1 126 mots

En tenant compte de l'arbitraire qui s'attache à toute tentative de définition d'un concept, dans la mesure où elle opère par réduction à partir des prémisses, il semblerait que la notion de stade présente deux applications bien distinctes autour desquelles se distribuent diverses disciplines intéressées : dans les notions de direction et d'organis […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/notion-de-stade/#i_1878

SUBLIME, philosophie

  • Écrit par 
  • Philippe LACOUE-LABARTHE
  •  • 6 168 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Sublime et métaphysique »  : […] Tel est, semble-t-il, le fond de la problématique du sublime. Et tel est ce qui la définit comme une problématique proprement métaphysique, en somme toujours affrontée à ce paradoxe matriciel qui est peut-être le paradoxe même de l'ontologie : dans le sublime, c'est la nature qui demande à l'art de la seconder, de la faire être afin qu'elle se rév […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sublime-philosophie/#i_1878

SUGGESTION, psychologie

  • Écrit par 
  • Sophie SPITZ
  •  • 693 mots

Est suggestion toute idée, toute parole, toute impression qui agit sur le psychisme du sujet et se transforme en acte. Les travaux d'Hippolyte Bernheim (1837-1919), médecin chef de file de l'école de Nancy, sur la suggestion ont d'abord pour enjeu de dégager la question de son apparence mystique et de tout ce qui pourrait faire concevoir la suggest […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/suggestion-psychologie/#i_1878

SUICIDE

  • Écrit par 
  • René ARLABOSSE, 
  • Jean-Pierre BLANADET, 
  • Baldine SAINT GIRONS
  • , Universalis
  •  • 7 381 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Le problème psychopathologique »  : […] C'est à travers l'analyse d'Anna O. ( Études sur l'hystérie ) que Freud entreprit d'abord l'étude du problème du suicide ; il y mettait déjà en évidence la culpabilité que provoquent des pulsions agressives dirigées contre les parents. Dans l'analyse de Dora ( Cinq Psychanalyses ), le suicide prend un éventail de sens, qui ne se développeront que p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/suicide/#i_1878

SUPERSTITION

  • Écrit par 
  • Sylvain MATTON
  •  • 5 378 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Vers une phénoménologie de la superstition »  : […] Le caractère profondément polémique du concept de superstition tel que le saisit la recherche historique paraît devoir rendre vain tout essai de cerner de manière objective son essence, puisque la superstition n'aurait précisément pas d'essence propre : si elle est bien la religion de l'autre, toute forme de religiosité peut être appréhendée comme […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/superstition/#i_1878

SURRÉALISME - Histoire

  • Écrit par 
  • Ferdinand ALQUIÉ, 
  • Pierre DUBRUNQUEZ
  •  • 11 402 mots

Dans le chapitre « L'âge de raison (1925-1939) »  : […] Marqués par la crise des grands systèmes de représentation du monde, les surréalistes étaient en quête de nouveaux fondements. Comme leurs contemporains marxistes, comme déjà les romantiques du siècle précédent, ils recherchaient les lois sur lesquelles asseoir une nouvelle approche de l'homme. Ils ne pouvaient par conséquent se contenter d'entérin […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/surrealisme-histoire/#i_1878

TRADUCTION

  • Écrit par 
  • Jacqueline GUILLEMIN-FLESCHER
  •  • 3 781 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le XXe siècle »  : […] Au xx e  siècle, la situation devient plus complexe. Deux facteurs ont une incidence sur la traduction : sur le plan scientifique, l'avènement de la linguistique ; sur le plan technique, l'introduction de l'informatique. La linguistique est tantôt accueillie par les traducteurs comme un outil de précision dans leur pratique, tantôt, au contraire, r […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/traduction/#i_1878

TRAITÉ D'ATHÉOLOGIE (M. Onfray)

  • Écrit par 
  • Alexandre ABENSOUR
  •  • 991 mots

Le lecteur qui entreprendra la lecture du livre de Michel Onfray en se fiant à son titre, Traité d' athéologie (Grasset, 2005), ne trouvera d'un « traité » guère de traces, mais si c'est un pamphlet antimonothéiste qu'il cherchait, alors ses vœux seront comblés… La froideur du titre ne doit pas tromper, en effet, sur la violence antireligieuse qu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/traite-d-atheologie/#i_1878

ZWEIG STEFAN (1881-1942)

  • Écrit par 
  • Jacques LE RIDER
  •  • 1 894 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Passions secrètes »  : […] Fils d'une famille de la grande bourgeoisie juive assimilée viennoise, Stefan Zweig fit d'abord des études de littérature allemande, de « romanistique » (excellent connaisseur de la littérature française, il consacra sa thèse de doctorat à Taine et, par la suite, des essais importants et originaux à Verlaine, Rimbaud, Balzac, Montaigne...) et de p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/stefan-zweig/#i_1878

Voir aussi

Pour citer l’article

Marthe ROBERT, Jacques LE RIDER, « FREUD SIGMUND - (1856-1939) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 janvier 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/sigmund-freud/