RÉVOLUTION FRANÇAISE

Médias de l’article

Abolition des privilèges, 1789

Abolition des privilèges, 1789
Crédits : Sammlung Rauch/ interfoto / AKG-images

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Arbre de la Liberté, Lesueur, 1790

Arbre de la Liberté, Lesueur, 1790
Crédits : E. Lessing/ AKG

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Alexis de Tocqueville (1805-1859)

Alexis de Tocqueville (1805-1859)
Crédits : Istituto Geografico De Agostini

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La période appelée Révolution française, qui se situe entre 1789 et 1799, constitue une rupture considérable, abolissant la monarchie, inventant de nouveaux rapports sociaux et créant une langue politique inédite. Ce bouleversement ne représente pas seulement la pointe des mouvements révolutionnaires qui se produisent en Europe et en Amérique du Nord à la même époque, attirant à lui des réformateurs de ces contrées ; il en radicalise aussi les termes et jette les bases d'une nouvelle culture politique. La violence dont il est porteur et qui s'exprime de façon particulièrement forte accentue la novation. La Révolution française incarne ainsi à elle seule une époque de l'histoire de l'Europe et du monde, rompant la chaîne des temps, comme les contemporains n'ont pas manqué de l'observer, qu'ils s'appellent Saint-Just, Goethe ou Joseph de Maistre.

Aussi ses causes, ses modalités et ses conséquences ont été régulièrement l'objet d'analyses passionnées. La brutalité des affrontements et l'ampleur des guerres civiles et extérieures, les retournements de situations accompagnés souvent de l'élimination des acteurs politiques déchus, les remaniements institutionnels et linguistiques ont tellement marqué les consciences et les mémoires qu'il est aisé de comprendre l'âpreté des débats que suscite l'évocation de ces événements. Leurs échos et leurs résonances ont en outre été à la base d'engagements collectifs ou individuels, aussi bien dans la France agitée par la série des révolutions du xixe siècle jusqu'à l'établissement définitif de la République qu'en Europe (puisque les révolutionnaires français servent de modèles aux révolutionnaires italiens, allemands, russes) ou en Amérique latine, marquée par plus d'un siècle de révolutions.

L'étude de la Révolution française peut d'autant moins se faire seulement pour elle-même que, par un revirement de l'histoire mondiale, la lutte contre les États totalitaires et l'effondrement des systèmes politiques se réclamant du communisme ont entraîné une relecture déchirante de celle-ci ; elle a même été accusée d'avoir contenu les germes de la culture totalitaire qui a ravagé le xxe siècle. La Révolution française possède ainsi une densité de significations et d'implications dont tout récit doit tenir compte.

L'établissement du cadre chronologique précis de la Révolution française illustre les difficultés propres à la compréhension de la période, aussi bien pour en marquer le début que la fin. La Révolution, en effet, n'a pas commencé à la suite d'actions violentes délibérées, comme la révolution bolchevique d'octobre 1917. Le règne de Louis XVI ne prend fin officiellement que le 10 août 1792, lorsque le roi, qui avait accepté la Constitution établissant une monarchie constitutionnelle le 13 septembre 1791 et prêté serment le 14, est déposé par l'Assemblée législative. Reste que les contemporains ont eu conscience d'entrer en révolution dès 1789 : peut-être lorsque les États généraux, réunis à la demande du roi en mai, se sont constitués en organe autonome sous le nom d'Assemblée nationale le 17 juin 1789, davantage lorsque la violence de la prise de la Bastille du 14 juillet est acceptée par le roi, assurément lorsqu'en octobre 1789, sous la pression de manifestants, lui-même, sa famille et l'Assemblée s'installent à Paris, reconnaissant de fait que le peuple parisien représente une force politique. À cette date, les Français et les observateurs étrangers, qu'ils y soient favorables ou opposés, savent qu'ils vivent en révolution. Les changements institutionnels ont suivi les mutations de la vie politique et des sensibilités.

À quel moment peut-on situer la fin de la Révolution ? La question a été politique avant d'être historiographique. Dès 1791, certains assurent que la « révolution est terminée », estimant – et espérant – qu'il n'y a plus de réformes à réclamer et que, les principaux opposants étant exclus de la nation, la communauté française peut être soudée autour des nouveaux principes. Cependant les radicaux, promoteurs d'une révolution sociale et d'un autre contrat social, repoussent l'arrêt du processus révolutionnaire au moins jusqu'en 1794, relançant les exclusions pour fonder une communauté régénérée. Au milieu de l'été 1794, une coalition (les « Thermidoriens ») rappelle les principes initiaux de 1789 et entend fixer la fin du processus révolutionnaire en rassemblant les opinions au centre de l'échiquier politique. Le Directoire naît sur ces bases. Faute d'unité et parce que les opposants prolongent les luttes, la tentative de stabilisation échoue, conduisant au coup de force perpétré par le général Bonaparte en 1799, qui soude, sous la contrainte, la nation autour de nouveaux principes. La révolution la plus radicale a été close en juillet 1794 ; le Consulat et l'Empire appartiennent sans doute à la Révolution lancée en 1789 (puisque est maintenue l'égalité de tous, devant la justice et l'impôt par exemple), mais les innovations apportées par ces régimes sont telles qu'il est préférable de donner la date de 1799 comme fin politique de la Révolution.

Le choix de ces limites chronologiques illustre l'orientation du présent article : le récit que nous proposons s'attache à mettre en évidence l'enchevêtrement et les interactions des multiples dimensions de la Révolution, qu'elles soient sociales, politiques et idéologiques, sans adopter le point de vue particulier d'un groupe d'acteurs ou d'observateurs ; ce sont les mutations des configurations dans lesquelles les Français du xviiie siècle ont vécu qui sont ici privilégiées pour expliquer l'importance accordée à cette période.

La Révolution française a été à l'origine d'un nombre considérable d'œuvres historiques, littéraires et artistiques, en France comme dans de nombreux pays. Il n'est pas question d'en dresser ici un panorama complet, mais de proposer quelques pistes, prises uniquement dans le domaine français. Chaque pays a composé en effet un ensemble d'images de la Révolution qui a participé de sa propre histoire, au point de rendre indissociables l'histoire érudite et critique de la création intellectuelle et artistique. Cette réalité témoigne de la force de ces longues traditions dans lesquelles les cultures historiques nationales s'inscrivent, influençant toute approche scientifique. Plus que beaucoup d'autres champs de connaissances, le travail historique est lié aux passions idéologiques ; en tenir compte n'est pas affaiblir la « discipline » historique, c'est au contraire l'amener à s'interroger sur ses propres fondements.

Ainsi, la Grande-Bretagne, réticente à l'absolutisme de la monarchie française autant qu'aux violences révolutionnaires, s'est forgé une légende de la Révolution qui, de Burke aux romans de la baronne Orczy, en passant par le Conte de deux cités, de Dickens, a identifié la Révolution à la guillotine, jusqu'à faire resurgir cette perception dans les manifestations organisées à l'occasion du bicentenaire de la Révolution. L'école historique britannique, quant à elle, a prôné un pragmatisme systématique envers la Révolution française, mettant en doute régulièrement les catégories explicatives françaises. À l'inverse, mais dans un rapport tenant tout autant du fantasme, l'historiographie de l'Union soviétique lut l'histoire de France selon ses propres luttes politiques internes. Les exemples de ces interprétations nationales de l'histoire de France pourraient être multipliés ; leur simple existence oblige à comprendre la tradition française dans son originalité.

Histoire de la Révolution

Les contradictions du royaume

La complexité de la Révolution exclut que l'on puisse trouver des causes à son déroulement, mais incite plutôt à relever les enchaînements et les conjonctions qui ont été les occasions de rupture. La précaution n'est pas de pure forme : elle permet de penser la suite des événements révolutionnaires, puisque le royaume ne compte pas d'individus ou de groupes engagés dans des pratiques politiques réellement révolutionnaires et que la Révolution naît de l'enclenchement de contradictions et de luttes aux buts imprécis.

Ainsi, alors que la France est la nation la plus prospère et la plus peuplée d'Europe (Russie exceptée), avec presque 29 millions d'habitants, les graves crises qui avaient marqué les siècles précédents ont disparu, si bien qu'un puissant capitalisme marchand anime les ports et permet une politique expansionniste, aidée par une « proto-industrialisation » dynamique. Mais cet essor profite surtout à certaines régions (le Bassin parisien, le Nord et les grands ports), à certaines catégories de Français (négociants, premiers industriels, grands propriétaires, gros fermiers...), aggravant la diversification sociale et les rivalités entre les groupes.

La hiérarchie sociale est toujours fondée sur une division par ordres (clergé, noblesse et tiers état), répartissant inégalement le poids des impôts, l'accès à la justice et aux grades militaires... Et si la notion de privilège est générale dans le pays (des villes ou des provinces possèdent des avantages importants), le haut clergé et la noblesse sont nettement « privilégiés » par rapport au reste de la nation. Tout cela ne rend pas bien compte de l'essor des catégories « moyennes » dans les villes et dans les gros bourgs, où l'enrichissement collectif a affaibli les frontières entre bourgeois du tiers, anoblis et nobles. Les ambitions des uns se heurtent aux prétentions des autres (les anoblis récents qui ne peuvent plus obtenir un grade d'officier dans l'armée royale illustrent ce genre de frictions), si bien que les voies de la mobilité sociale se grippent, provoquant une « castification » de la noblesse. Tandis que les exigences des propriétaires envers les tenanciers s'accroissent, les crises frumentaires réapparaissent après 1780, faisant grossir le nombre de mendiants, de vagabonds et de pauvres, toujours très important et qui peut être augmenté par les journaliers des campagnes. Les villes les plus importantes possèdent une population misérable, exclue du tiers état « bourgeois ». Ces nouvelles données sociales rencontrent la volonté de l'État, engagé dans l'unification du pays et dans la libéralisation des échanges, pour remettre en cause les structures anciennes du royaume et ses traditions politiques : le découpage provincial, les privilèges fiscaux et le rôle des parlements.

Enfin et surtout, le climat intellectuel s'est modifié radicalement avec l'émergence d'une « opinion publique » qui examine librement les questions sociales et politiques. Ce sont moins les idées des philosophes du xviiie siècle qui comptent que de nouvelles habitudes de discussion collective qui ont été introduites, critiquant de fait les principes d'autorité traditionnels et réclamant des réformes. Une nouvelle culture laïcisée s'est ainsi mise en place, et elle rencontre les aspirations de jeunes générations de lettrés, mal intégrés à la société. Les dénonciations du « féodalisme », de « l'absolutisme » et des « privilèges » trouvent des échos d'autant plus importants dans l'opinion, qu'elles sont renforcées par le courant de réformes passé par la Hollande, par Genève et par la Belgique, dont la société a été laïcisée par son souverain autrichien. Ce courant a été expérimenté en Amérique, où la révolte des colonies de l'Angleterre a abouti à la création d'un nouvel État, fondé sur une Constitution librement débattue, inventant de nouvelles relations sociales, à commencer par l'usage du papier-monnaie et la séparation de l'Église et de l'État. Ce qui se produit en France bénéficie de ces différentes expériences qui ont été l'objet d'attentions et de discussions.

Cependant, la France est incontestablement le pays où le débat d'idées est le plus ouvert, bouleversant la société, où le sentiment des contradictions est le plus vif, où l'urgence des réformes est le plus fortement ressenti, mais aussi et surtout où la crise de l'État est la plus profonde. Alors qu'une série de mauvaises récoltes frappe le pays et que le rôle de la France s'affaiblit dans les relations diplomatiques, les caisses sont vides, ce qui oblige à trouver de nouvelles solutions fiscales. Les personnalités du roi et de la reine, les relations entre la cour et les principaux personnages de l'État font que toutes ces fragilités se conjuguent et créent une situation instable, d'où naîtra la Révolution.

La « révolution aristocratique » (1787-1788)

La nécessité des réformes est ressentie par tous, à commencer par le roi et son entourage. Depuis les années 1760, sous Louis XV, les hommes au pouvoir ont entrepris de réformer le royaume, rationalisant l'économie, introduisant des impôts plus égalitaires, unifiant le pays en limitant les prérogatives des corps intermédiaires. Cette politique volontariste a ses limites, puisqu'elle dépend de la personnalité du monarque ; or Louis XVI, né en 1754, petit-fils de Louis XV mort dans la réprobation générale, marié à la princesse autrichienne Marie-Antoinette, accomplit certes avec sérieux son métier de roi, mais est mal connu de ses sujets et ne possède pas une vision politique claire. Il connaît rapidement une succession d'échecs : il ne réussit pas à réformer l'administration du royaume, et passe pour un roi absolutiste ; il hésite entre libre-échange et contrôle de la circulation des grains, mécontentant les négociants et effrayant les couches populaires ainsi qu'une partie de la cour ; il soutient l'indépendance des États-Unis, au prix d'une campagne militaire très coûteuse et sans aucune compensation ; enfin, il ne maîtrise pas l'opinion publique, abreuvée de pamphlets et de libelles qui déshonorent l'image du couple royal, notamment par des accusations pornographiques. La reine est particulièrement visée par des campagnes qui lui enlèvent toute respectabilité.

L'opposition à la politique royale naît chez les parlementaires et les nobles. Ils n'acceptent pas de voir leurs droits « immémoriaux » rognés par des partisans du renforcement du pouvoir royal ou par des assemblées provinciales qu'ils ne contrôlent pas, et ils refusent la rationalité économique, qui privilégie la classe des propriétaires au détriment des hiérarchies fondées sur la naissance. Leur opposition est d'autant plus importante qu'elle peut immobiliser tous les rouages de l'État dont dépend le roi pour lever des impôts et faire appliquer les lois, et qu'elle peut faire accuser le roi et son entourage de « despotisme » ; par cette accusation, ces opposants captent à leur profit les discussions menées par les philosophes depuis le début du siècle, autour de la nature des régimes politiques. Le courant janséniste, puissant chez les parlementaires, est habitué depuis des décennies à défendre la nation contre les empiétements royaux et à se poser en protecteur du peuple. Il rejoint dans sa critique la fronde des nobles, surtout provinciaux, qui ne voit le salut du pays que dans le retour à l'état supposé natif de la royauté, où le roi était primus inter pares dans la noblesse authentique. Cette conjonction d'opposants se renforce des demandes venues des lettrés du tiers et des officiers anoblis ou roturiers qui critiquent, pour des raisons différentes, dans l'attente de réformes rationnelles et égalisatrices, l'incomplétude des mutations proposées par le roi, dans lesquelles ils voient également, mais dans une autre perspective, la marque du despotisme.

Alors que le déficit des caisses royales est connu – et est l'objet de discussions publiques – depuis 1781, le roi se voit interdire toute levée d'impôts exceptionnelle par les parlements et par les notables, qui le contraignent à réunir des États généraux, pour revenir aux origines supposées de la nation française, redonner un pouvoir au peuple, enfin combattre « l'absolutisme » et le « despotisme des bureaux ». La tactique adoptée par le roi dans un premier temps est catastrophique : lorsqu'il s'oppose aux parlements par la force, fait exiler des meneurs et dénonce brutalement la « barbarie féodale », ceux-ci font figure de martyrs et reçoivent le soutien de l'opinion publique, au point que des émeutes éclatent pour les défendre, dont la plus connue se déroule à Grenoble le 7 juin 1788 (la « journée des Tuiles »). Dans un second temps, alors que les États généraux deviennent la seule issue possible pour sortir de cette crise financière devenue crise politique, le roi et son entourage laissent se développer une discussion sur la composition de la future assemblée ; le débat permet de faire apparaître la volonté des principaux représentants des deux premiers ordres de garantir leur prééminence, avant que le roi ne propose le doublement des députés du tiers et n'impose des élections totalement ouvertes parmi les membres du clergé et de la noblesse, ce qui lui redonne l'avantage aux yeux de l'opinion.

Le refus de ces mesures par l'ordre de la noblesse modifie brutalement l'équilibre des forces. Les anoblis à titre personnel sont rejetés du second ordre et obligés de rejoindre le tiers état, ce qui engendre des frustrations et des rancunes durables. Présentés désormais comme des privilégiés attachés à la féodalité, les nobles et les membres du haut clergé hostiles aux réformes se voient attaqués par les éléments les plus virulents du tiers – qui s'appellent dorénavant « les patriotes » –, soutenus en sous-main par les agents du roi, notamment dans l'Ouest, où les premiers affrontements feront trois morts à Rennes dès janvier 1789. La fraternisation fragile des ordres qui se réalise à Vizille, autour de Claude Perier et de Jean-Joseph Mounier, le 21 juillet 1788 aura été moins représentative de la situation du pays que le développement des mots d'ordre antinobiliaires et antiféodaux qui marquent l'automne et l'hiver 1788-1789. La contestation du pouvoir royal lancée par les élites traditionnelles leur a échappé ; elles ont réalisé une première « révolution » au nom d'un état « aristocratique » légitimé par une histoire dont ne veulent plus les représentants de l'aile marchante du tiers, désormais autonomes. La Révolution française débute ainsi par l'échec des élites traditionnelles à réaliser un retour à l'ordre antérieur, c'est-à-dire à accomplir une « révolution » au sens où le xviiie siècle l'entend encore majoritairement ; la « révolution », dotée du sens nouveau qui implique mutation et rupture, va être portée par d'autres acteurs, nouveaux venus en politique.

Reste que dès 1788 le roi a perdu le contrôle politique du pays et que les États généraux représentent une inconnue. Ils n'ont pas été réunis depuis 1614, et le roi n'impose pas de règles de fonctionnement, laissant s'instaurer un débat violent entre des modèles différents ; à certains égards, la révolution politique, qui se marque par la fin de la monarchie traditionnelle, est accomplie en 1788. La preuve est donnée par la liberté dont jouissent de facto la presse et l'opinion, comme par la naissance de « fédérations » qui réunissent les groupes de « patriotes » réformateurs, organisés pour faire connaître leurs idées et imposer leur conception de la nation, désormais fondée sur le contrat social.

La victoire des « patriotes » (janvier-juillet 1789)

L'annonce de la convocation des États généraux s'est accompagnée de la rédaction des cahiers de doléances, qui participent de la mobilisation de tout le pays, puisque leur composition est l'occasion d'une concurrence entre patriotes et aristocrates dans la diffusion de leurs modèles de cahiers. Et s'ils ne remettent pas en cause l'institution monarchique, ils témoignent en revanche des tensions entre les ordres, du blocage de nombre de nobles devant la modification de leurs prérogatives sociales, et accoutument au débat politique tous les Français, la consultation ayant été ouverte dans le moindre bailliage – soit la circonscription de base du royaume. L'autorité est tellement contestée que de nombreuses émeutes éclatent dans les principales villes, et notamment à Paris, où la manufacture de papiers peints de Réveillon est mise à sac en avril, au cours d'une échauffourée qui cause la mort de plusieurs centaines de personnes !

L'ouverture des États généraux, à Versailles, les 4 et 5 mai 1789 (la messe solennelle ayant lieu le premier jour, la réunion politique inaugurale le second), est suivie de tensions entre les députés, progressivement organisés en groupes distincts et en réseaux d'influence pendant les mois de débats qui suivent ; la médiocre organisation royale fait le reste. Le roi, ne demandant que la permission de lever des impôts supplémentaires, déçoit tout le monde ; l'obligation faite aux députés du Tiers de se vêtir uniformément de noir et leur installation loin du roi dans la salle de réunion laissent peu d'espoir sur les possibilités de changement. Les contestations s'engouffrent alors dans la brèche ouverte par l'absence de règlement interne aux États généraux. Faut-il organiser des votes par ordre ou par tête ? Dans le premier cas, les partisans des réformes sont minoritaires ; dans le second, ils peuvent l'emporter. Faut-il vérifier les mandats électifs ensemble ou séparément dans chaque ordre ? Dans le premier cas, ce serait la marque d'une égalité juridique entre les ordres et l'amorce d'une unité nationale ; dans le second, les anciennes distinctions seraient réaffirmées.

Ces questions sont plus que des prétextes à l'affirmation des projets politiques, elles cristallisent des positions, transforment des députés des États généraux en révolutionnaires et permettent que des opinions se forment. Elles entraînent, de mai à juillet, la division de l'Assemblée entre patriotes et aristocrates, alors que le roi s'oppose aux demandes des députés du Tiers. Cette fin de non-recevoir les conduit à se considérer comme représentants de la nation dans sa totalité, et donc à se proclamer Assemblée nationale le 17 juin. Aussi, lorsqu'ils se heurtent à la fermeture de la salle de réunion le 20 juin, ils se réunissent dans la salle du Jeu de paume, où ils font le serment de ne pas se séparer avant d'avoir obtenu une Constitution pour le royaume. Cette radicalisation progressive les empêche d'accepter le compromis proposé par le roi le 23 juin, qui récuse les innovations du Tiers mais promet tardivement des réformes. La pugnacité du Tiers a porté ses fruits, et, le 7 juillet, l'Assemblée nationale regroupe tous les députés, ce qui change la nature même du projet politique et permet que des leaders se dégagent, préparant les voies d'une monarchie constitutionnelle. Le 9 juillet, l'Assemblée nationale devient Assemblée nationale constituante.

Le renvoi des ministres libéraux, dont Necker (11 juillet), par le roi provoque une nouvelle crise. Alors que des troupes se massent autour de Paris et de Versailles, faisant craindre un coup de force, ce que la charge du Royal-Allemand dans les Tuileries semble annoncer, les Parisiens se soulèvent le 13 juillet, brûlent les octrois, cherchent des armes, finissent par assiéger la prison de la Bastille, qu'ils investissent le 14 après un long siège confus qui fait une centaine de morts. Le gouverneur de Launay est mis à mort ainsi que le prévôt de Paris. L'importance de l'événement est plus symbolique que réelle, donc considérable. Le 17 juillet, le roi vient en personne recevoir les clés de la ville de Paris de la main de Bailly, son maire désigné, et il accepte la cocarde tricolore : elle mêle les couleurs de la ville, bleu et rouge, au blanc de la royauté. Le roi accepte ainsi que l'autorité ait été tenue en échec et que l'opinion publique soit devenue un pouvoir ; de leur côté, les députés acceptent de dépendre de la violence la plus brutale. Les plus opposés aux réformes ne s'y trompent pas : le frère du roi, le comte d'Artois, les princes de Condé, de Conti... quittent la France, pour une émigration combative ; ce faisant, ils légitiment les dénonciations populaires à l'encontre des nobles. La violence s'exacerbe le 22 juillet, lorsque l'intendant de Paris, Bertier de Sauvigny et son beau-père sont mis à mort par des émeutiers, assassinat justifié par l'aile gauche de l'Assemblée, s'exprimant par la bouche du jeune député Barnave.

L'armature même du pays est affectée par ces ruptures, puisque de nombreuses municipalités sont prises par des patriotes, qui envahissent leur Bastille locale et créent des milices urbaines. Cette irruption d'un nouveau personnel politique disqualifie les hommes en place. Les campagnes, travaillées par des rumeurs multiples et confuses, sont agitées par une « Grande Peur » contre des ennemis imaginaires (brigands, galériens, Anglais...), mais dont les conséquences sont tangibles : des châteaux sont investis et pillés, et les titres de propriétés brûlés. La demande de changements des relations sociales est devenue incontestable, sur fond de violences traditionnelles, de rancunes sociales, et s'inscrit dans une longue habitude qui exclut les opposants de la communauté.

Aménagements et innovations (août 1789-1790)

Face à ces violences, l'Assemblée réagit en supprimant les privilèges, les inégalités fiscales et les droits féodaux, mais en prévoyant une compensation, les seigneurs devant percevoir des indemnités. L'élan qui préside à ces propositions dans la nuit du 4 août ne peut pas faire oublier que ces décisions trop rapides posent plus de problèmes qu'elles n'en résolvent, à commencer par l'obligation de trouver des ressources au clergé qui a abandonné ses dîmes. L'Assemblée s'engage ainsi dans un processus qui l'éloigne de plus en plus de sa mission initiale, la conduisant à refonder le royaume. Les débats qui aboutissent à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (26 août) l'attestent : de nouveaux principes sont affirmés en préalable à toute Constitution, prioritairement à toute loi, créant l'égalité devant la loi, détachant l'Église catholique de l'État, instituant le bien commun de la nation et l'universalisme des droits de l'homme comme objectif et horizon du politique.

Abolition des privilèges, 1789

Abolition des privilèges, 1789

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Séance de nuit de l'Assemblée nationale, du 4 au 5 août 1789, au cours de laquelle des privilèges furent abolis. La loi égale pour tous, s'appliquant à tous sans distinction de naissance, de pouvoir ou de fortune, est un principe du régime démocratique beaucoup plus aisé à proclamer... 

Crédits : Sammlung Rauch/ interfoto / AKG-images

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Si la majorité de l'Assemblée prévoit l'existence d'une seule Chambre et limite le pouvoir du roi en ne lui attribuant qu'un veto suspensif, une opposition de plus en plus résolue se dégage face à ces mutations qui donnent une place grandissante à la représentation nationale dans l'exercice de la souveraineté. Les hésitations des modérés et du roi devant ces propositions, la force des mouvements contre-révolutionnaires à la cour et dans l'entourage de la reine, enfin les effets de la crise économique sont à l'origine d'une marche, les 5 et 6 octobre, dans laquelle les femmes parisiennes se distinguent. L'émeute, qui traduit les tensions vives existant dans tout le pays, atteint le palais de Versailles : des gardes du corps sont tués, la reine est chassée de ses appartements ; enfin, le roi et sa famille sont contraints de s'installer à Paris, où l'Assemblée les suit. Octobre 1789 représente ainsi « un coup d'équinoxe », puisque les patriotes modérés désespèrent de contrôler la Révolution et que certains s'exilent, comme Mounier, tandis que la résistance contre-révolutionnaire s'organise à l'Assemblée, dans le groupe des « noirs », et prépare les premiers complots pour rendre la liberté au roi, devenu « roi des Français » et considéré comme prisonnier aux Tuileries.

Entre réaménagement des institutions et violences, le pays entre alors dans une passe délicate, chacun ayant dorénavant clairement conscience de vivre en révolution et se trouvant de plus en plus soumis à l'obligation de prendre parti. Le régime politique a déjà changé, des principes essentiels sont mis en œuvre : la publicité du politique à travers des élections et des débats, la représentation du corps politique, la séparation des pouvoirs et la gestion débattue au plus près des administrés. La nation se trouve à égalité avec le roi, et les Français sont devenus des citoyens, actifs (les hommes de plus de vingt-cinq ans payant un impôt équivalent à trois journées de salaire) ou passifs, selon donc leur niveau de fortune et leur sexe, les femmes étant exclues de la vie politique ; ils sont désormais inscrits dans les départements – nouvelles divisions administratives qui remplacent les provinces et unifient radicalement le pays –, et les assemblées électorales possèdent de fait les pouvoirs d'élection et de contrôle. Cette réorganisation, qui rend électives les fonctions administratives et judiciaires, affecte également le clergé, qui a abandonné ses propriétés à l'État en novembre 1789. Devenus biens nationaux, ces biens fonciers garantissent l'émission de billets, les assignats, destinés à résorber le déficit public, mais qui ne tarderont pas à alimenter l'inflation.

Ces changements provoquent une vague de mécontentement et de troubles dans de nombreuses régions où les ruraux sont déçus par la médiocrité des avantages obtenus et refusent de payer les impôts. L'armée et la marine connaissent elles aussi une importante agitation, dont l'épisode le plus sérieux, à Nancy (31 août 1790), fait quatre-vingt-dix morts et entraîne une répression féroce, que les partisans de la Révolution condamnent. Dans le Midi, les rivalités anciennes entre catholiques et protestants, les uns récusant le nouveau régime, les autres le soutenant, dégénèrent en massacres à Montauban (mai 1790) et à Nîmes (juin 1790). La division du pays est aggravée par des mesures concernant l'Église, puisque, après que l'assemblée eut refusé de reconnaître le catholicisme comme religion d'État le 13 avril, la Constitution civile du clergé est adoptée le 12 juillet 1790, accentuant la laïcisation du pays. La loi fait dépendre les clercs de l'État : ils sont élus et doivent prêter un serment à la Constitution. Ces antagonismes composent l'arrière-fond de la fête de la Fédération, célébrée sur le Champ-de-Mars le 14 juillet 1790, qui unit, théoriquement, les Français dans la communion entre la nation et le roi, bien que celui-ci n'ait pris qu'une part réservée à la fête.

Les groupes politiques se structurent : les patriotes du Club breton se forment en Société des amis de la Constitution ; celle-ci siège dans le couvent attribué à l'ordre religieux des Jacobins et devient le club des Jacobins ; de son côté, la contre-révolution s'organise. Depuis le Piémont, où il réside, le comte d'Artois, conseillé par Calonne, ancien contrôleur des Finances, dirige des réseaux animés par La Rouérie dans l'Ouest, par Froment et les frères Allier dans le Midi (des paysans catholiques et des gardes nationaux sont regroupés en août à Jalès, dans le Vivarais, dans un « camp » hostile à la Révolution). Enfin, les journalistes s'emploient à dénoncer les errements de leurs adversaires, créant une presse d'opinion très florissante, mais démagogique, et n'hésitant pas à se livrer aux surenchères. La principale innovation politique vient cependant d'Angleterre, où Edmund Burke publie ses Réflexions sur la Révolution française à la fin de 1790, qui connaît aussitôt un grand succès dans les milieux intellectuels européens contre-révolutionnaires.

L'affirmation des oppositions (1791)

La remise en cause des fondements de la vie publique est générale, ce qui provoque de multiples reclassements lus selon la grille politique qui s'impose peu à peu à tout le pays, classant les groupes et les individus selon leur soutien ou leur résistance à la Révolution. Si les quatre-vingt-trois départements, nouvellement créés, respectent globalement les cadres provinciaux, la désignation des chefs-lieux suscite de nombreuses querelles, attisées par les multiples élections destinées à pourvoir aux fonctions administratives et judiciaires qui en découlent. L'État se trouve en charge de l'instruction publique et des secours publics, qui remplacent la charité, jugée offensante ; mais, dans l'immédiat, hôpitaux, « petites écoles » et collèges traversent des crises graves, faute d'argent ; les désillusions s'accentuent et nourrissent les mécontentements. Au nom de la liberté, les lois d'Allarde (mars 1791) et Le Chapelier (juin 1791) interdisent corporations, monopoles et coalitions, alors que des manifestations populaires contre la cherté de la vie se produisent à Nantes et à Angers.

Les ruptures les plus graves viennent de la Constitution civile du clergé, que le pape désapprouve publiquement en mars 1791. Le conflit avec le Saint-Siège est aiguisé par le rattachement à la France des habitants de ses États, Avignon et le Comtat, le 14 septembre 1791. L'obligation du serment imposée aux clercs divise l'Église de France, créant une Église schismatique qui rassemble un peu plus de la moitié des prêtres, mais rejetant la quasi-totalité des évêques et le reste des clercs dans une Église fidèle à Rome, progressivement bridée dans son exercice par les représentants de l'État. Cette coupure entre prêtres assermentés et réfractaires se traduit également dans l'opinion publique, divisant de nombreuses communautés notamment dans l'ouest de la France, dans le Massif central, le Nord et l'Alsace, alors que la France du Centre est plutôt favorable à la Constitution civile, le roi prenant le parti des réfractaires.

La question du serment atteste la profondeur des clivages, puisque les débats dégénèrent parfois en affrontements violents ; elle devient ainsi un véritable « référendum » à propos de la Révolution. Dans l'Ouest notamment, où les villes soutiennent les assermentés contre les campagnes, favorables aux réfractaires, la force est requise pour installer les curés « jureurs », provoquant dès 1791 une espèce de guerre civile. Ainsi, en janvier, les paysans bretons envahissent Vannes pour « libérer » leur évêque réfractaire ; en février, lors d'un deuxième camp de Jalès, des coups de feu sont échangés entre paysans catholiques et gardes nationaux ; des combats opposent partisans et adversaires de la Révolution autour d'Avignon. Les femmes trouvent dans ces luttes une place importante, elles participent aux processions religieuses, hébergent des prêtres réfractaires ou prêchent la violence.

Dans ce climat tendu, le roi, qui a louvoyé entre droite et gauche pour essayer de garder une indépendance – d'autant qu'il ne voulait rien devoir aux émigrés et qu'il refusait la radicalisation révolutionnaire –, tente de quitter la France le 21 juin 1791 avec sa famille. L'expédition, bien préparée mais maladroitement réalisée, tourne court ; les fuyards sont reconnus à Varennes et ramenés à Paris. L'épisode alarme tout le pays, qui craint la guerre. Cependant, pour maintenir la fiction politique placée au cœur de la monarchie constitutionnelle, de l'unité du roi et de la nation, l'Assemblée constituante assure que le roi a été enlevé, ce qui est censé éviter et le retour à l'Ancien Régime et l'aventure révolutionnaire.

La réaction est violente : la destitution du roi est réclamée par une manifestation de cinq à six mille personnes conduite par le club des Cordeliers, qui rassemble des patriotes radicaux, au Champ-de-Mars à Paris le 17 juillet. Par maladresse, La Fayette, commandant de la garde nationale, et le maire Bailly font ouvrir le feu, tuant une cinquantaine de manifestants. Alors que les radicaux (appelés les sans-culottes) sont poursuivis, les « patriotes » se divisent définitivement : la majorité du club des Jacobins fonde le club des Feuillants, rassemblant ceux qui se rallient à la monarchie constitutionnelle ; la minorité menée notamment par Robespierre, s'engage dans de nouvelles exigences révolutionnaires avant de se diviser en factions, tandis que des voix (comme celle de Condorcet) s'élèvent pour envisager la République. La fuite du roi provoque enfin un flot sans précédent de libelles et de caricatures pornographiques qui réduisent à néant le respect pour les personnes royales et leurs fonctions : Louis XVI est comparé à un cochon ou à un fou.

Malgré ce climat, la Constitution est proclamée en septembre 1791, et l'Assemblée constituante cède la place à l'Assemblée législative, composée de députés qui n'ont pas siégé dans l'Assemblée précédente. En majorité, ils ont acquis cependant une expérience politique dans l'exercice de fonctions locales ou départementales, et ils sont favorables au nouveau régime, les opposants les plus radicaux n'ayant pas participé au vote ou ayant émigré.

La guerre et la « seconde révolution » (été de 1791-septembre 1792)

Au cours de l'été de 1791, la politisation du pays s'est accélérée après la fuite du roi. Les journaux royalistes prêchent la résistance ouverte tandis que quatre mille lecteurs se proposent en otage à la place du roi et que l'émigration s'accroît (4 000 officiers partent au cours du second semestre de 1791). Tout le pays s'enfonce dans la guerre civile : dans la vallée du Rhône, partisans et adversaires de la Révolution s'affrontent (à Avignon, soixante personnes sont massacrées) ; au nord de la Loire, des bandes rurales de « taxateurs » agitent les campagnes, réclamant des impositions renforcées à l'encontre des plus riches et des spéculateurs ; dans une quarantaine de départements, les administrateurs permettent la répression des prêtres réfractaires. Contre les modérés qui tentent de maintenir la monarchie constitutionnelle, les plus radicaux – contre-révolutionnaires avérés ou Jacobins – constituent des réseaux dans toutes les régions et mobilisent l'opinion. L'échec des modérés vient plus de leur incapacité à surmonter leurs rivalités que des difficultés qu'ils rencontrent dans la lutte menée contre leurs adversaires déclarés ; enfin, cet échec est dû à la politique du pire conduite par le roi, qui tente de récupérer son pouvoir en s'appuyant sur les souverains étrangers et laisse monter les antagonismes diplomatiques.

Ainsi, lorsque les 25 et 27 août 1791 à Pillnitz, l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse signent une proclamation inspirée par les émigrés, ils ne souhaitent pas intervenir militairement, mais la violence du ton est perçue comme un avertissement insupportable par les révolutionnaires français : la menace vient des frontières nord-est, puisque les émigrés sont surtout regroupés autour de Coblence, devenue résidence du comte d'Artois, rejoint par le comte de Provence. Sans doute s'agit-il d'une « cour d'utopie » où les émigrés, riches encore de leurs deniers et de leurs illusions, mènent une vie facile, mais ils possèdent des armées, une diplomatie, un journal, leurs agents espionnent et agitent la France, et ils lient le destin de la royauté à celui de l'Église. Ils sont soutenus activement par la tsarine Catherine II, par le roi de Suède, avec plus de distance par l'empereur et le roi de Prusse, mais sont considérés avec plus de méfiance par l'Angleterre et l'Espagne.

Dans ce contexte qui élargit à l'Europe le champ des conflits, le roi, accusé de mener un double jeu, affiche son opposition à la Révolution et se lance dans des calculs politiciens. S'il met son veto aux décrets pris à l'encontre des prêtres réfractaires et des émigrés, il signe, le 14 décembre 1791, celui qui enjoint aux princes étrangers de chasser les émigrés de leurs territoires, ce qui rend la guerre possible. Sur ce point, tous ou presque se rejoignent. La droite et le roi estiment envisageable de balayer les révolutionnaires et de reprendre le pouvoir en se dispensant du concours des émigrés ; la gauche espère déclencher un mouvement populaire européen qui s'attaquerait aux souverains et se rallierait à la France, « terre de la liberté » ; même le centre espère un renforcement des pouvoirs, notamment de ceux des généraux. Rares sont les opposants à la guerre : Robespierre craint une aventure aux conséquences incalculables ; Marat, journaliste et révolutionnaire radical, y voit, encore une fois, une manœuvre de la cour.

Le 20 avril 1792, l'Assemblée déclare la guerre au « roi de Bohême et de Hongrie », frère de Marie-Antoinette, pourtant c'est le roi de Prusse qui prend l'initiative. Les premiers affrontements tournent au désastre pour les Français, ce dont se réjouissent ouvertement les journaux contre-révolutionnaires. Dans l'armée désorganisée, ces échecs créent des paniques, et des officiers sont tués par leurs hommes, tandis que des intrigues se nouent autour du général La Fayette pour le pousser à prendre le pouvoir et que, en juin 1792, le remplacement des ministres girondins (groupe dirigeant des Jacobins) par des Feuillants apparaît comme une manœuvre concertée avec l'avance ennemie.

Or la guerre modifie radicalement l'équilibre politique, car une mobilisation d'une ampleur surprenante répond à ces menaces ; partout en France, des volontaires (vite appelés les « fédérés ») s'engagent dans l'armée et partent renforcer les frontières. Mais sur leur passage, s'intronisant défenseurs de la Révolution, ils entreprennent des opérations punitives à l'encontre des adversaires, et notamment des prêtres réfractaires. Les Marseillais se distinguent particulièrement, marchant sur Paris au son du Chant de guerre de l'armée du Rhin, qui prendra le nom de Marseillaise. La nouvelle pression populaire se traduit, à Paris, par une journée révolutionnaire : le 20 juin, les sans-culottes et les fédérés, sous la conduite des Cordeliers, envahissent les Tuileries pour obliger le roi à légaliser la répression ; il refuse, ce qui lui vaut des messages de soutien de la part d'une partie de l'opinion restée favorable à la monarchie et qui n'arrive plus à se faire entendre dans la vie politique.

Ainsi le pouvoir est-il dorénavant clairement en jeu, et de nouvelles forces – sans-culottes, sections parisiennes organisées dans la Commune de Paris, fédérés – viennent de faire leur apparition sur la scène politique, doublant les députés. L'initiative politique est pourtant reprise par Danton, ministre de la Justice, et les Jacobins en juillet qui proclament la « patrie en danger », ce qui identifie l'aile marchante de l'Assemblée à la nation menacée ; cependant, les sans-culottes et la Commune de Paris réclament la déchéance du roi. Dans l'autre camp, les royalistes souhaitent que Louis XVI quitte Paris, tandis que sous la signature du duc de Brunswick, commandant des troupes coalisées, un manifeste de l'empereur et du roi de Prusse, daté du 25 juillet, menace d'une répression implacable les révolutionnaires. Alors que l'avance des coalisés et des troupes émigrées demeure lente et confuse, limitant la portée de la menace militaire, ce texte violent produit des réactions d'inquiétude et de peur dans la population, promise à un retour brutal de l'ordre antérieur et à l'assujettissement aux habitudes détestables de la soldatesque.

La menace paraît d'autant plus insupportable aux Parisiens que les journaux contre-révolutionnaires exaltent les victoires des alliés. Les forces antagonistes s'organisent en vue de l'affrontement : le roi est entouré par trois à quatre mille gardes suisses ou nationaux (ces derniers souvent moins convaincus) et des chevaliers de Saint-Louis ; la Commune prépare l'insurrection dans les sections parisiennes les plus radicales. Le 10 août, les insurgés entrent dans les Tuileries et affrontent les défenseurs du roi qu'ils massacrent. Le roi et sa famille cherchent refuge auprès de l'Assemblée, qui entérine le coup d'État, abolit la royauté et incarcère la famille royale au Temple. D'un seul coup, la contre-révolution devient invisible, et le pouvoir est dorénavant débattu entre la représentation parlementaire et les sections révolutionnaires ; enfin, la violence, déjà présente, est devenue légitime.

Cette « seconde révolution » touche tout le pays, mais surtout le Midi, affecté par de nombreux massacres de contre-révolutionnaires et de réfractaires, et notamment par l'assaut donné au troisième camp contre-révolutionnaire de Jalès, qui fit plusieurs centaines de morts. Dans l'Ouest, des émeutes sont violemment réprimées (dans le Bressuirais, l'Orne ou la Mayenne). La journée du 10 août, préparée pour des buts opposés par la Commune de Paris comme par les proches du roi, ainsi que les tueries qui la suivent, doivent être considérées comme l'aboutissement de ces tensions. Le paroxysme est atteint à Paris, entre le 3 et le 6 septembre, lorsque les sans-culottes parisiens tuent plus d'un millier de prêtres réfractaires et de contre-révolutionnaires – dont la princesse de Lamballe – retenus dans les prisons de la capitale. Les rivalités entre toutes les instances de pouvoir (le 14 août, La Fayette tente de s'emparer du pouvoir) et la nouvelle de la prise de Verdun, le 2 septembre, expliquent ce déferlement de violences, que les députés n'osent pas condamner – sauf quelques-uns, comme Brissot, leader du groupe dit des Girondins.

Cependant, les horreurs des massacres provoquant un revirement de l'opinion, une partie des révolutionnaires entreprend de limiter les revendications populaires. La représentation parlementaire reprend l'initiative, confortée qu'elle est par la victoire remportée sur les alliés à Valmy le 20 septembre. La nouvelle assemblée, la Convention nationale, se réunit, la République est proclamée, tandis que la contre-révolution est désorganisée. Les armées étrangères sont en retraite et poursuivies même par les troupes françaises, qui établissent, par la force, la révolution en Belgique et sur la rive gauche du Rhin !

La Révolution radicalisée (septembre 1792-printemps de 1793)

La nouvelle Assemblée, élue par la frange des électeurs révolutionnaires, se partage pour l'essentiel entre les Girondins, arrivés au pouvoir grâce au soutien du centre, et les Montagnards, qui réclament des mesures sociales et s'appuient sur les sans-culottes. Les tensions entre ces groupes aux contours incertains ont été déterminantes ; elles s'exprimeront au travers d'interventions parlementaires, à propos de toutes les difficultés rencontrées ; la première d'entre elles concerne le sort du roi. Si sa trahison ne fait de doute pour personne, les Montagnards, Saint-Just et Robespierre en tête, réussissent à donner un tour particulier au procès qui s'ouvre le 11 décembre 1792, en le situant sur le plan des principes. Louis XVI est qualifié d'ennemi étranger au corps de la nation et d'« usurpateur », mis « hors de l'humanité ». Ces accusations emportent la décision de l'Assemblée par un vote acquis à une courte majorité ; le roi est condamné à mort : il montera sur l'échafaud le 21 janvier 1793.

La royauté n'est pas anéantie pour autant, et le roi acquiert par son supplice une stature de martyr. Le procès a été un lieu d'affrontement entre révolutionnaires. Les Girondins, qui ont multiplié les erreurs tactiques, se retrouvent placés dans une position « modérantiste ». Les Montagnards ont, en revanche, fait montre d'une grande habileté politique, radicalisant les débats et excluant d'emblée l'hypothèse de l'innocence du roi. Les Conventionnels sont engagés dans des luttes meurtrières, et le pouvoir de la parole révolutionnaire s'est affirmé comme véritable moyen de contrôle de la Révolution.

Dans l'immédiat, l'Europe, parcourue par une vague de réprobation, réagit en relançant la guerre, avec l'aide de l'Angleterre, jusque-là réservée. Presque tous les pays européens se liguent contre la France, qui représente un risque pour eux, mais les émigrés ne profitent pas vraiment de cette nouvelle conjoncture. Estimés porteurs d'une idéologie absolutiste, ils ne sont pas soutenus par les principaux États, qui s'engagent néanmoins dans une guerre d'anéantissement de l'adversaire. Face à cette redoutable menace, qui légitime le discours révolutionnaire le plus radical et les dénonciations de toutes les sympathies contre-révolutionnaires à l'intérieur du pays, la Convention décide, le 24 février 1793, d'envoyer trois cent mille hommes de plus aux frontières ; en même temps, elle institue, le 10 mars, le tribunal révolutionnaire, chargé d'accélérer les procédures et envoie des députés, les « représentants en mission », détenteurs de tous les pouvoirs, surveiller les opérations de recrutement dans les départements.

La levée est organisée à partir de février 1793, à un moment où la situation économique est très défavorable. Elle entraîne de nombreux refus, débouchant sur la formation de bandes rurales qui s'organisent, envahissent les petites villes et tuent les administrateurs ou les prêtres assermentés. Ces soulèvements ruraux, expression d'un mélange de revendications religieuses, économiques et sociales, permettent que se noue définitivement l'alliance entre les paysans déçus par la Révolution, les prêtres réfractaires et les nobles appartenant aux réseaux contre-révolutionnaires, demeurés jusque-là sans efficacité réelle. Les motivations profondes sont très disparates, les rivalités de clocher jouent souvent un grand rôle, mais le refus des mesures religieuses apparaît comme un point commun important, et le principal résultat est la création de l'unité communautaire contre la Révolution. En Alsace et en Bretagne, il faut plusieurs semaines aux armées républicaines pour écraser ces révoltes et soumettre les insurgés ; ce qui est fait au début du mois d'avril, quand le contrôle politique est rétabli. En avril et mai, une rébellion de même nature a lieu dans le Massif central, autour du notaire Charrier. Elle sera réprimée par la force en juin 1793.

Cependant, entre-temps, la Convention a décrété, le 19 mars, que toute personne prise les armes à la main ou porteuse d'une cocarde blanche serait jugée hors la loi et exécutée sous vingt-quatre heures. C'est ainsi que le pays s'engage dans une logique de terreur. Progressivement, en effet, un système répressif s'organise et se renforce des mesures mêmes qu'il prend, puisque la liste des catégories de personnes suspectées de menées contre-révolutionnaires ne cesse de s'allonger (nobles, prêtres réfractaires, émigrés et leurs parentèles...). Dans ce dispositif, qui s'applique également aux révolutionnaires modérés suspects de trahison, les sans-culottes locaux obtiennent de plus en plus de pouvoir de contrôle et de répression.

Dans ce contexte de violence politique, les événements qui se produisent au sud de la Loire créent une situation inédite. L'armée de répression dépêchée depuis La Rochelle est dispersée par une bande rurale au cœur du département de la Vendée, le 19 mars. La bataille provoque une panique régionale et une émotion à la Convention, qui se met à parler de « la guerre de Vendée ». Amalgamant ainsi toutes les insurrections qui se sont produites au sud de Nantes jusqu'à Angers, elle crée une région imaginaire, la Vendée, incarnant l'abcès de fixation contre-révolutionnaire de l'intérieur du pays, contre lequel des troupes vont converger. L'argument est utilisé pour stigmatiser la « modération » des Girondins au pouvoir et permet aux Montagnards et aux sans-culottes d'exiger des mesures radicales, de prendre le contrôle d'organismes répressifs et de dépêcher sur place des troupes et des officiers qui leur sont acquis. Sur le terrain, les insurgés profitent de leur succès inespéré pour rétablir le culte catholique et pour s'organiser en « armées catholiques et royales », qui restent cependant fragmentaires, voire rivales.

Pendant le printemps de 1793, les Vendéens profitent de la médiocrité des troupes, plus politiques que militaires, qui leur sont opposées pour étendre leur influence et même s'emparer, provisoirement, de Saumur et d'Angers. La côte atlantique leur échappe, car elle est protégée par une armée républicaine efficace. Les massacres que les Vendéens commettent en mars et avril à Machecoul, au sud de Nantes, et les succès qu'ils remportent leur donnent une réputation détestable pour beaucoup de Français, qui craignent le rétablissement de l'Ancien Régime. Les rivalités internes aux armées révolutionnaires – qui vont jusqu'à la désorganisation volontaire des plans communs – expliquent cette progression vendéenne, imputée à une région quasi mystérieuse, « inexplicable », selon le mot de Barère, qui serait peuplée de « brigands », contre lesquels il faut prendre des mesures exceptionnelles. La Vendée aura été un des moteurs de la Révolution, dans la mesure où elle cristallisa les peurs, unit contre elle des détachements militaires venus de tous les horizons, et permit une radicalisation des discours révolutionnaires.

Les éliminations internes (printemps-été de 1793)

Les Girondins, qui détiennent les ministères, voient la réalité du pouvoir leur échapper, les nouvelles institutions (Tribunal révolutionnaire, Comité de salut public, le 5 avril) étant contrôlées par les Montagnards. Ils sont en outre menacés de mort le 5 avril, lorsque est mise au vote une motion contre les députés ayant proposé, en décembre 1792, l'appel au peuple pour tenter d'éviter la mort du roi. Leur contre-attaque échoue : Marat, leader des sans-culottes, mis en accusation et arrêté, est acquitté le 24 avril par le Tribunal révolutionnaire, sous la pression des sans-culottes parisiens. Les menaces lancées par les Girondins contre les « anarchistes » de Paris et leur volonté de réunir les suppléants de la Convention à Bourges sont interprétées comme une volonté de diviser la France, si bien qu'ils sont accusés de « fédéralisme ». Enfin, la commission des Douze, instituée le 18 mai 1793 et dans laquelle siégeaient uniquement des Girondins, qui veut lutter contre « l'anarchie parisienne » et juger les chefs sans-culottes (dont Hébert) est balayée par un coup d'État organisé par la Commune de Paris. Les sans-culottes assiègent la Convention le 31 mai, puis le 2 juin : les principaux députés girondins sont arrêtés, et les Montagnards prennent le pouvoir, sous la surveillance des sans-culottes.

Les mêmes rapports de force, mais dont l'aboutissement est inverse, se retrouvent à Lyon, où les Girondins arrêtent le 2 juin, puis font exécuter le maire sans-culotte Chalier. À Paris, de la même façon que la guerre de Vendée avait été forgée, ce renversement de pouvoir à Lyon est presque aussitôt appelé « le crime de fédéralisme » ; en effet, les Lyonnais veulent donner tout le pouvoir aux assemblées primaires (qui regroupent les électeurs), et non plus à la Convention, et appuient la tenue d'une Convention des suppléants à Bourges. De nombreux départements prennent position contre le coup d'État de Paris et pour la révolte lyonnaise, si bien que des rébellions contre le Paris des sans-culottes se produisent dans le Bordelais, le Midi (à Marseille, à Toulon) et en Normandie. Ce mouvement, qui manque d'unité et d'efficacité, qualifié aussi de « fédéraliste », est assimilé à une remise en cause de l'indivisibilité de la République, et justifie dès lors des mesures de répression. En juin 1793, les meneurs sont pourtant des révolutionnaires provinciaux simplement hostiles au dirigisme parisien et, surtout, aux mesures économiques exigées par les sans-culottes, qui portent atteinte au droit de propriété. Dans les mois qui suivent, ils sont rejoints par des contre-révolutionnaires, plus ou moins organisés, qui tentent de détourner cette révolte à leur profit. Ainsi, les Corses installent un « gouvernement provisoire », qui va donner ensuite les ports de l'île à la flotte anglaise, Toulon ouvre son port aux Anglais et aux Espagnols par refus des sans-culottes et des Jacobins parisiens, tandis que le comte de Précy, véritable contre-révolutionnaire, conduit la révolte lyonnaise.

Ces évolutions et les rivalités internes des fédéralistes empêchent toute unité entre les insurgés et affaiblissent leurs revendications. Les Bordelais ne réunissent que quelques centaines d'hommes, qui se dispersent sans combattre ; les Normands sont battus dans un bref engagement à Pacy-sur-Eure (13 juillet 1793) ; Lyon ne reçoit aucun secours de ses voisins ; les Marseillais s'emparent d'Avignon, mais sont vaincus. L'unité du fédéralisme vient surtout de sa dénonciation et de sa répression par les sans-culottes et les Montagnards, qui font de toute résistance un crime punissable de mort. Marseille, Toulon et Lyon sont soumises à une répression importante, les villes sont débaptisées, plusieurs milliers de personnes mises à mort, des bâtiments détruits. Le fédéralisme aura été un argument polémique utilisé par les sans-culottes ; il aura été aussi le drapeau recouvrant la peur éprouvée par les administrateurs départementaux devant la prise de pouvoir par les sans-culottes dans les comités de surveillance ; il atteste donc que la question centrale de la légitimité révolutionnaire n'est pas résolue.

L'exacerbation des conflits de l'été de 1793

Les Montagnards s'engagent dans une nouvelle politique. Le 24 juin 1793, ils promulguent une nouvelle Constitution (dite de l'an I). Celle-ci, très démocratique et très décentralisatrice, donne un pouvoir considérable aux assemblées d'électeurs ; cependant ils en réservent l'application à la paix. Leur pouvoir est renforcé par l'entrée de Robespierre au Comité de salut public le 27 juillet. L'emballement révolutionnaire est d'autant plus grand que, le 13 juillet 1793, Marat est tué par une jeune Normande, Charlotte Corday, liée au fédéralisme. Hébert, rédacteur du journal sans-culotte Le Père Duchesne, capte aussitôt une partie des revendications sans-culottes, utilisant un langage populaire et ordurier pour exprimer des réclamations virulentes. Il est concurrencé par un courant encore plus radical, né depuis le début de 1793, celui des Enragés, dont les leaders sont Jacques Roux, Jean-François Varlet ainsi que des femmes comme Claire Lacombe et qui réclament une administration directe, un programme social, une taxation des biens et une véritable égalité des droits politiques entre les hommes et les femmes.

Au moment où est décrétée la « levée en masse » des jeunes gens (23 août 1793), une économie de guerre se met en place, notamment sous le contrôle des hébertistes, qui orientent la politique du ministère de la Guerre, commandent les « armées révolutionnaires » et nombre de commissions militaires. La Convention ayant décidé la création d'un calendrier républicain (qui sera adopté le 5 octobre 1793), laïcisant le temps, la déchristianisation est forte dans certains départements, sous l'impulsion de quelques représentants en mission (Fouché notamment) : les prêtres, même constitutionnels, sont destitués, voire exécutés, des églises dévastées, des livres brûlés, et le culte de la Raison introduit. À Reims, la Sainte Ampoule est symboliquement brisée, tandis que le culte des martyrs de la liberté (Marat, Chalier, Lepeletier, assassiné par un royaliste en janvier 1793) est institué. La déchristianisation menée par les sans-culottes est violente et trouve, dans certaines régions, un réel écho populaire ; elle reste cependant marginale, aggravant dans la plupart des cas les réserves vis-à-vis de la Révolution. La dénonciation de la contre-révolution ne cesse d'étendre son champ de définition, pour englober, selon les révolutionnaires les plus radicaux, non seulement les « aristocrates », mais aussi les « gros » et les « riches », même les « égoïstes » et, éventuellement, la « robinaille » créant ainsi une spirale dénonciatrice et épuratrice qui peut aspirer toute la société française.

Un vertige a saisi les Français, convaincus de vivre des moments exceptionnels, inventant une société nouvelle dans l'angoisse et l'urgence. L'apprentissage de la politique crée une sociabilité particulière, mettant en avant les éléments urbains les plus radicaux, qui contrôlent les assemblées locales, au besoin par la ruse ou la force, qui instituent un mode de vie uniforme et qui animent les comités de surveillance généralisés par la Convention pour traquer les contre-révolutionnaires. Une culture politique, moralisatrice et égalisatrice, acceptant facilement la violence contre les adversaires politiques et visant à « régénérer » la société, s'impose à l'ensemble des Français. Un langage (notamment le tutoiement), un costume (le bonnet rouge, le pantalon), des pratiques sociales (les réunions journalières) deviennent les usages – et souvent les normes – de la vie quotidienne. Les relations familiales ont été modifiées par l'introduction du divorce, en 1792, une mesure qui profite surtout aux hommes, mettant les femmes, jusque-là protégées par les coutumes, en difficulté. L'unité de la Révolution se réalise sur la base de malentendus inexprimables, puisque beaucoup, comme Lazare Carnot, membre du Comité de salut public mais de plus en plus hostile à Robespierre et à ses amis, n'accepteront ces pratiques que parce qu'ils estimeront qu'elles garantissent l'unité nationale face aux menaces que représentent la contre-révolution, les armées étrangères et les insurrections rurales.

Les Montagnards, au pouvoir, tenant compte de ces menaces et des pressions exercées par les sans-culottes (notamment lors des journées populaires des 4 et 5 septembre 1793), instaurent juridiquement la Terreur le 5 septembre et adoptent une série de mesures. Ils vendent les biens nationaux en petits lots, suppriment les rachats des droits issus de la nuit du 4 août, instituent la loi du maximum général (29 septembre), qui crée le contrôle des prix et renforcent la lutte déjà lancée contre les accapareurs (26 juillet) ; ils décrètent la loi des suspects (17 septembre), dont le principal résultat est d'accroître encore le nombre des catégories de crimes contre-révolutionnaires et de raccourcir les procédures juridiques.

Cependant, la loi des suspects n'empêche pas le plus grand nombre des Girondins emprisonnés d'échapper au Tribunal révolutionnaire. L'acceptation des mots d'ordre portés par les sans-culottes et le petit groupe des Enragés permet paradoxalement aux Montagnards de limiter le rôle des sections qui se posent trop fréquemment en détentrices exclusives de la légitimité révolutionnaire et d'arrêter les leaders Enragés, Roux et Varlet, isolés dans l'ensemble du mouvement révolutionnaire par leur égalitarisme, qu'ils veulent étendre aux femmes. Roux se suicidera pour éviter l'échafaud en février 1794. Durant l'automne de 1793, la centralisation des pouvoirs se réalise peu à peu autour du Comité de salut public, mettant face à face les Montagnards et les hébertistes dans une surenchère révolutionnaire. Les uns et les autres s'appuient sur des journaux et des réseaux de correspondance avec les sociétés populaires, qui couvrent tout le pays et diffusent des mots d'ordre. L'effort national exige en effet de chacun, homme, femme, enfant, vieillard, l'implication dans la vie nationale jusqu'à, par exemple, récupérer le salpêtre des caves pour la fabrication de la poudre et faire de la délation patriotique un devoir : chacun peut s'instituer garant de la vie politique dans une société qui se veut « régénérée ».

Dans le même temps, les armées étrangères avancent sur tous les fronts. Mayence, ville allemande qui avait été un moment l'exemple de la réussite française à convertir des populations étrangères, est obligée de capituler le 23 juillet 1793 ; Dunkerque est assiégée à la fin d'août ; les Espagnols franchissent la frontière et reçoivent l'aide d'habitants des Pyrénées orientales et occidentales ; l'amiral Hood est dans Toulon... Les fédéralistes sont suspectés partout, ainsi que les comploteurs ; les réseaux contre-révolutionnaires commencent à faire parler d'eux, notamment autour du comte d'Antraigues, soutenu par l'Espagne.

La lutte entre les factions (automne de 1793-printemps de 1794)

Cette extrême mobilisation des individus et de la société produit une concurrence des pouvoirs et des légitimités qui est poussée à son paroxysme dans l'hiver de 1793. La reine Marie-Antoinette est exécutée le 16 octobre, après un procès scandaleusement conduit par Hébert. En même temps, les principaux leaders girondins sont jugés et exécutés (24-31 octobre) pour satisfaire aux exigences des sans-culottes.

Sur le plan strictement militaire, la situation est redressée grâce à l'élan patriotique qui anime les troupes, à l'adoption d'une tactique de masse, qui combine l'emploi du nombre et l'usage de la baïonnette, enfin grâce à une professionnalisation constante des soldats, de plus en plus habitués aux manœuvres ; il convient d'ajouter qu'un contrôle politique permanent pèse sur les officiers. Les armées étrangères sont progressivement repoussées sur tous les fronts, sauf en Corse qui passe peu à peu sous tutelle anglaise. L'armée anglo-hanovrienne est battue à Hondschoote en septembre, les Autrichiens sont défaits à Wattignies en octobre, tandis que les Sardes et les Espagnols sont repoussés. Paradoxalement, ces succès exacerbent d'innombrables conflits de compétence entre les différentes institutions qui peuvent revendiquer leur légitimité ; il est possible de citer : les assemblées primaires des électeurs, transformées en sections, les comités de surveillance, les municipalités, les sociétés populaires, les administrations départementales, les ministères, les comités de gouvernement, la Convention et les clubs, sans compter les armées et surtout les armées révolutionnaires.

La conduite de la guerre de Vendée est un des terrains sur lesquels ces rivalités provoquent des conséquences dramatiques. L'armée dite de Saumur, aux mains de généraux hébertistes, réussit même à éliminer les généraux appartenant aux courants rivaux, dantoniste et montagnard, notamment en faisant échouer une opération militaire dirigée par un général montagnard, qui aurait pu s'approprier l'écrasement des Vendéens. Cette défaite militaire calculée leur permet de centraliser tous les commandements et de disperser les Vendéens à la bataille de Cholet, le 17 octobre. La fuite de dizaines de milliers de Vendéens, menés par La Rochejaquelein, vers le port normand de Granville surprend pourtant tous les révolutionnaires et atténue les effets politiques du succès obtenu par les hébertistes, puisque le commandant en chef, le général L'Échelle, particulièrement incapable, accumule les défaites avant de se suicider. Si la position des armées républicaines est forte dans l'hiver 1793-1794, les forces de la contre-révolution restent menaçantes pour le pays. Les Vendéens, même après leur échec devant Granville, qu'ils n'ont pas pu investir (13-14 novembre 1793) et la défaite qu'ils subissent à Savenay (23 décembre), gardent une force réelle ; les hommes commandés par Charette ont pris l'île de Noirmoutier et peuvent espérer recevoir l'aide des Anglais ; des groupes continuent de parcourir la région située au sud de la Loire ; enfin, les bandes rurales de Mayenne et de Bretagne, qui vont bientôt être désignées sous le nom générique de « chouans », s'enhardissent et commencent à harceler les troupes républicaines. En outre, un ancien chef fédéraliste, Joseph de Puisaye, qui avait été battu militairement à Pacy par les troupes montagnardes, passe à l'opposition radicale en se proclamant chef chouan et en entreprenant de fédérer tous les insurgés. Son audace paie et, sauf dans le Morbihan, que Georges Cadoudal contrôle avec jalousie, son autorité est reconnue.

Une partie du personnel politique trouve son intérêt à la prolongation de la guerre, ce que Robespierre comprend à la fin de 1793, quand il prend ses distances avec la répression et se pose en arbitre. Ce climat explique que, sous prétexte que la Convention veut réprimer les « brigands » de la Vendée, des militaires commettent les pires atrocités. Le commandant en chef des armées de l'Ouest, le général Turreau, ne fixe pas de limites claires à la désignation des adversaires à détruire, et le représentant en mission à Nantes, Carrier, couvre de son autorité une répression féroce menée par des groupes d'activistes, qui fusillent, noient, exécutent pêle-mêle « aristocrates », « modérés », « négociants », « Vendéens », « fanatiques », soit autant de catégories qui autorisent toutes sortes de pratiques violentes et incontrôlées.

Entre décembre 1793 et février 1794, plusieurs milliers de personnes sont ainsi mises à mort à Nantes, noyées ou fusillées ; plus de deux mille femmes sont exécutées à Angers, accusées de contre-révolution par un tribunal militaire aux méthodes particulièrement expéditives, et des dizaines de communes sont ravagées par le passage de colonnes incendiaires (les « colonnes infernales ») qui massacrent, volent et violent sans faire de distinction entre populations « blanches » et « bleues » dans un déni complet de réalisme politique. Des pratiques identiques sur le fond, mais à une échelle heureusement moindre, sont mises en œuvre à Lyon, où les exécutions collectives affectent près de mille sept cents personnes, ou à Toulon. À Nîmes, plus de trois mille sept cents personnes sont incarcérées – cent treize exécutées –, huit cents sont emprisonnées à Toulouse, dont une centaine est mise à mort. Les habitants de trois communes du Pays basque, suspectés de trahison en faveur de l'Espagne, sont déportés, tandis que trente à quarante mille Alsaciens s'enfuient en Allemagne pour échapper à la répression... Les mots d'ordre révolutionnaires justifient ces tueries et ces actes de violence, parce qu'ils ont donné l'habitude de stigmatiser les adversaires politiques, de les mettre hors la loi, avant de les mettre bientôt hors de l'humanité ; les journaux et les débats politiques n'ont pas cessé d'insister sur les menaces que représentent les différents courants contre-révolutionnaires ; les surenchères verbales permettent enfin à des activistes de couvrir leurs exactions.

Si la guerre de Vendée exaspère cette Terreur – baptisée Terreur provinciale ou Première Terreur par les historiens –, cette situation affecte tout le pays et traduit l'importance prise par les hébertistes et les Montagnards les plus radicaux dans la conduite de la Révolution. Robespierre et ses amis vont progressivement entraver cette emprise. Dès le 21 novembre 1793, Robespierre condamne certes le fanatisme (ce qui vise les prêtres réfractaires), mais il condamne aussi l'athéisme, dénoncé comme contre-révolutionnaire, alors que la campagne de déchristianisation, orchestrée par les hébertistes mais soutenue par des groupes locaux, provoque la dévastation d'édifices religieux, la mise à mort de prêtres réfractaires et l'abdication de constitutionnels. En outre, Robespierre fait voter, le 8 décembre, la liberté des cultes. La loi reste théorique mais contredit le courant ultra-révolutionnaire et oblige quelques semaines plus tard Hébert à protester de sa foi en Jésus-Christ, « fondateur des sans-culottes ». Robespierre centralise progressivement autour de lui tous les pouvoirs et réussit à faire promulguer le 14 frimaire an II (4 décembre 1793) un décret qui proclame que la Convention est le centre unique de l'impulsion révolutionnaire, ce qui limite les initiatives locales. Un tournant majeur de l'histoire politique se réalise alors.

En janvier, Robespierre impose le culte de Joseph Bara, tué dans une médiocre échauffourée en Vendée, mais dont le jeune âge, treize ans, permet de discréditer les « martyrs de la liberté » défendus par les sans-culottes, et à propos desquels on peut toujours craindre d'apprendre des errements. Enfin, à la suite de la mission en province du jeune Jullien, envoyé personnel de Robespierre, le représentant en mission Carrier est dénoncé et rappelé à Paris au début de février. En janvier, Grégoire forge le néologisme « vandalisme » pour stigmatiser les destructions d'œuvres d'art entreprises par les sans-culottes. De façon plus ouverte, Camille Desmoulins mène une campagne farouche de dénonciation des hébertistes, accusés de corruption et de violences gratuites. Les demandes des sans-culottes sont satisfaites avec la publication des tarifs du « maximum », qui fixent le plafond du coût des denrées essentielles. Désormais, les sans-culottes sont contrôlés par la Convention alors que le gouvernement ne fait pas respecter les prix affichés.

Saisissant l'occasion d'affaires troubles liées à la liquidation de la Compagnie des Indes, dans laquelle se trouvent mêlés hébertistes et dantonistes ainsi que le mystérieux baron de Batz, contre-révolutionnaire et affairiste, Robespierre accuse les hébertistes de préparer un coup d'État et de favoriser un « complot de l'étranger ». Le thème est nouveau, il traduit un retournement important de la Révolution qui s'appuie de plus en plus sur un courant nationaliste. Hébert est envoyé à l'échafaud, le 24 mars 1794, avec ses amis, dont le général de l'armée révolutionnaire Ronsin et Anacharsis Cloots. La corruption des dantonistes, Danton et Fabre d'Églantine en tête, est le prétexte pris pour un autre procès, à la procédure irrégulière, qui rassemble les opposants à la politique de Terreur, comme Desmoulins, ou à Robespierre, comme le représentant Philippeaux. Ce groupe est guillotiné le 5 avril, donnant enfin la réalité du pouvoir aux membres du Comité de salut public proches de Robespierre, Saint-Just et Couthon, soutenus par les techniciens Carnot et Lindet, hostiles aux débordements de violences.

L'impossible arrêt de la Révolution (avril-juillet 1794)

La partie n'est pas gagnée pour autant. Les robespierristes, soucieux de conjuguer Terreur et vertu, doivent encore continuer la centralisation de la Révolution. Ils rappellent les représentants les plus radicaux comme Dartigoeyte ou Javogues, et suppriment progressivement toutes les commissions militaires et autres tribunaux d'exception qui échappent au contrôle parisien (la commission d'Orange, créée le 10 mai 1794, contre les mouvements du Midi, n'exerce qu'avec l'assentiment de Paris). La Convention et les Comités – parmi lesquels celui de salut public est prédominant – retrouvent toutes leurs prérogatives.

Cette ligne politique est illustrée au printemps de 1794 par la proclamation de Saint-Just assurant que le « bonheur est une idée neuve en Europe », et par les décrets qui accélèrent et radicalisent la Révolution. Dans un ensemble disparate, les biens des émigrés sont redistribués aux plus démunis, dans le cadre de la réorganisation de la Bienfaisance nationale ; la Convention reconnaît l'existence de l'Être suprême et de l'immortalité de l'âme le 7 mai, et le 8 juin, Robespierre préside une fête pour inaugurer ce nouveau culte ; le Tribunal révolutionnaire de Paris concentre le pouvoir judiciaire extraordinaire, et, le 10 juin 1794, la loi dite de Prairial renforce la rapidité des jugements à l'encontre des « vrais ennemis de la Révolution », catégorie qui amalgame les traîtres, les accapareurs, les défaitistes, les fédéralistes et qui correspond à la conviction exprimée par certains révolutionnaires, qu'en Révolution il n'existe que des « patriotes » et des « aristocrates ». Les procédures sont réduites au minimum – les juges prononçant la mort ou l'acquittement – si bien que la Grande Terreur, conduite à Paris, provoque la mort de plus de mille quatre cents personnes dans les semaines qui suivent, alors que la Terreur provinciale s'achève et que les victoires militaires garantissent les frontières. La représentation nationale est dorénavant clairement incarnée par la Convention et par les comités, excluant toute autre légitimité politique possible.

La période est marquée par un rapport particulier à la politique, qui restera durablement dans les mémoires. La politique se confond alors avec la morale : aucune distance n'est introduite entre les individus et leurs actes, rendant les intentions coupables au même titre que les réalisations ; aucune circonstance atténuante n'est prise en considération. La procédure et la désignation des juges ne relèvent que de critères politiques. Le résultat le plus tangible est le gonflement de la définition de la contre-révolution par des rubriques disparates, allant jusqu'à englober les patois devenus signes « féodaux », et à étendre encore les catégories d'adversaires de la Révolution qu'il convient d'exclure. La brutalité de la lutte politique née au fil des antagonismes entre révolutionnaires et contre-révolutionnaires, et qui a poussé les premiers dans une surenchère permanente, aboutit au printemps de 1794 à assimiler le devenir de la Révolution à l'histoire même de l'humanité tout entière et à dénier la qualité d'hommes aux membres des groupes désignés comme adversaires. Ainsi, à la suite de la déclaration du 26 mai 1794, les prisonniers de guerre anglais et hanovriens doivent-ils être mis à mort parce que ces sujets du roi d'Angleterre, engagés irrémédiablement dans la contre-révolution, sont accusés d'avoir trahi l'image de terre de la liberté que l'Angleterre avait incarnée depuis la fin du xviie siècle. Envisager l'histoire d'une façon si radicale ne peut qu'entraîner des désillusions chez les révolutionnaires les plus convaincus, qui voient comme des reniements les réticences à les suivre et qui assimilent dorénavant le salut de la nation française à celui de la Révolution elle-même, jetant de la sorte les bases d'un nationalisme républicain qui durera plus d'un siècle.

La rigueur moralisatrice, exercée par un groupe d'hommes de plus en plus réduit, va se heurter à des oppositions de plus en plus diverses et vigoureuses. Une telle centralisation extrême rompt définitivement l'unité entre les révolutionnaires. Les sans-culottes ont perdu leur autonomie politique et ne peuvent plus intervenir dans le débat ; leur mécontentement s'accroît encore lorsque, parallèlement au maximum des prix, un maximum des salaires est décidé le 5 juillet. Les terroristes rappelés à Paris et les modérés craignent pour leur vie ; les membres du Comité de sûreté générale souffrent de la diminution de leurs compétences au profit du Comité de salut public ; ce dernier est divisé entre le triumvirat (Robespierre, Saint-Just et Couthon), surtout politiques et les gestionnaires de l'État (Carnot et Lindet, entre autres). Dans le même temps, si les victoires militaires sur les frontières rendent la Terreur moins urgente, puisque les troupes françaises entrent en Belgique, notamment après leur succès dans la bataille de Fleurus le 26 juin, à l'intérieur, au contraire, les mesures terroristes ont montré leur inefficacité et, après le printemps de 1794, les armées royalistes sont bien implantées. Charette et Stofflet, notamment, possèdent de véritables sanctuaires, à l'instar de certains chefs chouans, qui organisent des coups de main à partir de zones forestières. L'Ouest rural, dévasté par la guerre civile, échappe ainsi à l'administration révolutionnaire, dont les principaux membres, issus des courants girondins, ont souffert de la période terroriste.

La mise en place de la Grande Terreur a été décidée en partie à cause d'attentats manqués visant Robespierre et Collot d'Herbois. Le poids considérable pris par Robespierre dans tous les domaines de la vie publique devient insupportable à ses rivaux, qui l'accusent d'ambitions personnelles. Les membres du Comité de sûreté générale le discréditent en propageant des rumeurs qui font craindre qu'il ne veuille décimer les rangs de la Convention – déjà clairsemés – ou devenir roi ou encore s'imposer comme le grand prêtre de l'Être suprême : il est alors accusé de menées contre-révolutionnaires. La politique de Robespierre, qui pour l'essentiel a consisté en une volonté d'instaurer une révolution fidèle à ses principes, en supprimant les déviations imposées par les profiteurs ou en combattant la politique inspirée par des révolutionnaires plus modérés, bute sur les inimitiés et sur les envies de revanche.

Pendant plusieurs semaines, Robespierre se tient en retrait de la scène politique. Cela permet la constitution d'un groupe d'opposants, qui contrôle l'opinion et qu'il affronte, le 8 thermidor, lorsqu'il réclame de nouvelles exécutions, y compris de membres de la Convention. Mis en minorité le 9 thermidor (27 juillet 1794), il est décrété d'accusation. Après une échauffourée à l'Hôtel de Ville, où il se réfugie avec ses amis sans recevoir un véritable soutien populaire, il est blessé, emprisonné et guillotiné le 10 thermidor (28 juillet). À la suite des informations adressées par les Conventionnels vainqueurs, les clubs saluent la fin du « tyran ».

La réaction thermidorienne (août 1794-mai 1795)

La Convention, qui détient le pouvoir après Thermidor, s'appuie sur un regroupement d'anciens terroristes, de Montagnards gestionnaires, de modérés, bientôt rejoints par les anciens Girondins amnistiés, sortis de la clandestinité. Cet assemblage hétéroclite possède plusieurs atouts. Il hérite du fruit des efforts centralisateurs de Robespierre et n'a plus de rivaux institutionnels dans le pays ; il a pris le commandement des forces armées, ce que n'avaient pas réussi à faire les assemblées précédentes ; enfin, il a pour objectif prioritaire de consolider ce qui a été acquis. Cependant, ses handicaps sont réels. Il doit affronter les multiples désirs de revanche que la Terreur a suscités ; il est confronté à une situation économique et sociale difficile, ainsi qu'à une désillusion née du cours de la Révolution.

Dans l'immédiat, les Thermidoriens jettent les bases de ce qui va être la légende noire de Robespierre, dépeint sous les traits les plus horribles et accusé d'avoir voulu « dépopuler » la France. Les crimes commis par les représentants en mission lors de la Première Terreur lui sont imputés, même lorsqu'il les avait récusés. Le comble est atteint à l'automne de 1794, lorsque Carrier est mis en jugement pour son action à Nantes, condamné à mort et exécuté en décembre, à l'issue d'un procès suivi par l'opinion publique. Son action est associée à la politique de Robespierre, qu'il avait pourtant combattue. Les hommes au pouvoir laissent proliférer les discours de dénonciation portant sur les excès antérieurs pour les imputer aux seuls robespierristes et s'en disculper. Par ailleurs, Grégoire se distingue particulièrement en relançant la dénonciation des « vandales », et en publiant la liste des monuments et des objets détruits ainsi que celle des savants exécutés.

Cette tactique s'avère rapidement incontrôlable. Alors que l'hiver 1794-1795 est particulièrement rigoureux, tout le système économique s'effondre avec la fin de toute intervention économique (abolition du maximum le 24 décembre 1794) et la dépréciation de l'assignat qui en découle. Les marchés urbains sont mal approvisionnés, et les prix flambent, aggravant les disparités sociales entre petites classes urbaines et profiteurs de la Révolution. L'affaiblissement du contrôle politique profite ensuite au culte catholique : dans tout le pays, des manifestations réclament la réouverture des églises, tandis que les prêtres réfractaires sortent de la clandestinité ou regagnent la France et que, notamment dans l'Ouest, les sépultures des victimes de la Terreur deviennent spontanément des buts de pèlerinage. Depuis leurs lieux d'émigration, les évêques renouent des liens plus étroits avec leur clergé redevenu actif. L'incertitude politique et la présence de bandes armées dans les campagnes expliquent un essor prodigieux de la criminalité, mêlant les « brigands royaux » avec les pillards et les « chauffeurs », notamment la bande d'Orgères.

La réaction sociale est menée dans les villes par des groupes de jeunes gens, les « muscadins » (« incroyables » et « merveilleuses ») – deux à trois mille à Paris, mais toutes les grandes villes sont concernées –, qui affichent leur refus de la Terreur et de la Révolution par leurs tenues vestimentaires et leur mode de vie. Leurs habits portent dix-sept boutons de nacre pour évoquer Louis XVII ; un collet noir autour du cou rappelle la mort de Louis XVI ; contre la rigueur révolutionnaire, les cheveux sont frisés et flottants, et les femmes portent des tenues savamment déshabillées, blanches et vaporeuses. Leurs interventions publiques, nombreuses, sont violentes. Formant des groupes armés de gourdins plombés, chantant Le Réveil du peuple, lisant des journaux qui contestent la Révolution, comme La Quotidienne, ils s'opposent aux partisans de la Révolution – reconnaissables à leur habillement –, appelés « buveurs de sang » ou « septembriseurs » (en rappel des massacres de septembre 1792), qui sont battus, arrêtés et jetés en prison, voire assassinés.

La réaction la plus grave se produit dans la vallée du Rhône et le Sud-Est, où les autorités, issues des rangs modérés et parfois protestants, préfèrent détourner la rancune populaire sur les anciens terroristes pour éviter d'en faire elles-mêmes les frais (le maire de Lyon offre un bon exemple de cette tactique). Si bien que d'innombrables actes de violence sont commis, allant de l'insulte à l'assassinat de prisonniers, en passant par des pillages, des emprisonnements et des lapidations. Les « terroristes » sont pourchassés ; ces actions causent une centaine de morts à Marseille ou à Avignon, une soixantaine à Aix... plus de deux mille morts au total. À Lyon, en mai 1795, plus d'une centaine d'anciens terroristes et de Jacobins emprisonnés sont massacrés par la foule sans que les autorités locales réagissent. Les réactions paysannes, les vengeances populaires et les actions contre-révolutionnaires se mêlent et sont exploitées par les contre-révolutionnaires activistes. Des bandes (compagnons de Jéhu, les Triqueurs...), dont la composition et l'orientation demeurent mal connues, participent à ces exactions. Ces mises à mort sont accompagnées parfois de charivaris ou de farandoles, participant aux luttes communautaires, et visent souvent des voisins détestés depuis l'époque jacobine. Cette dimension communautaire donne les limites de la Terreur blanche, qui reste une explosion sans retombée politique réelle, malgré les efforts des royalistes, illustrés par l'agent anglais Wickham qui, depuis la Suisse, a établi à Lyon une agence de propagande pour recruter des contre-révolutionnaires (Imbert-Colomès, le marquis de Bésignan...) et préparer une nouvelle insurrection avec l'aide de Précy.

Cette place prise par les opposants à la Révolution est favorisée par la politique de conciliation envers les royalistes modérés mise en œuvre à la fin de 1794 et qui aboutit à la signature du traité de La Jaunaye le 17 février 1795 avec Charette, puis à des traités avec les chouans (20 avril 1795) et enfin avec Stofflet (2 mai 1795). Toutefois, la République ne tire pas véritablement avantage de cette politique. Le territoire contrôlé par Charette devient en effet une véritable enclave d'Ancien Régime, avec son armée soldée par l'État et ses églises rouvertes. Dans tout l'Ouest, la paix reste fragile et l'insécurité demeure, les chouans n'ayant pas rendu leurs armes. De nombreuses municipalités rurales sont tenues par des partisans de la royauté et, en Mayenne, les chouans mènent une guerre du contrôle des vivres contre les villes.

La logique révolutionnaire est cependant irrémédiablement épuisée, lorsque, contre les réclamations populaires appuyées par l'aile gauche de la Convention réunie derrière les « Crêtois », les Montagnards irréductibles (le mot est inspiré de la « crête » qui désigne la partie la plus haute de l'ancienne Montagne dans l'Assemblée), la Convention envoie l'armée et les muscadins réprimer les sans-culottes insurgés le 1er avril (12 germinal an III) puis le 20 mai 1795 (1er prairial an III). Cette dernière journée révolutionnaire parisienne, qui voit le sang couler, est suivie de la répression des militants sans-culottes et d'anciens Montagnards (six d'entre eux, arrêtés, se suicident en prison, devenant les « martyrs de Prairial », d'autres, comme Vadier ou Barère, échappent à la déportation et s'exilent). La Convention essaie ainsi de gouverner au centre.

La stabilisation impossible (mai 1795-février 1796)

Alors que le pays est gagné par un royalisme diffus, les partisans de la monarchie sont paradoxalement renforcés par l'annonce de la mort en prison du jeune Louis XVII, le 8 juin 1795. Le comte de Provence devient Louis XVIII, et surtout les émigrés obtiennent de représenter légitimement la monarchie française, ce qu'ils n'avaient pas pu réussir jusque-là. Cependant, Louis XVIII met aussitôt son pouvoir à l'épreuve en lançant une proclamation depuis Vérone, qui préconise le retour à la monarchie absolue, présente la Révolution comme la trahison du devoir divin et fait de Louis XVI un martyr. Il prend le contre-pied des royalistes modérés qui estiment possible d'opérer le retour à la monarchie par des élections et s'oppose ainsi à Mallet du Pan, qui recommandait l'amnistie et le pardon.

De leur côté, les Conventionnels proposent une sortie de la Révolution en élaborant une nouvelle Constitution, adoptée le 22 août 1795 (5 fructidor an III), qui s'appuie sur les citoyens propriétaires et introduit la notion de « devoirs » à côté des « droits » de la Déclaration initiale. Ils rétablissent le suffrage censitaire, instaurent le bicamérisme (Conseil des Cinq-Cents et Conseil des Anciens) et confient le pouvoir exécutif à un Directoire de cinq membres, soit un système qui interdit, théoriquement, le retour aux pratiques extraordinaires de la Terreur et garantit les principes libéraux. Par référendum, le pays approuve cette Constitution, affaiblissant d'autant la position des royalistes, alors que certains États étrangers abandonnent la lutte : la Prusse le 5 avril, la Hollande le 16 mai, l'Espagne le 22 juillet signent des traités de paix avec la France, laissant en guerre l'Autriche, la Russie et l'Angleterre.

Malgré ce changement dans les forces en présence, une expédition militaire est menée le 27 juin 1795, à Quiberon, où la flotte britannique débarque deux divisions commandées par le comte émigré d'Hervilly et le chef chouan, ancien fédéraliste, Puisaye ; ces hommes sont rejoints par quinze mille chouans venus de toute la Bretagne. Après des victoires faciles, ces troupes hétéroclites (elles rassemblent des émigrés et des soldats français sortis des pontons anglais), affaiblies par les rivalités entre leurs chefs (d'Hervilly représente les princes, Puisaye la contre-révolution modérée) et par la méfiance entre émigrés et chouans, sont assiégées, puis écrasées par Hoche (20-21 juillet 1795), qui ne dispose pourtant que de moyens limités et entretient de mauvais rapports avec la population bretonne. Les « blancs » perdent entre huit cents et mille deux cents soldats, morts au combat ou noyés, alors que plus de six mille autres sont faits prisonniers. Dans une visée tactique – détacher les royalistes français des émigrés –, plus de deux mille chouans capturés sont libérés, puis plus de trois mille autres sont acquittés, tandis que sept cent cinquante prisonniers, dont six cent vingt-huit émigrés, sont condamnés à mort et exécutés, causant un grave traumatisme dans l'émigration. La répression conduite pour partie par Tallien lui permet de se démarquer du courant royaliste, dont il s'était rapproché.

Le sort du régime se joue cependant à Paris. Les Thermidoriens avaient imposé, en août, que les deux tiers des députés issus de la Convention soient repris. Contre ce décret dit des deux tiers, une campagne de presse très virulente se déclenche, notamment à Paris. L'affrontement entre royalistes et républicains se produit enfin le 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795) pour décider du sort du pays. Certes, vingt-cinq mille personnes composent les rangs royalistes, mais huit mille seulement attaquent les Tuileries ; en face, Barras dispose de six mille hommes disciplinés ainsi que de l'artillerie commandée par Bonaparte, qui empêche toute arrivée de renforts royalistes. Si deux cents à trois cents morts sont dénombrés de chaque côté à la fin de la journée, les Conventionnels gardent malgré tout le pouvoir. Pour préserver le compromis politicien entre droite et républicains, la répression demeure limitée, mais les villes sont dirigées par les représentants républicains, qui chassent les muscadins et réinstallent une politique républicaine. L'armée vient de sauver le régime une nouvelle fois, après la répression des insurrections populaires.

Lors des élections, qui ont lieu du 12 au 21 octobre, cent cinquante-huit députés monarchistes, essentiellement des libéraux, sont élus. Le succès royaliste, même inefficace politiquement, est indéniable, et il montre que de très nombreuses régions françaises (tout l'Ouest, la vallée du Rhône et la bordure orientale du Massif central) constituent des bastions de droite.

L'épisode de Quiberon a marqué la reprise de la guerre dans les campagnes de l'Ouest. Les chouans ont montré qu'ils avaient gardé leur force mobilisatrice, ils reprennent ensuite leur politique de terreur dans les campagnes et gardent des liens étroits avec l'Angleterre ; au sud de la Loire, Charette reprend les hostilités et est intronisé lieutenant général du royaume par Louis XVIII. Les républicains sont harcelés ainsi durant tout l'hiver 1795-1796, d'autant que Stofflet rejoint ses amis politiques et que Puisaye fédère toutes les armées contre-révolutionnaires, celle de Cadoudal exceptée, pour mettre sur pied une grande opération militaire. Pourtant, l'équilibre des forces penche peu à peu en faveur des républicains, ne serait-ce que parce que l'objectif contre-révolutionnaire est dorénavant politique et que l'élan populaire de 1793 manque, les effectifs des troupes chouannes annoncés par les chefs n'existant souvent que sur le papier.

Hoche adopte une politique de fermeté envers les chefs et de conciliation envers les ruraux, limite la chouannerie et isole les chefs vendéens. Il est aidé involontairement par le comte d'Artois, qui, après un mois passé sur l'île d'Yeu, refuse de commander les armées de Charette. Celui-ci, capturé en mars 1796, est fusillé le 29. Stofflet, victime d'une trahison, a été pris et fusillé à Angers, le 25 février 1796. Les principaux chefs royalistes de l'Ouest se soumettent ensuite. Restent de petites insurrections, au sud de la Sarthe, dans le bas Berry et le Sancerrois, immédiatement réprimées au printemps de 1796. La situation politique est rétablie au profit du nouveau régime, même si le Sud-Est garde son organisation contre-révolutionnaire, autour du comte de Précy, qui supervise une armée royaliste de l'intérieur, divisée en dix compagnies. La contre-révolution politique n'arrive plus à capter à son profit le mécontentement populaire.

La course au pouvoir (1796-1798)

À partir de 1795, le pays s'engage dans une réorganisation générale. Un système scolaire pyramidal est installé : les départements sont dotés d'écoles centrales (24 février 1795), elles-mêmes chapeautées par les grandes écoles créées l'année précédente (de santé, des arts et métiers, des travaux publics – future polytechnique – et normale), et enfin par l'Institut national (25 octobre 1795), qui couronne le tout. L'ensemble s'inscrit dans une vision libérale et rationnelle, mais ne s'adresse qu'aux minorités urbaines favorisées. La réorganisation du système sanitaire va dans le même sens, réinstaurant les hospices civils et les hôpitaux, mais sans leur redonner leurs propriétés perdues, ce qui ne leur permet pas de faire face à la montée de la misère, conséquence d'une réorganisation économique qui passe par un assainissement drastique.

L'assignat a perdu toute valeur, et les impôts ne rentrent plus. Par la loi du 18 mars 1796, les assignats sont remplacés par les mandats territoriaux qui sont eux-mêmes démonétisés un an plus tard (4 février 1797), entraînant le Directoire dans des opérations financières complexes : emprunt auprès du bey d'Alger ou de commerçants allemands ; avances des fournisseurs militaires ; tractations scandaleuses avec la Compagnie Dijon, qui avance des fonds à la fin de 1796. Les rentiers sont ruinés, et les spéculateurs favorisés. L'économie est désorganisée, même si l'année 1796 voit le retour de bonnes récoltes, permettant la relance de l'industrie et du commerce. Le résultat le plus manifeste est l'accroissement des écarts sociaux, ce qui démoralise les groupes populaires.

Dans ce contexte, les anciens Jacobins se regroupent, notamment autour de Gracchus Babeuf qui, après avoir contribué, avec d'autres, à enraciner la légende antirobespierriste, reconstitue un parti « plébéien », pour lequel il écrit un manifeste (le Manifeste des plébéiens, 30 novembre 1795) réclamant l'égalité sociale. Il crée ainsi un « comité insurrecteur », appelé aussi Directoire secret de salut public, en liaison avec les démocrates du club du Panthéon. En avril 1796, un parti politique prend forme, mais la police, qui a infiltré le mouvement, arrête Babeuf le 10 mai 1796. Ses partisans, manipulés par la police, tentent de soulever l'armée contre le Directoire les 9 et 10 septembre (complot militaire du camp de Grenelle). La conjonction des deux affaires, qui sera qualifiée de conjuration des Égaux, permet de réprimer violemment la gauche républicaine, et Babeuf est fusillé le 27 mai 1797. Le centre et les monarchistes constitutionnels peuvent alors se retrouver autour de Carnot en excluant les extrêmes, puisque, face au Directoire qui est perçu comme une force de stabilité, la contre-révolution apparaît comme une nouvelle révolution et non plus comme un retour à l'ordre.

Ainsi, alors que la contre-révolution armée semble sans avenir, Louis XVIII, qui réside à Vérone, est contraint de fuir vers l'est, pourchassé par les troupes françaises, qui sont victorieuses des combats contre Autrichiens et Russes. Profitant de cette situation, les modérés organisent un groupe de pression, le club de Clichy, animé par le député Dandré. Ce club, qui attire beaucoup de révolutionnaires modérés et séduit Carnot, couvre des activités plus contre-révolutionnaires autour d'un « comité secret », qui a pour but de quadriller tout le pays. La place tenue par les conspirateurs et les « réseaux de correspondance » qui mêlent renseignement et action politique, est devenue considérable à cette époque, marquant une différence importante avec les pratiques politiques antérieures. Le principal réseau lié à Louis XVIII est l'agence de Souabe, qui s'appuie sur les contre-révolutionnaires Précy, Imbert-Colomès, attire à elle le général Pichegru et agite l'Est et le Sud-Est. Artois dirige plutôt des réseaux qui contrôlent l'Ouest et les chouanneries. De son côté, l'infatigable conspirateur d'Antraigues organise son propre système entre l'Italie et l'Espagne.

Enfin l'agence de Paris (dite aussi la Manufacture), dirigée par Lemaître jusqu'à l'été de 1795 et par les abbés Brottier et La Marre ensuite, demeure partagée entre le roi et son frère ; aidée par l'Angleterre, elle dispose de tout un réseau d'espions et de correspondants, qui échangent lettres, argent et informations, et diffusent les nouvelles royalistes. Pour gagner l'opinion publique avant les élections de l'an V, la Manufacture fonde, durant l'été de 1796, les Amis de l'ordre. Ces associations légales masquent des activistes clandestins qui forment un noyau dur, le parti des Fidèles (plus tard les Fils légitimes). Celui-ci prépare le retour à la monarchie par une activité secrète, et est très efficace dans le Sud-Ouest notamment. Dans l'Ouest, la chouannerie demeure une force potentielle, rejointe par de jeunes nobles qui viennent encadrer les ruraux mécontents.

Le débat intellectuel est redevenu vif, entre les partisans libéraux du Directoire, tel Benjamin Constant, et les tenants de la monarchie, comme Mallet du Pan ; dans le même temps, la guerre se poursuit contre l'Angleterre – la France envoie, en décembre 1796, une expédition sous le commandement de Hoche en Irlande – et contre l'Autriche, dont les armées sont attaquées victorieusement en Italie, à partir d'avril 1796, par le jeune général Bonaparte, commandant en chef de l'armée d'Italie depuis le 2 mars. Celui-ci mène une guerre de conquête qui repousse les Autrichiens dans le Tyrol, au point de contraindre l'empereur à signer des « préliminaires » de paix à Leoben, le 18 avril 1797, puis le 18 octobre 1797 la paix au traité de Campoformio. Les succès militaires de Bonaparte assurent des rentrées d'argent au Directoire, mais son indépendance montre la faiblesse du régime, à la merci d'un coup de force. La preuve en est donnée lorsque les royalistes échouent de justesse, en janvier 1797, à contrôler l'État. Louis XVIII, qui ne voulait pas accéder au pouvoir par la voie électorale, a d'abord soutenu les tentatives de complot des chefs chouans, sarthois et normand, Guyon de Rochecotte et Frotté, mais en vain. En mars 1797, les royalistes obtiennent, à nouveau, avec trois cent trente députés, un succès électoral important, qui leur donne la prééminence dans les deux assemblées ; la présidence des Cinq-Cents va au général Pichegru, passé au royalisme, et celle des Anciens à Barbé-Marbois, tandis que l'ancien ambassadeur Barthélemy est désigné comme cinquième directeur face à trois directeurs républicains, Barras, Reubell et La Révellière-Lépeaux, avec Carnot au centre. Mais leurs divisions leur interdisent de s'emparer du pouvoir. Les républicains, soudés autour des trois directeurs et effrayés par l'ampleur du mouvement contre-révolutionnaire, organisent un coup d'État, le 4 septembre (18 fructidor an V), avec l'appui de l'armée d'Italie, commandée par Bonaparte qui a envoyé son adjoint Augereau à Paris. Cinquante-trois députés et les directeurs Barthélemy et Carnot sont destitués et envoyés en déportation – ce dernier, averti, réussit à se cacher. Au total, en comptant les députés dont l'élection est cassée, les Conseils perdent cent soixante-dix-sept députés.

La position du Directoire est donc confortée in extremis par la répression qu'il dirige contre tous ses adversaires (royalistes, émigrés, prêtres). La lutte contre l'Église reprend, y compris contre l'Église constitutionnelle. Même le culte révolutionnaire de la théophilanthropie, lancé au début de 1797 par le directeur La Révellière-Lépeaux, se heurte à l'anticléricalisme de ses collègues, qui déportent les prêtres réfractaires, surtout en Belgique (assujettie aux lois françaises et jusque-là peu soumise à la répression) et instaurent un culte décadaire (4 août 1798), marqué par des cérémonies civiques les jours du décadi – jour de repos qui remplace le dimanche au terme d'une décade. Cependant, ces tentatives butent sur la résistance du catholicisme dans toutes les couches sociales.

Dans ce mouvement de balancier qui amène le Directoire à se défendre contre ses adversaires à gauche et à droite, l'année 1798 le met dans l'obligation de s'éloigner à nouveau des néo-Jacobins, qui ont profité du coup d'État du 18 fructidor et qui ont pu reconstituer leurs clubs. Des mesures administratives sont prises contre eux lors des élections (loi du 22 floréal an VI, 11 mai 1798), autorisant les Conseils à choisir entre deux élus en cas de double désignation. Dans la moitié des départements, des Jacobins sont ainsi « floréalisés », c'est-à-dire élus et refusés ; mais si les oppositions sont contenues par ces artifices, le régime est complètement discrédité, alors que la crise économique est à nouveau menaçante, que le déficit est galopant, que la corruption de certains ministres est avérée. Le tout débouche sur une banqueroute de l'État (30 septembre 1797), qui ampute la dette nationale des deux tiers. L'État réinstalle les octrois, invente de nouveaux impôts, sur les portes et les fenêtres (24 novembre 1798), et les fait recouvrer par la gendarmerie, renouant ainsi avec les usages de la monarchie ! Si les contre-révolutionnaires marquent le pas au niveau national, l'agitation royaliste renaît pourtant dans la vallée du Rhône et dans l'Ouest, les feuilles royalistes ont retrouvé un public, et les penseurs de la contre-révolution sont désormais reconnus. La menace royaliste pèse d'autant plus qu'elle est liée à la reprise de la guerre.

La guerre européenne et Brumaire (1797-1799)

Par la paix de Campoformio, qui accorde la Lombardie et la Belgique à la France, l'Autriche reconnaît les « républiques sœurs », cisalpine et ligurienne, dans le nord de l'Italie. Bonaparte garde les îles ioniennes, laissant Venise à l'Autriche. La conquête militaire se poursuit en Italie, les États du pape et le royaume de Naples deviennent respectivement la République romaine (février 1798) et la République parthénopéenne (janvier 1799), de la même manière que la Suisse est transformée en République helvétique (février 1798) et la Hollande en République batave (janvier 1798). Ces prises de possession sont rendues possibles par les « patriotes » locaux qui adhèrent au projet révolutionnaire, mais elles nécessitent rapidement la force pour être garanties contre les multiples mécontentements, sociaux, nationalistes et religieux, que l'occupation française suscite dans tous ces États. Les troupes françaises sont ainsi contraintes de se défendre sur tous les fronts, d'autant que l'Angleterre profite de la situation pour renforcer la guerre de course sur mer, où elle est régulièrement victorieuse. En outre, pendant cette guerre maritime, les corsaires français adoptent une tactique si peu prudente envers les neutres que la France et les États-Unis sont dans un état de quasi-guerre. À Saint-Domingue cependant, les Français chassent les Anglais et les Espagnols, avec l‘aide de Toussaint Louverture, mais celui-ci proclamera rapidement l'indépendance de l'île.

L'Angleterre reste l'ennemi le plus dangereux. Directement contre elle, le Directoire envoie une seconde expédition, qui échoue en octobre 1798, pour essayer d'envahir l'Irlande, dont le catholicisme permet d'espérer un soulèvement contre les envahisseurs anglais. Également pour affaiblir l'Angleterre, mais indirectement (afin de lui couper la route des Indes), et aussi pour établir sa notoriété en France, Bonaparte entreprend, le 19 mai 1798, une expédition en Égypte. Mais après des succès initiaux (bataille des Pyramides le 21 juillet 1798), qui lui permettent de se poser en libérateur des Égyptiens, son expédition est bloquée à la suite de la destruction de la flotte par l'amiral anglais Nelson à la bataille d'Aboukir (1er août) et de la contre-attaque terrestre des Turcs. Les Français se trouvent ainsi en difficulté partout, d'autant que l'assassinat des plénipotentiaires français à Rastadt, le 28 avril 1799, où se menaient des négociations avec l'Autriche et la Prusse, prélude à la reprise générale des combats, menée par une nouvelle coalition, dans laquelle la Turquie rejoint l'Angleterre, l'Autriche, la Russie et Naples. En Belgique, une brutale et rapide « guerre des paysans » doit être réprimée ; en Suisse, les ruraux catholiques des cantons les plus anciens mènent une guerre d'embuscade ; en Calabre, des insurgés dirigés, au nom de la « vraie foi » par le cardinal Ruffo chassent progressivement les Français (de février à juillet 1799), qui perdent Naples, assiégée sur mer par l'amiral Nelson ; dans toute l'Italie, insurrections et coups de main tiennent en alerte les troupes. En Hollande, les troupes anglaises débarquent au Helder (27 août 1799), les Russes et les Autrichiens marchent vers la Suisse.

En France même, la contre-révolution renoue avec le brigandage et se réorganise autour d'instituts philanthropiques ayant un « visiteur », nommé par le roi. Chaque visiteur est à la tête d'un des quatre arrondissements du Midi et contrôle un système clandestin pyramidal. La noblesse a repris en main la contre-révolution, et des contacts sont noués avec les souverains étrangers pour organiser une grande offensive concertée. Cet effort débouche sur une agitation de bandes plus ou moins indépendantes, dans l'Ouest où de l'argent, des armes et des émigrés sont débarqués par des bateaux anglais, dans le Bordelais et tout le Sud-Ouest, enfin dans la vallée du Rhône, où un brigandage « chouan » s'installe, qui durera jusqu'en 1800. L'offensive générale est décidée pour septembre 1799, alors que l'armée française marque le pas. Mais la coordination des soulèvements n'étant pas correctement assurée, l'attaque de Toulouse, administrée par les Jacobins, les 5 et 6 août 1799 est un fiasco ; si les insurgés soulèvent la campagne, ils sont défaits le 20 août à Montréjeau, laissant derrière eux plusieurs milliers de morts.

Le général Brune repousse le débarquement anglo-russe en Hollande en septembre-octobre, obligeant les Anglo-Russes à l'évacuer le 18 octobre (capitulation d'Alkmaar) ; le coup de main anglais sur Ostende échoue ; les armées russe et autrichienne sont repoussées à Zurich du 25 au 27 septembre par Masséna ; dans la seconde quinzaine d'octobre, les armées royalistes investissent pour une nuit les principales villes de l'Ouest (Le Mans, Nantes...), mais n'empêchent pas les armées républicaines de garder le contrôle de la région. Entre novembre 1799 et février 1800, les chouans sont obligés de se soumettre, tandis que, pour faire un exemple, Frotté est fusillé. La guerre se termine dans de filandreuses négociations. Son effet le plus immédiat aura été de faire réapparaître des revendications jacobines, contribuant ainsi au coup d'État des 18 et 19 brumaire.

En mai 1799, à la succession de l'un des directeurs est proposé Sieyès, hostile aux institutions existantes et partisan de réformes. Une révolution de palais chasse les trois directeurs encore attachés à la Constitution pour les remplacer par des proches de Sieyès, en prairial an VII (juin 1799). Celui-ci pense que seul un coup d'État peut entraîner la modification de la Constitution. Il a besoin de l'armée et profite du retour en France de Bonaparte, le 9 octobre 1799, qui a abandonné son armée en Égypte pour saisir les opportunités politiques. Le 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), par une succession de manipulations, les Conseils quittent Paris pour Saint-Cloud, pendant que l'exécutif démissionne. Le 19 brumaire, Bonaparte, protégé par ses hommes et aidé par son frère Lucien, président du Conseil des Cinq-Cents, chasse les députés et prend le pouvoir. Le Directoire est remplacé par un exécutif de trois membres, les « consuls ». Bonaparte est le premier d'entre eux.

Un bilan complexe

Le pays sort transformé de la Révolution ; la brutalité des mutations et le brassage des populations ont cimenté son unité autour des idées politiques, des symboles et des souvenirs qui créent les conditions de la vie française du siècle suivant.

Arbre de la Liberté, Lesueur, 1790

Arbre de la Liberté, Lesueur, 1790

photographie

Incorporé à la symbolique révolutionnaire, l'arbre de mai, issu du folklore paysan, devient arbre de la Liberté. Gouache de Lesueur. Collection Bidault de l'Isle. Musée Carnavalet, Paris. 

Crédits : E. Lessing/ AKG

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L'hémorragie résultant des tueries, des émigrations et des guerres paraît compensée par le maintien de la croissance démographique après 1795 – sauf dans certaines régions –, aidée par la forte proportion de jeunes. Les femmes ont peu profité de cette décennie : exclues de tout suffrage, considérées comme politiquement et socialement mineures, elles ont en outre souffert des guerres civiles et extérieures. Les avantages qui seront apportés ultérieurement par les lois ne compensent pas les inconvénients provoqués dans l'immédiat, et notamment le recul de leur statut ordinaire dans la communauté. Le clergé a été très durement affecté, et ses propriétés ont disparu ; la noblesse est, paradoxalement, devenue un milieu fermé, distinct du reste de la société, mais elle n'a pas perdu tout pouvoir économique, et a même parfois renforcé son prestige ; enfin, la bourgeoisie – ensemble très hétérogène – s'est renforcée et diversifiée, économiquement et politiquement. Les paysans ont traversé la période de façon très inégale : une minorité d'entre eux sort enrichie et capable d'intervenir dans les échanges commerciaux, mais le sort de la majorité a peu changé ; il est même aggravé par la liberté d'entreprendre (qui crée des tensions autour des biens communaux) et par l'égalité successorale. Ces innovations rompent les solidarités communautaires et familiales. Globalement, l'expérience monétaire (remplacement du numéraire par le papier-monnaie) a apuré l'endettement de l'État, au prix du malheur des plus pauvres et des rentiers.

La dimension politique marque toutes les activités culturelles, qui se diversifient prodigieusement et connaissent une large diffusion dans les années 1789 à 1792, puisque toutes les censures ont disparu ; par la suite, elles seront progressivement rétablies. Tous les arts sont, à un moment ou un autre, mobilisés dans les luttes, si bien que les destructions importantes effectuées dans le domaine culturel doivent être mises en parallèle avec la réaction de conservation qui s'est manifestée et avec les créations qui renouvellent tous les domaines. L'opinion publique est désormais organisée autour de nombreux symboles politiques (la division droite-gauche, le souvenir de « journées » et de « martyrs »...). Elle s'exprime au travers d'un langage consacré (les mots « aristocrates » ou « girondins » en sont de bons exemples). Incontestablement, c'est elle la grande gagnante de la période. Elle permet de comprendre l'importance que prendront ensuite la presse et les ouvrages politiques dans le pays ; elle explique la persistance d'une culture politique forte, qui fait l'originalité culturelle française depuis deux siècles et qui puise dans l'expérience révolutionnaire des objectifs pour l'avenir politique du pays : par exemple, le projet démocratique de la Constitution de l'an I, jamais appliquée, l'abolition de l'esclavage, l'institution du volontariat dans l'armée. La Révolution provoque aussi, paradoxalement, un renouveau de la pensée religieuse, hostile aux Lumières, prélude au dynamisme de l'Église au xixe siècle. Enfin, les régions, l'Ouest et le Midi notamment, pourront dorénavant lire leur histoire dans la suite de cet ensemble et dans le rappel des souvenirs.

En définitive, la Révolution lègue le moment de la construction de la nation, dans les combats politiques, dans l'exclusion des opposants, autour d'une idée messianique identifiée au sort des habitants du pays. L'identité entre nation et République se noue ainsi, transformant la France en pays de la Liberté, attribuant à l'armée nationale un rôle libérateur, qui favorise l'essor du sentiment national. L'épopée napoléonienne exploitera cette disposition et consolidera la position sociale des profiteurs de la Révolution. Les souvenirs qui naîtront de cette décennie permettront que l'idée républicaine, débarrassée des excès de la violence terroriste, renaisse et constitue les fondements de la IIIe République après une succession d'échecs institutionnels.

Historiographie

La révolution comme catastrophe providentielle

Le fait que les ruptures provoquées par la Révolution française aient été analysées en même temps qu'elles furent vécues, donne à l'épisode une urgence inhabituelle, amène à donner au concept de révolution son sens actuel de mutation brutale, globale et difficilement réversible, et entraîne un bouleversement dans la manière de penser de l'histoire. Les protagonistes (et avec eux les observateurs contemporains), nourris de littérature grecque et latine qui leur a donné le sens tragique de la destinée humaine, élevés dans les controverses politiques et philosophiques, ont été conduits à donner à leurs actes un sens visant à l'universel. La novation de la Révolution française, telle qu'elle est comprise par les contemporains, tient à cette vision, autant qu'à la brutalité des événements eux-mêmes ; ailleurs, des conflits de nature proche, mais survenus dans d'autres climats intellectuels, n'ont pas entraîné autant de bouleversements dans la perception de l'histoire du monde. La particularité de l'historiographie de la Révolution française tient de cette conjonction.

Dans cette perspective, les discours des principaux protagonistes participent d'une réflexion politique qui s'élabore peu à peu, au fil des événements, et qui écrit l'histoire aussitôt qu'elle est vécue. Quelques-uns, cependant, ont eu en outre le temps, souvent lors de moments dramatiques, de tirer des leçons de leur expérience. Les textes de Barnave (Introduction à la Révolution française) ou de Condorcet, ou encore les Mémoires de Mme Roland illustrent cet effort qui traverse la période, puisque, au-delà des polémiques, les circonstances rencontrées sont, pour ces trois auteurs, l'occasion de réfléchir sur les principes du devenir de l'humanité.

Pourtant, ces œuvres, connues tardivement pour la majorité d'entre elles, ont moins d'importance dans l'immédiat et lors des premières décennies du xixe siècle que les productions du courant contre-révolutionnaire, qui marquent profondément l'opinion, rapidement incapable de comprendre la violence qui a cours en France. Pour lever cette incompréhension, ses auteurs multiplient, dès 1789-1790, les livres afin de dévoiler et de dénoncer ce qui leur semble contenu dans les inventions du nouveau régime. Au sein d'une production abondante se distingue Le Patriote véridique ou Discours sur les vraies causes de la Révolution, de l'abbé Barruel, qui présente la Révolution comme une punition voulue par Dieu, causée par la démission des élites face aux « philosophes » ; le livre inaugure, en outre, la thèse du complot, qui sera réaffirmée en 1798 par le même auteur dans ses Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, expliquant toute la Révolution par l'action des sociétés secrètes.

Il ne faudrait pas comprendre ce type de publications seulement comme le résultat inévitable, et un peu vain, de lectures partisanes des événements. Tout un système de pensée se crée alors ; il aura un avenir durable, repérable encore en notre fin de xxe siècle et répondant toujours à une interrogation collective. D'autres auteurs apportent des réponses plus mesurées, mais tout aussi critiques sur la Révolution, comme Mallet du Pan, dans ses Considérations sur la nature de la Révolution de France (1793). Un exemple exceptionnel est apporté par le livre d'Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution française, publié dès octobre 1790 à Londres. S'il relève d'abord des polémiques internes à l'Angleterre nées autour de la Révolution, qui sont entretenues par des auteurs aussi importants que Mary Wollstonecraft, Joseph Priestley, Thomas Paine, James Mackintosh ou William Godwin, cet ouvrage trouve un écho considérable en Europe et marque durablement les Français, car il pose deux questions essentielles, qui restent encore en débat. Comment une société peut-elle engager un changement volontariste par rapport à ses propres traditions ? Comment comprendre l'emploi de la violence pour une fin politique ? Sur ces deux points, Burke est le premier à proposer un refus argumenté de l'ensemble du processus : il prévoit dès 1790 que la violence ne peut qu'empirer si le volontarisme entend une ligne politique née de l'abstraction idéologique. Dans l'immédiat, Burke n'arrive pas à influencer son propre gouvernement à propos de la politique à mener envers la France. Cependant, il devient aussitôt la figure de proue de tout un courant contre-révolutionnaire européen et, surtout, il oblige tous les penseurs et les historiens à répondre à ces questions.

Par la suite, dans l'ensemble francophone, les Lettres à un ami ou Considérations politiques et religieuses sur la Révolution française de Saint-Martin et surtout les Considérations sur la France de Joseph de Maistre, parues en 1796-1797, trouvent également de nombreux lecteurs. Ces ouvrages lient la Révolution à la volonté divine ; pour Maistre, elle deviendra, paradoxalement, une épreuve « miraculeusement mauvaise ». Ainsi, il estime possible qu'elle puisse donner naissance à un régime qui insisterait sur les devoirs de l'homme et rétablirait les droits de Dieu, qu'elle soit non seulement une contre-révolution mais bien le contraire d'une révolution. Le renversement de perspective est complet, intégrant la Révolution, malgré elle, dans l'histoire de France pour renouer la chaîne des temps.

Nouvelles perspectives

Contre cette pensée providentialiste, illustrée également par Louis Ambroise de Bonald (Théorie du pouvoir politique et religieux dans la société civile, 1796) et, après la Restauration, par Pierre Simon Ballanche, qui entendent tous deux tirer aussi une leçon religieuse de l'époque révolutionnaire, l'école libérale voit le jour, née des interrogations entraînées par les mutations sociales. Sous le Directoire, Benjamin Constant a été le premier à ouvrir cette voie qui reconnaît l'aspect libérateur de la Révolution tout en rejetant la nécessité du passage par la dictature ou par la Terreur. Cette pensée, qui refuse tout fatalisme comme toute fonctionnalité à la violence, échoue cependant à rendre compte de la situation des années 1795-1799, puisque le régime ballotte entre les coups d'État, hésitant entre le retour au jacobinisme et la tentation de la monarchie modérée. Par la suite, cette lecture de l'histoire, qui désacralise la compréhension du monde et rend nécessaire le débat politique, est combattue tout autant par le Consulat et l'Empire, qui s'inventent une légitimité inédite et n'autorisent pas de débat politique, que par la Restauration, qui laisse proliférer, tout en s'en inquiétant, une littérature hagiographique et militante. Si bien que la volonté de justifier un régime tempéré, à l'anglaise, et les propositions pour terminer la Révolution, toutes idées que Mme de Staël défend par la suite dans son ouvrage posthume, Considérations sur les principaux événements de la Révolution (1818), demeurent sans écho immédiat.

Cependant, la condamnation de la période entretenue pendant la Restauration fait long feu, parce que la publication des Mémoires des acteurs de la Révolution est entreprise, donnant la parole aux représentants des différents courants, ce qui relativise les dénonciations proférées par les auteurs se réclamant d'une interprétation providentialiste et favorise une lecture historique des faits. En outre, le rappel des réussites nationales pendant les années révolutionnaires et impériales, ainsi que l'urgence de trouver des solutions politiques aux problèmes sociaux qui se posent dans une société où l'argent fonde dorénavant les hiérarchies, obligent à reconsidérer l'héritage révolutionnaire, qui devient le terrain d'expérimentation d'où pourront émerger des concepts politiques utiles.

Inscrite dans ce courant libéral, la figure de François Guizot se distingue de l'ensemble des auteurs qui réfléchissent sur le sujet. De l'expérience révolutionnaire, il reconnaît la force des courants antagonistes et propose pour l'avenir une régulation raisonnable des conflits en permettant que se constitue une représentation nationale contrôlée, qui canaliserait l'énergie politique tout en évitant les radicalisations et les violences. Participant du même mouvement d'ouverture, les vulgarisations historiques qu'Auguste Mignet (Histoire de la Révolution française, 1824) et Adolphe Thiers (Histoire de la Révolution française, 1823-1828) donnent de la Révolution humanisent les Montagnards par la grâce du récit, et offrent par conséquent aux couches sociales bourgeoises la possibilité d'intervenir dans un débat politique balisé. Tous ces livres achèvent de laïciser l'interprétation de la Révolution et diversifient les approches historiennes au moment où la révolution de 1830 fait naître de nouveaux espoirs et de nouvelles alliances.

L'histoire de la Révolution apparaît alors pour l'opinion cultivée comme un moment métonymique de toute l'histoire du pays et du monde, si bien qu'elle est étudiée par de nombreux acteurs de la vie politique, chacun cherchant à démontrer la justesse de ses propositions pour l'avenir au travers de ses analyses du passé : L'Histoire parlementaire de la Révolution française de Buchez et Roux (1834-1838), y trouve les raisons de défendre un socialisme catholique ; L'Histoire de la Révolution française de Louis Blanc (1847-1862), la religion civile de la fraternité ; l'Histoire des Girondins de Lamartine (1847), une révolution éclairée par les élites ; l'Histoire de la Révolution française de Jules Michelet (1847-1853), une communauté nationale et populaire, mystique et anticléricale, tandis que La Révolution d'Edgar Quinet (1865) entend retrouver la possibilité de faire renaître le pacte social.

Ces œuvres, ainsi que d'autres moins connues, illustrent l'intensité des débats dans lesquels leurs auteurs sont engagés et attestent l'acceptation par une partie de l'opinion de l'idée d'une révolution modérée face au bloc réactionnaire. Leur objectif commun, au-delà de leurs profondes divergences, est d'ordonner les faits pour justifier une orientation philosophique et politique cohérente autour de l'impossible réconciliation entre liberté et fraternité. Michelet symbolise ce moment historiographique autant par sa prose poétique, son engagement pour la révolution fraternelle et son refus de la violence que par sa dénonciation du cléricalisme et de l'autorité, mais aussi par son exaltation d'un esprit « français », qui font de lui à la fois un esprit partisan et universel. Dans l'immédiat, les grandes controverses du tournant du siècle qui portent sur la nature de la Terreur, et dans le prolongement, sur la nature de la future démocratie française, divisent la gauche et imposent de chercher de nouveaux fondements à la compréhension du passé. Les combats qui agitent les rangs républicains et révolutionnaires pendant les années du second Empire provoquent un déplacement des admirations, la figure de Danton supplantant celle de Robespierre pour les historiens et les vulgarisateurs ; tandis que les révolutionnaires « libertaires », comme Auguste Blanqui, condamnent les « séminaristes rouges », que sont, à leurs yeux, les Jacobins et leur chef Robespierre, au profit des hébertistes.

Les œillères idéologiques sont déterminantes, bien que, depuis les années 1820, les historiens professionnels s'affirment peu à peu ; les années 1840 voient leur place se consolider, même si Michelet, historien et archiviste de profession, illustre les ambiguïtés de leur position. Il écrit une histoire tellement engagée que ses passions influencent sa lecture des archives. Cependant, l'érudition s'impose progressivement et réussit à limiter l'invective, ce dont témoigne de façon exemplaire l'ouvrage inachevé, L'Ancien Régime et la Révolution, d'Alexis de Tocqueville (1856), homme politique et observateur attentif de son temps. Sa méditation méthodologique déplace l'attention en insistant sur le caractère inéluctable de l'évolution des sociétés et oblige à réfléchir sur les moyens d'intervention politique.

Alexis de Tocqueville (1805-1859)

Alexis de Tocqueville (1805-1859)

photographie

Théodore Chassériau, Alexis Charles Henri Clérel de Tocqueville. 1850. Huile sur toile. 163 cm X 130 cm. Musée national du Château et des Trianons, Versailles. 

Crédits : Istituto Geografico De Agostini

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À côté de ces études, l'histoire de la Révolution française permet à Marx, relisant Hegel, de voir dans l'échec français la possibilité de critiquer l'illusion du politique et d'imaginer dans la révolution sociale les voies de la liberté ; Balzac, aux sympathies monarchistes, y lit le moment de la création du monde moderne, dorénavant dirigé par l'argent, et ses romans sont l'occasion d'une méditation désabusée et caustique ; le mouvement romantique – par réaction à l'égard de ce passé dont la gloire est inaccessible et dont les souvenirs sont terribles – réhabilite le passé français antérieur à la Révolution et, pour une part, exalte l'épopée contre-révolutionnaire, à commencer par la Vendée mêlée à la chouannerie exotique. Les leçons tirées de la Révolution française sont ainsi totalement ouvertes.

Affirmation de l'histoire et violence des passions

« L'année terrible », 1871, bouleverse la donne ; la Commune apparaît comme une trahison des idéaux de fraternité à beaucoup qui en avaient été les fervents défenseurs jusque-là, au point que des auteurs républicains se rangent parmi les Versaillais ou que Michelet, désarçonné par le tour imprévu des événements, devient muet. Le choc amène Victor Hugo, qui incarne alors la figure respectable de l'ancêtre républicain, après avoir été adepte de la cause vendéenne dans sa jeunesse et intéressé par la chouannerie dans sa maturité, à relire la Terreur dans Quatrevingt-Treize (1874) pour stigmatiser l'impasse dans laquelle la violence des guerres civiles a conduit le pays.

La lecture de la Révolution est renouvelée par la recomposition du paysage intellectuel et par les mutations survenues dans la vie politique. Apparaissent en effet de nouvelles forces politiques (liées aux classes moyennes) et de nouvelles formes d'interrogation du social, marquées par la peur des foules et par l'approche scientifique inspirée du positivisme. De ce nouvel équilibre témoignent Les Origines de la France contemporaine (1875-1893) d'Hippolyte Taine parues dans le contexte du traumatisme laissé par la guerre franco-prussienne et par la Commune, mais son observation, qui se veut clinique, se réalise sur un mode dénonciateur. La rigueur de la méthode prônée par l'auteur lui-même est ainsi démentie par une écriture polémique : les anecdotes justifient la condamnation de la mystique révolutionnaire et renvoient aussi à un discours pessimiste sur l'humanité ; la présentation complaisante de la violence et des luttes entre révolutionnaires donne cependant l'image d'une révolution d'autant plus incompréhensible que ses adversaires contre-révolutionnaires sont peu présents dans le récit.

Ce type d'ouvrage est violemment critiqué par l'histoire universitaire, qui trouve alors sa place dans la société française avec l'assurance qu'elle tire de ses méthodes et de son cursus. Son meilleur représentant est Alphonse Aulard, premier titulaire de la chaire d'histoire de la révolution à la Sorbonne, à partir de 1886. Il crée véritablement le courant historiographique universitaire qui, d'une part, se voue à l'érudition critique et à la publication des archives, tout en se dévouant, d'autre part, à la pédagogie républicaine. Les a priori qui en découlent influencent la description laïque et anticléricale qui est donnée de la Révolution, présentée comme fondatrice de l'unité nationale dans un mouvement rassemblant tous les courants révolutionnaires, hormis les sans-culottes. Les circonstances qui prévalent en 1793 expliquent la Terreur, et la réussite nationale en excuse les errements. La volonté de corseter l'histoire de la Révolution dans le cadre universitaire est manifeste, ainsi que le désir de faire de la Révolution l'introduction au « monde contemporain » que la IIIe République organise victorieusement dans le même temps. L'érudition y gagne de façon importante, puisque ces recherches méthodiques lèguent d'innombrables publications de textes, à commencer par celles des Archives parlementaires. Cependant, le travail érudit ne se départit jamais de ses aspects idéologiques, comme en témoigne la prodigieuse somme de Charles Louis Chassin, Études documentaires sur la Révolution française (onze volumes, 1891-1900), consacrée aux guerres de l'Ouest et de la Vendée, qui défend la République contre les royalistes et les catholiques, en dénonçant toutefois les exactions terroristes commises par les suppôts de Robespierre dans la région.

L'époque n'est donc pas à la sérénité, les célébrations républicaines étant accompagnées d'œuvres littéraires et artistiques empreintes de parti pris ; il en est de même des célébrations contre-révolutionnaires, ainsi que des tableaux et des monuments qui rappellent les pires aspects de l'histoire de la Révolution. Alors que le romantisme avait puisé des thèmes dans les épisodes révolutionnaires surtout en fonction de leur densité tragique, les artistes de la fin du siècle s'intéressent explicitement aux dimensions politiques et partisanes des faits qu'ils traitent. Le personnage de Bara, enfant martyr de 1793, devient ainsi une des figures récurrentes du panthéon républicain ; l'exaltation du sacrifice du peuple vendéen, catholique et royaliste, lui répond en écho. Cependant, c'est moins pour défendre une idée politique que pour exploiter le sang et la violence qui font le succès de tant de journaux de l'époque que, nouveaux venus dans ce champ clos, les romans populaires s'engouffrent dans l'histoire de la Révolution. La littérature à tonalité contre-révolutionnaire y trouve certes plus aisément son compte, dénonçant la guillotine et les terroristes, et contrebalançant au sein des familles la leçon républicaine désormais dispensée dans les écoles – du moins avant que les évêques et les mouvements de droite ne défendent l'école catholique et ne soutiennent les manuels dénonciateurs de la Révolution qui y auront cours pendant plusieurs décennies. Plus que le lycée, ouvert aux débats d'idées, l'école primaire devient le terrain de prédilection de ce combat autour des origines de la nation, dont les grands acteurs (Marceau ou La Rochejaquelein selon les manuels et les idéologies qui les sous-tendent) sont proposés comme exemples et modèles aux enfants. Les lectures politiques de l'histoire de la Révolution sont donc toujours prédominantes dans la société française, comme en témoigne, en 1891, la boutade célèbre de Clemenceau assurant que « la Révolution est un bloc », pour répondre à la pièce de Victorien Sardou, Thermidor.

La querelle gauche-droite s'installe ainsi dans une opposition entre universitaires d'un côté, écrivains et publicistes de l'autre ; elle se double d'une querelle de méthode, si bien que les témoignages et les souvenirs, mais aussi les approches plus philosophiques et comparatives, sont de moins en moins acceptés par l'Université, soucieuse de vérifications archivistiques et dispensatrice de récits, donnés pour vrais. Au tournant du siècle, la contestation vient pourtant de la gauche socialiste : avec l'Histoire socialiste de la Révolution française (1901-1904), de Jean Jaurès ; celui-ci réinstalle l'histoire de la Révolution dans le cours de l'histoire universelle, mais lui assigne une vocation pragmatique à l'intention des prolétaires désireux de prendre le pouvoir. La critique de gauche au sein de l'Université est incarnée par Albert Mathiez (La Révolution française, 1922-1927), qui joint à sa lutte personnelle contre le maître Aulard une interprétation inspirée du marxisme, même si son adhésion au mouvement communiste demeure très limitée. Mathiez, qui fait la part belle à Robespierre et aux demandes sociales, est le premier en France à penser le rapprochement entre Révolution française et révolution bolchevique et à justifier la Terreur par la nécessité politique.

Les rivalités universitaires vont continuer à déchirer les historiens professionnels, au moins jusqu'à l'installation de Georges Lefebvre à la Sorbonne (1937), qui tout à la fois consacre l'approche sociale marxisante et aborde les domaines inédits que sont l'étude de la paysannerie et des imaginaires sociaux. En opposition avec cette sensibilité, l'Académie française et les écrivains de droite donnent de la Révolution une image totalement différente. La critique fondamentale vient de Maurras et du cercle de l'Action française, qui réhabilitent la contre-révolution et relèvent les lacunes du jugement de l'école universitaire. Le jeune Augustin Cochin, montrant à l'œuvre la machine jacobine qui quadrille la société française, inaugure une critique que le xxe siècle retiendra d'autant plus facilement qu'il peut y trouver un lien avec la recherche des causes du collectivisme. La mesure du désaccord entre les deux univers de pensée que plus rien ne relie est donnée, à droite, par la vulgarisation érudite de Georges Lenotre, comme par la synthèse de Pierre Gaxotte, La Révolution française, parue en 1928, dont la dénonciation argumentée s'appuie sur le rapprochement accusateur entre Révolution française et révolution bolchevique. Au même moment, les écoles historiques américaines ou russes ouvrent des voies nouvelles dans l'interprétation des faits, s'affranchissant définitivement des pratiques françaises.

L'éclatement des traditions nées de la Révolution est manifeste au moment du Front populaire et du cent cinquantenaire, lorsque socialistes et communistes s'engagent dans des commémorations différentes. La nécessité de refaire l'union nationale dans l'esprit de la Révolution est mieux exprimée par le cinéma avec, notamment, La Marseillaise de Jean Renoir (1937), que par l'histoire scientifique.

Une école et ses opposants

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, qui a vu l'État français brûler les livres de Georges Lefebvre et fêter les victimes de la Vendée, tandis que la Résistance se rattachait volontiers au nationalisme révolutionnaire, l'histoire de la Révolution française consacre les grandes figures de l'érudition militante de gauche que sont Ernest Labrousse (pour sa Crise de l'économie française à la fin de l'Ancien Régime et au début de la Révolution, 1944) et surtout Georges Lefebvre, titulaire de la chaire parisienne. La Révolution française, spécifique au pays, doit donc être comprise au travers d'inlassables dépouillements d'archives dans une optique résolument économique et sociale, sur fond de marxisme. Cette école, dont Albert Soboul prendra la tête par la suite, va diffuser durablement son enseignement, mais se trouve mêlée à de nouvelles luttes historiographiques. L'opposition de droite, affaiblie après 1945, est toujours menée par Gaxotte, académicien, lu hors de l'Université, tandis que celle de gauche est menée par Daniel Guérin, socialiste libertaire, qui marie ses opinions avec une défense des « bras nus », qu'il estime avoir été frustrés de leur révolution par les Jacobins « bourgeois » (La Lutte de classes sous la Première République. Bourgeois et « bras nus » [1793-1797], paru en 1946). La longue querelle qui en découle n'a pas été stérile ; elle a entraîné l'historiographie à étudier les classes populaires urbaines et leur représentation politique. Albert Soboul en fait le sujet de sa thèse Les Sans-Culottes parisiens en l'an II. Mouvement populaire et gouvernement révolutionnaire. 2 juin 1793-9 thermidor an II, parue en 1958.

Les révisions importantes de l'historiographie française viennent cependant de l'étranger, notamment des Anglo-Saxons, qui pratiquent des approches comparatistes inhabituelles en France ; en outre, ils s'intéressent aux racines du totalitarisme, ont le souci de réexaminer les catégories sociales et sont engagés dans une perspective mondialiste. Mais l'emprise de l'école universitaire française est telle que les critiques des oppositions consacrées entre bourgeoisie et noblesse faites par l'historien anglais Alfred Cobban (Le Sens de la Révolution française, 1955 ; 1963 pour la version française) sont dans un premier temps marginalisées en France, où elles ne réapparaissent, avec vigueur, que dans les années 1970 ; les accusations que porte John L. Talmon contre la Révolution, vue comme une des matrices du totalitarisme (The Origins of Totalitarian Democracy, 1952), et celles de Hannah Arendt, au terme d'une comparaison entre révolutions américaine et française (Essai sur la révolution, 1967), restent également en dehors du débat français jusque dans les années 1980 ; en revanche, la théorie d'une révolution atlantique, dans laquelle s'inscrirait la Révolution française, prend forme avec Jacques Godechot et Robert Palmer en 1955 et secoue l'univers des historiens de la Révolution, car elle met en cause la spécificité de la Révolution française. Jacques Godechot, pourtant déjà reconnu pour ses travaux érudits et ses synthèses, est accusé, dans ces années de guerre froide, de vouloir lier l'histoire française à celle de l'O.T.A.N. et est taxé de « révisionnisme ». Sa longue carrière lui permettra par la suite de nuancer sa thèse en insistant sur le nationalisme français et de montrer aussi la réalité internationale de la contre-révolution. La querelle s'apaise ensuite, mais elle annonce la remise en cause du modèle socio-économique de l'orthodoxie française en même temps qu'elle illustre la violence des anathèmes.

Les années 1960 et 1970 voient la prééminence de l'œuvre d'Albert Soboul et de ses élèves, tandis que l'historiographie anglo-saxonne alimente une dissidence, méthodologique et politique, que relaie François Furet en France, depuis la VIe section de l'École pratique des hautes études, qui deviendra en 1975 l'École des hautes études en sciences sociales. Le livre destiné au grand public que François Furet signe avec Denis Richet, en 1965-1966, La Révolution française, fait alors figure de provocation, venant de deux historiens étrangers au monde des historiens de la Révolution française et insistant sur les « dérapages » de la Révolution, qui en expliqueraient les excès. Une longue polémique en résulte, qui oppose des institutions (l'E.P.H.E. à la Sorbonne) et des revues (les Annales. Économies. Sociétés. Civilisations, aux Annales historiques de la Révolution française), et qui souligne surtout l'incompatibilité entre les méthodes. La remise en cause de l'historiographie « classique », qui aurait contribué à la création d'une « vulgate » et d'un « catéchisme révolutionnaire », telle que Furet la met en œuvre en 1978, dans son Penser la Révolution française, est un tournant fondamental, puisque la polémique déborde rapidement le cadre strictement universitaire, renouant avec les pratiques de la fin du xixe siècle. François Furet remet en cause toutes les habitudes historiographiques, obligeant à reconsidérer les explications données pour assurées, entraînant un renouvellement des points de vue et des objets mêmes de l'histoire. Les livres de Furet sont d'autant mieux accueillis par le public cultivé qu'ils rencontrent des sensibilités formées par les débats iconoclastes des années 1968-1970, notamment autour des « nouveaux philosophes » et des critiques du marxisme.

Les explications fondées sur l'économique et le social sont mises à mal, et la dimension politique (au sens le plus large du terme) devient l'horizon de la réflexion. Cette ouverture, qui suscite en réaction la reprise de travaux d'érudition classique, permet aussi que l'étude des structures imaginaires soit relancée, dans la lignée de La Grande Peur de 1789, de Georges Lefebvre, qui n'avait pas eu de suite ; elle conduit à une approche des mentalités révolutionnaires, dont Michel Vovelle se fera le spécialiste, ou à une étude des langages employés pendant la période. Mais l'essentiel n'est pas là. La Révolution française est devenue, à nouveau, un objet de débats universels, puisque la démonstration de François Furet est le moyen de mettre en accusation une tradition historiographique fondée sur le marxisme, tout en oubliant d'autres historiens ; elle inscrit la Révolution parmi les mouvements politiques responsables de la naissance du totalitarisme, le mot désignant, dans ce contexte, le Goulag soviétique autant que les camps nazis. La vigoureuse dénonciation du Goulag par Alexandre Soljenitsyne devient une affaire franco-française au moment où Michel Foucault assure que la période révolutionnaire a organisé la société grâce à la diffusion des structures de pouvoirs dressant les individus.

Un bicentenaire paradoxal

Cette remise en cause des systèmes de pensée explique que les années 1980 aient été ensuite l'occasion d'un chassé-croisé historique et commémoratif inédit et surprenant. Les attaques ne viennent pas seulement de l'extrême droite institutionnelle, elles viennent aussi de l'Université, qui prend parti ouvertement contre l'historiographie dominante en inaugurant, derrière Pierre Chaunu et Jean Tulard, un courant contre-révolutionnaire universitaire. Les dénonciations des exactions révolutionnaires deviennent des lieux communs, mettant en avant les tribunaux révolutionnaires ou le prétendu « génocide vendéen », en passant par les massacres de Septembre..., ainsi les principales zones d'ombre de la Révolution sont-elles brutalement éclairées. L'Université, l'Institut, des partis politiques, des journaux et des revues de droite réinvestissent ainsi un espace qu'ils avaient perdu depuis un siècle, recomposant le paysage intellectuel français. Le cœur de la contestation de la Révolution tient cependant dans l'affirmation que 1789 contient 1793 en germe, si bien que dès 1788 le changement politique serait déjà effectué, le discours révolutionnaire n'étant plus là que pour justifier la violence. Avec moins d'éclat et sans ces a priori, d'autres approches s'imposent dans ce champ historiographique à nouveau ouvert : l'historiographie anglo-saxonne trouve un vulgarisateur, en la personne de Jacques Solé (La Révolution en questions, 1988), l'histoire culturelle renouvelle totalement les perspectives avec Roger Chartier (Les Origines culturelles de la Révolution française, 1988), tandis que les principales œuvres des critiques anglais et américains sont traduites en français, permettant que Donald M. G Sutherland (Révolution et contre-révolution en France : 1789-1815, paru en 1991), Keith Baker (Au tribunal de l'opinion, 1993), Colin Lucas (La Structure de la Terreur, 1990), et Timothy Tackett (La Révolution, l'Église, la France, 1986) soient enfin accessibles au lecteur français, qui peut ainsi bénéficier d'approches très diverses.

Ce contexte explique en partie la complexité de la célébration du bicentenaire de la Révolution. Fêté sous un gouvernement socialiste, dont les intentions prudentes réduisent essentiellement l'héritage aux droits de l'homme en s'interdisant de revendiquer les traditions sociales ou même nationales, le bicentenaire de la Révolution aurait pu être le moment, pour le pays qui a inauguré l'universalité révolutionnaire, d'une grande exaltation ; l'effondrement des pays « socialistes » de l'Europe de l'Est et la brutale répression en Chine semblèrent donner raison aux contempteurs de la Révolution française qui en faisaient le prototype de la révolution en général et l'accusaient d'être responsable de tous les totalitarismes et de tous leurs excès, de Staline à Pol Pot. Les polémiques n'empêchent pourtant ni le succès équivoque du défilé réglé par Jean-Paul Goude à Paris, ni surtout le grand nombre de manifestations quasi traditionnelles qui célèbrent les acquis républicains et révolutionnaires, attestant qu'à côté – voire hors – des débats intellectuels, et malgré la perte totale de significations politiques dans certaines régions françaises, des traditions de pensée se maintiennent dans un certain nombre de groupes et de lieux.

La permanence des pratiques commémoratives républicaines, et antirépublicaines dans un certain nombre de cas, permet de penser que les engagements militants, pro et contra, sont demeurés vivaces. La Révolution continue de figurer dans les consciences françaises comme un répertoire d'idées-forces ; le cinéma de fiction en témoigne abondamment, n'hésitant pas à puiser dans les épisodes de la Terreur, de la mort du roi ou de la Vendée des scénarios, le plus souvent critiques sur le cours même de la Révolution. Les références historiques ne correspondent peut-être plus aux modes de pensée actuels, mais elles n'ont pas disparu de la mémoire du pays.

Un dynamisme éclaté, des orientations discordantes

Le bilan historiographique est malgré tout difficile à établir. Certes, les annuaires de la Bibliographie française enregistrent annuellement plusieurs milliers de références, attestant que la Révolution française demeure un des terrains privilégiés des chercheurs, qui constituent, dans l'ombre, des savoirs indispensables aux synthèses à venir ; pour autant, l'historiographie est toujours dominée quantitativement par les travaux consacrés aux épisodes locaux et régionaux, pour lesquels les traditions d'érudition restent de mise, ainsi que par les prises de positions idéologiques, même si les travaux universitaires comptent de plus en plus dans ces analyses locales, ce qui devrait changer les perspectives dans l'avenir.

L'école dirigée par Albert Soboul, qui affirmait que l'étude de l'histoire de la Révolution française devait être une spécialité en soi, dont le cœur battait au rythme de l'histoire quantitative fondée sur l'économie et le social, qui était établie sur l'étude des rapports de forces entre classes bien définies et qui considérait l'événement « Révolution française » comme une promesse inachevée, donnant le sens d'une histoire à faire autant qu'à écrire, cette école donc n'est pas restée inactive. Michel Vovelle, successeur d'Albert Soboul à la Sorbonne, ses proches et ses élèves ont renouvelé le champ d'étude, s'ouvrant à l'histoire des mentalités, de l'image, des rapports au corps, de l'analyse des discours... en même temps que des études classiques sont reprises.

Reste que les études sur la société du xviiie siècle menées par Arlette Farge, Jacques Revel, Roger Chartier ou par Robert Darnton et Daniel Roche, comme celles qui ont été menées à partir de la période révolutionnaire sur le xixe et le xxe siècle par Mona Ozouf, Bronislaw Bazcko, Claude Nicolet, Gérard Gengembre ou Jean-Clément Martin ont ouvert l'analyse de la Révolution française, naguère réservée à des spécialistes, ont diversifié les approches et ont fait admettre la nécessité des comparaisons. L'innovation capitale reste certainement l'importance reconnue à la culture politique, en tant que dimension explicative, comme l'ont montré les travaux de François Furet, Keith Baker, Mona Ozouf et Colin Lucas. Le temps des rejets, sinon celui des anathèmes, semble cependant révolu, permettant que des interactions s'établissent entre toutes les lectures de la Révolution.

Le legs accepté de la Révolution consisterait alors, plutôt qu'en des leçons, en des apories politiques autour d'affrontements entre pouvoirs législatif et exécutif, autour de la sacralisation de la loi, autour de l'exclusion des opposants, autour de la pratique commémorative.... L'importance de ces questions confirme l'intérêt de l'étude de la Révolution française, notamment lorsqu'elle est mise en perspective avec les autres révolutions. L'ouverture de la recherche à toutes les interrogations semble désormais irréversible. Le refus, surtout, des principes idéologiques permet d'écrire une histoire qui restitue la part de l'imprévu, de l'accidentel, en la liant aux cadres conceptuels en amont et aux fixations mémorielles en aval.

—  Jean-Clément MARTIN

La caricature, une arme politique

L'image satirique de l'époque révolutionnaire a été étudiée, dès 1792, par Boyer de Nîmes, à la fois juge et partie – il était éditeur d'un journal et monarchiste – dans son Histoire des caricatures de la révolte des Français, peu de temps avant de monter sur l'échafaud ; puis Arsène Alexandre lui a accordé une place dans son Histoire de la caricature (1892) ; enfin, André Blum publia La Caricature révolutionnaire en 1916.

Ces caricatures disent à l'envi l'importance accordée à l'événement politique et social et non aux exigences de l'art. Elles sont toutes anonymes, à l'exception de deux œuvres commandées par la Convention à Jacques Louis David. On chercherait en vain, parmi toutes ces réalisations, les traces d'un fil conducteur qui mènerait à la révélation d'une œuvre. Il s'agit, de toute évidence, d'estampes réalisées au coup par coup, en fonction des besoins de l'actualité. Rien de comparable avec l'Angleterre qui avait déjà donné un Hogarth (1697-1764) et voyait s'épanouir le talent d'un Rowlanson (1756-1827) et d'un Gillray (1754-1815), ce dernier bâtissant d'ailleurs une vaste fresque antirévolutionnaire d'une étonnante férocité aux dépens de la France. Bien que la « manière anglaise » soit particulièrement appréciée des amateurs français, elle ne fit pas école parmi les créateurs d'images satiriques.

Si 1789 est la date reconnue pour marquer le début de la production d'estampes révolutionnaires – mais quelques signes précurseurs sont visibles dès 1780 –, il y a désaccord sur la durée de la période à envisager. Se termine-t-elle en 1799, c'est-à-dire au moment du coup d'État de Brumaire ? ou plutôt en 1792, à la suite du décret du 21 juillet prévoyant des poursuites contre les auteurs de libelles et caricatures ? Ou encore la gravure révolutionnaire s'arrête-t-elle avec les caricatures commandées à David en 1793-1794 car « ce moment précis [...] la satire quitte le domaine du commerce pour rejoindre celui du discours d'État ». L'image satirique a en effet partie liée avec le commerce. Mais cette constatation s'applique à l'ensemble de la production gravée : la fabrication de « multiples » – gravure sur bois, eau-forte, pointe sèche – a toujours été associée à la volonté de créer, en marge de la peinture et pour un plus vaste marché d'amateurs, une source de profit. On peut dire qu'à cette époque la peinture – »de commande », la plupart du temps – s'achète alors que l'estampe se vend.

Quoi qu'il en soit, à partir de 1792, l'image satirique se fait plus rare et l'allégorie austère se développe, ainsi qu'en témoigne une œuvre post-thermidorienne comme Les Formes acerbes de Jean-Baptiste Marie Louvion.

Du pouvoir de l'estampe

Pendant toute la période révolutionnaire, la place occupée par l'estampe fut considérable. La consultation du Moniteur universel qui reproduit, pour l'essentiel, les discours des intervenants à l'Assemblée est, à cet égard, révélatrice. Elle permet de constater que le genre constitue, avec les arts du spectacle et la littérature, un moyen d'expression hautement apprécié, au point de faire souvent l'objet d'une rubrique spéciale comme en témoigne le texte suivant : « Arts. Gravures. Collection des portraits de MM. les députés de l'Assemblée nationale, qui se sont distingués par leur zèle pour le bien public, dessinés d'après nature, et gravés à la manière anglaise, par M. Vérité. L'auteur, persuadé que ce choix doit faire plaisir à tous les bons citoyens, en continue la suite toujours avec succès. Les portraits qui paraissent jusqu'à présent sont ceux du roi ; de MM. Bailly, Lafayette, Clermont-Tonnerre, Le Chapelier, Matthieu Montmorency, Charles et Alexandre Lameth, Rabaud de Saint-Étienne, Aiguillon, Barnave, Thouret, Camus, Mirabeau l'aîné, Fréteau, Noailles. On y a joint au-dessous un quatrain qui renferme l'éloge et les traits principaux du caractère de ceux qu'ils représentent. Le prix est de 20 sous chaque, en couleurs, et 10 sous en noir. À Paris, chez M. Vérité, graveur, rue des Cordeliers, maison du marchand d'indiennes, no 19 ; et à Bordeaux, chez M. Jogan, marchand d'estampes, rue du Chapeau-Rouge » (jeudi 15 juillet 1790, no 196).

Ce texte, publié un an et un jour après la date symbolique du 14 juillet 1789, et donc au lendemain de la fête de la Fédération, nous renseigne sur plusieurs points importants : sur la personnalité de ceux qui – nobles pour la plupart – avaient atteint à la notoriété ; sur les versions des gravures proposées – en noir ou colorées au pochoir ; sur les prix qui pour ces gravures populaires étaient du même ordre que ceux des images satiriques ; enfin sur les lieux de vente (auxquels il convient d'ajouter la diffusion par colportage). Il est vrai que les œuvres signalées par le Moniteur sont soit des portraits, soit des oeuvres commémoratives. Il n'importe ; elles témoignent du rôle informateur de l'estampe. Bien qu'elle ne bénéficie pas comme l'image « sérieuse » d'une publicité écrite, l'image satirique jouit d'une faveur au moins égale, en raison de son « langage » plébéien et de son prix qui la rend accessible au plus grand nombre.

De la mise à mort en effigie à la mise à mort réelle

L'estampe révolutionnaire est, dans la quasi-totalité des cas, une feuille volante. Un journal l'accueillera cependant : Les Révolutions de France et de Brabant, lancé dès 1789 par Camille Desmoulins. Ce journal, dont les thèses antiroyalistes étaient en avance sur l'état d'esprit de l'opinion publique et qui n'était donc pas dans la mouvance des gouvernants d'alors, fit une certaine place à l'image satirique. Même lorsqu'elle se montre favorable au nouveau régime, l'image satirique ne bénéficie pas de l'appui de ce dernier. Son ton, son style la font tenir en suspicion. Face à elle, en effet, le pouvoir, quel qu'il soit, prend conscience de sa fragilité. Elle relève en partie de la vente « sous le manteau », elle conserve sa réputation d'œuvre vulgaire, et, si elle est accompagnée d'un commentaire, c'est moins pour satisfaire à des goûts de lecture que pour servir d'argumentaire au colporteur.

Jusqu'à la Révolution, l'imagerie satirique prenait séparément pour cible les pouvoirs qui étaient source d'arbitraire : celui des prêtres, de l'aristocratie, de l'armée... Mais précisément, parce qu'il y a changement de régime, les attaques se font plus cohérentes. Ce qui hier relevait de la condamnation morale et de l'exécution en effigie devient préfiguration d'une mort réelle. Commémoration et portraits d'une part et satire d'autre part s'adressent à des couches sociales distinctes : celle de la petite et moyenne bourgeoisie et celle de la paysannerie et du prolétariat naissant. La bourgeoisie est dotée d'un pouvoir économique et d'une culture qui lui permettent d'entrevoir la possibilité de jouer un rôle politique. Le peuple, écrasé, ne peut, faute de posséder et l'aisance de l'expression orale et l'écriture, trouver d'issue à sa situation que dans le ressassement de ses griefs et dans la violence. Or l'image satirique est ressassement et violence d'expression, c'est-à-dire pauvreté des codes et inscription stéréotypée des signes de la richesse, de l'obscurantisme, de la débauche, dans un espace qui ignore la perspective – l'estampe restant le simple support d'un assemblage d'opinions.

La question se pose, en effet, de savoir si nous sommes ou non à l'époque révolutionnaire en présence de caricatures.

Rien dans la plupart de ces images ne rappelle le genre né en Italie sous le crayon d'Annibal Carrache et de Bernin, et qui se situait dans un rapport d'opposition avec les canons de la beauté. Cette perception d'une caricature distincte de l'image satirique, nous la devons à Ernst Gombrich et à Ernst Kris. Or satire, caricature, humour, sans forcément s'exclure, constituent des genres d'expression différents. De toute évidence, s'il y a des thèmes propres à la Révolution française – celui de la mise en cause de la monarchie, en particulier –, ceux-ci sont traités d'une façon qui s'apparente aux gravures satiriques produites depuis la Réforme. Les gravures nées pendant la Révolution française sont, comme les libelles, des productions politiques et polémiques.

Images haïes, images vénérées

La pensée révolutionnaire, dans la mesure où elle met en avant des valeurs associées à l'idée de mouvement, assume face aux formes existantes une position agressive et « virile », mais, pour être efficace, celle-ci doit s'incarner dans des images. Les idées doivent prendre corps dans les allégories dotées d'un pouvoir de séduction. Or le cheminement de la pensée révolutionnaire passe par des images dominantes presque toujours féminines. Il est intéressant de suivre les vicissitudes de ces images, depuis celle d'une Marie-Antoinette, honnie, jusqu'à celles, exaltées, des valeurs républicaines. Avant la Révolution, la reine apparaît comme le maillon faible de l'Ancien Régime. Elle est très tôt exclue de l'estime des Français ; les bruits les plus affreux courent sur elle : on la représente, bien avant 1789, dans des postures érotiques, hétérosexuelles et homosexuelles. D'une certaine manière, elle rendra service à la royauté en détournant sur elle les erreurs commises par le roi et son entourage, et... par elle-même. Autrichienne, elle est par excellence l'« autre », l'« étrangère ». Élevée au rang de « grande prostituée », elle incarne la confusion : celle des langues, celle des mœurs. Elle n'est pas « sujet » ; elle est objet et se donne à tous, sauf au peuple. Objet de désirs refoulés, elle devient objet d'opprobre. On peut également se demander si elle n'assume pas dans l'opinion publique l'héritage des favorites du règne précédent. Femme liée à la chair, elle assume le rôle de la « mauvaise femme ».

Une fois cette image abattue, les grandes allégories peuvent apparaître dans toute leur pureté. Liberté, Égalité, Fraternité, Justice, Fédération, Unité et aussi Vertu et Terreur... On dirait que sous cette suite de vocables qui font image (et qui sont tous, il faut le souligner, des noms féminins) – dans l'estampe et le discours – chemine un déterminisme implacable, tendu vers la « perfection du bonheur » qu'appelait Saint-Just. C'est ainsi que des idées phares, libératrices, se trouvent comme divinisées et que le culte qui leur est rendu devient sanglant. Et ces divinités font passer les hommes qui les portent au pinacle, de l'état de sujet de la République à celui d'objet, et exigent d'eux des sacrifices pour entretenir leur existence abstraite. Dans cette situation d'exclusion, l'image satirique constitue un danger. Il n'est, en effet, plus de symbole, plus de posture qui ne puisse être, à un moment ou à un autre, suspecté, selon l'humeur du censeur, de subversion – car la représentation même de l'« ennemi intérieur » laisse supposer que ce dernier peut encore exister. C'est pour cette raison que Jacques Louis David dirige ses coups contre l'ennemi extérieur afin que soit, à l'avance, évacuées toutes les significations qui pourraient parasiter ses œuvres (par exemple Gouvernement anglois, représenté sous les traits d'un diable écorché vif et accaparant les richesses du royaume). Il existe peu d'images aussi verrouillées que les siennes seules, peut-être, les images alchimiques opposent un tel barrage au non-initié, mais, alors que ces dernières tiennent le langage à distance, David, pour prévenir les interprétations erronées, place des explications écrites dans chaque caricature. Même la scatologie est pour lui convention ; elle est employée littéralement comme représentation d'un rejet sans appel de l'étranger. Le corps étranger qui, avec Marie-Antoinette, était dans la nation est mis définitivement dehors.

La caricature, un genre à venir

Ce qui est demandé à David, c'est de mettre de l'ordre dans un domaine qui, par définition, en est dépourvu. Compte tenu de l'austérité du néo-classicisme dont il est le représentant le plus éminent, David ne peut concevoir une « satire », une « caricature » dont le point de référence serait l'art, la beauté... Il ne peut admettre un seul instant une forme d'expression qui risquerait de porter atteinte aux images héroïques, sacrées, qu'il est chargé de mettre en scène. Si ces caricatures sont « verrouillées », c'est parce que sa peinture l'est d'abord. Il ne « charge » donc pas : il minimise, il rapetisse... il étouffe le pouvoir de la satire.

Il existe certes une image satirique révolutionnaire étroitement liée aux grands affrontements idéologiques, aux événements propres à cette période, mais elle reste une forme d'expression sans auteur responsable. L'exercice de la caricature dans le plein sens du terme va de pair avec la capacité d'un sujet à s'engager dans une continuité critique narrative. Il tend à créer des personnages, des types. Ainsi en a-t-il été de Hogarth et de ses fresques morales ; ainsi en sera-t-il plus tard, lors de la véritable naissance de la caricature française, avec le Robert Macaire de Daumier, le Monsieur Prudhomme de Henri Monnier, le Mayeux de Traviès... Des événements politiques violents, le développement de la grande presse, associés à une relation de complémentarité et d'opposition avec les valeurs esthétiques du temps, ont permis la constitution au xixe siècle d'une véritable caricature française.

—  Marc THIVOLET

Bibliographie

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Issu d'une famille provençale noble, Barras entre dans l'armée à seize ans, fait campagne aux Indes puis sous les ordres de Suffren, et donne sa démission à la fin de la guerre d'Indépendance. Suivent quelques années plus indolentes qu'actives, d'où il émerge inopinément comme député du Var à la Convention. Il y siège à la Montagne, vote la mort de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/paul-barras/#i_3768

BERNIS FRANÇOIS JOACHIM DE PIERRE cardinal de (1715-1794)

  • Écrit par 
  • Louis TRENARD
  •  • 483 mots

Issu d'une famille noble et pauvre du Vivarais, François Joachim de Pierre de Bernis s'oriente vers la carrière ecclésiastique. Chanoine de Brioude, puis comte de Lyon, il se rend à Paris en 1735. Ecclésiastique sans bénéfice, homme de lettres galant (surnommé « Babet la bouquetière » par Voltaire), il ne peut rien obtenir de Fleury, mais il attend […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/francois-joachim-de-bernis/#i_3768

BERTIER DE SAUVIGNY LOUIS BÉNIGNE FRANÇOIS (1737-1789)

  • Écrit par 
  • Guillaume de BERTHIER DE SAUVIGNY
  •  • 286 mots

Maître des requêtes en 1763, Louis Bertier de Sauvigny devient l'adjoint de son père, Louis Jean, qui avait été nommé intendant de la généralité de Paris en 1744, et il lui succède, en 1771, lorsque Louis Jean est appelé par Louis XV à la présidence du parlement Maupeou. Sous […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-benigne-francois-bertier-de-sauvigny/#i_3768

BIENS NATIONAUX

  • Écrit par 
  • Pierre DUPARC
  •  • 962 mots

Les propriétés de l'Église et des contre-révolutionnaires qui ont été saisies, nationalisées et vendues lors de la Révolution française forment les biens nationaux. La nature et l'importance de ces biens sont variables comme le sont les motifs de l'opération. En témoigne la série des lois et décrets qui régissent les biens […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/biens-nationaux/#i_3768

BILLAUD-VARENNE JEAN NICOLAS (1756-1819)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 507 mots

Le Rectiligne, disait-on de ce révolutionnaire auquel sa rigidité et son caractère implacable ont donné une place particulière dans l'histoire de la Convention et du Comité de salut public. Fils d'un avocat au siège présidial de La Rochelle, avocat lui-même, auteur dramatique manqué, professeur laïque au collège des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-nicolas-billaud-varenne/#i_3768

BOISSY D'ANGLAS FRANÇOIS ANTOINE (1756-1826) comte d'Empire (1808)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 379 mots

Avocat au parlement de Paris et maître d'hôtel du comte de Provence avant la Révolution, Boissy d'Anglas siège à la Constituante parmi les Constitutionnels modérés ; député à la Convention, il vote contre la mort de Louis XVI et reste toujours le même modéré ; suivant ses goûts, chacun peut le dire insignifiant comme les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/francois-antoine-boissy-d-anglas/#i_3768

BONALD LOUIS-AMBROISE DE (1754-1840)

  • Écrit par 
  • Colette CAPITAN PETER
  •  • 892 mots

Louis-Ambroise de Bonald est, dans l'Europe de la Révolution française, avec Joseph de Maistre, le principal représentant de la pensée contre-révolutionnaire. Moins brillantes que celles de Maistre, ses œuvres sont également moins bien connues ; Bonald doit sans aucun doute […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-ambroise-de-bonald/#i_3768

BONNET PHRYGIEN ou BONNET ROUGE

  • Écrit par 
  • Hervé PINOTEAU
  •  • 791 mots

Coiffure de diverses formes, portée d'abord par les Phrygiens, le bonnet qui porte le nom de ce peuple devint signe d'affranchissement à Rome, mais la mise du pileus sur la tête de l'esclave affranchi n'était qu'un aspect accessoire de la cérémonie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bonnet-phrygien-bonnet-rouge/#i_3768

BOURGEOISIE

  • Écrit par 
  • Pierre SALY
  •  • 1 980 mots

Dans le chapitre « De la notion au concept : vers une vision marxiste de la bourgeoisie »  : […] est pas sans surprendre, dans la mesure où ils attribuent au commerce une importance considérable. C'est la période brûlante de la Révolution française qui fait de la bourgeoisie une catégorie conceptuelle. Dans son Introduction à la Révolution française, écrite en 1793, Antoine Barnave, un des maîtres à penser de la bourgeoise Gironde, montre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bourgeoisie/#i_3768

BOURGEOISIE FRANÇAISE

  • Écrit par 
  • Régine PERNOUD
  • , Universalis
  •  • 7 675 mots

Dans le chapitre « L'avènement politique de la bourgeoisie »  : […] À une dizaine d'exceptions près, les six cents députés du Tiers aux États généraux appartiennent à la moyenne ou petite robe ou à la bourgeoisie des négociants, propriétaires terriens et membres des professions libérales. La plupart des heurts révolutionnaires représentent l'affrontement entre la bourgeoisie d'affaires ( […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bourgeoisie-francaise/#i_3768

BRETAGNE

  • Écrit par 
  • Léon FLEURIOT, 
  • Jean MEYER, 
  • Jean OLLIVRO
  •  • 6 672 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Remous de la grande histoire »  : […] Une conjonction de facteurs, les uns favorables et dynamiques, les autres hostiles, explique la violence des soubresauts de la période révolutionnaire. Le club breton est à l'origine du club des Jacobins, la jeunesse de Rennes et de Nantes participe largement aux événements prérévolutionnaires, les cahiers de doléances […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bretagne/#i_3768

BRISSOT DE WARVILLE JACQUES PIERRE BRISSOT dit (1754-1793)

  • Écrit par 
  • Roger DUFRAISSE
  •  • 628 mots

Sous la Législative, « brissoter » voulait dire « intriguer », voire « voler ». Cela situe assez bien le personnage de Brissot. Pour Jaurès, il fut le « médiocre Méphistophélès de la Gironde », « un esprit remuant et brouillon, plein d'une haute idée de lui-même ». Mme Roland avait été plus indulgente : « Gai, naïf, ingénu, il est fait pour vivre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/brissot-de-warville/#i_3768

BRUNSWICK CHARLES GUILLAUME FERDINAND duc de (1735-1806)

  • Écrit par 
  • Ghislain de DIESBACH
  •  • 416 mots

Prince libéral et cultivé, le duc de Brunswick, qui s'est déjà distingué pendant la guerre de Sept Ans, passe depuis la mort de son oncle, Frédéric II, pour le plus illustre guerrier de son temps. Plus calculateur qu'audacieux, il est, malgré sa vaillance personnelle, de ceux « qui manquent la victoire pour s'être trop préoccupés d'assurer la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-guillaume-ferdinand-brunswick/#i_3768

BUONARROTI PHILIPPE (1761-1837)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 587 mots

Né à Pise d'une noble famille toscane justement fière d'avoir donné au monde Michel-Ange, Philippe Buonarroti fait à l'université de Pise de bonnes études littéraires et juridiques. Fervent admirateur de Rousseau, il publie un journal, Gazetta universale, ce qui le fait attentivement surveiller par la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/philippe-buonarroti/#i_3768

BUZOT FRANÇOIS (1760-1794)

  • Écrit par 
  • Roger DUFRAISSE
  •  • 272 mots

Né dans une famille de gens de justice, Buzot est avocat à Évreux, sa ville natale. En 1789, il rédige le cahier de doléances du bailliage et il est élu député du tiers état. Siégeant à l'extrême gauche et lié à Robespierre, il joue un très grand rôle dans la rédaction de la Déclaration des droits de l'homme, dans celle de la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/francois-buzot/#i_3768

CADOUDAL GEORGES (1771-1804)

  • Écrit par 
  • Jean-Clément MARTIN
  •  • 1 132 mots

Né à Auray (Morbihan), Cadoudal, fils de paysan aisé, qui s'apprêtait à devenir clerc de notaire et avait manifesté dans un premier temps sa sympathie pour les patriotes, va, au nom de la défense de la religion catholique, entrer peu à peu dans l'opposition à la Révolution. Incarcéré une première fois en 1793, il gagne la Vendée dès qu'il est […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-cadoudal/#i_3768

CALENDRIERS

  • Écrit par 
  • Jean-Paul PARISOT
  •  • 9 874 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Calendrier républicain »  : […] François Nazaire Fabre, dit Fabre d'Églantine, auteur dramatique et poète. Très vite après 1789, il était devenu d'usage, dans la presse et sur les monnaies, de nommer l'année autrement que sous l'Ancien Régime : l'an I de la Liberté depuis le 14 juillet 1789, l'an I de l'Égalité depuis le 10 août 1792 et l'an I de la République française depuis le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/calendriers/#i_3768

CAMBACÉRÈS JEAN-JACQUES RÉGIS DE (1753-1824) deuxième consul (1799-1804) archichancelier d'Empire (1804)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 624 mots

Né à Montpellier d'une famille de noblesse de robe, conseiller à la cour des aides de Montpellier en 1774, président du tribunal criminel de l'Hérault en 1790, Cambacérès arrive à Paris, député de son département à la Convention, comme juriste compétent, bon vivant notoire et révolutionnaire prudent ; tel il restera durant […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-jacques-regis-de-cambaceres/#i_3768

CAMBON JOSEPH (1756-1820)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 434 mots

Originaire de Montpellier, issu d'une famille de négociants, de religion réformée, Cambon est élu à l'Assemblée législative par le département de l'Hérault. Il y révèle une connaissance des problèmes financiers qui attire l'attention sur lui. Ne demande-t-il pas un contrôle renforcé de la caisse de l'Extraordinaire et ne souligne-t-il pas les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/joseph-cambon/#i_3768

CAMPOFORMIO PAIX DE (1797)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 379 mots

La première campagne d'Italie de Bonaparte s'achève par la paix de Campoformio. La paix avec l'Autriche aurait tout aussi bien pu être dictée par Hoche, vainqueur des Autrichiens à Neuwied, près de Coblence, le 18 avril 1797. Bonaparte prend de vitesse ses collègues et Vienne préfère traiter avec ce […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/paix-de-campoformio/#i_3768

CARNOT LAZARE NICOLAS MARGUERITE (1753-1823)

  • Écrit par 
  • Jan SEBESTIK
  •  • 1 449 mots
  •  • 1 média

Dans les manuels d'histoire, la grande figure de l'« Organisateur de la victoire » plane, seule respectable, bien au-dessus des figures sanguinaires de la Révolution. Fils d'un avocat et notaire bourguignon, Lazare Carnot fait de bonnes études secondaires à Autun, entre à dix-huit ans à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lazare-nicolas-marguerite-carnot/#i_3768

CARRIER JEAN-BAPTISTE (1756-1794)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 219 mots

Le plus fameux de ceux que Michelet a appelés « les missionnaires de la Terreur ». Fils d'un cultivateur aisé du Cantal, procureur à la veille de la Révolution, Carrier est élu par son département d'origine à la Convention. Il siège à la Montagne, vote la mort du roi, prend parti contre les Girondins. C'est dans sa mission à Nantes qu'il révèle un […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-baptiste-carrier/#i_3768

CENS ÉLECTORAL

  • Écrit par 
  • Guillaume de BERTHIER DE SAUVIGNY
  •  • 341 mots

Avant d'en venir au suffrage universel, la plupart des régimes représentatifs parlementaires modernes, à l'exemple de celui de l'Angleterre, ont attaché d'abord le droit de vote à la possession d'une certaine fortune. Leur justification théorique : seuls les citoyens aisés ont l'instruction nécessaire pour participer au […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cens-electoral/#i_3768

CENSURE

  • Écrit par 
  • Julien DUVAL
  •  • 6 226 mots

Dans le chapitre « L'affirmation de la liberté d'expression »  : […] La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 proclame que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi » (article 10) et que « la libre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/censure/#i_3768

CHAMFORT (1741-1794)

  • Écrit par 
  • Jeannine ETIEMBLE
  •  • 1 804 mots

Dans le chapitre « Le révolutionnaire »  : […] Avec plus de désintéressement et de fermeté que Mirabeau, Chamfort salua et servit une révolution que maintes fois il avait imprudemment, indécemment appelée. Il se dévoua corps et esprit à une action politique qui se proposait d'inverser l'ordre social abusif. Il le fit avec une lucidité, une véhémence, un courage aussi (ne se manifestant vers la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/chamfort/#i_3768

CHANSON

  • Écrit par 
  • Louis-Jean CALVET, 
  • Guy ERISMANN, 
  • Jean-Claude KLEIN
  •  • 7 141 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Romance, air de cour »  : […] Dubout, la blanchisseuse ; Manon Giroux, la couturière ; Jérôme Dubois, le « pécheu ». La Révolution était toute proche. Quand elle éclata, dans l'élan de l'enthousiasme et sous l'influence d'une nouvelle législation, la chanson, comme la musique, servit la cause républicaine. L'esprit des mazarinades rebondissant, avec une maturité politique […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/chanson/#i_3768

CHARETTE DE LA CONTRIE FRANÇOIS DE (1763-1796)

  • Écrit par 
  • Jean-Clément MARTIN
  •  • 583 mots

Charette est incontestablement le chef vendéen le plus connu, et en même temps le plus contesté. Sa courte vie est marquée en effet par des épisodes contradictoires. Après avoir mené une carrière d'officier de marine, et avoir émigré un court laps de temps, il renoue avec sa vie de petit hobereau rural, et refuse d'abord de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/francois-de-charette-de-la-contrie/#i_3768

CHASSE

  • Écrit par 
  • Xavier PATIER
  •  • 7 042 mots

Dans le chapitre « L'encadrement juridique de la chasse »  : […] Dans la nuit du 4 août 1789 est prononcée l'abolition des privilèges. À cette occasion le droit de la chasse connaît une clarification radicale : il est déclaré que « le droit exclusif de chasse est aboli, et le droit rendu à tout propriétaire de détruire ou faire détruire, sur ses possessions seulement, toutes les espèces de gibier sauf à se […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/chasses/#i_3768

CHAUMETTE PIERRE GASPARD dit ANAXAGORAS (1763-1794)

  • Écrit par 
  • Roger DUFRAISSE
  •  • 291 mots

Né à Nevers, Chaumette navigue comme mousse puis comme timonier. Il étudie la médecine à Paris en 1789, puis devient rédacteur aux Révolutions de Paris en 1790. Entré au club des Cordeliers, il s'y fait, comme à la section du Théâtre-Français, le porte-parole des couches les plus déshéritées de la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/chaumette-pierre-gaspard-dit-anaxagoras/#i_3768

CHÉNIER MARIE-JOSEPH (1764-1811)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 448 mots

Né à Constantinople deux ans après son frère André, officier de dragons à dix-sept ans, Marie-Joseph de Chénier démissionne assez vite de l'armée pour se consacrer aux Muses. Après quelques pièces sans aucun succès, il remporte un triomphe à la fin de 1789 en faisant jouer un Charles IX où sa plume de patriote dénonce […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marie-joseph-chenier/#i_3768

CHOUANNERIE

  • Écrit par 
  • Jean-Clément MARTIN
  •  • 1 676 mots

Entre 1794 et 1800, le mot chouannerie désigne une série d'insurrections et de mouvements contre-révolutionnaires qui affectent l'ouest de la France. L'origine de ces chouanneries – on peut en parler au pluriel – est le mécontentement des ruraux devant les mesures politiques et religieuses de la Révolution française prises […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/chouannerie/#i_3768

CHRISTIANISATION

  • Écrit par 
  • Philippe BOUTRY
  •  • 1 387 mots

Dans le chapitre « Déchristianisation, sécularisation, exculturation »  : […] les années 1850, et le terme déchristianisation (1876) se définit à l'origine comme un processus actif, volontaire, issu du lexique révolutionnaire (défanatiser, déprêtriser). Michel Vovelle (Religion et Révolution, la déchristianisation de l'An II, 1976) a imposé l'expression « déchristianisation révolutionnaire » pour décrire […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/christianisation/#i_3768

CI-DEVANT

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 517 mots

L'expression de ci-devant se dit fréquemment au xviie et au xviiie siècle des personnes et des choses dépossédées de leur état ou de leur qualité. Le terme en vint à désigner pendant la Révolution les anciens nobles […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ci-devant/#i_3768

CITÉ-ÉTAT

  • Écrit par 
  • François HARTOG
  •  • 1 345 mots

Dans le chapitre « La cité dans les débats philosophique et politique »  : […] Au xviiie siècle, avec la Révolution française, la notion de cité refait surface. En ces moments de trouble s'opère une repolitisation de l'exemple des Anciens. La figure, sans doute la plus sollicitée, est celle du législateur : on invoque Lycurgue, le législateur mythique de Sparte, ou Numa, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cite-etat/#i_3768

CITOYENNETÉ

  • Écrit par 
  • Dominique SCHNAPPER
  •  • 4 677 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La légitimité politique »  : […] En proclamant la souveraineté du citoyen, les révolutionnaires posaient un principe de transcendance des particularismes. Constitués en « nation », pour reprendre la formule de l'article 3 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, les citoyens cessaient d'être des individus concrets pour agir dans l'espace […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/citoyennete/#i_3768

CLERGÉ CONSTITUTIONNEL

  • Écrit par 
  • Bernard PLONGERON
  •  • 975 mots

Au sens strict, les « constitutionnels » ne comprennent que les fonctionnaires publics ecclésiastiques : évêques, curés et vicaires (décret du 27 nov. 1790) ; prédicateurs (27 mars 1791) ; chapelains et aumôniers d'hôpitaux et de prisons (15-17 avr.). Les « assermentés » englobent les religieux non astreints au serment de 1790 et les ralliés […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/clerge-constitutionnel/#i_3768

CLERGÉ RÉFRACTAIRE

  • Écrit par 
  • Bernard PLONGERON
  •  • 976 mots

L'ensemble des prêtres et évêques qui, sous la Révolution, refusèrent de prêter serment à la Constitution civile du clergé, votée par l'Assemblée constituante le 12 juillet 1790. Étant donné l'imbrication des professions de foi romaine et royaliste, et compte tenu de la vague des rétractations de serment à l'automne de 1791, la situation de prêtre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/clerge-refractaire/#i_3768

CLICHYENS

  • Écrit par 
  • Jean-Clément MARTIN
  •  • 384 mots

À partir de l'automne de 1795, à Paris, des républicains de droite, libéraux conservateurs comme Boissy d'Anglas ou Lanjuinais, et des royalistes modérés, comme Dandré, prennent l'habitude de se réunir dans un club de la rue de Clichy, sur l'initiative du député Gilbert-Desmolières. S'y retrouvent d'anciens Girondins, comme […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/clichyens/#i_3768

CLOOTS JEAN-BAPTISTE dit ANACHARSIS (1755-1794)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 496 mots

L'une des figures les plus curieuses de la Révolution, celle d'un étranger fasciné par les événements français de 1789 à 1794. « Si beaucoup de Français partaient, écrit Michelet, beaucoup d'étrangers venaient ; ils s'associaient de cœur à toutes nos agitations, ils venaient épouser la France. Et dussent-ils y mourir, ils l'aimaient mieux que vivre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cloots-jean-baptiste-dit-anacharsis/#i_3768

COALITION GUERRES DE (1792-1815)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 1 058 mots
  •  • 1 média

Pendant dix années consécutives, de 1792 à 1802, puis pendant douze autres années consécutives, de 1803 à 1815, la France s'est trouvée en guerre avec les principales puissances de l'Europe […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/guerres-de-coalition/#i_3768

CODIFICATION

  • Écrit par 
  • Guy BRAIBANT
  •  • 6 892 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La grande œuvre codificatrice de la Révolution et de l'Empire »  : […] Le mérite des grands codes français du début du xixe siècle est communément attribué au régime impérial et à Napoléon lui-même ; mais ces codes sont aussi, dans une large mesure, le résultat de travaux entamés dès le début de la Révolution […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/codification/#i_3768

COLLOT D'HERBOIS JEAN-MARIE COLLOT dit (1750-1796)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 341 mots

Le nom de Collot d'Herbois ne serait certainement pas passé à la postérité si son titulaire avait limité ses activités au monde théâtral qui fut celui de sa jeunesse. Les quinze pièces qu'il fit jouer sur diverses scènes ont depuis longtemps disparu des répertoires ; quant à son talent d'acteur, il fut, semble-t-il, très discuté. En revanche, la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/collot-d-herbois/#i_3768

COLONIALISME & ANTICOLONIALISME

  • Écrit par 
  • Jean BRUHAT
  •  • 6 480 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Du mercantilisme à la Révolution française »  : […] Durant la Révolution, il ne s'agira pas tant des colonies elles-mêmes que du statut de leurs habitants. Le « Périssent les colonies ! » de Robespierre ne peut être interprété comme l'expression d'un anticolonialisme systématique. C'est la réponse aux défenseurs des colons pour qui l'application aux colonies de la Déclaration des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/colonialisme-et-anticolonialisme/#i_3768

COMMUNE DE PARIS (1792)

  • Écrit par 
  • Jean DÉRENS
  •  • 1 030 mots

Municipalité insurrectionnelle qui siégea à l'Hôtel de Ville de Paris du 10 août au 2 décembre 1792, poussa au renversement de la royauté et à diverses mesures révolutionnaires, avant de s'incliner devant la Convention, nouvellement élue. La Commune de 1792 illustre le rôle de Paris dans les moments […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/commune-de-paris-1792/#i_3768

COMMUNISME - Histoire

  • Écrit par 
  • Annie KRIEGEL
  •  • 13 808 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « Aux origines »  : […] « Liberté, Égalité, Sûreté des propriétés » fut l'une des premières devises jacobines. La Révolution française a vendu les biens du clergé plus qu'elle ne les a nationalisés. Les « accapareurs » qui refusent de vendre si on ne leur garantit pas une plus-value suffisante sont les seuls riches bourgeois que la loi ait […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/communisme-histoire/#i_3768

CONDORCET MARIE JEAN ANTOINE NICOLAS CARITAT marquis de (1743-1794)

  • Écrit par 
  • Bernard VALADE
  •  • 1 585 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le dernier des Encyclopédistes »  : […] d'autres, autant de témoignages du combat, qui ont fait voir en celui qui le mena un des « Pères » de la Révolution française. Sans doute est-ce le rôle que Condorcet a joué pendant cette dernière période qui a été le mieux mis en lumière. On connaît bien le rédacteur des Cahiers de la noblesse du bailliage de Mantes (et cependant candidat […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marie-jean-antoine-nicolas-condorcet/#i_3768

CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS & MÉTIERS (C.N.A.M.)

  • Écrit par 
  • Jacques GUILLERME
  •  • 757 mots

dépôt de machines procurées par le grand chambardement des appropriations. Par la suite, sur le rapport de l'abbé Grégoire, la Convention décida, le 19 vendémiaire an III, de réunir tous les objets propres à la démonstration des arts industriels dans « un dépôt de machines, modèles, outils, dessins, descriptions et livres dans tous les genres d' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/conservatoire-national-des-arts-et-metiers/#i_3768

CONSTITUANTE ASSEMBLÉE NATIONALE (1789-1791)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 381 mots

Réunis en mai 1789 pour résoudre la crise financière qui ébranle la vieille monarchie française, les états généraux se proclament Assemblée constituante, le 9 juillet 1789. C'est souligner la volonté des députés de donner à la France de nouvelles institutions. Dans le Point du jour […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/assemblee-nationale-constituante/#i_3768

CONSTITUTION FRANÇAISE DE 1791

  • Écrit par 
  • Nicolas NITSCH
  •  • 485 mots

Première constitution écrite de France, la Constitution du 3 septembre 1791 inclut la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789. C'est dire qu'elle incarne les idéaux de la Révolution dans leur forme originelle. Rédigée par l'Assemblée nationale constituante, elle reflète les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/constitution-francaise-de-1791/#i_3768

CONSTITUTION FRANÇAISE DE 1793

  • Écrit par 
  • Nicolas NITSCH
  •  • 425 mots

La Constitution montagnarde du 24 juin 1793 présente la particularité de n'avoir jamais été appliquée. Elle succède au projet de constitution très décentralisateur préparé par la Convention girondine et qui n'avait pas été adopté. La Constitution montagnarde n'en reste pas moins inspirée de la Convention qu'elle perpétue, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/constitution-francaise-de-1793/#i_3768

CONSTITUTION FRANÇAISE DE L'AN III

  • Écrit par 
  • Nicolas NITSCH
  •  • 461 mots

Votée par la Convention plus d'un an après la chute de Robespierre, approuvée par référendum, la Constitution du 5 fructidor an III, c'est-à-dire du 22 août 1795, est, avec ses 377 articles, la plus longue Constitution de notre histoire. Elle a été appliquée durant quatre ans, jusqu'au coup d'État de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/constitution-francaise-de-l-an-iii/#i_3768

CONSTITUTIONS FRANÇAISES - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Christian HERMANSEN
  •  • 1 669 mots

Constitution de 1791 Adoptée le 3 septembre par l'Assemblée nationale constituante, deux années après la Déclaration de 1789 qui forme son Préambule, suspendue d'application le 10 août 1792, la première Constitution française ne dura pas un an. Essai de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/constitutions-francaises-reperes-chronologiques/#i_3768

CONTRE-RÉVOLUTION

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 4 953 mots

La Révolution ne fut pas un torrent impétueux balayant tout sur son passage ; les idées de liberté et d'égalité n'ont pas triomphé d'un coup, sans susciter de résistance. À la Révolution s'est opposée, dès 1789, la contre-révolution, à l'innovation la tradition, à la croyance au progrès celle du péché […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/contre-revolution/#i_3768

CORDAY MARIE ANNE CHARLOTTE CORDAY D'ARMONT dite CHARLOTTE (1768-1793)

  • Écrit par 
  • Jean-Michel LÉVY
  •  • 377 mots

Arrière-petite-nièce de Corneille, sœur d'un officier au régiment de Normandie, Charlotte Corday quitte à vingt-trois ans le domicile paternel d'Argentan, se fixe à Caen chez une vieille parente, veuve du trésorier de France, Coutellier de Bretteville ; elle s'intéresse à la politique, s'abonne au journal de Perlet, lit Le Courrier […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/corday-marie-anne-charlotte-corday-d-armont-dite-charlotte/#i_3768

CORDELIERS CLUB DES

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 1 555 mots

C'est le 27 avril 1790 que naît la Société des Amis des droits de l'homme et du citoyen tenant ses séances en l'église des Cordeliers. Avant d'abriter un club, l'église avait donné son nom à l'un des soixante districts parisiens créés en avril 1789. Le district des Cordeliers, correspondant à peu près au quartier de l'actuel […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/club-des-cordeliers/#i_3768

CORSE

  • Écrit par 
  • Christian AMBROSI, 
  • Gilbert GIANNONI, 
  • Janine RENUCCI, 
  • André RONDEAU
  •  • 8 397 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « La Révolution »  : […] Deux faits bouleversent la situation juridique de la Corse en 1789 ; elle est appelée à désigner, comme les autres provinces françaises, quatre représentants aux États généraux, puis, le 30 novembre 1789, à la demande de ces députés, la Constituante la reconnaît comme faisant partie intégrante de l'empire français. L'acte de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/corse/#i_3768

COTTEREAU JEAN, dit JEAN CHOUAN (1757-1794)

  • Écrit par 
  • Jean DÉRENS
  •  • 350 mots

Héros de la chouannerie, Jean Cottereau avait hérité son surnom de son père Pierre, sabotier et probablement faux saunier, se servant du cri de la chouette pour se faire reconnaître de ses complices […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-cottereau/#i_3768

COUTHON GEORGES AUGUSTE (1755-1794)

  • Écrit par 
  • Roger DUFRAISSE
  •  • 223 mots

Fils d'un notaire, Couthon devient avocat à Riom, mais il est atteint d'une paralysie des jambes dès 1788. Président du tribunal de district de Clermont-Ferrand en décembre 1790, il est élu à la Législative en 1791, siège à l'extrême gauche et se prononce contre la cour. Il demande de déclarer Monsieur, frère du roi, déchu de ses droits à la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-auguste-couthon/#i_3768

CULTE LIBERTÉ DU

  • Écrit par 
  • René RÉMOND
  •  • 641 mots

La liberté du culte devrait être le corollaire de la liberté de conscience. Mais, comme le culte est affaire de pratique collective et comporte des manifestations extérieures, les gouvernements ont longtemps estimé qu'il devait être strictement réglementé par une « police des cultes ». La liberté […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/liberte-du-culte/#i_3768

DANTON GEORGES JACQUES (1759-1794)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 1 980 mots

Tribun populaire, Danton est une des figures majeures de la Révolution française. Ministre de la Justice au moment de la chute de la royauté, il a été ensuite le premier président du Comité de salut public, avant d’être éliminé par Robespierre, en raison de son opposition au régime de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-jacques-danton/#i_3768

DAUNOU PIERRE CLAUDE FRANÇOIS (1761-1840)

  • Écrit par 
  • Bernard PLONGERON
  •  • 972 mots

Ancien oratorien français qui marqua, par une grande activité d'érudit et d'homme politique, la période révolutionnaire et le début du xixe siècle. Né à Boulogne-sur-mer d'un père d'origine agenaise, chirurgien de l'Amirauté, et d'une mère issue d'une famille d'apothicaires boulonnais, Daunou est le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-claude-francois-daunou/#i_3768

DAVID JACQUES LOUIS (1748-1825)

  • Écrit par 
  • Barthélémy JOBERT
  •  • 4 767 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « L'épisode révolutionnaire »  : […] Si David se rangea dès l'origine parmi les partisans de la Révolution, il ne se rapprocha que progressivement des Jacobins. Élu à la Convention, siégeant parmi les Montagnards, il vota la mort du roi, fut membre du Comité de sûreté générale et du Comité d'instruction publique. Il eut, à ce dernier titre, un rôle important dans l'administration des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-louis-david/#i_3768

DÉCLARATION DES DROITS DE L'HOMME ET DU CITOYEN (26 août 1789)

  • Écrit par 
  • Wanda MASTOR
  •  • 230 mots
  •  • 1 média

Consécration française de la philosophie des droits de l'homme, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen forme le préambule de la Constitution des 3-4 septembre 1791. Votée dès août 1789 par l'Assemblée […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/declaration-des-droits-de-l-homme-et-du-citoyen-1789/#i_3768

DESMOULINS CAMILLE (1760-1794)

  • Écrit par 
  • Roger DUFRAISSE
  •  • 443 mots

Fils d'un lieutenant général au bailliage de Guise, Camille Desmoulins entre comme boursier à Louis-le-Grand et est condisciple de Robespierre. Avocat à Paris, il est élu aux États généraux. Il se lance dans la politique. Un moment, on le compte comme l'un de ceux qui soutiennent Mirabeau ; il devient, malgré son bégaiement […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/camille-desmoulins/#i_3768

DIRECTOIRE

  • Écrit par 
  • Michel EUDE
  •  • 4 528 mots
  •  • 1 média

Le Directoire a duré à peine plus de quatre ans (26 octobre 1795 – 10 novembre 1799) : brève période dans la vie d'un homme, dans celle d'un peuple. Entre la Convention et l'époque napoléonienne, le Directoire est souvent présenté comme une transition : liquidation des espoirs révolutionnaires, préparation du pouvoir personnel. Il faut se garder […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/directoire/#i_3768

DIX-HUIT BRUMAIRE AN VIII (9 nov. 1799)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 644 mots

La Révolution française s'est achevée sur un coup d'État militaire, les 18 et 19 brumaire an VIII (9 et 10 nov. 1799). La Constitution de 1795, qui fondait le Directoire, ayant fait faillite, il importait de la modifier. Regroupé autour de Sieyès, un parti révisionniste souhaite un renforcement du […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dix-huit-brumaire-an-viii/#i_3768

DROITS DE L'HOMME

  • Écrit par 
  • Georges BURDEAU, 
  • Gérard COHEN-JONATHAN, 
  • Pierre LAVIGNE, 
  • Marcel PRÉLOT
  • , Universalis
  •  • 24 042 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Une démonstration claire »  : […] Le mérite d'une déclaration des droits consiste, selon La Fayette (Assemblée nationale, séance du 11 juillet 1789), « dans la vérité et la précision ; elle doit dire ce que tout le monde sait, ce que tout le monde sent ». Champion de Cicé, archevêque de Bordeaux, parlant au nom du comité de constitution, le 27 juillet, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/droits-de-l-homme/#i_3768

DROZ JACQUES (1909-1998)

  • Écrit par 
  • Jacques BARIÉTY
  •  • 811 mots

la documentation pour la thèse de doctorat qu'il préparait sur l'influence de la Révolution française sur la pensée politique des Rhénans et le libéralisme rhénan jusqu'en 1848. C'était là se lancer sur un sujet qui avait occupé une très grande place dans l'histoire de l'Allemagne contemporaine, dans les historiographies […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-droz/#i_3768

DUMOURIEZ CHARLES FRANÇOIS DU PÉRIER dit (1739-1823)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 431 mots
  •  • 1 média

Né à Cambrai, fils d'un commissaire des guerres, Dumouriez fait ses premières armes dans la guerre de Sept Ans ; plus doué pour l'intrigue que pour l'héroïsme, il est vite chargé de diverses missions plus diplomatiques que militaires en Espagne, en Corse, en […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dumouriez/#i_3768

DUPORT ADRIEN (1759-1798)

  • Écrit par 
  • Roger DUFRAISSE
  •  • 444 mots

Issu de la petite noblesse, Adrien Duport devient conseiller à la Chambre des enquêtes, entre dans la franc-maçonnerie, et joue un très grand rôle dans les milieux libéraux à la veille de la Révolution de 1789. Député de la noblesse de Paris aux États-généraux, il est l'un de ceux qui contribuent à populariser le mot « républicain ». Dès juin 1789 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/adrien-duport/#i_3768

ELBÉE MAURICE GIGOST marquis d' (1752-1794)

  • Écrit par 
  • Jean-Clément MARTIN
  •  • 355 mots

Officier de cavalerie, issu d'une petite noblesse peu assurée, d'Elbée vit dans les Mauges au moment de la Révolution, qu'il ne désapprouve pas en son début. Quand se déclenche l'insurrection vendéenne (mars 1793), il est mis à la tête d'une bande paysanne, et devient rapidement l'un des principaux généraux de l'Armée catholique et royale, qui se […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/maurice-elbee/#i_3768

ÉLECTIONS - Histoire des élections

  • Écrit par 
  • Christophe VOILLIOT
  •  • 5 782 mots

Dans le chapitre « La révolution électorale »  : […] en 1783, grâce à Benjamin Franklin, les treize constitutions américaines vont nourrir les débats qui suivent l'annonce de la réunion des états généraux le 8 août 1788. Cette institution monarchique, censée représenter la société de l'Ancien Régime et conseiller le souverain, était tombée en désuétude. Il a même été […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/elections-histoire-des-elections/#i_3768

ÉMIGRATION (1789-1814)

  • Écrit par 
  • Ghislain de DIESBACH
  •  • 1 258 mots

Mesure de sûreté pour quelques personnages voués à la vindicte populaire après les troubles de juillet 1789 qu'ils ont vainement tenté de réprimer, l'émigration apparaît vite comme une révolte contre la Révolution. Le comte d'Artois, frère cadet du roi, le prince de Condé et sa famille, ainsi que nombre de grands seigneurs hostiles au nouvel ordre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/emigration-1789-1814/#i_3768

ENRAGÉS

  • Écrit par 
  • Jean DÉRENS
  •  • 912 mots

Pour Michelet, « les Enragés étaient des fanatiques d'une portée inconnue, d'un fanatisme redoutable, emportés par un souffle vague encore, mais qui allait se fixer peut-être, prendre forme, et pour une révolution en face de la Révolution ». Lyrisme un peu creux, qui fut longtemps de rigueur, inspiré à la bourgeoisie du […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/enrages/#i_3768

ESSAI SUR LES RÉVOLUTIONS, François René de Chateaubriand - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Jean Marie GOULEMOT
  •  • 964 mots
  •  • 1 média

L'Essai participe d'une interrogation propre à son temps : comment comprendre la rupture de 1789, ses causes, sa violence et ses suites ? Chateaubriand pense y parvenir en l'inscrivant dans une tradition. Pour l'édition de 1797, le titre choisi, Essai historique, politique et moral sur les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/essai-sur-les-revolutions/#i_3768

ÉTATS GÉNÉRAUX, France

  • Écrit par 
  • Yves DURAND
  •  • 3 096 mots

Dans le chapitre « Les transformations »  : […] Les échecs de Calonne, de Loménie de Brienne et de l'assemblée des notables pour résoudre la crise financière sont à l'origine de la convocation des états en 1789, mais les conditions politiques et sociales avaient considérablement changé depuis deux siècles. Si les parlements et les cours souveraines exigeaient les états généraux, c'était dans un […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/etats-generaux-france/#i_3768

ETHNOCIDE

  • Écrit par 
  • Pierre CLASTRES
  •  • 4 681 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Histoire, culture et ethnocide »  : […] La Révolution de 1789, en permettant le triomphe de l'esprit centraliste des Jacobins sur les tendances fédéralistes des Girondins, mena à son terme l'emprise politique de l'administration parisienne. Les provinces, comme unités territoriales, s'appuyaient chacune sur une ancienne réalité, homogène du point de vue culturel : langue, traditions […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ethnocide/#i_3768

ÊTRE SUPRÊME CULTE DE L'

  • Écrit par 
  • Jean DÉRENS
  •  • 392 mots

Robespierre est à l'origine du culte de l'Être suprême, par lequel il prétendait donner à la vertu, principe et ressort du gouvernement populaire, un fondement métaphysique. L'essentiel de ses idées est contenu dans son discours du 18 floréal an II (7 mai 1794) sur l'établissement des fêtes décadaires : « L'idée de l'Être suprême est un rappel […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/culte-de-l-etre-supreme/#i_3768

EUROPE - Histoire de l'idée européenne

  • Écrit par 
  • Jean-Baptiste DUROSELLE, 
  • Alfred GROSSER
  •  • 10 491 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Légitimité et nationalité sous la Révolution française »  : […] Au contraire, les révolutionnaires et leurs partisans veulent faire accéder tous les peuples à la « liberté » contre les tyrans. La première annexion, opérée en 1791, est typique : Avignon et le comtat Venaissin, qui appartenaient au pape, sont réunis à la France à la suite non d'un traité, mais d'un plébiscite. Toutefois, en promettant de « porter […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/europe-histoire-de-l-idee-europeenne/#i_3768

EXTRÊME DROITE

  • Écrit par 
  • Jean-Yves CAMUS
  •  • 9 736 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Naissance d'une famille politique : le royalisme ultra »  : […] Dans l'Assemblée nationale constituante, dénomination que se sont donnés les États Généraux à compter du 9 juillet 1789, naissent les premiers partis politiques. L'organisation spatiale de la salle des séances place alors le plus à droite du président les aristocrates (« Noirs »), partisans de l'Ancien […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/extreme-droite/#i_3768

FABRE D'ÉGLANTINE PHILIPPE FABRE dit (1750-1794)

  • Écrit par 
  • Roger DUFRAISSE
  •  • 253 mots

Fils d'un marchand drapier de Carcassonne, Fabre d'Églantine est un auteur-comédien ambulant. Le célèbre Il pleut, il pleut bergère... est tiré d'une de ses opérettes. Au cours d'un séjour à Lyon, il se lie avec Collot d'Herbois, mais il ne participe pas à l'agitation prérévolutionnaire. Entré au club des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/fabre-d-eglantine/#i_3768

FAMILLE - Les enjeux de la parentalité

  • Écrit par 
  • Daniel BORRILLO
  •  • 6 680 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Victoire de la conception laïque du mariage »  : […] Le mouvement de sécularisation, de déconfessionnalisation des États qui apparaît à la fin du xviiie siècle conduira à supprimer ces discriminations. Par la loi du 20 septembre 1792, la Révolution française instaure le mariage civil, enregistré en mairie, qui devient le seul valable aux yeux de la loi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/famille-les-enjeux-de-la-parentalite/#i_3768

FÉDÉRALISTES, Révolution française

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 472 mots

La défaite des Girondins dans leur lutte contre les Montagnards, le 2 juin 1793, moment capital dans l'histoire de la Révolution française, a une signification moins sociale que géographique ; c'est la défaite de la province devant Paris, des partisans d'une fédération de départements contre les tenants de la centralisation […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/federalistes-revolution-francaise/#i_3768

FÉDÉRATION DE 1790

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 344 mots

La Fédération de 1790 est la conséquence de la formation en France des municipalités et des gardes nationales au moment de la Grande Peur. Dans les villages et les villes se forment en juillet 1789 des gouvernements particuliers qui se substituent aux anciennes autorités. Dans le Dauphiné, plusieurs représentants de communes […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/federation-de-1790/#i_3768

FÉODALITÉ

  • Écrit par 
  • Georges DUBY
  •  • 5 987 mots

Dans le chapitre « La féodalité tardive »  : […] encore des cadres juridiques de la féodalité apparut comme le symbole éminent de la ségrégation sociale et de tous les privilèges. Pour détruire ceux-ci, les révolutionnaires abolirent ce qu'ils appelaient les droits féodaux, c'est-à-dire un ensemble complexe de prérogatives qui relevaient en réalité bien davantage de la seigneurie que du fief […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/feodalite/#i_3768

FÊTE

  • Écrit par 
  • François-André ISAMBERT, 
  • Jean-Pierre MARTINON
  •  • 6 982 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Instauration »  : […] tels semblent être les aspirations profondes et les mots d'ordre des organisateurs des fêtes de la Révolution française. Le désir de mettre en scène le projet utopique d'une cité idéale, de célébrer la rupture d'avec l'ancien ordre des choses et des gens, de magnifier une nouvelle harmonie sociale incite les organisateurs – […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/fete/#i_3768

FEUILLANTS CLUB DES

  • Écrit par 
  • Michel EUDE
  •  • 495 mots

Dès le début de 1790 s'était formée une Société de 89, réunissant des modérés du parti patriote (Sieyes, La Fayette, Talleyrand). Mais la grande scission qui aboutit à la création du club des Feuillants date du 18 juillet 1791, au lendemain de la fusillade du Champ-de-Mars, lorsque tous les députés, sauf cinq (dont Robespierre, Pétion et Buzot), se […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/club-des-feuillants/#i_3768

LA FIN DES CORPORATIONS (S. L. Kaplan)

  • Écrit par 
  • Reynald ABAD
  •  • 986 mots

S. Kaplan montre que, malgré les idées reçues, les hommes de 1789 n'ont pas une position claire à l'égard des corporations. La nuit du 4 août, qui abolit les privilèges sans abolir explicitement ceux des communautés, et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août, qui garantit les libertés individuelles […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-fin-des-corporations/#i_3768

FLORÉAL AN VI COUP D'ÉTAT DU 22 (11 mai 1798)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 160 mots

Deuxième coup d'État du Directoire, celui du 22 floréal an VI (11 mai 1798) n'est plus, comme celui du coup d'État du 18 fructidor an V (4 sept. 1797), dirigé contre les royalistes, mais contre les jacobins qui viennent de gagner les élections d'avril. Ce succès inquiète fortement le Directoire dominé par les modérés (Barras […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/coup-d-etat-du-floreal-an-vi/#i_3768

FOUCHÉ JOSEPH (1759-1820) duc d'Otrante (1809)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 1 196 mots

Fils d'un capitaine de navire nantais, Fouché semble n'avoir jamais été ordonné prêtre de l'Oratoire, bien qu'il ait longtemps enseigné dans les collèges de la congrégation ; contrairement à la légende, il ne devra donc pas défroquer à proprement parler pour se marier au début de la Révolution. Député de la Loire-Inférieure à la Convention, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/joseph-fouche/#i_3768

FOUQUIER-TINVILLE ANTOINE (1746-1795)

  • Écrit par 
  • Marcel LE CLÈRE
  •  • 438 mots

Magistrat français de l'époque révolutionnaire, Fouquier-Tinville est né en Artois d'une famille paysanne relativement aisée ; il vient faire son droit à Paris et y achète une charge de procureur au Châtelet, qu'il exerce de 1773 à 1783 au 20 de la rue des Jeûneurs. Il doit la résilier moins pour incapacité — il était intelligent et éloquent — que […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/antoine-fouquier-tinville/#i_3768

FRANÇAIS EMPIRE COLONIAL

  • Écrit par 
  • Jean BRUHAT
  •  • 16 595 mots
  •  • 19 médias

Dans le chapitre « La fin de l'Ancien Régime »  : […] En conclusion, quand éclate la Révolution, il ne subsiste plus du domaine colonial que des territoires peu étendus : les comptoirs de l'Inde rattachés au gouvernement des Mascareignes, des Mascareignes avec l'île de France et l'île Bourbon, des comptoirs sur la côte occidentale de l'Afrique, l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon. Les Antilles ( […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/empire-colonial-francais/#i_3768

FRANCE (Histoire et institutions) - Le temps des révolutions

  • Écrit par 
  • Sylvain VENAYRE
  •  • 6 925 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Les trois moments de la Révolution française »  : […] Rappelons les enjeux de la Révolution française, tels qu'ils furent perçus par les contemporains, puis véhiculés par le discours sur la Révolution, jusqu'à la fin de la IIIe République. Globalement, ce que l'on qualifia rapidement de Révolution française fut séparé en trois moments ; et l'on put, par la suite, décréter n' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/france-histoire-et-institutions-le-temps-des-revolutions/#i_3768

FRANCE (Histoire et institutions) - Le droit français

  • Écrit par 
  • Jean-Louis HALPÉRIN
  •  • 7 138 mots
  •  • 2 médias

Il a bien existé un droit français sous l'Ancien Régime, mais la Révolution française a provoqué une incontestable rupture et posé les bases de notre ordre juridique actuel d'un point de vue formel – une hiérarchie unifiée et codifiée de normes valables pour tous les Français avec à son sommet une constitution écrite –, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/france-histoire-et-institutions-le-droit-francais/#i_3768

FRANCE (Arts et culture) - La langue française

  • Écrit par 
  • Gérald ANTOINE, 
  • Jean-Claude CHEVALIER, 
  • Loïc DEPECKER, 
  • Françoise HELGORSKY
  •  • 15 783 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Du langage révolutionnaire à l'académisme de l'Empire »  : […] Le bouleversement politique et social de la Révolution ne pouvait manquer d'avoir des incidences importantes sur l'évolution du français et sur son expansion. La classe bourgeoise accédant au pouvoir, le bon usage aristocratique est remplacé par l'usage bourgeois, surtout par celui de la bourgeoisie parisienne qui s'imposera définitivement un peu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/france-arts-et-culture-la-langue-francaise/#i_3768

FRANCE (Arts et culture) - Le patrimoine

  • Écrit par 
  • Nathalie HEINICH
  •  • 6 812 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Du monument historique au patrimoine »  : […] œuvres de l'Antiquité. Mais un tel souci ne fut pas assorti d'un terme spécifique avant la période révolutionnaire. C'est en France, semble-t-il, qu'apparut pour la première fois, dans un recueil d'antiquités nationales publié en 1790, l'expression « monument historique ». Et c'est bien dans la Révolution que cette notion (tout comme d'ailleurs l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/france-arts-et-culture-le-patrimoine/#i_3768

FRANÇOIS DE NEUFCHÂTEAU NICOLAS comte FRANÇOIS dit (1750-1828)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 503 mots

Avocat puis homme de lettres, encouragé par Voltaire en ces termes : « Il faut bien que l'on me succède, et j'aime en vous mon héritier », François de Neufchâteau est, de 1782 à 1787, procureur général près du conseil supérieur de Cap-Français, à Saint-Domingue. De retour en France, il accueille avec enthousiasme la Révolution. En 1791, il est élu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/francois-de-neufchateau/#i_3768

FRÉRON LOUIS MARIE STANISLAS (1754-1802)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 363 mots

Fils d'Élie Fréron, Stanislas, ainsi prénommé en l'honneur du bon roi polonais de Nancy et de Lunéville, hérita de son père son goût pour les pugnacités du métier de publiciste, mais se sépara de lui par son engouement pour les idées révolutionnaires. En 1790, ayant déjà une bonne pratique du journalisme, il fonde L'Orateur du peuple […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-marie-stanislas-freron/#i_3768

FRUCTIDOR AN V COUP D'ÉTAT DU 18 (4 sept. 1797)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 515 mots

Le Directoire, dès son installation le 26 octobre 1795, s'est trouvé pris entre deux menaces : à gauche les jacobins et les babouvistes, à droite les royalistes. Le danger babouviste est écarté après l'arrestation de Babeuf en mai 1796. En revanche, longtemps limité à des complots et aux soulèvements armés (dans la Vendée, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/coup-d-etat-du-fructidor-an-v/#i_3768

FRUCTIDORIENS

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 252 mots

Nom donné aux auteurs du coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797) qui éliminèrent du Directoire et des conseils les partisans d'une restauration monarchiste. Barras, Reubell et La Révellière-Lépeaux furent les instigateurs de ce coup d'État, avec l'appui de généraux comme Augereau. Le coup […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/fructidoriens/#i_3768

GARAT DOMINIQUE JOSEPH comte (1749-1833)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 268 mots

Appartenant à ce groupe d'« idéologues », comme on les a surnommés, qui ont défendu les idées nouvelles sous l'Ancien Régime et joué le rôle de philosophes de la Révolution, Garat est une personnalité du monde des lettres sous le règne de Louis XVI, lié d'amitié avec Grimod de la Reynière et Sedaine, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dominique-joseph-garat/#i_3768

GARDE NATIONALE

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 885 mots

Le 13 juillet 1789, le comité permanent des électeurs décide la constitution d'une force armée de 48 000 hommes pour assurer le maintien de l'ordre dans la capitale. Son commandement est confié le 15 juillet à La Fayette. Elle reçoit le nom de garde nationale. Dans la plupart des villes et dans de nombreux villages, des milices sont formées sur ce […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/garde-nationale/#i_3768

GÉOMÉTRIE DES PASSIONS (R. Bodei)

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 1 366 mots

et plus encore de leurs actes, les passions furent le terrain privilégié des penseurs et des acteurs politiques. La Révolution française de 1789 fournit un moment privilégié, un quasi-laboratoire, pour analyser les jeux de forces passionnelles et rationnelles à l'œuvre lors de cette période de « remaniement vertigineux de perspectives et de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/geometrie-des-passions/#i_3768

GIRONDINS ET MONTAGNARDS

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 2 553 mots
  •  • 1 média

Il n'est pas facile de dégager nettement la ligne maîtresse d'un affrontement qui, sous la Révolution française, a duré plus de dix-huit mois et dont les enjeux se sont constamment déplacés. Gironde contre Montagne : pour la guerre extérieure contre la guerre intérieure, pour la saisie des ministères contre la chute de la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/girondins-et-montagnards/#i_3768

GOUGES MARIE GOUZE dite OLYMPE DE (1748-1793)

  • Écrit par 
  • Élisabeth ROUDINESCO
  •  • 573 mots

Avec Théroigne de Méricourt et Claire Lacombe, Olympe de Gouges est l'une des héroïnes majeures du premier féminisme français qui se développa sous la Révolution sans parvenir à imposer l'égalité politique des sexes. Née à Montauban, elle était peut-être la fille naturelle du marquis Le Franc de Pompignan, piètre versificateur, auquel elle […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gouges-marie-gouze-dite-olympe-de/#i_3768

GOUVERNEMENT RÉVOLUTIONNAIRE DE L'AN II

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 352 mots

Pendant un an (juill. 1793-juill. 1794), la France a été soumise à la dictature des Montagnards. Cette période est connue sous le nom de gouvernement révolutionnaire. Élue pour élaborer une nouvelle constitution, la Convention en diffère l'application jusqu'au redressement de la situation extérieure. « Dans les circonstances où se trouve la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gouvernement-revolutionnaire-de-l-an-ii/#i_3768

GRANDE PEUR (1789)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 398 mots

La peur a joué un rôle important dans le déroulement de la Révolution française : peur du complot aristocratique à la veille du 14 juillet 1789, peur des partageux et des anarchistes au moment de Brumaire 1799, mais le terme de Grande Peur a été réservé aux insurrections paysannes de 1789. Dans les campagnes où sévit la disette, conséquence des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/grande-peur/#i_3768

GRÉGOIRE HENRI dit L'ABBÉ (1750-1831)

  • Écrit par 
  • Bernard PLONGERON
  •  • 812 mots

Né à Vého, près de Lunéville, fils unique d'un tailleur d'habits. Des études chez les Jésuites de Nancy, de 1763 à 1768, mènent Henri Grégoire au séminaire de Metz, où enseigne le lazariste Lamourette, futur évêque et député de Rhône-et-Loire. Ordonné prêtre en 1775, il obtient, en 1782, la cure d'Embermesnil. Une ample correspondance avec l'Europe […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gregoire-l-abbe/#i_3768

GRENELLE AFFAIRE DU CAMP DE (1796)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 242 mots

L'affaire du camp de Grenelle est l'épisode décisif de la conjuration des Égaux animée par Gracchus Babeuf. Cet ancien feudiste, qui rêvait d'un communisme agraire, prépare un complot en liaison avec d'anciens Montagnards. Après l'échec des journées de germinal et de prairial an III (1er avril et 20 mai 1795), il convient de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/affaire-du-camp-de-grenelle/#i_3768

GUILLOTIN JOSEPH IGNACE (1738-1814)

  • Écrit par 
  • Marcel LE CLÈRE
  •  • 315 mots

Né à Saintes, Guillotin est un brillant élève ; poussé par ses maîtres, il entre d'abord dans la Compagnie de Jésus et enseigne à Bordeaux au collège des Irlandais. Mais, de caractère indépendant, il quitte les ordres et fait sa médecine. Reçu « avec éloge », il est nommé docteur-régent de la faculté de Paris. La science de Guillotin le fait […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/joseph-ignace-guillotin/#i_3768

HAÏTI

  • Écrit par 
  • Jean Marie THÉODAT
  • , Universalis
  •  • 8 676 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « Le premier État-nation noir du Nouveau Monde »  : […] Lorsqu'en 1789 éclate la Révolution française, la société coloniale dominicaine est elle-même en pleine ébullition. Les colons revendiquent l'autonomie par rapport à la Compagnie de Saint-Domingue, dont le monopole limite la marge de manœuvre de ceux qui souhaitent commercer librement avec les autres nations. Les cahiers de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/haiti/#i_3768

HÉBERT JACQUES RENÉ (1757-1794)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 625 mots

Avec Marat et Desmoulins, Hébert a été le plus célèbre journaliste de la Révolution française, le plus discuté aussi. Fils d'un bourgeois aisé et d'une mère d'origine noble, il ne parvint jamais, contrairement à la légende qui l'assimile à son personnage, le Père Duchesne, à se débarrasser de ses origines. Le journaliste […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-rene-hebert/#i_3768

HÉRALDIQUE

  • Écrit par 
  • Michel PASTOUREAU
  •  • 6 532 mots

Dans le chapitre « Histoire des armoiries »  : […] Nous avons vu plus haut comment, en 1790, la Révolution partit en guerre contre les armoiries. À partir de 1792, une véritable chasse aux armoiries fut organisée à Paris et dans les grandes villes de province. Sous peine d'amende, de confiscation ou de destruction, il fallait les faire disparaître de tous les biens, meubles […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/heraldique/#i_3768

HISTOIRE (Histoire et historiens) - Courants et écoles historiques

  • Écrit par 
  • Bertrand MÜLLER
  •  • 6 859 mots

Dans le chapitre «  Fondations : historismes et méthodisme »  : […] La fracture révolutionnaire de 1789 constitue une rupture pour la conscience historique contemporaine : il y a désormais un temps avant et un temps après la Révolution, lequel annonce un nouveau régime d'historicité et un moment de fondation : celui de l'archive, du patrimoine et de l'histoire. Comme […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/histoire-histoire-et-historiens-courants-et-ecoles-historiques/#i_3768

HISTOIRE DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE, Jules Michelet - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Jean-François PÉPIN
  •  • 762 mots

Dans le chapitre « L'histoire du peuple »  : […] Michelet commence son ouvrage par un récapitulatif sommaire de l'histoire de France, puis s'attaque à son propos véritable avec les États généraux de 1789. Il choisit de clore les vingt et un livres de son Histoire de la Révolution française avec l'évocation de la mort de Robespierre sur l'échafaud, en […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/histoire-de-la-revolution-francaise/#i_3768

HOCHE LAZARE (1768-1797)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 589 mots

Né à Versailles, fils d'un palefrenier du roi. Fusilier puis caporal aux gardes françaises, Lazare Hoche, pendant ses heures de loisir et de congé, confectionne des ouvrages de dentelle qu'il vend pour avoir de quoi s'acheter des livres ; passionné surtout de Plutarque et de Rousseau, il acquiert une solide instruction. Ardemment « patriote », il […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lazare-hoche/#i_3768

IMPÔT - Histoire de l'impôt

  • Écrit par 
  • Jean-Claude MAITROT
  • , Universalis
  •  • 13 947 mots

Dans le chapitre « La fiscalité révolutionnaire et libérale »  : […] Le mauvais état des finances de l'Ancien Régime fut une des causes de la Révolution, qui détruisit tout l'édifice fiscal de cette époque. Les révolutionnaires posèrent trois grands principes : le principe d'égalité devant l'impôt, directement lié à l'égalité civile proclamée solennellement dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ; […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/impot-histoire-de-l-impot/#i_3768

INDULGENTS

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 359 mots

Au sein du parti montagnard s'est développé en France, devant les excès de la Terreur, un mouvement qui reçut le nom de faction des indulgents. Ces indulgents souhaitent un retour à la paix intérieure et extérieure et la fin des excès terroristes. Leur chef de file est Danton, leur porte-parole Camille […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/indulgents/#i_3768

INSTITUT DE FRANCE

  • Écrit par 
  • Antoine MARÈS
  •  • 2 517 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Origines et histoire »  : […] meilleurs esprits, les créateurs les plus brillants, les inventeurs les plus prestigieux. Mais la Révolution, dans sa volonté novatrice, voulut faire disparaître tous les témoignages de la royauté – dont les Académies étaient aussi l'incarnation. Le 8 août 1793, l'abbé Grégoire obtint leur suppression. Mais, aussitôt détruites, elles ressuscitèrent […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/institut-de-france/#i_3768

INTELLECTUEL

  • Écrit par 
  • Jean Marie GOULEMOT
  •  • 9 431 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Le temps des écrivains, des prophètes et des mages  »  : […] de Paul Bénichou peut s'étendre à toute l'Europe. Les Lumières furent européennes. La Révolution changea la face du monde et se répandit à travers l'Europe. Anacharsis Cloots, jacobin allemand, proposait de faire de Paris la capitale du monde et de la Liberté. L'abbé Marchena, espagnol émigré, devint le secrétaire de Marat. Les armées […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/intellectuel/#i_3768

INTENDANTS

  • Écrit par 
  • Jean MEYER
  •  • 2 868 mots

Dans le chapitre « Des intendants aux préfets : le gouvernement des peuples »  : […] Un fait est certain : les intendants dans leur ensemble ont moins souffert de la Révolution qu'on ne pourrait le soupçonner. Sur les trente et un intendants en exercice en 1789, sans compter les anciens intendants en « retraite » ou passés à d'autres fonctions, soit environ une trentaine, il n'y en a que six qui furent condamnés en tant que tels […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/intendants/#i_3768

ITALIE - Histoire

  • Écrit par 
  • Michel BALARD, 
  • Paul GUICHONNET, 
  • Jean-Marie MARTIN, 
  • Jean-Louis MIÈGE, 
  • Paul PETIT
  •  • 27 452 mots
  •  • 43 médias

Dans le chapitre « L'Italie républicaine et jacobine »  : […] de l'ordre ancien vient de la Révolution française. Les idées de 1789 suscitent, dans la bourgeoisie, des sympathies qui se traduisent par une sourde opposition aux souverains, rangés dans le camp antifrançais. En 1791, la Constituante annexe l'enclave pontificale du Comtat-Venaissin. En 1792, Victor-Amédée III de Savoie s […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/italie-histoire/#i_3768

ITALIE CAMPAGNES D' (1796-1797 et 1800)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 813 mots
  •  • 1 média

Après la signature des traités de Bâle et de La Haye en 1795, la France n'a plus sur le Continent comme adversaire que l'Autriche. Devenu directeur, Carnot conçoit le projet de lancer trois armées sur Vienne : deux ont mission d'atteindre la capitale autrichienne par la vallée du Main et celle du Danube, la troisième doit […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/campagnes-d-italie/#i_3768

JACOBINS CLUB DES

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 1 544 mots
  •  • 1 média

Le 30 avril 1789, à Versailles, les députés du tiers état de Bretagne, parmi lesquels Le Chapelier, Lanjuinais, Coroller et Defermon, se réunissent pour débattre ensemble de leur attitude cinq jours avant l'ouverture des États généraux. C'est l'origine du Club breton auquel s'agrégeront très vite des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/club-des-jacobins/#i_3768

JACOBINS NÉO- (1795-1799)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 402 mots

En novembre 1794, la réaction thermidorienne impose la fermeture du club des Jacobins. L'histoire du jacobinisme n'est pas pour autant terminée, même si elle est éclipsée sous le Directoire par le babouvisme. Après l'amnistie qui suit le coup de force du 13 vendémiaire (oct. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/neo-jacobins/#i_3768

JEANBON SAINT-ANDRÉ ANDRÉ JEANBON dit (1749-1813)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 923 mots

Issu d'une famille protestante de Montauban convertie de force, élevé chez les jésuites qui voudraient l'enrôler sous leur étendard, Jeanbon préfère entrer dans la marine marchande et devenir capitaine au long cours ; un peu plus tard, il revient à la théologie, mais pour se faire pasteur protestant et exercer son ministère […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jeanbon-saint-andre/#i_3768

JEUNESSE LITTÉRATURE POUR LA

  • Écrit par 
  • Jean PERROT
  •  • 7 692 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Après Jean-Jacques Rousseau  »  : […] me Leprince de Beaumont. En effet, les révolutionnaires de 1789 ne purent pas constituer un livre d'enseignement primaire, malgré la création tardive d'une École normale. Quant au Comité d'instruction publique, il s'employa à composer en 1793 un Tableau des actions héroïques et vertueuses, qui fut interrompu après […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/litterature-pour-la-jeunesse/#i_3768

JOURDAN JEAN-BAPTISTE (1762-1833) maréchal d'Empire (1804)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 604 mots

Fils d'un chirurgien de Limoges, Jourdan a fait comme simple soldat la guerre d'Amérique avant de s'établir comme mercier à Limoges ; volontaire de 1791, il sert sous Dumouriez à l'armée du Nord ; général de division dès juillet 1793, il est en septembre (avec Pichegru et Hoche) l'un des commandants en chef « sans-culottes » nommés par le Comité de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-baptiste-jourdan/#i_3768

LA FAYETTE MARIE JOSEPH PAUL ROCH YVES GILBERT MOTIER marquis de (1757-1834)

  • Écrit par 
  • Roger DUFRAISSE
  •  • 614 mots

Héros de trois révolutions : celle d'Amérique, celle de 1789, celle de 1830, La Fayette est issu d'une vieille famille noble d'Auvergne, et participe à la guerre d'Indépendance de l'Amérique. À son retour en 1779, héros du jour, il s'efforce d'allier la grâce aimable d'un grand seigneur d'Ancien Régime à une simplicité toute […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marie-joseph-paul-roch-yves-gilbert-la-fayette/#i_3768

LAÏCITÉ

  • Écrit par 
  • Jean BAUBÉROT, 
  • Émile POULAT
  •  • 7 589 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Retour sur l'expérience française »  : […] Les députés aux états généraux n'envisageaient pas de modifier cet état de choses, hors les dîmes et les droits féodaux. Comme l'a écrit, en 1903, un des historiens laïques de la Révolution, Edme Champion, en cela d'accord avec Mathiez et Jaurès, « on ne sait pas se passer de l'Église en 1789 [...]. Les constituants étaient […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/laicite/#i_3768

LAKANAL JOSEPH (1762-1845)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 270 mots

Après avoir fait ses études chez les frères de la Doctrine chrétienne et enseigné dans leurs collèges, ayant eu peut-être pour élève Maine de Biran et pour collègue Laromiguière, Lakanal est élu à la Convention en 1792 comme député de l'Ariège. Il siège sur les bancs de la Montagne, préside le comité d'Instruction publique, protégeant du […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/joseph-lakanal/#i_3768

LAMETH LES

  • Écrit par 
  • Roger DUFRAISSE
  •  • 460 mots

Aristocrates libéraux à la fin de l'Ancien Régime, les frères Lameth participent à la guerre d'Indépendance des États-Unis ; législateurs sous la Révolution, ils deviennent officiers généraux après la déclaration de guerre à l'Autriche. L'aîné, Théodore, Alexandre, Victor comte de Lameth (1756-1854), est élu député du Jura à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-lameth/#i_3768

LA RÉVELLIÈRE-LÉPEAUX LOUIS MARIE DE (1753-1824)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 372 mots

Avocat à la veille de la Révolution, La Révellière-Lépeaux est élu aux États généraux par la sénéchaussée d'Anjou. Il apparaît comme un partisan farouche du « grand système d'égalité entre les hommes ». Le Maine-et-Loire l'appelle à siéger à la Convention. Il y vote la mort du roi, mais s'oppose en février 1793 à Robespierre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-marie-de-la-revelliere-lepeaux/#i_3768

LA ROCHEJAQUELEIN HENRI DU VERGIER comte de (1772-1794)

  • Écrit par 
  • Ghislain de DIESBACH
  •  • 437 mots

À sa sortie du collège militaire de Sorèze, où il a été élevé, Henri de La Rochejaquelein entre au régiment de Royal-Pologne cavalerie, dont son père, le marquis de La Rochejaquelein, est colonel propriétaire, puis il passe aux chasseurs de Flandre qu'il abandonne pour faire partie de la garde constitutionnelle du roi. C'est […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/henri-du-la-rochejaquelein/#i_3768

LAVOISIER ANTOINE LAURENT (1743-1794)

  • Écrit par 
  • Arthur BIREMBAUT
  •  • 6 968 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'agronome et l'économiste »  : […] En mars 1789, à Blois, après avoir été rejeté par le tiers état du bailliage, il fut accueilli par la noblesse qui l'élut député suppléant aux états généraux. La question des assignats retint d'autant plus son attention qu'il faisait partie de la Caisse d'escompte. À la Société de 1789, réunissant des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/antoine-laurent-lavoisier/#i_3768

LIÈGE, ville

  • Écrit par 
  • Jean LEJEUNE, 
  • Xavier MABILLE
  •  • 6 993 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La vie culturelle »  : […] le prince à la « nation ». Après la prise de la Bastille et la nuit du 4 août 1789, la révolution éclate à Liège. Elle fut même « la seule que la France put susciter à son image », écrivait Georges Lefebvre. On trouvait « gothique » – et contraire à la paix de Fexhe – la prétention de l'évêque et du chapitre d'être souverains du pays. La nation […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/liege-ville/#i_3768

LINDET ROBERT (1746-1825)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 279 mots

Une banale carrière d'avocat à Bernay dans l'Eure, qu'interrompt la Révolution, des fonctions de procureur syndic de district, une élection à la Législative puis à la Convention, un vote régicide ne suffiraient pas à attirer l'attention sur le Montagnard Robert Lindet si celui-ci n'avait fait partie du grand Comité de salut […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-lindet/#i_3768

LOUIS XVI (1754-1793) roi de France (1774-1792)

  • Écrit par 
  • Jean-Clément MARTIN
  •  • 2 152 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Une conduite ambiguë »  : […] Cette situation se révèle particulièrement criante en 1788, lorsque le roi et son entourage (Necker a été rappelé en août 1788) sont incapables de fixer les règles de fonctionnement de l'Assemblée, qui ne s'est pas réunie depuis 1614, et qu'ils laissent s'instaurer une totale liberté de parole, en même temps qu'ils manœuvrent pour ne pas dépendre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-xvi/#i_3768

LOUIS XVII (1785-1795)

  • Écrit par 
  • Jean-Clément MARTIN
  •  • 417 mots

Second fils de Louis XVI et Marie-Antoinette, il devient le dauphin à la mort de son frère en juin 1789, et partage le destin de sa famille au moment de la Révolution. Ramené à Paris, par la foule qui est allé chercher « le boulanger, la boulangère et le petit mitron » en octobre 1789, il est arrêté à Varennes, lors de la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-xvii/#i_3768

LOUIS-PHILIPPE Ier (1773-1850) roi des Français (1830-1848)

  • Écrit par 
  • Guillaume de BERTHIER DE SAUVIGNY
  •  • 771 mots
  •  • 1 média

Né à Paris, Louis-Philippe était le fils aîné du duc d'Orléans (dit plus tard Philippe-Égalité), qui avait confié l'éducation de ses enfants à sa maîtresse, la comtesse de Genlis ; elle eut le mérite de leur donner une formation à la vie pratique en même temps qu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-philippe-ier/#i_3768

LUMIÈRES

  • Écrit par 
  • Jean Marie GOULEMOT
  •  • 7 858 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'Europe des Lumières »  : […] dès l'origine, l'objet d'un double discours, laudatif ou péjoratif, mais toujours politique, et qu'on en a fait une des causes déterminantes de la Révolution française qui aurait incarné leurs valeurs. Comme les Lumières, la Révolution a servi de modèle et de référence aux mouvements de libération nationale européens tout au long du xixe […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lumieres/#i_3768

MALESHERBES CHRÉTIEN GUILLAUME DE LAMOIGNON DE (1721-1794)

  • Écrit par 
  • Olivier COLLOMB
  •  • 360 mots

Fils d'un chancelier de France, premier président de la Cour des aides en 1750, Malesherbes est surtout directeur général de la Librairie, en fait chef de la censure ; en cette qualité, il protège officieusement ce qu'il est chargé d'interdire : l'achèvement de l'Encyclopédie est son œuvre. Il manifeste […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/malesherbes-chretien-guillaume-de-lamoignon-de/#i_3768

MALLET DU PAN JACQUES (1749-1800)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 550 mots

Avec Burke, Gentz et J. de Maistre, Mallet du Pan fut l'un des principaux théoriciens de la contre-révolution. D'origine suisse, il s'est imprudemment mêlé aux troubles de Genève, soutenant en 1766 la cause des « natifs », les immigrés récents, contre l'ancienne […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-mallet-du-pan/#i_3768

MANIFESTE, arts

  • Écrit par 
  • Nathalie HEINICH
  •  • 2 729 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « S'opposer »  : […] enfin un autre facteur, d'ordre plus général et historique. Il s'agit de la référence commune que constitua la Révolution française, contribuant doublement à la forme oppositionnelle de ces mouvements artistiques. Tout d'abord, c'est durant la période révolutionnaire qu'apparurent pour la première fois ouvertement ces « groupes » si familiers à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/manifeste-arts/#i_3768

MARAT JEAN-PAUL (1743-1793)

  • Écrit par 
  • Jean VIDALENC
  •  • 1 873 mots

lui valurent une certaine notoriété dans les milieux cultivés de Londres, puis de Paris. Il devait devenir, dès les débuts de la Révolution, un journaliste connu dans les milieux jacobins. Défendant dans L'Ami du peuple des solutions de plus en plus radicales, il dénonça les ennemis de la Révolution telle qu'il la concevait, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-paul-marat/#i_3768

MARIE-ANTOINETTE (1755-1793) reine de France

  • Écrit par 
  • Solange MARIN
  •  • 1 139 mots
  •  • 3 médias

Fille de Marie-Thérèse d'Autriche et de François de Lorraine, celle que les siens nommaient Antonia est destinée tout enfant à sceller la réconciliation de la monarchie française avec celle des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marie-antoinette/#i_3768

MARSEILLAISE LA

  • Écrit par 
  • Guillaume MAZEAU
  •  • 2 972 mots
  •  • 5 médias

Chant patriotique composé pendant la période révolutionnaire au moment où la France déclarait la guerre à l’Autriche (1792), La Marseillaise divisa les Français au xixe siècle […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marseillaise-la/#i_3768

MAXIMUM LOIS DU (1793 et 1794)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 298 mots

Lors de la Révolution française, sous la pression populaire née de la disette dans les villes et plus particulièrement à Paris, la Convention doit se résigner à intervenir sur le plan économique. Elle vote une loi contre l'accaparement punissant de mort la spéculation, le 27 juillet 1793. Un peu plus tard, le 29 septembre, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lois-du-maximum/#i_3768

MÉDIÉVALE ARCHÉOLOGIE

  • Écrit par 
  • Luc BOURGEOIS
  •  • 4 881 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Accepter le Moyen Âge »  : […] Il est vrai que les outils d’analyse permettant de faire des vestiges matériels des sources à part entière faisaient encore défaut. Avec la période ouverte par la Révolution française, on voit se développer deux tendances apparemment contradictoires : le nouveau pouvoir revendique la destruction ou la vente des symboles de la monarchie et de l’ […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/archeologie-medievale/#i_3768

MÉLODRAME

  • Écrit par 
  • Anne UBERSFELD
  •  • 3 298 mots

Dans le chapitre « Mélodrame et Révolution »  : […] Le début de la Révolution de 1789 marque la naissance du mélodrame, comme si l'intervention de l'histoire dans la vie concrète des hommes de la rue et le droit nouveau du tiers état aux privilèges de la culture étendaient le champ d'action du théâtre. En effet, les premières œuvres datent de 1790-1791 (Olympe de Gouges, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/melodrame/#i_3768

MERLIN DE DOUAI PHILIPPE ANTOINE MERLIN dit (1754-1838)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 388 mots

Fils d'agriculteur, reçu avocat à Douai, Merlin est déjà conseiller juridique et financier du duc d'Orléans avant la Révolution. Député à la Constituante, il y soutient le parti patriote ; député à la Convention, il siège à la Plaine, mais vote presque toujours avec la Montagne, notamment pour la mort de Louis XVI. Il reçoit […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/merlin-de-douai/#i_3768

MIRABEAU HONORÉ GABRIEL RIQUETTI comte de (1749-1791)

  • Écrit par 
  • Olivier COLLOMB
  •  • 988 mots

« Ne vous effrayez pas » dit-on à son père le marquis, avant de lui montrer l'héritier de son nom, fort vigoureux mais affreux de visage. Sans illusions, le marquis écrivait à son frère le bailli : « Ton neveu est celui de Satan. » Une petite vérole mal soignée acheva de donner à Mirabeau un physique effrayant ; il dira lui-même : « Quand je secoue […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gabriel-honore-mirabeau/#i_3768

MONARCHIE

  • Écrit par 
  • Jacques ELLUL
  •  • 9 646 mots

Dans le chapitre « La monarchie constitutionnelle française (1790-1792) »  : […] un régime qui s'était formé de façon pragmatique. D'une expérience progressivement acquise on faisait un système, et c'est ce système qui fut appelé monarchie constitutionnelle. L'Assemblée constituante essaya de mettre sur pied un régime rationnellement conçu et organisé qui correspondît à la théorie. Mais il faut distinguer deux périodes […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/monarchie/#i_3768

MONGE GASPARD (1746-1818)

  • Écrit par 
  • Bruno BELHOSTE
  •  • 2 226 mots

Dans le chapitre « Vie de Monge »  : […] C'est avec enthousiasme qu'il accueille la Révolution, adoptant des positions de plus en plus radicales. Il appartient au club des Jacobins. L'Assemblée législative le désigne ministre de la Marine après la chute du roi, le 10 août 1792. Pendant ses huit mois de passage au ministère, il se trouve entraîné malgré lui dans la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gaspard-monge/#i_3768

MONNAIE MÉTALLIQUE EN FRANCE - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Pascal BURESI
  •  • 397 mots

15 août 1795 La loi du 28 thermidor an III fait du « franc » l'unité monétaire de la France à la place de la livre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/monnaie-metallique-en-france-reperes-chronologiques/#i_3768

MOREAU JEAN VICTOR (1763-1813)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 604 mots

Né à Morlaix, fils d'un avocat breton, étudiant en droit à Rennes, le jeune Moreau est déjà mêlé, comme prévôt des étudiants, aux troubles parlementaires de la ville en 1788 ; c'est lui qui fonde et préside la Fédération de la jeunesse bretonne et angevine à Pontivy en 1790. Lieutenant-colonel dans l'armée du Nord en 1792, il sert sous Dumouriez — […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-victor-moreau/#i_3768

MUSÉE

  • Écrit par 
  • Robert FOHR
  •  • 11 420 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'empire des musées »  : […] Nous vivons encore aujourd'hui, en matière de musées, sur l'œuvre de la Révolution et sur ses répercussions. En nationalisant les collections royales et les biens de l'Église et des émigrés, les hommes de la Constituante et de la Convention mettaient en application l'idée, déjà en germe dans l'esprit des Lumières, que le patrimoine culturel, jusque […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/musee/#i_3768

NAPOLÉON Ier BONAPARTE (1769-1821) empereur des Français (1804-1814 et 1815)

  • Écrit par 
  • Jacques GODECHOT
  • , Universalis
  •  • 8 307 mots
  •  • 13 médias

Dans le chapitre « Les années jacobines »  : […] En septembre 1789, il rejoignit les partisans de Paoli, que l'Assemblée nationale avait autorisé à rentrer en Corse. Mais Paoli n'avait aucune sympathie pour un homme dont le père l'avait trahi et qu'il considérait comme un étranger. Déçu, Bonaparte retourna en France et, en avril 1791, il fut nommé premier lieutenant au 4e […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/napoleon-ier-bonaparte/#i_3768

NATION - L'idée de nation

  • Écrit par 
  • Georges BURDEAU, 
  • Pierre-Clément TIMBAL
  •  • 4 391 mots

Dans le chapitre « L'éclatement du concept de nation »  : […] Au phénomène à la fois historique et sociologique que fut la formation de la réalité nationale, la pensée révolutionnaire en France est venue apporter une consécration juridique en faisant de la nation un sujet de droit. Propriétaire de la souveraineté, la nation est la source de tous les pouvoirs qui ne peuvent être exercés qu'en son nom. À ce […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nation-l-idee-de-nation/#i_3768

NATIONALITÉS PRINCIPE DES

  • Écrit par 
  • André THÉPOT
  •  • 2 481 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Nationalités et Révolution française »  : […] En effet, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen implique en fait une déclaration du droit des peuples. Si la souveraineté réside dans la nation et si, d'autre part, la loi est l'expression de la volonté générale, il s'ensuit que seule cette volonté générale est compétente pour créer, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/principe-des-nationalites/#i_3768

NECKER JACQUES (1732-1804)

  • Écrit par 
  • Louis TRENARD
  •  • 793 mots

Né à Genève, fils d'un régent de collège, destiné au commerce, Necker fait son noviciat commercial à la banque Vernet, à Paris. Il amasse une fortune honorable, fonde une banque en 1765. Nommé président par la République de Genève, il inspire confiance à Choiseul. Syndic de la Compagnie des Indes, il la ranime et la défend […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-necker/#i_3768

NOIRS SOCIÉTÉ DES AMIS DES

  • Écrit par 
  • Martine MEUSY
  •  • 437 mots

Fondée en 1788 par Brissot, Clavière et Mirabeau, la Société des amis des Noirs se proposait de mettre en œuvre la doctrine anti-esclavagiste et abolitionniste dont Montesquieu et l'abbé Raynal furent des précurseurs, mais qui avait pris forme tout spécialement en Angleterre avec William Wilberforce, pour atteindre, vers […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/societe-des-amis-des-noirs/#i_3768

NORMANDIE

  • Écrit par 
  • Armand FRÉMONT, 
  • Lucien MUSSET
  •  • 7 270 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « Un pays conservateur (XIXe-XXe siècle) »  : […] l'Ancien Régime, l'histoire normande présente peu d'originalité. Les Normands mirent peu de zèle, après 1790, à participer aux grands épisodes de la Révolution. L'insurrection « fédéraliste » – plus exactement légaliste et girondine – de l'été 1793 se localisa dans l'Eure et le Calvados, plutôt en raison de leur proximité de Paris, que par un […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/normandie/#i_3768

OCTOBRE 1789 JOURNÉES DES 5 & 6

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 347 mots

Les journées d'octobre 1789 marquent un tournant dans l'histoire de la Révolution en laissant présager la chute de la monarchie. À l'issue de ces journées, en effet, le roi s'est retrouvé prisonnier de Paris. L'opinion avait manifesté son inquiétude devant le retard apporté par Louis XVI à la ratification des résolutions […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/journees-des-5-et-6-octobre-1789/#i_3768

OPINION PUBLIQUE

  • Écrit par 
  • Patrick CHAMPAGNE
  •  • 4 998 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « L'opinion publique et le suffrage censitaire »  : […] Mais c'est surtout dans la période révolutionnaire, alors que l'espace politique est à la recherche, après la chute de la royauté, d'un nouveau principe de légitimité pouvant reposer sur les « citoyens actifs » et le vote majoritaire, que la notion va être utilisée par les acteurs et les théoriciens politiques. Elle désigne alors l'opinion des élus […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/opinion-publique/#i_3768

ORLÉANISME

  • Écrit par 
  • José MURACCIOLE
  •  • 925 mots

Traditionnellement, le duché d'Orléans donnait son nom au deuxième fils du roi de France. À sa naissance, il était fait duc d'Orléans de même que son frère aîné le futur roi était dénommé Dauphin. Par la suite, et surtout à partir de 1610, les ducs d'Orléans prirent l'habitude de grouper autour d'eux la faction des mécontents et le nom d'orléanisme […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/orleanisme/#i_3768

ORLÉANS LOUIS PHILIPPE JOSEPH duc d' (1747-1793) dit PHILIPPE ÉGALITÉ

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 489 mots

Arrière-petit-fils du Régent, le duc d'Orléans est, à la veille de la Révolution, l'un des princes les plus riches de France et le partisan le plus chaleureux des idées nouvelles. Grand maître de la franc-maçonnerie, affectant de penser comme les républicains d'Amérique et de vivre comme les membres des clubs londoniens, il […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/orleans-louis-philippe-joseph-duc-d-1747-1793-dit-philippe-egalite/#i_3768

PAINE ou PAYNE THOMAS (1737-1809)

  • Écrit par 
  • Ghislain de DIESBACH
  •  • 766 mots

Après avoir été successivement valet de ferme, matelot, fabricant de corsets, comptable au Trésor, percepteur et surveillant dans un collège, Thomas Paine, à qui rien jusqu'alors n'a réussi, pas même le mariage, rencontre à Londres Benjamin Franklin et, muni de recommandations de ce dernier, s'en va tenter sa chance à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/paine-payne/#i_3768

PASSAGES, architecture

  • Écrit par 
  • Jean-François POIRIER
  •  • 7 079 mots

Dans le chapitre « La Révolution et les confiscations »  : […] Parmi les circonstances historiques qui vont permettre la création des passages, la Révolution française joue un rôle capital. Le 2 décembre 1789, l'Assemblée nationale décrète que « tous les biens ecclésiastiques sont à la disposition de la nation ». Les biens du clergé devenus nationaux ainsi que les hôtels particuliers […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/passages-architecture/#i_3768

PATRIMOINE, art et culture

  • Écrit par 
  • Jean-Michel LENIAUD
  •  • 10 147 mots

Dans le chapitre « La Révolution et la centralisation patrimoniale »  : […] Depuis la parution des ouvrages de Bernard Deloche et Jean-Michel Leniaud, La Culture des sans-culottes. Le premier dossier du patrimoine, 1789-1798 (1989) et d'Édouard Pommier, L'Art de la liberté. Doctrines et débats de la Révolution française (1991), le caractère éminemment politique de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/patrimoine-art-et-culture/#i_3768

PATRIMOINE ARTISTIQUE DES ÉGLISES DE PARIS

  • Écrit par 
  • Georges BRUNEL
  •  • 2 818 mots

La Révolution de 1789 est donc l'événement qui a eu les plus grandes conséquences dans l'histoire du patrimoine religieux. Tout le monde sait que l'Église, sous l'Ancien Régime, formait l'un des trois ordres de l'État et qu'elle était propriétaire de biens immenses. En contrepartie, l'Église assurait certaines fonctions que nous appellerions des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/patrimoine-artistique-des-eglises-de-paris/#i_3768

PAYS-BAS

  • Écrit par 
  • Christophe DE VOOGD, 
  • Frédéric MAURO, 
  • Guido PEETERS, 
  • Christian VANDERMOTTEN
  • , Universalis
  •  • 35 589 mots
  •  • 24 médias

Dans le chapitre « Révolution et restauration 1780-1830 »  : […] ses abus et sa corruption. La République fut épargnée par les premières phases de la Révolution française (1789-1794). Seuls les Pays-Bas autrichiens furent conquis par les Français. Après Thermidor, l'Armée du nord se lança à l'attaque sous le commandement de Pichegru et atteignit le Waal. Poussés par la faim, les Français franchirent les fleuves […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pays-bas/#i_3768

PÉDAGOGIE - Les courants modernes

  • Écrit par 
  • Antoine LÉON
  •  • 4 232 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le thème de la démocratisation dans les projets révolutionnaires »  : […] de la révolution industrielle anglaise des années 1780 et de la révolution politique française des années 1789-1799. Cette dernière comporte deux phases contrastées. La première est marquée par la hardiesse des projets et la faiblesse des réalisations. La seconde, inaugurée par la chute de Robespierre, est caractérisée, au contraire, par le recul […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pedagogie-les-courants-modernes/#i_3768

PÉTION DE VILLENEUVE JÉRÔME (1756-1794)

  • Écrit par 
  • Roger DUFRAISSE
  •  • 318 mots

Avocat à Chartres, Jérôme Pétion de Villeneuve est élu député aux états généraux par le tiers état de son bailliage. Bon orateur et, jusqu'à la fin de la Constituante, compagnon inséparable de Robespierre qui appréciait son honnêteté, il fréquente dès cette époque le salon de Mme Roland et il est […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jerome-petion-de-villeneuve/#i_3768

PICHEGRU JEAN CHARLES (1761-1804)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 520 mots

Fils d'un cultivateur du pays d'Arbois, Pichegru parvient très jeune à devenir répétiteur de mathématiques à Brienne ; il s'engage comme soldat en 1780 (contrairement à la légende, Napoléon n'aura donc guère eu le temps de profiter de ses connaissances mathématiques) et fait la guerre d'Amérique. Sergent-major en 1789, il milite avec ardeur au […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-charles-pichegru/#i_3768

PILLNITZ DÉCLARATION DE (1791)

  • Écrit par 
  • Ghislain de DIESBACH
  •  • 845 mots

Observateurs narquois et secrètement ravis des embarras de Louis XVI, l'empereur Léopold II et le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume II, finissent par s'inquiéter de l'« anarchie » qui règne en France et menace, par la contagion de l'exemple, de s'étendre à toute l'Europe. Contre une Assemblée qui prétend exercer partout des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/declaration-de-pillnitz/#i_3768

POLICE SOUS LA RÉVOLUTION ET L'EMPIRE

  • Écrit par 
  • Vincent DENIS
  •  • 3 209 mots
  •  • 1 média

La Révolution et l'époque napoléonienne peuvent être considérées comme des périodes charnières pour la police en France. La police n'est plus seulement un mode de gouvernement souple, mais elle devient une véritable institution, avec son personnel spécialisé et la création du ministère de la Police générale en 1796. C'est […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/police-sous-la-revolution-et-l-empire/#i_3768

PRAIRIAL AN II LOI DU 22 (1794)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 351 mots

La loi du 22 prairial an II (10 juin 1794) est restée célèbre dans l'histoire de la Révolution française pour avoir porté la Terreur à son apogée. Deux jours après la fête de l'Être suprême qui a consacré la domination de Robespierre et laissé croire qu'il allait fermer « l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/loi-du-22-prairial-an-ii/#i_3768

PRAIRIAL AN III JOURNÉE DU 1er (1795)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 331 mots

Le 12 germinal an III (1er avril 1795), la Convention est bloquée par une insurrection des faubourgs Saint-Marcel et Saint-Antoine aux cris de « Du pain et la constitution ! ». L'abolition du maximum a entraîné une hausse vertigineuse des prix : celui de la livre de pain ne cesse de monter. Les boulangeries distribuent avec […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/journee-du-prairial-an-iii/#i_3768

PROGRÈS TECHNIQUE

  • Écrit par 
  • Clive LAMMING
  •  • 1 321 mots

La Révolution française est très manifestement en faveur des techniques et de l'industrie, et la création, à Paris, du Conservatoire national des arts et métiers en 1794 ne fait qu'aller dans ce sens. La force intellectuelle de la Révolution est d'être issue des « lumières » des philosophes du […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/progres-technique/#i_3768

PROPAGANDE

  • Écrit par 
  • Xavier LANDRIN
  •  • 7 631 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « Propagande d'Église et d'État »  : […] Il n'est pas étonnant de retrouver ces transformations durables dans la période révolutionnaire, notamment sous l'aspect des cultes déistes qui reposent sur un mouvement contradictoire de déchristianisation et d'emprunt aux propagandes religieuses qui se vérifie à la fois dans les lieux de culte (églises ou temples de la Raison), la liturgie ( […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/propagande/#i_3768

PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE

  • Écrit par 
  • Bernard FAU
  •  • 6 883 mots

Dans le chapitre « Droits sur les créations nouvelles »  : […] s'étaient efforcées de donner une uniformité à la protection de la création industrielle, c'est la période révolutionnaire qui marque l'histoire du droit de propriété industrielle par la première loi française garantissant la protection des inventeurs. Le décret du 7 janvier 1791 déclare que les inventeurs sont propriétaires de leurs inventions et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/propriete-industrielle/#i_3768

PROSTITUTION DE 1789 À 1949

  • Écrit par 
  • Yannick RIPA
  •  • 2 195 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « La Révolution française contre la dépravation des mœurs »  : […] Les cahiers de doléances rédigés pour la réunion des États généraux de 1789 réclament un contrôle du recrutement des prostituées et des réseaux de maquerellage, la concentration géographique des filles de joie et la répression de la prostitution non dissimulée, sans toutefois chercher les causes du phénomène. Les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/prostitution/#i_3768

PUISAYE JOSEPH comte de (1755-1827)

  • Écrit par 
  • Jean-Clément MARTIN
  •  • 309 mots

Issu d'une famille de vieille noblesse, colonel en 1783, Puisaye commence sa carrière politique en représentant la noblesse du Perche aux assemblées provinciales de 1787, puis est élu comme député de la noblesse aux États généraux, où il joue un petit rôle. À cette époque, il paraît peu favorable au courant réformateur. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/joseph-puisaye/#i_3768

QUATORZE JUILLET 1789

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 401 mots
  •  • 1 média

La prise de la Bastille le 14 juillet 1789 n'est qu'une péripétie dans l'histoire de la Révolution, mais elle a pris valeur de symbole. Cette insurrection populaire, première apparition du peuple de Paris sur la scène révolutionnaire (le saccage, le 28 avril 1789 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/quatorze-juillet-1789/#i_3768

QUATRE AOÛT 1789 NUIT DU

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 430 mots
  •  • 1 média

Dans la nuit du 4 août 1789 disparaît l'ancienne France fondée sur le privilège et les vieilles structures de la féodalité. La séance du 4 août 1789 de l'Assemblée nationale est la conséquence de la Grande Peur, qui jette les paysans contre les châteaux. Le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nuit-du-quatre-aout-1789/#i_3768

QUATREMÈRE DE QUINCY ANTOINE CHRYSOSTOME QUATREMÈRE dit (1755-1849)

  • Écrit par 
  • Daniel RABREAU
  •  • 1 430 mots

Dans le chapitre « Les séjours en Italie »  : […] Aucun domaine culturel et artistique n'échappe désormais aux réflexions de Quatremère. Ses responsabilités politiques successives lui donnent une audience exceptionnelle. Représentant de la Commune de Paris (1789-1790), il y lit, par exemple, un discours fort remarqué sur La Liberté des théâtres. Député de l'Assemblée nationale […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/quatremere-de-quincy/#i_3768

QUATREVINGT-TREIZE, Victor Hugo - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Philippe DULAC
  •  • 1 150 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Vers la concorde nationale »  : […] Toute sa vie, Hugo eut présente à l'esprit la Révolution française. S'il acceptait aisément 1789 qui libérait le peuple de son joug, il refusa longtemps 1793, la Terreur et ses luttes fratricides. N'était-il pas le fils d'une vendéenne et d'un officier républicain ? Pourtant, à mesure qu'évoluaient […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/quatrevingt-treize/#i_3768

RAISON CULTE DE LA

  • Écrit par 
  • Jean DÉRENS
  •  • 428 mots

Depuis 1790, un culte civique s'était peu à peu esquissé au fil des grandes fêtes, telle la fête de la Fédération le 14 juillet 1790. Le culte de la Raison est un des caprices de ce culte civique que les révolutionnaires ont tenté d'établir d'une manière désordonnée jusqu'à la création du culte de l'Être […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/culte-de-la-raison/#i_3768

RÉFÉRENDUM

  • Écrit par 
  • Edmond JOUVE
  •  • 2 831 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Des vertus contestées »  : […] Pour les hommes de la Révolution française, le référendum avait le grand mérite de donner la parole au peuple. Le 4 septembre 1789, J.-P. Rabaut Saint-Étienne et J. Pétion proposent de soumettre au corps électoral les lois que le roi aurait refusé de sanctionner. Le 5, P. S. Dupont de Nemours défend cette idée. Le 22 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/referendum/#i_3768

REPRÉSENTANTS DU PEUPLE EN MISSION

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 424 mots

Dans le gouvernement révolutionnaire de la France dont le centre d'impulsion est la Convention, les représentants en mission jouent un rôle déterminant. Recrutés parmi les conventionnels eux-mêmes, ils sont chargés de faire appliquer les décrets votés par l'Assemblée. Leurs pouvoirs sont presque illimités. En mai 1793, le Comité […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/representants-du-peuple-en-mission/#i_3768

REUBELL JEAN-FRANÇOIS (1747-1807)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 370 mots

Quand la Révolution éclate, le quadragénaire Reubell, bâtonnier de l'ordre des avocats à Colmar, n'a encore jamais quitté sa province natale ; député du tiers, il se fait remarquer à la Constituante par son opiniâtreté, soit pour dénoncer comme des tyrans les princes étrangers possessionnés en Alsace, soit pour combattre les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-francois-reubell/#i_3768

RÉVOLUTION & EMPIRE, armée

  • Écrit par 
  • Jean-Paul BERTAUD
  •  • 8 855 mots
  •  • 1 média

sur l'armée d'Ancien Régime, les recherches sur l'armée de la Révolution et de l'Empire se sont orientées vers l'étude sociale des soldats et des cadres des demi-brigades ou des régiments de la Grande Nation. Sans oublier, comme le soulignait jadis Marcel Reinhard et comme l'affirma aussi le général Gambiez, président de la commission […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/revolution-et-empire-armee/#i_3768

RÉVOLUTION FRANÇAISE ARTS SOUS LA

  • Écrit par 
  • Udolpho van de SANDT
  •  • 2 120 mots
  •  • 1 média

Après avoir visité le Salon de 1791, le premier Salon « libre » ouvert par un décret de l'Assemblée nationale à tous les artistes sans distinction, le graveur J.-G. Wille notait dans son Journal : « J'y vis du sublime, du beau et bon, du médiocre, du mauvais et de la croûterie. » Cette idée reçue que la Révolution française […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/arts-sous-la-revolution-francaise/#i_3768

RHIN & MOSELLE ARMÉE DE

  • Écrit par 
  • Jean DELMAS
  •  • 410 mots

Héritière de l'armée du Rhin de 1792 qui, après avoir occupé puis évacué Mayence, dut en assurer le blocus, dans des conditions matérielles si difficiles et au prix de telles pertes qu'il devint nécessaire de la renforcer par l'armée de Moselle. Ainsi naît en l'an III (1795) l'armée de Rhin et Moselle qui, d'abord commandée par Pichegru, tient le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/armee-de-rhin-et-moselle/#i_3768

RISORGIMENTO

  • Écrit par 
  • Paul GUICHONNET
  •  • 4 793 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « La naissance d'une conscience nationale »  : […] décennies du xviiie siècle, à la fois renforcé l'absolutisme et atténué l'archaïsme de l'Ancien Régime et le poids du système féodal. Mais, devant la crise qui aboutira à la révolution de 1789, les monarques italiens avaient arrêté le cours des réformes et étaient revenus à des positions conservatrices […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/risorgimento/#i_3768

ROBESPIERRE MAXIMILIEN DE (1758-1794)

  • Écrit par 
  • Marcel REINHARD
  •  • 2 438 mots

Robespierre incarne la Révolution française dans sa tendance démocratique et ses méthodes terroristes, ce qui lui vaut, selon la règle, des admirateurs et des détracteurs. Toutefois, les premiers sont longtemps demeurés rares, parce que Robespierre déplaisait à beaucoup de révolutionnaires en raison de ses convictions […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/maximilien-de-robespierre/#i_3768

ROCHE DANIEL (1935-     )

  • Écrit par 
  • Michel DELON
  •  • 1 120 mots

archives aussi bien que dans les gravures et les textes littéraires. Elle récuse l'image d'une simple aliénation ou passivité de cette population bruyante, remuante et inventive, aussi bien que celle d'une progressive prise de conscience qui culminerait avec 1789. Les gestes et les croyances du peuple parisien apparaissent comme […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/daniel-roche/#i_3768

RŒDERER PIERRE LOUIS (1754-1835)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 956 mots

Fils de parlementaire, lui-même conseiller au parlement de Metz à vingt-cinq ans, auteur de nombreux mémoires fort prisés de l'Académie de Metz, Rœderer arrive aux États généraux avec une forte réputation d'économiste et de financier, comme avec une solide expérience du journalisme. Jacobin modéré à la Constituante, il fait […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-louis-roederer/#i_3768

ROLAND MANON (1754-1793) & JEAN MARIE (1734-1793)

  • Écrit par 
  • Roger DUFRAISSE
  •  • 486 mots

Inspecteur général des manufactures de la généralité de Lyon à la veille de la Révolution, Roland a épousé en 1780 une Parisienne de condition modeste, mais bien plus jeune que lui, belle et instruite, nourrie de Rousseau, et qui dira plus tard que la lecture de Plutarque « l'avait disposée à devenir républicaine ». En 1790, le ménage s'installe […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/roland-manon-et-jean-marie/#i_3768

ROMME CHARLES GILBERT (1750-1795)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 315 mots

Mathématicien français. Charles Romme, après avoir été formé au collège des oratoriens de Riom, devient précepteur du jeune comte Stroganov en Russie où ses idées ouvrent la voie au futur mouvement décabriste. De retour en France, il est envoyé par le Puy-de-Dôme à l'Assemblée législative puis à la Convention où il siège sur les bancs de la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-gilbert-romme/#i_3768

ROUX JACQUES (1752-1794)

  • Écrit par 
  • Roger DUFRAISSE
  •  • 262 mots

Né dans une famille bourgeoise, Jacques Roux devient professeur au séminaire d'Angoulême, puis curé dans le diocèse de Saintes. Il adhère d'enthousiasme à la Révolution, mais il est frappé d'interdit puis révoqué sous l'accusation d'avoir participé au pillage des châteaux en avril 1790. Il s'installe à Paris, prête serment à la Constitution civile […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-roux/#i_3768

RURAL DROIT

  • Écrit par 
  • Joseph HUDAULT
  •  • 4 839 mots

Dans le chapitre «  Le droit rural antérieur au statut du fermage (1789-1945) »  : […] Cette conception est issue de la Révolution, qui a érigé en dogme et inscrit dans la Déclaration des droits, un droit de propriété, qualifié de romain, en réaction contre le système foncier des démembrements et tenures en vigueur sous l'Ancien Régime. Dans cette perspective, tout ce qui entrave les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/droit-rural/#i_3768

SAINT-ANTOINE FAUBOURG

  • Écrit par 
  • Jean DÉRENS
  •  • 851 mots

Édifié à partir du xvie siècle autour de l'abbaye du même nom, entre la Bastille et la place du Trône, le faubourg Saint-Antoine a été, à plusieurs reprises, un lieu d'affrontements et un foyer d'agitation dans la capitale, et cela dès le xviie siècle […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/faubourg-saint-antoine/#i_3768

SAINT-JUST LOUIS (1767-1794)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 1 582 mots

Archange de la Terreur ou galopin sanglant ? Théoricien lucide de la Révolution ou ridicule auteur d'un laborieux pastiche de Rousseau ? Dernier Spartiate épris de justice sociale ou prêtre fanatique d'un culte de mort ? « Un monstre, écrit Mignet, mais peigné. » « Une lampe dans un tombeau », ajoute Barrès. « Sur un […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-saint-just/#i_3768

SALUT PUBLIC COMITÉ DE

  • Écrit par 
  • Michel EUDE
  •  • 475 mots

Au début de janvier 1793, lorsque se précise la menace d'une guerre générale, la Convention crée dans son sein un Comité de défense générale. Ses membres étaient trop nombreux et la publicité des séances incompatible avec le secret nécessaire aux préparatifs militaires. La Commission de salut public, créée le 25 mars, ne réussit pas mieux. Le 6 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/comite-de-salut-public/#i_3768

SAMBRE & MEUSE ARMÉE DE

  • Écrit par 
  • Jean DELMAS
  •  • 487 mots

La plus représentative des armées de la Révolution française. Née en l'an II, très caractéristique de ces soldats de l'an II dont la légende s'est emparée, débutant sous les heureux auspices de Fleurus (26 juin 1794), commandée par Jourdan, puis par Hoche, l'armée de Sambre et Meuse compte dans ses rangs Kléber, Marceau, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/armee-de-sambre-et-meuse/#i_3768

SARDAIGNE

  • Écrit par 
  • André PALLUEL-GUILLARD, 
  • Pierre-Yves PÉCHOUX
  • , Universalis
  •  • 3 145 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Révolution et réaction (1792-1848) »  : […] III, le régime se teintait de conservatisme au moment où les idées nouvelles se répandaient dans l'opinion. La Révolution française vint donc ébranler un État mal préparé. En 1792, la Savoie et Nice étaient perdues, la Sardaigne se soulevait, en Piémont complots et émeutes se succédaient. En 1796 enfin, les Français franchirent les Alpes ; mal […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sardaigne/#i_3768

SECTIONS PARISIENNES

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 286 mots

Pour les élections aux États généraux, un règlement royal du 13 avril 1789 avait divisé en soixante districts la ville de Paris, précédemment formée de vingt et un quartiers. Après la révolution municipale, un décret du 21 mai 1790 (publié le 27 juin) supprima l'ancienne organisation : « La ville de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sections-parisiennes/#i_3768

SEPTEMBRE MASSACRES DE (1792)

  • Écrit par 
  • Bernard PLONGERON
  •  • 912 mots

Rien de plus ambigu que le cri, lancé à Paris, au mois d'août 1792 : « La patrie en danger ! » Le péril est-il à l'intérieur, où de nombreuses perquisitions, chez les prêtres réfractaires, débusquent des agences royalistes et prouvent les complicités épistolaires avec les émigrés ? Est-il à l'extérieur, d'où parviennent de sinistres nouvelles : […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/massacres-de-septembre/#i_3768

SIEYÈS ou SIEYS EMMANUEL JOSEPH (1748-1836)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 689 mots
  •  • 1 média

Né à Fréjus, fils d'un directeur de la poste aux lettres, Emmanuel Sieyès se voit refuser l'ordination au séminaire de Saint-Sulpice pour manque, au moins apparent, de vocation ; il réussit à se faire ordonner prêtre ailleurs et se retrouve grand vicaire de l'évêque de Chartres en 1787 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sieyes-sieys/#i_3768

SOCIÉTÉS FRATERNELLES, Révolution française

  • Écrit par 
  • Jean DÉRENS
  •  • 516 mots

Le 22 décembre 1789, l'Assemblée constituante, par la distinction qu'elle établissait entre citoyens actifs et citoyens passifs, avait écarté de la vie politique toute la masse populaire du pays. C'est le désir qu'eurent les citoyens passifs de se rassembler et de faire entendre leur voix autrement que par l'émeute, ainsi que celui de s'instruire […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/societes-fraternelles-revolution-francaise/#i_3768

SOCIOLOGIE - Histoire

  • Écrit par 
  • Michel LALLEMENT
  •  • 6 414 mots

Dans le chapitre « Le temps des pionners »  : […] des pays d'Europe occidentale à compter du xviiie siècle. En France, la Révolution de 1789 fournit tôt matière à débat. Au nom d'un principe de sociabilité naturelle, des penseurs réactionnaires (Edmund Burke, Joseph de Maistre, Louis de Bonald...) condamnent sévèrement l'individualisme et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sociologie-histoire/#i_3768

SPINOZA BARUCH (1632-1677)

  • Écrit par 
  • Robert MISRAHI
  •  • 12 184 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le XVIIIe siècle : la lutte antireligieuse, la formation du matérialisme et la pensée révolutionnaire »  : […] Au sujet de la préparation de la Révolution, à laquelle on comprend maintenant que Spinoza a profondément participé, il faut citer encore Sieyès. Ses discours à la Convention et son Projet pour servir à la Constitution de l'an VIII sont si proches des constitutions monarchistes et aristocratiques du Traité […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/baruch-spinoza/#i_3768

SÛRETÉ GÉNÉRALE COMITÉ DE (1791-1795)

  • Écrit par 
  • Michel EUDE
  •  • 416 mots

À la suite de la découverte de tentatives de recrutement pour l'émigration, l'Assemblée législative décide, le 25 novembre 1791, de créer un Comité de surveillance, chargé de poursuivre les affaires de contre-révolution, et qui deviendra, sans solution de continuité, le Comité de sûreté générale de la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/comite-de-surete-generale/#i_3768

SUSPECTS LOI DES (1793)

  • Écrit par 
  • Ghislain de DIESBACH
  •  • 245 mots

Votée le 12 août 1793, en pleine Terreur dont elle devient le meilleur instrument, la loi des suspects voit son champ d'application, déjà fort vaste, singulièrement élargi par le décret du 17 septembre. Elle permet l'arrestation immédiate, sans motif comme sans preuve, de tous ceux qui « n'ont pas constamment manifesté leur attachement à la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/loi-des-suspects/#i_3768

TABLEAU DE PARIS, Louis Sébastien Mercier - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Michel DELON
  •  • 1 157 mots

Dans le chapitre « « Le Nouveau Paris » »  : […] 1789 est venu interrompre la publication du Tableau de Paris et relancer l'écriture de Mercier, qui s'engage dans la Révolution et manque y laisser sa tête. Il dirige un périodique, collabore à plusieurs autres publications. Ce travail journalistique constitue la base du Nouveau Paris qui sort des presses à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tableau-de-paris/#i_3768

TALLEYRAND-PÉRIGORD CHARLES MAURICE DE (1754-1838) prince de Bénévent (1806)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 1 194 mots

Illustre famille noble, claudication dès l'enfance, conviction de n'être pas aimé de sa mère, obligation familiale d'entrer dans les ordres sans vocation : de ces quatre données initiales pourrait se déduire un essai d'explication socio-psychanalytique du personnage, et se dégager le sens fantasmatique plutôt qu'historique de cette « douceur de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-maurice-de-talleyrand-perigord/#i_3768

TALLIEN JEAN LAMBERT dit (1767-1820)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 555 mots

Fils d'un maître d'hôtel du comte de Bercy, clerc de notaire puis de procureur, Tallien fait ses premières armes de militant révolutionnaire en fondant (1790) la Société fraternelle du faubourg Saint-Antoine, puis (1791) un journal maratiquement intitulé L'Ami du citoyen. Député à la Convention, il siège […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tallien/#i_3768

TERREUR LA

  • Écrit par 
  • Jean DÉRENS
  •  • 889 mots

La « volonté punitive » engendrée par une réaction d'autodéfense s'observe d'une manière constante depuis le début de la Révolution française. Elle éclate au grand jour lors des « émotions » populaires, le 14 juillet 1789, le 10 août, pendant les massacres de Septembre. Le désir de créer des tribunaux spéciaux, chargés de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-terreur/#i_3768

TERREUR BLANCHE

  • Écrit par 
  • Guillaume de BERTHIER DE SAUVIGNY
  •  • 339 mots

L'expression de Terreur blanche, dont l'origine reste incertaine, caractérise deux épisodes dans l'histoire de France : en 1795, dans quelques régions du Midi, des bandes de partisans royalistes pourchassèrent et massacrèrent des jacobins qui s'étaient faits les instruments de la Terreur « rouge » des années précédentes ; à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/terreur-blanche/#i_3768

THÉOPHILANTHROPIE

  • Écrit par 
  • Jean DÉRENS
  •  • 800 mots

La création du culte théophilanthrope répond au désir de sauver la République, en fournissant aux citoyens les bases d'une morale publique. Le besoin d'une nouvelle religion s'était fait sentir, dès l'échec de la Constitution civile du clergé, en 1791, et plusieurs tentatives officielles avaient été […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/theophilanthropie/#i_3768

THERMIDOR AN II JOURNÉE DU 9 (27 juill. 1794)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 801 mots

À l'inverse des journées révolutionnaires du 10 août 1792 ou du 2 juin 1793, le peuple n'eut aucune part dans la journée du 9 thermidor qui vit la chute de Robespierre. On a pu dire que le 9-Thermidor correspondait à un simple changement de majorité parlementaire […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/journee-du-thermidor-an-ii/#i_3768

THERMIDORIENS

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 447 mots

On désigne sous le nom de thermidoriens les vainqueurs de Robespierre, les 9 et 10 thermidor an II (27 et 28 juillet 1794). Le nom recouvre donc à la fois des anciens terroristes (Tallien, Barras, Fréron) et des modérés de la Plaine (Sieyès, Boissy d'Anglas, Cambacérès). Ce sont les thermidoriens qui gouvernent la France jusqu'à l'établissement du […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/thermidoriens/#i_3768

THÉROIGNE DE MÉRICOURT ANNE-JOSÈPHE THERWAGNE dite (1762-1817)

  • Écrit par 
  • Élisabeth ROUDINESCO
  •  • 600 mots

Avec Olympe de Gouges et Claire Lacombe, Théroigne de Méricourt est l'une des premières féministes françaises de la période révolutionnaire. Née à Marcourt, au sud de Liège, dans les Pays-Bas autrichiens, Théroigne était issue d'une famille de paysans propriétaires. Elle passa son enfance dans une […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/anne-josephe-theroigne-de-mericourt/#i_3768

TREILHARD JEAN-BAPTISTE (1742-1810)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 278 mots

Avocat au Parlement de Paris, protégé de Turgot, Jean-Baptiste Treilhard plaide dans des affaires si importantes à la veille de la Révolution que la maison de Condé le charge de la défense de ses intérêts. Il est élu par Paris aux États généraux en 1789, prend une part active aux débats, se prononce pour une seule Chambre, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-baptiste-treilhard/#i_3768

TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 872 mots

Entre 1792 et 1794, pendant la Terreur, le Tribunal révolutionnaire de Paris fut l'un des organismes les plus célèbres. Un premier tribunal révolutionnaire, connu sous le titre de tribunal criminel extraordinaire, avait été institué le 17 août 1792. Formé de juges et de jurés, élus par les sections […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tribunal-revolutionnaire/#i_3768

TROIS COULEURS LES

  • Écrit par 
  • Hervé PINOTEAU
  •  • 1 192 mots

Le pouvoir municipal révolutionnaire de Paris créa, le 13 juillet 1789, une nouvelle milice parisienne à cocarde bleu et rouge, antiques couleurs de Paris (dès 1358, l'écu de la ville montrait un bateau d'argent sur champ de gueules sous un chef d'azur fleurdelisé d'or). Nul ne sait cependant qui fabriqua des dizaines de milliers de cocardes où le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-trois-couleurs/#i_3768

TRONCHET FRANÇOIS DENIS (1726-1806)

  • Écrit par 
  • Jean-Michel LÉVY
  •  • 298 mots

Avocat du parlement de Paris, consultant plus que plaidant, élu député du Tiers aux États généraux de 1789, Tronchet domine le comité de la Constituante. Choisi, le 12 décembre, par Louis XVI comme défenseur, il participe avec de Sèze et Malesherbes à la rédaction du long mémoire en défense que, le 22, de Sèze lira à la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/francois-denis-tronchet/#i_3768

VARENNES FUITE À (1791)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 312 mots

Dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 juin 1791, Louis XVI parvient à s'enfuir des Tuileries avec sa famille. Se considérant comme prisonnier du peuple de Paris depuis le 6 octobre 1789, date à laquelle il a dû quitter Versailles, heurté dans ses convictions religieuses par la Constitution civile du clergé, soumis à l'influence du clan absolutiste ( […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/fuite-a-varennes/#i_3768

VENDÉE GUERRES DE

  • Écrit par 
  • Jean-Clément MARTIN
  •  • 1 443 mots

La Vendée, la seule résistance à la Révolution qui se soit appelée « guerre », n'est pas différente dans sa nature de la chouannerie ou d'autres mouvements contre-révolutionnaires. La guerre s'est déroulée essentiellement de 1793 à 1796, mais elle a été menée à nouveau brièvement en 1799 et en 1815, avant de donner son […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/guerres-de-vendee/#i_3768

VENDÉMIAIRE AN IV JOURNÉE DU 13 (1795)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 440 mots

Après avoir rédigé la Constitution dite de l'an III, la Convention aurait dû se séparer et laisser la place aux nouveaux députés. Inquiète de la poussée royaliste qui risque de se traduire par des élections trop réactionnaires, elle décide par le décret du 22 août 1795 que, pour assurer la transition et éviter l'erreur qu'avaient commise les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/journee-du-13-vendemiaire-an-iv/#i_3768

VENTÔSE DÉCRETS DE

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 353 mots

Le problème des décrets de Ventôse (an II — févr.-mars 1794) est lié à celui de la politique sociale des Montagnards pendant la Révolution française. Le 8 ventôse (26 févr. 1794), Saint-Just monte à la tribune : « L'opulence est dans les mains d'un assez grand nombre d'ennemis de la Révolution [...] Les biens des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/decrets-de-ventose/#i_3768

VERGNIAUD PIERRE (1753-1793)

  • Écrit par 
  • Roger DUFRAISSE
  •  • 276 mots

Fils d'un marchand de Limoges, protégé de Turgot qui l'envoya étudier à Paris, Pierre Vergniaud s'installe à Bordeaux comme avocat en 1781. Élu député de la Gironde à la Législative et à la Convention, il est considéré comme orateur prestigieux de la Révolution. Après être devenu républicain à la faveur de ses études sur l'Antiquité romaine, il […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-vergniaud/#i_3768

VERSAILLES

  • Écrit par 
  • Adrien GOETZ
  •  • 3 537 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « Versailles après 1789 »  : […] Avec la Révolution, qui commence en grande pompe à Versailles par la cérémonie d'ouverture des États généraux, se termine la mécanique de cour qui faisait vivre le palais et la cité. Du coup, dans les années qui suivent, il est difficile de donner un sens au […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/versailles/#i_3768

VOLONTAIRES, Révolution française

  • Écrit par 
  • Jean-Michel LÉVY
  •  • 1 018 mots

Réformer l'armée n'est pas la préoccupation dominante des États généraux de 1789. C'est l'attitude du roi qui, en juillet, amène les électeurs parisiens à former une milice de 48 000 hommes, qui prend la Bastille ; et, la province imitant Paris, le royaume va se trouver encadré par une garde nationale […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/volontaires-revolution-francaise/#i_3768

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Pour citer l’article

Jean-Clément MARTIN, Marc THIVOLET, « RÉVOLUTION FRANÇAISE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/revolution-francaise/