ORGANIQUE CHIMIE

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En dehors des deux thèmes de recherche fondamentaux, la pierre philosophale et l'élixir, les alchimistes avaient réussi, grâce à des recettes plus ou moins rationnelles, à élaborer de nombreuses substances (qui sont, à quelques impuretés près, ce qu'on appelle aujourd'hui composés définis), dont quelques-unes avaient déjà des applications pratiques.

Mais l'origine des matières premières mises en œuvre, tirées de l'air, de l'eau, de la terre ou de la matière vivante, n'avait pas retenu particulièrement l'attention ; c'est Nicolas Lémery qui, dans son Cours de chymie (1690), distingue le premier la «  chimie minérale », qui ne fait appel, au départ, qu'à la matière inerte, et la « chimie organique », qui puise ses sources dans le règne animal ou dans le règne végétal.

Cette distinction était justifiée par le dogme de la « force vitale », seule cause mystérieuse censée être alors capable d'édifier in vivo des composés comme l'« alcool vini » (l'éthanol) ou l'acide acétique.

Comme toutes les sciences de la matière, la chimie a vu successivement se développer ses aspects extractif, descriptif, explicatif. Les chimistes des xviie et xviiie siècles savaient du moins transformer l'une en l'autre deux substances quelconques extraites du règne vivant, par exemple oxyder in vitro l'alcool en acide acétique ; mais ils avaient également isolé et décrit des substances que le monde vivant ne fournit point, tels le chlorure d'éthyle, résultant de l'action de l'acide muriatique (acide chlorhydrique) sur l'alcool, et l'éther dit sulfurique (oxyde d'éthyle), résultant de la déshydratation de l'alcool sous l'influence de l'huile de vitriol (acide sulfurique).

Ces produits de transformation devenaient de plus en plus nombreux, et les substances directement extraites du règne vivant ne constituaient, vers 1850, qu'une faible minorité du domaine de la « chimie organique », dont l'unité n'était sauvegardée que par le respect du dogme de la force vitale.

Berthelot, s'appuyant sur quelques « synthèses  [...]


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Écrit par :

  • : professeur de chimie organique à la faculté des sciences de Marseille
  • : professeur à la faculté des sciences de Paris, à l'École centrale des arts et manufactures de Paris et à l'École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses

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Pour citer l’article

Jacques METZGER, Charles PRÉVOST, « ORGANIQUE CHIMIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/chimie-organique/