ORGANIQUE CHIMIE

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Place de la chimie organique dans le monde industriel et scientifique

Même en laissant de côté la métallurgie, la chimie, d'après la capitalisation boursière, représente plus de la moitié de l'activité industrielle mondiale ; au sein de la chimie, la chimie organique est largement prioritaire, et la part des macromolécules organiques y est devenue prépondérante. En ce qui concerne les matières premières, les produits naturels interviennent pour moins de 10 p. 100 et leur importance diminue chaque année. La carbochimie, bien qu'elle soit en régression, intervient encore pour 30 p. 100 environ, tandis que la pétrochimie est déjà largement prioritaire.

L'industrie organique travaille directement pour le consommateur, ou bien elle fournit des matières élaborées aux nombreuses industries qui en sont présentement tributaires.

Pour commencer par l'aspect le moins humanitaire de ses débouchés, c'est en premier lieu à la chimie organique que l'art de la guerre, tout au moins conventionnelle, a recours : elle fournit à l'armée les poudres propulsives, les explosifs, les « gaz de combats ».

En revanche, elle procure à la pharmacopée la presque totalité des médicaments, la pharmacie chimique ayant peu à peu détrôné la pharmacie galénique.

En ce qui concerne l'habillement, elle ajoute aux fibres naturelles de nombreuses fibres synthétiques dont certaines dérivent de transformations de la cellulose naturelle, et d'autres de synthèses à partir de la houille ou du pétrole ; enfin, les colorants synthétiques ont complètement éclipsé tous les colorants naturels.

La parfumerie utilise toujours les essences naturelles, mais aussi des produits synthétiques dont certains présentent une nuance inconnue parmi ces essences.

L'ameublement utilise beaucoup les résines synthétiques imitant les cuirs et le bois, et bien plus résistantes aux agents atmosphériques.

L'industrie automobile emploie des vernis synthétiques, et parfois des carrosseries en matière plastique ; la chimie organique intervient encore, dans ce domaine, par les élastomères synthétiques : pneumatiques, tuyaux d'amenée des carburants, joints élastiques, revêtement des sièges.

L'électrotechnique emprunte à la chimie organique ses isolants, et la photographie ses films.

L'industrie alimentaire et l'emballage font appel aux films synthétiques.

L'industrie chimique elle-même demande à la chimie organique les revêtements de réacteurs résistant aux acides minéraux.

Les savons et les détergents sont des produits semi-synthétiques dont les usages sont innombrables, tant dans l'économie domestique que dans l'industrie.

Les ignifuges et les imperméabilisants sont, pour la plupart, de nature organique ; il en est de même de la totalité des solvants employés au dégraissage des tissus.

La chimie organique est tributaire des autres sciences. Par l'intermédiaire de la thermodynamique et de la cinétique chimiques, depuis longtemps elle fait appel aux mathématiques, et plus directement depuis la théorie quantomécanique de la valence.

Les recours à la physique sont plus importants. La physique donne une interprétation rationnelle des procédés d'analyse immédiate et permet de les perfectionner ; mais c'est dans les contrôles physiques de structure que son apport est le plus précieux.

Le règne vivant fournit encore à l'organicien quelques matières premières, mais celui-ci a fréquemment recours à l'action enzymatique pour réaliser in vitro des transformations de produits naturels ou synthétiques ; réciproquement, la chimie organique fournit au physicien des matières premières indispensables à la réalisation de son équipement ou servant de base à ses études.

Mais c'est évidemment à la biologie que la chimie organique rend les plus signalés services. La biochimie n'est qu'une chimie organique compliquée, et la vie n'est qu'une suite de transformations de matières organiques. De plus en plus, les techniques de la chimie organique permettent d'isoler et d'identifier les composés intervenant dans les phénomènes biologiques, d'en suivre la localisation chez l'être vivant, et les transformations éventuelles. Un biologiste moderne ne saurait progresser dans sa discipline sans un recours constant à la chimie organique.

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Écrit par :

  • : professeur de chimie organique à la faculté des sciences de Marseille
  • : professeur à la faculté des sciences de Paris, à l'École centrale des arts et manufactures de Paris et à l'École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses

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Pour citer l’article

Jacques METZGER, Charles PRÉVOST, « ORGANIQUE CHIMIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/chimie-organique/