THÉÂTRE OCCIDENTALLa scène

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L'espace scénique

Se définissant comme science de la perspective attachée avant tout à la composition picturale et au théâtre, la scénographie traditionnelle, de la Renaissance à la fin du xixe siècle, a eu partie liée avec le théâtre à l'italienne qui, vers 1880 encore, semblait un modèle définitif et immuable. Durant toute cette période, la scénographie se confond avec la science du décor de théâtre : décor en trompe l'œil dépendant de la plastique scénique dont l'évolution est inséparable de celle des autres arts, surtout de la peinture. La scénographie moderne commence avec la critique plus ou moins radicale de la théâtralité italienne et de la scène illusionniste que celle-ci engendre directement. À partir de là, elle ne concerne plus seulement la science du décor mais l'élaboration de l'instrument théâtral tout entier (que le scénographe cherche à réinventer), le type de rapport entre l'espace de l'acteur et l'espace du spectateur propre à l'amphithéâtre grec, à l'éperon élisabéthain, au pont japonais, qu'il médite sur les principes du cube (théâtre frontal) et de la sphère (théâtre total) ou qu'il anticipe sur le réel en inventant, à titre de rêve architectural, l'édifice du théâtre à venir.

Du point de vue d'un moderne, le dispositif italien est entaché de deux vices originels : la scène, avec sa structure cubique et close, boîte d'illusion, dont les images en trompe l'œil sont censées reproduire les fantasmes du spectateur-voyeur ; la salle, avec son ensemble de structures compartimentées et hiérarchisées en loges et balcons, accusée d'emprisonner et de séparer le public selon les normes d'une société de classes conçue comme immuable.

C'est à ces deux principes que la scénographie moderne va s'en prendre. Dans sa démarche, il faut faire la part des mouvements idéologiques et des modes intellectuelles. Le caractère fantasmatique, voyeuriste, somnambulique de la scène italienne en fait un modèle négatif pour les « marxo-brechtiens », un modèle positif pour les « freudiens » qui parlent de la « scène du rêve », un mod [...]


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Edward Gordon Craig, vers 1960

Edward Gordon Craig, vers 1960
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Romain Rolland

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Bertolt Brecht

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Louis Jouvet dans Entrée des artistes, M. Allégret

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Pour citer l’article

Alfred SIMON, « THÉÂTRE OCCIDENTAL - La scène », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/theatre-occidental-la-scene/