OUZBÉKISTAN

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Ouzbékistan : carte physique

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Ouzbékistan : drapeau

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quelques données-clés.
Nom officielRépublique d'Ouzbékistan (UZ)
Chef de l'État et du gouvernementShavkat Mirziyoyev (depuis le 8 septembre 2016). Premier ministre : Abdulla Oripov (depuis le 14 décembre 2016)
CapitaleTachkent
Langue officielleouzbek
Unité monétairesoum (UZS)
Population34 221 000 (estim. 2020)
Superficie (km2)447 400

L'Ouzbékistan est un pays d'Asie centrale qui a accédé à l'indépendance en 1991. Formé au début de la période soviétique, il a succédé aux khanats de Khiva et de Kokand ainsi qu'à l'émirat de Boukhara. Son territoire est partagé entre des étendues désertiques et steppiques de la dépression aralo-caspienne, des axes montagneux et des oasis qui sont d'anciens foyers de peuplement sédentaire remodelés depuis la fin du xixe siècle par le développement de la culture du coton. Cette structuration de l'espace national correspond à une compartimentation de l'organisation sociale et politique caractérisée par l'importance des régions (Ferghana, Khorezm, Tachkent, Samarcande...). Une crise économique et sociale a marqué la transformation postsoviétique. Face aux différentes formes de mécontentements et d'opposition, le régime, dirigé par Islam Karimov depuis 1989, a affirmé son autorité et a tenté par son implication dans la sphère économique de promouvoir une voie spécifique de développement. Toutefois, l'Ouzbékistan, dont la population, composée de plus de 80 p. 100 d'Ouzbeks, dépasse les 30 millions d'habitants, est devenu un pays d'émigration.

Ouzbékistan : carte physique

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Carte physique de l'Ouzbékistan. 

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Ouzbékistan : drapeau

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drapeau

Ouzbékistan (oct. 1991). Le drapeau de cette République, indépendante depuis août 1991, est constitué de trois bandes horizontales bleu clair, blanche et vert clair ourlées de minces bandes rouges. Au canton, un croissant de lune blanc et douze étoiles de même, se présentant en trois... 

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Géographie

Oasis, déserts et montagnes

Bordé par le Turkménistan, au sud-ouest, le Kazakhstan, au nord, le Kirghizstan et le Tadjikistan, à l'est, et par l'Afghanistan, au sud, l'Ouzbékistan est un pays enclavé au cœur du continent asiatique. Son territoire, délimité dans les années 1920 et 1930 dans le cadre de l'URSS, s'étend sur 447 400 kilomètres carrés. Sa forme est allongée – 1 400 kilomètres d'ouest en est contre 900 kilomètres du nord au sud – et appendiculaire. L'Ouzbékistan présente également un aspect morcelé et perforé du fait de ses « exclaves » au Kirghizstan (Sokh, Chakhimardan...) et des enclaves tadjikistanaises (Sarvak) et kirghizstanaises (Barak) qui le fragmentent dans la dépression du Ferghana.

Les déserts qui occupent le centre de la dépression arabo-caspienne et les arcs montagneux qui séparent les vallées et les bassins orientaux donnent en outre à l'espace national un caractère écartelé et compartimenté. Désert continental recevant moins de 200 millimètres de précipitations annuelles, le Kyzyl-Koum s'étend de l'Amou Daria au Syr Daria, tandis qu'au nord-ouest, l'inhospitalier plateau de l'Oustiourt domine la mer d'Aral. Les appendices occidentaux du Tianshan et de la chaîne de Hissar, dont l'altitude dépasse 4 000 mètres, constituent également des discontinuités de grande ampleur. Dans ces conditions, la population se concentre dans les oasis des deltas de l'Amou Daria, du Zeravchan et du Kachka Daria, et dans celles des piémonts (Ferghana, Tachkent) et de quelques vallées (Surkhan Daria), de sorte que les foyers de peuplement sont séparés les uns des autres. C'est également dans ces régions que sont localisées les villes historiques et touristiques de l'Ouzbékistan : Boukhara et Samarcande dans la vallée du Zeravchan, Khiva au Khorezm et Kokand dans le Ferghana.

L'extension des périmètres irrigués au cours du xxe siècle, liée à l'essor de la culture du coton, a conduit à un certain desserrement du peuplement vers les plaines arides (par exemple dans la steppe de la Faim, plaine alluviale du Syr Daria, où une grande opération d'aménagement a été menée dans le cadre de la planification soviétique). Mais elle a aussi entraîné une forte croissance de la consommation d'eau qui, contraire aux pratiques oasiennes économes, affecte l'alimentation de l'Aral par le Syr Daria et l'Amou Daria. De ce fait, le lac tend à disparaître : entre 1960 et 2005, la surface de l'Aral s'est réduite de 74 p. 100, de 67 500 km2 à 17 200 km2, le volume de 1 000 km3 à moins de 200 km3 d'eau, de sorte que la « mer » est partagée en deux entités depuis 1989. Dans le delta de l'Amou Daria sévit une crise environnementale et sanitaire qui incite certains habitants du Khorezm et surtout de la république autonome du Karakalpakstan à quitter le cœur de la cuvette endoréique.

Une population en cours d'« ouzbékisation »

La population de l'Ouzbékistan, qui croît à un rythme relativement rapide, est estimée à 31,8 millions d'habitants en 2016 (contre 19,9 millions d'habitants au recensement de 1989). Malgré l'essor des villes anciennes (Tachkent, Samarcande, Boukhara, Andijan, Namangan, Termez) et la fondation de plusieurs villes durant les périodes tsariste (Ferghana) et soviétique (Noukous, Navoï), elle demeure encore très rurale (officiellement 63,7 p. 100 en 2014). Les villages (kichlak), qui jalonnent les oasis et témoignent de l'ancienneté du peuplement sédentaire, enregistrent une croissance régulière de leur population, tandis que celle de nombreuses villes industrielles a stagné ou régressé depuis l'indépendance. Par ailleurs, le contrôle de la mobilité résidentielle limite les migrations vers la capitale, Tachkent (officiellement 2,340 millions d'habitants en 2013), qui est le principal pôle de développement du pays.

Les dynamiques démographiques postsoviétiques remodèlent la population et le peuplement de l'Ouzbékistan. Si le pays possède une population multiethnique, la part des Ouzbeks, qui appartiennent à l'ensemble des peuples turciques, augmente et atteint désormais plus de 80 p. 100, contre 71 p. 100 en 1989. Cette évolution tient à l'accroissement naturel différencié et au départ des populations allochtones dans le contexte économique et politique dégradé des années 1990. Les populations arrivées en Asie centrale à la suite des politiques coercitives ou incitatives de peuplement tsaristes et soviétiques (Russes, Tatars, Allemands...) ont émigré massivement, de même que les Juifs. La proportion de Russes a ainsi baissé de 8 à 4 p. 100 entre 1989 et 2005. Ce processus n'affecte pas les Tadjiks ni les autres populations autochtones (par exemple les Karakalpaks). Les anciens foyers urbains de la vallée du Zeravchan, Samarcande et Boukhara, conservent ainsi leur population tadjikophone, malgré la politique d'« ouzbékisation » menée par les autorités depuis l'indépendance, notamment dans l'administration et dans le système éducatif. L'ouzbek, dont le statut de langue officielle est inscrit dans la Constitution de 1992, est ainsi la langue de l'État depuis 1989. En 1993, les autorités ouzbékistanaises ont par ailleurs décidé de substituer à l'alphabet cyrillique l'alphabet latin.

Entre développement autocentré et émigration

L'Ouzbékistan connaît une situation d'enclavement prononcée, qui occasionne un déficit de croissance économique. Toutefois, la rhétorique étatique renverse cette représentation pour souligner la centralité de l'Ouzbékistan dans l'espace eurasiatique et justifier la politique de développement autocentrée suivie depuis l'indépendance. Dans ce cadre, les évolutions récentes de l'agriculture, qui emploie plus du quart de la population active, répondent à la volonté des autorités d'assurer l'autosuffisance alimentaire. Ainsi, la production de céréales (blé, orge, etc.), que l'on pratique dans les oasis comme sur les terres bogar (c'est-à-dire en sec), se développe au détriment des cultures spécialisées. Toutefois, la filière cotonnière demeure essentielle dans l'économie nationale. La production annuelle de fibres oscillait autour d'un million de tonnes dans les années 2000, ce qui place l'Ouzbékistan dans les premiers rangs mondiaux. Faiblement mécanisée, elle mobilise une paysannerie nombreuse, à laquelle est adjointe, pour la cueillette, une grande partie de la jeunesse, réquisitionnée. Alors que l'industrie textile connaît un développement modeste, les exportations de coton constituent une ressource majeure de l'État, de même que celles de l'or produit dans les gisements du Kyzyl-Koum (Zeravchan). Cette rente, qui motive un encadrement strict de la production agricole et des populations rurales, soutient les investissements de l'État dans les services publics (éducation), dans les transports ou dans l'industrie. Grâce à ce mécanisme, ce dernier a notamment financé la création d'une filière automobile, dont la principale usine, ouverte en coopération avec une entreprise sud-coréenne, est située à Asaka, dans le Ferghana. Plus largement, l'État conserve un rôle primordial dans le domaine économique, quoique la décollectivisation de l'agriculture se soit accélérée dans les années 2000.

Le modèle de développement adopté par les autorités ouzbékistanaises n'a pas empêché une dégradation des conditions économiques et sociales dans le contexte de la transformation postsoviétique. Devant cette situation, un flux d'émigration alimenté par les populations autochtones (ouzbèkes, tadjikes, etc.) se développe à destination de la Russie et, secondairement, du Kazakhstan depuis la fin des années 1990. Cette généralisation des migrations de travail saisonnières, temporaires et, quelquefois désormais, permanentes constitue une modification radicale des pratiques territoriales car les populations centre-asiatiques, urbaines et surtout rurales, étaient traditionnellement enracinées. Par leur ampleur, ces migrations et les revenus qu'elles génèrent deviennent indispensables à l'économie domestique et nationale et refondent la société ouzbékistanaise.

Unité nationale et ouverture internationale

À l'instar des autres pays d'Asie centrale, l'Ouzbékistan indépendant mène une politique d'affirmation de l'État qui repose sur l'unification de l'espace national et sur l'insertion dans la communauté internationale. La politique d'aménagement du territoire vise à moderniser et reconfigurer les réseaux de transport continentaux – routiers et ferroviaires – de façon à améliorer les relations entre les régions : une autoroute relie désormais le Ferghana à Tachkent, en franchissant le Tianshan ; une nouvelle voie ferrée traverse le Kyzyl-Koum et dessert le Khorezm et le Karakalpakstan sans transit par le Turkménistan ; au sud, une voie ferrée relie désormais le centre du pays à la région du Surkhan Daria, en évitant le territoire du Turkménistan. La mise en œuvre du territoire prend également la forme de l'équipement et de la fermeture croissante des frontières (contrôle et limitation de la mobilité des personnes et des marchandises), lesquelles délimitent l'aire de compétence du nouveau pouvoir souverain.

À l'échelle de l'Asie centrale, le cloisonnement suscité par cette nouvelle fonctionnalité des frontières entrave les dynamiques d'intégration régionale. Par-delà la volonté de marquer l'existence des nouveaux États, cette politique s'inscrit dans la rivalité qui oppose l'Ouzbékistan au Kazakhstan pour la primauté au sein du champ géopolitique centre-asiatique et participe des tensions portant sur la répartition régionale des ressources. Or, dans le cas des ressources hydriques, environ 90 p. 100 de l'eau disponible en Ouzbékistan se forme au Kirghizstan, au Tadjikistan et en Afghanistan, la situation du pays en aval des bassins-versants du Syr Daria et de l'Amou Daria introduisant une dépendance d'autant plus forte que plusieurs canaux alimentent les régions de Boukhara et de Karchi depuis le Turkménistan. Dans ce contexte, les projets de construction de nouveaux barrages au Tadjikistan ont suscité des réactions hostiles en Ouzbékistan.

Au cours de la transition postsoviétique, l'Ouzbékistan s'est intégré dans l'environnement international en participant à la plupart des organisations supra-étatiques mondiales. Le pays est également membre de plusieurs structures régionales telles que l'Organisation de coopération économique (OCE) ou l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Bien qu'appartenant à la Communauté des États indépendants (CEI), l'Ouzbékistan a, après l'indépendance, pris ses distances avec la Russie, en développant des relations privilégiées avec les États-Unis. Ce rapprochement a notamment permis à ces derniers d'ouvrir une base militaire à Karchi-Khanabad en 2001, dans le cadre de la guerre menée en Afghanistan contre le gouvernement taliban. Inversement, sa fermeture en 2005, peu de temps après les dramatiques événements d'Andijan, a témoigné d'un nouveau tournant géopolitique opéré par l'Ouzbékistan. Cette réorientation a débouché sur un rapprochement avec Moscou, lequel s'est traduit, par exemple, par l'engagement d'entreprises russes dans l'exploitation des gisements gaziers de l'ouest du pays, avant que les autorités de Tachkent ne décident de reprendre leurs distances avec la Russie, en suspendant leur participation à la Communauté économique eurasiatique (EurAzEC) en 2008, puis à l'Organisation du Traité de sécurité collective en 2012.

—  Julien THOREZ

Histoire

L'actuel Ouzbékistan fut peuplé dès l'époque paléolithique, il y a quelque 55 000 à 70 000 ans. Les grands États de Bactriane, du Khorezm et de Sogdiane apparurent au cours du Ier millénaire avant notre ère, dans la région fertile située autour de l'Amou-Daria, qui constituait un centre d'échanges culturels et commerciaux sur la route de la soie entre Orient et Occident.

Après l'introduction de l'islam en Asie centrale au viiie siècle de notre ère, plusieurs flux de populations se répandirent au sein du territoire actuel de l'Ouzbékistan. Certaines migrations contribuèrent à la diversité démographique qui caractérise le pays aujourd'hui. Cependant, avant la conquête durable par les Russes, à la fin du xixe siècle, les envahisseurs militaires ne tardaient généralement pas à se retirer de la région. Les Arabes après 711, les Mongols sous le règne de Gengis Khan au xiiie siècle, les Djoungars aux xve-xviie siècles et les Persans au xviiie siècle eurent moins d'impact sur la population que sur les systèmes social et politique, car ils laissaient derrière eux leurs compatriotes en nombre relativement restreint, donc assimilable.

Les premiers Ouzbeks

Dans la seconde partie du xve et au début du xvie siècle, une grande vague d'immigration, qui modifia substantiellement la démographie régionale, introduisit l'ethnonyme « Ouzbek » au cœur de ce territoire. Les tribus turco-mongoles qui se désignaient ainsi venaient du nord-ouest de la Sibérie, où elles adoptèrent probablement ce nom par admiration pour le chef musulman de la Horde d'or, Özbek (ou Üzbek) Khan, qui régna de 1313 à 1341. Un descendant de Gengis Khan, Abilkhaïr, accéda en 1428, à l'âge de dix-sept ans, à la tête du khanat de la confédération ouzbèke de Sibérie. Au cours des quarante ans que dura son règne, Abilkhaïr Khan intervint tantôt contre, tantôt aux côtés de plusieurs princes timūrides d'Asie centrale et mena les tribus ouzbèkes vers le sud-est, sur la rive nord du Syr-Daria. Cependant, un grand nombre d'entre elles firent sécession, adoptant le nom de Kazakhs, et prirent la fuite vers l'est dans les années 1450-1460 ; leur départ affaiblit la confédération. Abilkhaïr continua à gouverner la branche maîtresse des Ouzbeks jusqu'à 1468, année où il fut tué alors que son peuple était battu par les envahisseurs djoungars.

S'étant vite ressaisis, les cavaliers ouzbeks se regroupèrent et, en 1494-1495, conquirent des secteurs importants de la Transoxiane (la région qui s'étend entre l'Amou-Daria et le Syr-Daria et qui correspond globalement à l'actuel Ouzbékistan). Le chef de ces tribus, Mụhammad Shaybani Khan (au pouvoir de 1500 à 1510), petit-fils d'Abilkhaïr, chassa les derniers sultans timūrides, Bābur et Hoseyn Bayqara, respectivement de Samarkand et de Herat. Les Ouzbeks occupèrent les villes principales, dont Boukhara, Khiva, Samarkand et Khujand, et ils installèrent leurs nombreuses tribus dans le Mawaraunnahr, le Khorāsān et les territoires adjacents. Mụhammad Shaybani fonda et donna son nom d'adoption à la puissante dynastie shaybanide, qui gouverna pendant un siècle depuis sa capitale, Boukhara.

Bien que d'abord réputés comme chefs militaires, plusieurs khans shaybanides furent également reconnus comme modèles d'orthodoxie religieuse sunnite et comme mécènes de grande culture. Mụhammad Shaybani, par exemple, s'avéra poète accompli et écrivit de pieux traités dans une langue littéraire raffinée, le čagataï (turc oriental). Les monuments architecturaux élevés par les Ouzbeks pendant la période shaybanide témoignent des goûts esthétiques de ces souverains. À Boukhara, de riches et grandes madresā et mosquées s'élevèrent sous le patronage royal, ainsi que de nombreux ponts et bâtiments.

Sous le règne (1557-1598) du plus grand souverain shaybanide, ‘Abd Allah Khan II, l'autorité de la dynastie s'étendit à Balkh, Samarkand, Tachkent et Fergana. L'hégémonie ouzbèke se prolongea à l'est jusqu'au Badakhshan et au Turkestan oriental, et à l'ouest jusqu'au Khorāsān et au Khorezm.

Les successeurs des Shaybanides, les Ashtarkhanides, régnèrent sur la Transoxiane à partir de 1599. En comparaison avec les succès politiques et culturels des Shaybanides, le niveau et l'étendue de l'influence ouzbèke sombrèrent dans le déclin sous ces nouveaux maîtres, atteignant leur point bas au milieu des années 1700. Le coup sévère porté par le souverain afsharide iranien Nadir Shah, par ses victoires rapides à Boukhara et Khiva en 1740, décapita la dynastie des Ashtarkhanides, qui fut finalement anéantie en 1785. À ce moment-là, le pouvoir en Asie centrale était déjà passé entre les mains de trois formations tribales dynamiques : le khanat de Boukhara (qui associait les cités de Samarkand et de Boukhara), celui de Khiva (au nord-ouest de Boukhara sur l'Amou-Daria) et celui de Kokand (centré sur la vallée de Fergana, à l'est).

À Boukhara, qui devint la puissance dominante en Asie centrale, des chefs tribaux mangït redonnèrent de la vigueur au khanat à la fin du xviiie siècle et ravivèrent sa fortune sous la direction de l'émir Ma’sum (également connu sous le nom de Shah Murad), remarquable notabilité derviche qui renonça aux richesses, au confort et à la pompe, et dont l'autorité s'exerça de 1785 à 1800. Dans le khanat de Khiva, la tribu Qonggirat succéda à la dynastie des Ashtarkhanides et domina jusqu'en 1920, léguant une capitale-musée riche de monuments architecturaux et culturels. La tribu Ming ouzbèke, aux ambitions impériales, fonda une nouvelle dynastie à Kokand vers 1710, alors que les Ashtarkhanides déclinaient. Les souverains ‘Umar Khan (1809-1822) et Muhammad ‘Ali Khan (ou Madali Khan, 1822-1842), connus pour la civilisation élégante qui s'exprimait dans leurs cours, donnèrent à la dynastie Ming ouzbèke et au khanat de Kokand une réputation de haute culture jointe à une politique étrangère expansionniste. À son apogée, le khanat domina de nombreuses tribus kazakhes et kirghizes voisines et résista à l'agression russe. Toutefois, les souverains suivants de la dynastie échouèrent à conserver les modèles politique et culturel de leurs prédécesseurs.

Pouvoirs russe et soviétique

Bien que l'isolement géographique de l'Asie centrale ait ralenti l'avance des forces russes vers le sud, Boukhara fut envahie en 1868, et Khiva en 1873 ; les deux khanats devinrent alors des protectorats russes. À Kokand, une émeute fut écrasée en 1875 et le khanat fut annexé officiellement l'année suivante, ce qui achevait la conquête du territoire ouzbek par les Russes ; la région fut intégrée dans la province du Turkestan russe.

Soumise par les armes et les administrateurs coloniaux de la Russie tsariste, l'Asie centrale, au tournant du xxe siècle, se divisa selon deux orientations sociales et culturelles. Le clergé et l'intelligentsia de Boukhara et de Khiva poursuivirent leur chemin traditionnel, résistant à la modernisation des institutions scolaires, religieuses, économiques et gouvernementales. Au même moment, des voix dissidentes, peu nombreuses mais vigoureuses, se firent entendre à travers un mouvement de réforme actif. Les réformateurs étaient principalement établis à Samarkand, mais ils étaient également présents à Boukhara, Tachkent et Fergana. Les žadids (« novateurs », « modernes »), ainsi qu'ils s'appelaient eux-mêmes, étaient inspirés et appuyés par des réformateurs tatars de Crimée tel Ismaïl Gasprinski (Ismaïl Bey Gaspirali). Ils bénéficièrent d'une protection de la part des gouverneurs tsaristes du Turkestan, et ils furent en mesure de préparer un grand nombre de jeunes intellectuels des villes à une transformation modérée de leur société et de leur culture. La modernisation entra également au Turkestan avec l'arrivée du télégraphe, du téléphone et de la presse : en 1905, le chemin de fer avait atteint Samarkand et Tachkent.

La révolution russe de 1917 apporta instabilité et conflits au Turkestan. Les musulmans convoquèrent un congrès national à Kokand et établirent un gouvernement autonome sous la direction de Mustafa Chokayev, qui fut « liquidé » en février 1918 par des forces de l'Armée rouge envoyées de Tachkent. Cette intervention suscita un mouvement de résistance durable connu sous le nom de révolte des Basmačis (ou Qorbashi). Les troupes européennes et slaves ainsi que les colons qui contrôlaient Tachkent réussirent à déposer l'émir de Boukhara et le khan de Khiva en 1920. Les nouveaux dirigeants venaient, à l'origine, des rangs des žadids mais, à la fin de 1921, les politiciens soumis aux communistes tenaient le pouvoir dans les deux anciennes capitales.

En 1924-1925, les hommes politiques aux ordres du Parti communiste russe redessinèrent la carte de l'Asie centrale selon un principe mono-ethnique pour chaque entité majeure et sa population. Le Karakalpakstan et l'Ouzbékistan apparurent du jour au lendemain comme territoires désignés d'après le nom de leur ethnie majoritaire au sein de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), qui avait été établie en décembre 1922. Les autorités de Moscou accordèrent bientôt le statut officiel de république constitutive de l'URSS à l'Ouzbékistan. Le Karakalpakstan fut rattaché à la République socialiste soviétique d'Ouzbékistan en 1936, même s'il conserva un statut d'autonomie. Les Ouzbeks restaient une minorité dans la capitale, Tachkent, et étaient sous-représentés dans l'administration et la bureaucratie soviétiques. Ils eurent tôt fait d'apprendre que l'autorité politique réelle était entre les mains du Parti communiste d'Ouzbékistan (PCO), la branche locale du Parti communiste central. Le cœur du PCO, et pendant plusieurs décennies sa majorité, était constitué de Slaves et d'autres personnalités étrangères à l'Asie centrale, qui prenaient toutes les décisions locales importantes, excepté celles qui relevaient du seul Soviet suprême de l'URSS

Le traumatisme causé en Ouzbékistan par les purges politiques communistes des années 1930 entraîna de lourdes pertes, en particulier au sein de la classe relativement peu nombreuse de l'intelligentsia et des dirigeants ouzbeks. La Seconde Guerre mondiale apporta un surcroît de changements culturels marqués, car les autorités soviétiques déportèrent massivement les élites économiques et intellectuelles russes, polonaises et juives dans les villes et villages d'Ouzbékistan. La mort de Staline en 1953 contribua à libérer les institutions ouzbèkes de certaines pressions négatives. En 1954-1955, après des décennies d'isolement, la ville de Tachkent fut rouverte aux visiteurs occidentaux non communistes et l'Ouzbékistan reprit lentement un contact direct avec le monde extérieur. Des Ouzbeks occupèrent des postes de haut niveau dans la vie politique soviétique.

En dépit d'un relatif assouplissement des contrôles sur la presse et l'Assemblée amorcé au cours des années 1980 par le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, le Parti communiste d'Ouzbékistan maintint son contrôle étroit sur la république. En août 1991, les chefs du PCO, conduits par Islam Karimov, soutinrent la tentative de coup d'État contre Gorbatchev ; après l'échec de ce putsch, l'Ouzbékistan ne tarda pas à déclarer son indépendance à l'égard de l'URSS (31 août 1991). Les communistes – seuls politiciens expérimentés de la république – gardèrent la maîtrise du pays et Karimov remporta aisément l'élection présidentielle le 29 décembre 1991.

—  Edward ALLWORTH, Universalis

L'Ouzbékistan indépendant

Depuis son indépendance le 31 août 1991, l'Ouzbékistan connaît un régime présidentiel autoritaire. Même si la transition n'a pas été aussi difficile qu'au Tadjikistan, la situation s'est tendue, au cours des quinze premières années, entre un pouvoir tardant à mettre en œuvre une politique de libéralisation de la vie politique, économique, religieuse, intolérant à l'égard de ses opposants, et une population mécontente de ses conditions d'existence. Au final, le pouvoir du premier président de l’Ouzbékistan Islam Karimov, pour qui le discours patriotique véhiculé par la doctrine nationale Mustaqillik (« l’indépendance ») a longtemps fait office de programme de réforme, tient beaucoup à la fidélité des forces de sécurité, la recherche de soutien de puissances étrangères et la manipulation des rivalités clientélistes régionales. Cependant, après la répression de la révolte d'Andijan (mai 2005), la gravité de la situation semble avoir conduit le pouvoir à engager un début de libéralisation économique, de formation en matière d'éducation religieuse et de lutte contre la corruption. Le régime politique reste, quant à lui, autoritaire, n'acceptant aucune forme d'opposition organisée. Il a habilement préparé la succession d’Islam Karimov, décédé le 2 septembre 2016, en promouvant Shavkat Mirziyoyev, Premier ministre issu du cercle rapproché de ses partisans, élu président de la république d’Ouzbékistan le 4 décembre 2016.

Un régime autoritaire et répressif face à l'islamisme naissant

Les premières années d'indépendance ont vu un rapide durcissement des élites au pouvoir issues de la période soviétique – le président Karimov était premier secrétaire du Parti communiste d'Ouzbékistan depuis 1989 – contre les oppositions. Nationalistes et islamistes, celles-ci s'étaient organisées en trois partis durant la période de la perestroïka : Birlik (1988) ; Erk, issu d'une scission au sein de Birlik (1990) ; Parti de la renaissance islamique (1990). Les opposants réunis autour d'un programme de revendications nationalistes ou religieuses sont interdits d'expression à partir de 1994. Leurs principaux leaders sont contraints à l'exil. Les manifestations d'opposition au régime sont, elles, durement réprimées (manifestations d'étudiants du 16 janvier 1992). Les élections présidentielles sont, dès lors, organisées sur le mode plébiscitaire : référendum de 1995 qui proroge le mandat du président jusqu'en 2000 avec 99 p. 100 des suffrages, élections de 2000, 2007 et de 2015.

Les groupes d'opposition nationaliste ou démocrate, qui étaient principalement constitués d'intellectuels, écrivains, professeurs d'université ou ingénieurs, n'ont pu survivre dans la clandestinité, les seules voix discordantes s'exprimant de l'étranger par le biais d'Internet. Dans le même temps, une opposition clandestine islamiste s'est développée autour des réseaux religieux interdits, nés durant la période soviétique.

En Ouzbékistan tout comme au Tadjikistan, les formes de développement de cette opposition islamiste sont liées aux rapports entre les autorités politiques et les autorités religieuses hérités de la période soviétique. Même si, depuis les indépendances, les dirigeants ont redonné à la religion une place légitime, leur méfiance à l'égard des élites religieuses n'en est pas moins restée très grande. Dans les années qui suivent l'indépendance, la faiblesse des moyens mis en œuvre pour développer l'enseignement religieux et la faible légitimité des figures promues par le pouvoir ne permettent pas de sortir du clivage entre un islam officiel national peu légitime et un islam non officiel qui, parfois toléré, parfois réprimé, fournit un terrain favorable à la diffusion des idées islamistes. Par ailleurs, le champ est laissé libre à la diffusion du radicalisme salafiste, après l'élimination des groupes politiques porteurs d'un programme alternatif et modéré de redéfinition des politiques religieuse et économique. Ces groupes islamistes radicaux réunis autour du Hizb ut-Tahrir (Parti de la révolution islamique) propagent clandestinement leurs idées à travers de petites unités recrutant dans les mosquées de quartier. Ces dernières échappent en grande partie au contrôle des autorités religieuses officielles, dont les figures dirigeantes sont alors peu appréciées. Cette forme d'activisme ne pouvait être menée par les groupes d'opposants nationalistes et démocrates, faiblement implantés dans les communautés locales et le monde religieux.

Radicalisation parallèle du pouvoir et des mouvements islamistes

La répression contre les mouvements islamistes radicaux s'accentue à partir de 1997 et devient particulièrement dure après la série d'attentats meurtriers qui frappent Tachkent en 1999. Ces attentats marquent la fin des rapports « non violents » entre les opposants islamistes et l'État. Ils semblent être la réponse à une première vague d'arrestations consécutive aux troubles survenus dans la ville de Namangan en décembre 1998 et dont les meneurs, Tahir Youldashev et Juma Namangani, créateurs en Ouzbékistan du Hizb ut-Tahrir, deviendront les principaux leaders de la lutte armée islamiste. Ces groupes, pourchassés, se réfugient au Tadjikistan et dans le nord de l'Afghanistan, et ce jusqu'à l'intervention américaine contre le régime des talibans (oct.-nov. 2001). Peu avant, en août 1999, un millier de combattants ouzbeks menés par Juma Namangani avaient quitté le Tadjikistan pour se rendre au Kirghizstan, dans le but de rejoindre la vallée de Ferghana. Les frappes aériennes ouzbèkes sur le territoire kirghize contre ce groupe se soldent par la mort de civils kirghizes et provoquent la détérioration des relations entre les deux pays. La crise ne trouve d'issue que par l'établissement d'un compromis entre les autorités kirghizes et les islamistes ouzbeks : ces derniers sont évacués par l'armée russe vers le nord de l'Afghanistan.

Commencent alors des vagues importantes d'arrestations dans les milieux islamistes, qui touchent particulièrement la vallée de Ferghana. Cette région, sous-représentée dans la répartition du pouvoir au sein du gouvernement et qui a vu se développer plus rapidement qu'ailleurs le fondamentalisme religieux, constitue dès lors un bastion pour l'opposition au régime, qui tend à la stigmatiser. À l'image du Tadjikistan, le clivage idéologique se conjugue avec le sentiment d'appartenance régionale.

Durant cette période, une dynamique de double radicalisation apparaît : d'un côté, l'État dénonçant la menace islamiste et, de l'autre, les islamistes radicaux salafistes, seuls en mesure de dénoncer la politique religieuse et économique de l'État. La marge d'action de ces groupes et l'écoute qu'ils trouvent tiennent à leur capacité à se fondre dans un environnement religieux présent dans l'ensemble de la société. Dans un contexte où les groupes se sont développés sous couvert d'action caritative ou d'organisation de la vie économique à caractère non politique, la répression dépasse la seule confrontation entre des mouvements clandestins et les autorités. Ainsi, il n'est pas certain que toutes les personnes arrêtées aient eu l'intention de s'opposer au pouvoir. Elles pouvaient avoir fréquenté les islamistes radicaux uniquement dans le cadre d'un retour individuel à la pratique religieuse, de la recherche de guide spirituel ou d'une meilleure situation économique.

Des mouvements de protestation populaire s'opposent à l'ampleur de cette répression, qui prend la forme d’une politique d’incarcération critiquée pour ses violations des droits de l’homme, et dénoncent l'arbitraire des autorités. Ces manifestations, instrumentalisées par un petit commando armé, débouchent sur la tragédie d'Andijan au printemps de 2005 : l'armée tire sur les manifestants, tuant entre cinq cents et mille personnes (les autorités reconnaissent 173 morts).

Les changements de régime engendrés par les « printemps arabes » entre 2010 et 2014 ont renforcé la méfiance du pouvoir envers les forces d’opposition potentielles. Dans le même temps, leurs conséquences (guerre, instabilité, crise économique) ainsi que la montée en puissance de l’organisation État islamique au Moyen-Orient ont eu un effet modérateur sur l’opinion publique ouzbèke qui craint désormais toute contestation violente et radicale du pouvoir. Elle est confortée dans sa peur par le spectacle de la guerre civile en Ukraine depuis la destitution du président Ianoukovitch et l’annexion de la Crimée par la Russie, en 2014.

Des réformes entravées par le clanisme et la corruption

Après les événements d’Andijan, le pouvoir, qui veut regagner en légitimité, choisit une nouvelle ligne politique. Il engage une démarche plus active de développement d'un islam national : formation de cadres et construction de lieux de culte répondent ainsi à la très forte attente de la population. Certaines personnalités religieuses respectées sont autorisées à s'exprimer et à diffuser leurs fatwas. Des réformes visant à une plus grande liberté économique et une diminution des pratiques de corruption sont également entreprises, au moins dans les discours officiels.

Cette politique de libéralisation et de promotion de l'initiative privée se heurte à un obstacle majeur en Ouzbékistan : la répartition clientéliste régionalisée ou familiale des espaces socio-économiques et politiques par le pouvoir central. Ce système, commun à l'ensemble des pays centrasiatiques et hérité de la période soviétique, a été renforcé depuis l'indépendance. Il constitue ici un véritable mode de légitimation. Cette structuration sociale n'a pas débouché sur une situation de guerre civile comme ce fut le cas au Tadjikistan, car le pouvoir politique n'a jamais perdu le contrôle ni des services de sécurité intérieure, ni de l'armée. Cependant, l'intensité des oppositions entre clans au sein du pouvoir peut expliquer le haut degré de corruption de la société, chaque groupe contrôlant un secteur d'activité tendant à faire payer ses services le plus cher possible aux autres groupes. Les possibilités privées d'entreprendre sont donc réduites. Seules les personnes proches du pouvoir peuvent réaliser des investissements et en tirer un profit. Les activités économiques n'existent que dans le cadre d'une relation verticale et individualisée au pouvoir présidentiel, permettant ainsi d'échapper à la lourdeur des réglementations et au poids des bakchichs. Gulnara Karimova, la propre fille du président Karimov, femme d’affaires et figure politique, a directement bénéficié puis pâtit de ce système. Placée en résidence surveillée en 2014, ses entreprises ont été confisquées ou démantelées, dans le cadre de la rivalité entre les groupes impliqués dans la gestion de l’État. Quoi qu’il en soit, les activités des entrepreneurs autorisés n’ont pas suffi à engager une véritable dynamique de développement bien que, dans les années 2010, l’excédent de la balance commerciale et les taux de croissance élevés (en moyenne 7 p. 100) se soient traduits par la poursuite des investissements d’infrastructure de l’État ouzbek (routes, voies ferrées, établissements publics, etc.) et le développement de certains secteurs d’activité tels que la construction. Mais certaines disparités régionales dans la répartition du pouvoir sont un motif de crainte pour les entrepreneurs, même si le président Karimov, à l'exception de la clientèle dominante au sein du pouvoir issue de la région de Samarcande, a essayé de maintenir un certain équilibre. La peur d'une redistribution des espaces économiques et politiques à la suite d'un changement à la tête de l'État a constitué un frein important à l'investissement et a favorisé la fuite de capitaux.

De ce fait, sur le plan économique, le pays est resté dans les années 1990 très dépendant de ses exportations de matières premières, principalement le coton, pour ses ressources en devises (80 p. 100). Spécialisé durant la période soviétique et n'étant plus compétitif dans de nombreux autres secteurs d'activité, le pays a vu cette dépendance s'accroître, contraignant l'État à prélever une grande partie du produit de la vente du coton pour financer ses propres dépenses : le rapport de l'État et, dans une grande mesure, du monde urbain à la paysannerie est donc devenu un rapport prédateur. Le programme de privatisation des terres des kolkhozes entrepris à la fin des années 1990 ne remet pas réellement en cause cet état de fait, les prix d'achat restant contrôlés à un niveau bien inférieur à celui du marché international (l'État fournissant en contrepartie les intrants). Par ailleurs, les logiques de développement axées sur la création de quelques grands secteurs industriels comme l’extraction de gaz, le raffinage pétrolier et la construction automobile (usine Daewoo) n'ont pas enrayé le sous-emploi de la très importante population rurale. Dès lors, une large partie d’entre elle se trouve sans revenu et contrainte à l'exil économique, principalement au Kazakhstan et en Russie. Dans le même temps, l’isolement économique de l’Ouzbékistan et le quasi-monopole de l’État dans le secteur financier, ont protégé le pays des différentes crises mondiales depuis 2008. Avec l’arrivée du président Shavkat Mirziyoyev au pouvoir, la question de la monnaie est néanmoins rediscutée. L’accès aux devises était jusqu’alors restreint, empêchant le rapatriement légal des bénéfices, tandis qu’un double taux de change du soum, la monnaie ouzbèke ‒ officiel et officieux ‒, favorise l’économie parallèle, les jeux spéculatifs et dispense l’État de réagir à l’inflation.

Une politique extérieure indépendante

La nécessité d'engager une politique permettant l'émergence d'un secteur privé de moyennes et petites entreprises s'est imposée auprès des élites gouvernementales au cours de l'année 2005-2006. Par ailleurs, le pays semble aujourd'hui plus disposé à ouvrir ses frontières à certaines firmes gazières et pétrolières étrangères. Après un revirement d'alliance en faveur de la Russie au détriment des États-Unis, Tachkent s'oriente vers la signature d'accords de partage des ressources et des zones de prospection en faveur de firmes russes, chinoises et indiennes. Les pays européens et les États-Unis, du fait de leur condamnation du régime ouzbek après la tragédie d'Andijan, ont été exclus du marché jusqu’à la mise en place, en 2012-2013, d’une nouvelle réglementation fiscale et administrative visant à faciliter l’investissement étranger. La Turquie, considérée comme jouant dans le camp occidental et porteuse, jusqu’au durcissement du régime du président Recep Tayyip Erdogan en 2014, d'un modèle politique démocratique intégrant une composante islamique, et qui a accueilli certaines figures de l'opposition ouzbèke, a vu sa présence remise en cause par des mesures d’exclusion de ses acteurs économiques et idéologiques.

En ce qui concerne la politique étrangère, après une période de coopération étroite avec la diplomatie américaine (engagée dès 1996) dans le domaine militaire puis renforcée lors de l'intervention en Afghanistan (installation de forces armées américaines sur la base de Khanabad, intégration de 1999 à 2005 dans le GUAM – groupe réunissant la Géorgie, l'Ukraine, l'Azerbaïdjan et la Moldavie fondé en 1997 pour contrecarrer l'influence de Moscou dans la région, et devenant alors le GUUAM –, retrait du système de sécurité collective de la CEI en février 1999), Tachkent est revenu en 2005 à une alliance militaire et économique étroite avec la Russie. Cette position a été adoptée après les révolutions intervenues au sein de la CEI (Ukraine, Géorgie, Kirghizstan) et la révolte de la ville d'Andijan. À la suite de ces événements, le gouvernement ouzbek a considéré que la présence européenne et américaine constituait une menace immédiate. Ce processus de rejet engagé dès 2002 a été renforcé en 2006 par les sanctions européennes (l’Union européenne lèvera toutes ses sanctions en octobre 2009). Il s'est traduit par le rétablissement d'accords de coopération privilégiés avec Moscou au sein de la CEI, et avec Pékin en matière de coopération économique – l'intégration de l'Ouzbékistan à l'Organisation de coopération de Shanghai date de 2001 et à l'EurAzEC (Eurasian Economic Community) de 2006. Mais, afin de préserver son indépendance, Tachkent fait alterner rapprochement et éloignement de ses partenaires. Ainsi, il décide de sortir de l’EurAzEC en octobre 2008 et suspend en 2012 sa participation à l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC). En revanche, il s’implique dans l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), en accueillant à Tachkent un centre de coordination de la lutte anti-terroriste. Tous les contacts avec les pays européens et les États-Unis n'ont pas été rompus et sont réactivés au gré de l’actualité politique internationale. Le gouvernement ouzbek a maintenu un contingent de soldats allemands sur son territoire, ainsi que nombre de coopérations en matière économique et scientifique avec les pays européens. La volonté de rétablir de bonnes relations avec l'Europe, exprimée par les autorités à l'occasion du quinzième anniversaire de l'indépendance, est soutenue par la France et l'Allemagne. Par ailleurs, l’Ouzbékistan signe avec les États-Unis, en avril 2009, un accord autorisant le transit de matériel non militaire à destination de l’Afghanistan. Tachkent semble vouloir rééquilibrer ses relations extérieures en alignant sa stratégie diplomatique sur celle qui a été adoptée par ses voisins kazakh et kirghize. Un rapprochement diplomatique a été entrepris avec ces pays qui, durant l'été de 2006, ont donné des gages de leur bonne volonté en réprimant des mouvements islamistes radicaux dans les communautés d'Ouzbeks présentes sur leurs territoires respectifs. L’Ouzbékistan s’est d’ailleurs montré accueillant envers les réfugiés issus de la minorité ouzbèke du Kirghizstan, fuyant les pogroms perpétrés contre eux en juin 2010 – deux mois après le renversement du régime de Kourmanbek Bakiev. L’apaisement des tensions persistantes avec le Tadjikistan et le Kirghizstan, qui détiennent le contrôle des châteaux d’eau de la région, constitue l’un des principaux chantiers de la diplomatie régionale ouzbèke pour le président Mirziyoyev, qui semble résolu à rétablir de bonnes relations avec ses voisins.

(Voir également OUZBÉKISTAN, chronologie contemporaine)

—  Arnaud RUFFIER, Anne TOURNEVILLE

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Écrit par :

  • : professeur au département des langues et civilisations asiatiques et du Moyen-Orient, Clolumbia University, New York
  • : anthropologue, chercheur à l'Institut français d'études sur l'Asie centrale
  • : docteur en géographie, chargé de recherche au C.N.R.S., membre de l'U.M.R. 7528 Monde iranien et indien (C.N.R.S., Sorbonne nouvelle, EPHE, INALCO)
  • : docteure en histoire, chargée de recherche au CNRS

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Pour citer l’article

Edward ALLWORTH, Arnaud RUFFIER, Julien THOREZ, Anne TOURNEVILLE, « OUZBÉKISTAN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juillet 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ouzbekistan/