TURKMÉNISTAN

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Nom officielTurkménistan (TM)
Chef de l'État et du gouvernementGourbangouly Berdymoukhammedov (depuis le 14 février 2007)
CapitaleAchgabat
Langue officielleturkmène
Unité monétairemanat du Turkménistan (TMT)
Population6 118 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)491 210

Le Turkménistan est un État postsoviétique d'Asie centrale dont le territoire couvre, sur la rive orientale de la mer Caspienne, 491 200 kilomètres carrés. Sa population – environ 5 millions d'habitants en 2006 – est concentrée dans les oasis (Merv, Dashoguz, Achgabat...) qui bordent, au nord et au sud, le désert du Kara-Koum, l'ancien domaine des nomades turkmènes. Après son indépendance en 1991, le Turkménistan a proclamé sa neutralité et a adopté un modèle de développement autocentré confinant à l'isolement, à l'initiative de son président défunt Saparmourad Niazov, dit « Turkmenbashy » (le chef ou père des Turkmènes). Ce dernier, qui s'est maintenu au pouvoir de la perestroïka (1985) à son décès en 2006, a instauré un système politique dictatorial dont est issu son successeur Gourbangouli Berdymoukhammedov. L'État et le régime bénéficient de l'exploitation des abondantes ressources gazières, rente qui, alors que la majeure partie de la population connaît des conditions sociales et économiques dégradées, est notamment investie dans la reconstruction de la capitale, Achgabat.

Turkménistan : carte physique

Carte : Turkménistan : carte physique

Carte physique du Turkménistan. 

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Turkménistan : drapeau

Dessin : Turkménistan : drapeau

Turkménistan (févr. 1992 ; modif. 25 janvier 2001). Cette République d'Asie centrale, indépendante depuis octobre 1991, arbore un drapeau d'un charme tout oriental, remanié en 1997 : champ vert sombre, éclairé d'un croissant de lune et de cinq étoiles ; de haut en bas, non loin de la... 

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Géographie

Déserts touraniens, oasis turkestanaises et littoral caspien

Au moment de son indépendance, le Turkménistan a hérité d'un territoire compact quoique effilé, qui fut tracé dans les années 1920 dans le cadre de la politique d'aménagement du territoire menée par l'État soviétique en Asie centrale. Environ 1 200 kilomètres séparent d'ouest en est les rives de la mer Caspienne des sommets du Kugitangtau (mont Airybaba, 3 137 m), tandis que, du nord au sud, les contreforts du plateau de l'Ust-Iurt et les hauteurs du Badkhyz et du Karabil sont distants de plus de 800 kilomètres. Situé sur la rive orientale de la mer Caspienne, le Turkménistan possède des frontières communes avec l'Iran et l'Afghanistan, au sud, et avec l'Ouzbékistan et le Kazakhstan, au nord, ce qui lui confère une situation géopolitique sensible.

À l'instar des autres pays d'Asie centrale, le Turkménistan est un pays écartelé, en raison de la localisation périphérique des foyers de peuplement. Le cœur de l'espace national est en effet occupé par le désert du Kara-Koum (« les sables noirs ») qui s'étend sur 350 000 kilomètres carrés. Ancien domaine des nomades turkmènes, ce désert d'abri présente une alternance d'étendues sableuses, rocheuses et de dépressions endoréiques périodiquement ennoyées – les takyrs. Un paléo-cours de l'Amou-Daria – l'Ouzboï – le traverse et aboutit à la Caspienne au sud du golfe de Kara-Bogaz. Au nord, le Kara-Koum est bordé par le delta de l'Amou-Daria, oasis ancienne qui jouxte le Khorezm ouzbékistanais et correspond à la région de Dashoguz. Au sud, en périphérie de la dépression touranienne, les deltas intérieurs du Murgab, où s'est épanouie la ville de Merv, et du Tejen sont des lieux de peuplement ancestraux, de même que le piémont du Kopet Dag (2 942 m), où est située la capitale Achgabat. À l'ouest, contrairement au Lenkoran azerbaïdjanais et aux rivages iraniens, le littoral de la Caspienne apparaît comme un milieu hostile, faiblement peuplé, où la principale ville est le port de Turkmsenbashy (ancienne Krasnovodsk), qui fut fondé dans le cadre de la conquête tsariste à la fin du xixe siècle.

Au cours de la période soviétique, les oasis méridionales ont été étendues à la faveur de la construction du grand canal du Kara-Koum qui, depuis sa prise d'eau sur l'Amou-Daria en amont de Kerki jusque vers Balkanabat, s'allonge sur plus de 1 000 kilomètres. Aménagé à partir des années 1950, il possède un débit de 600 mètres cubes par seconde à sa tête et écoule chaque année plus de 10 kilomètres cubes d'eau, dont une partie significative est toutefois perdue par infiltration et par évaporation. Assurant l'irrigation d'environ 1 million d'hectares, le canal, dont le tracé suit celui de la voie ferrée transcaspienne dans sa partie centrale, constitue désormais l'épine dorsale de l'espace national turkménistanais. Sa construction a ainsi suscité une transformation importante de l'organisation de l'espace, en même temps qu'elle a soutenu l'extension de la culture du coton dans le cadre de la planification soviétique.

Controverses sur la population

Le dénombrement de la population du Turkménistan, qui atteignait respectivement 3,522 et 4,437 millions d'habitants aux recensements de 1989 et de 1995, fait l'objet d'évaluations contradictoires, qui rappellent combien le dénombrement de la population est un enjeu politique majeur. En 2006 par exemple, les données officielles indiquaient que le Turkménistan aurait compté une population de 6,746 millions d'habitants, dont le rythme de croissance aurait été particulièrement rapide (de + 3 p. 100 à + 6 p. 100 par an). Très surévaluée, cette estimation participait certainement de la rhétorique mise en œuvre par les autorités pour affirmer la pertinence de la voie de développement suivie par le pays depuis son accession à l'indépendance. Inversement, des sources proches de l'opposition en exil rapportaient que le pays aurait connu un processus de dépopulation, en raison notamment de la forte élévation de la mortalité infantile (l'O.M.S. a estimé en 2003 que la mortalité des enfants de moins de cinq ans atteignait 100 p. 1000). De ce fait, la population turkménistanaise se serait établie à 3,721 millions d'habitants en 2006. Toutefois, la plupart des instances internationales considèrent que le Turkménistan est peuplé de 5,170 millions d'habitants en 2012, parmi lesquels les Turkmènes représentent environ 85 p. 100 (contre 72 p. 100 en 1989), ce qui confère au pays une homogénéité ethnique plus marquée que dans les autres pays d'Asie centrale.

Concentrée dans les oasis, la population conserve un caractère rural et agricole marqué – les campagnes abritent la moitié de la population et l'agriculture, qui compte pour environ 20 p. 100 du P.I.B., emploie la moitié de la population active –, tandis que la mobilité résidentielle reste soumise au contrôle et à l'autorisation de l'administration. Longtemps dominées par la culture du coton, les campagnes enregistrent une réorientation de leur production au profit des céréales, dans le but de tendre vers l'autosuffisance alimentaire. Largement délaissées par le régime de Saparmourad Niazov, elles ont également connu une paupérisation qui a notamment pris l [...]

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Turkménistan : drapeau

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Gazoduc au Turkménistan

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Désert du Turkménistan

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Écrit par :

  • : docteure en histoire, chargée de recherche au CNRS
  • : anthropologue, chercheur à l'Institut français d'études sur l'Asie centrale
  • : professeur émérite d'études ouraliennes et altaïques, professeur d'histoire à l'université d'Indiana, Bloomington
  • : docteur en géographie, chargé de recherche au C.N.R.S., membre de l'U.M.R. 7528 Monde iranien et indien (C.N.R.S., Sorbonne nouvelle, EPHE, INALCO)

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Pour citer l’article

Isabelle OHAYON, Arnaud RUFFIER, Denis SINOR, Julien THOREZ, « TURKMÉNISTAN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/turkmenistan/