TADJIKISTAN

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

quelques données-clés.
Nom officielRépublique du Tadjikistan (TJ)
Chef de l'ÉtatEmomali Rahmon (depuis le 16 novembre 1994, sous le nom d'Emomali Charipovitch Rakhmonov jusqu'en 2007)
Chef du gouvernementQohir Rasoulzoda (depuis le 23 novembre 2013)
CapitaleDouchanbé
Langue officielletadjik
Unité monétairesomoni (TJS)
Population9 602 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)141 400

Pays d'Asie centrale, le Tadjikistan a accédé à l'indépendance en 1991, avec la chute de l'URSS. Sa population, qui comprend 84 p. 100 de Tadjiks, persanophones et sunnites, atteint 7,564 millions d'habitants au recensement de 2010. Les montagnes (Pamir, Tianshan) occupent le cœur de l'espace national de sorte que le pays est écartelé entre les régions de Douchanbé, la capitale, à l'ouest, et de Khatlon, au sud, le Badakhchan, à l'est, et le Ferghana, au nord. Après la disparition de l'URSS, le Tadjikistan a subi une guerre civile (1992-1997) qui a vu la victoire des forces « néo-communistes » face à la coalition regroupant les islamistes et les démocrates. Au pouvoir depuis 1992, le président Emomali Rahmon (Rakhmonov jusqu'en 2007) domine le processus de stabilisation et de consolidation de l'État. Mais, malgré une certaine reprise économique, le Tadjikistan, qui est une plaque tournante du trafic de drogue, demeure un pays pauvre dont la population migre massivement vers la Russie.

Tadjikistan : carte physique

Carte : Tadjikistan : carte physique

Carte physique du Tadjikistan. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher l'atlas

Tadjikistan : drapeau

Dessin : Tadjikistan : drapeau

Tadjikistan (nov. 1992). Cette République d'Asie centrale, indépendante depuis septembre 1991, était la dernière des républiques de l'ex-Union soviétique à avoir gardé, au canton de son drapeau (champ rouge avec bandes horizontales inégales blanche et verte), la faucille, le marteau et... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher l'atlas

Géographie

Un pays de montagnes, cloisonné et enclavé

Situé au nord de l'Afghanistan, à l'ouest de la Chine, au sud du Kirghizstan et à l'est de l'Ouzbékistan, le Tadjikistan est un pays enclavé au cœur de l'Asie centrale. Cette république a été fondée dans le cadre de la construction de l'État soviétique, dans les années 1920. Ses frontières indentées dessinent un territoire appendiculaire, dont la superficie atteint 143 000 kilomètres carrés. La complexité du tracé des limites inter-étatiques entraîne également l'existence de trois exclaves dans le Ferghana, dont la principale – Vorukh – est située au Kirghizstan. Elles donnent au territoire tadjikistanais un aspect morcelé.

De même que le Kirghizstan voisin, le Tadjikistan est un pays de montagnes. L'Est est occupé par le Pamir – le « toit du monde » –, où des populations kirghizes nomadisent sur les hautes terres arides, et par le Badakhchan, dont les vallées étroites sont surmontées par des crêtes acérées d'une altitude souvent supérieure à 6 000 mètres et sont majoritairement habitées par des populations de confession ismaélienne. Le massif du pic Somoni (ex-pic du Communisme, 7 495 m) domine ces espaces peu accessibles qui constituent la région autonome du Haut-Badakhchan. Malgré la continentalité du climat, l'englacement y est important : le glacier Fedtchenko, qui s'écoule sur 77 kilomètres, est le plus long au monde à l'exception de ceux des régions polaires. Les glaciers du Pamir, qui couvrent 8 050 kilomètres carrés, alimentent le Vakhch et le Panj et fournissent au Tadjikistan d'abondantes ressources hydriques : le pays est un des châteaux d'eau de l'Asie centrale. Dans la partie occidentale, de puissants axes montagneux d'orientation est-ouest – du nord au sud, la chaîne du Turkestan, qui correspond à l'extrémité occidentale du Tianshan, la chaîne du Zeravchan et la chaîne de Hissar – encadrent la haute vallée du Zeravchan, lequel irrigue en aval les villes ouzbékistanaises de Samarcande et Boukhara. Difficilement franchissables, ces barrières séparent les principaux foyers de peuplement : au sud, les régions de Douchanbé et de Khatlon et, au nord, la partie tadjikistanaise du Ferghana qui, autour de Khodjand (ex-Leninabad), apparaît comme la région la plus prospère. La compartimentation de l'espace national est d'autant plus marquée que des chaînons forment des discontinuités nettes entre les bassins de Kouliab et de Kourgan-Tioube, qui sont des centres régionaux actifs dans la région de Khatlon, à l'extrémité méridionale.

Cette configuration régionale est une dimension essentielle du Tadjikistan, car la segmentation territoriale recouvre largement la partition des champs social et politique. La guerre civile (1992-1997) a ainsi opposé des mouvements politiques (néo-communistes, islamistes, démocrates) disposant d'un fort ancrage régional. Toutefois, la mobilisation des groupes territorialisés (kulabis, khodjendis, pamiris, garmis) s'est opérée dans le cadre d'une lutte pour le pouvoir central et non dans une perspective sécessionniste. Le Tadjikistan n'est pas un pays éclaté mais cloisonné.

Fragilités économiques et émigration

La population du Tadjikistan, qui est majoritairement rurale (73 p. 100), enregistre une croissance soutenue (environ 2 p. 100/an). Alors qu'elle a atteint 7,564 millions d'habitants au recensement de 2010, elle n'était que de 5,092 millions au recensement de 1989. Ce dynamisme démographique contraste avec les difficultés économiques et sociales subies au cours de la transformation postsoviétique. Durant la guerre civile, le PIB s'est en effet rétracté des deux tiers, car l'économie des villes, des piémonts et des montagnes a été désorganisée, tandis que près d'1 million de personnes s'étaient réfugiées dans leur région d'origine ou à l'étranger. Dans ce contexte, les populations européennes ont définitivement quitté le Tadjikistan. La part des Russes a donc diminué de 7,6 p. 100 à 0,5 p. 100 entre les recensements de 1989 et de 2010 alors que celle des Tadjiks s'est élevée de 62,3 p. 100 à 84,3 p. 100.

Malgré la reprise économique amorcée à la fin des années 1990, le Tadjikistan conserve une économie fragile, caractérisée par l'importance de l'agriculture et des activités informelles et clandestines – l'économie de la drogue représenterait de 30 p. 100 à 50 p. 100 de l'économie réelle selon les experts. Désormais décollectivisée, l'agriculture détient un rôle majeur, puisque ce secteur mobilise la moitié de la population active et compte pour environ le quart du PIB. La production de coton, celle de céréales, qui est en expansion, de même que celles des fruits, notamment des agrumes dans le sud, et des légumes dépendent presque partout de l'irrigation, en raison de la faiblesse des précipitations (moins de 200 mm/an dans le Ferghana et dans la basse vallée du Vakhch). Bien qu'elle autorise la transhumance des troupeaux des piémonts, la prédominance des montagnes impose l'étroitesse des terroirs cultivés : les terres arables n'occupent que 7 p. 100 du territoire. Elle incite également à la concentration de la population dans les vallées et les dépressions intramontagnardes. Dans le domaine industriel, l'activité est dominée par la fonderie d'aluminium de Regar (à Tursunzade), combinat hérité de la période soviétique. L' [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 10 pages

Médias de l’article

Tadjikistan : carte physique

Tadjikistan : carte physique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

carte

Tadjikistan : drapeau

Tadjikistan : drapeau
Crédits : Encyclopædia Universalis France

drapeau

Tadjikistan, 1997 : fin de la guerre civile

Tadjikistan, 1997 : fin de la guerre civile
Crédits : PA Photos

photographie

Rébellion armée au Tadjikistan, novembre 1998

Rébellion armée au Tadjikistan, novembre 1998
Crédits : PA Photos

photographie

Afficher les 4 médias de l'article


Écrit par :

  • : docteure en histoire, chargée de recherche au CNRS
  • : anthropologue, chercheur à l'Institut français d'études sur l'Asie centrale
  • : professeur émérite d'études ouraliennes et altaïques, professeur d'histoire à l'université d'Indiana, Bloomington
  • : docteur en géographie, chargé de recherche au C.N.R.S., membre de l'U.M.R. 7528 Monde iranien et indien (C.N.R.S., Sorbonne nouvelle, EPHE, INALCO)

Classification

Autres références

«  TADJIKISTAN  » est également traité dans :

TADJIKISTAN, chronologie contemporaine

  • Écrit par 
  • Universalis

Tous les événements politiques (élections, conflits, accords, …) et les faits économiques et sociaux qui ont marqué l’histoire contemporaine du pays jusqu’à aujourd’hui. […] Lire la suite

ASIE CENTRALE

  • Écrit par 
  • Henri-Paul FRANCFORT, 
  • Frantz GRENET
  •  • 9 678 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Les agro-pasteurs du Néolithique »  : […] L'origine de l' agriculture de l'Asie centrale n'est pas encore élucidée, mais il n'est pas exclu que les piémonts nord de Kopet Dag de l'Hindu Kuch et du Pamir aient fourni des milieux favorables à la domestication des plantes céréalières qui, pour certaines, y subsistent encore à l'état sauvage. La zone qui s'étend entre les piémonts du Zagros et ceux du Baluchistan, régions où l'« invention » d […] Lire la suite

C.E.I. (Communauté des États indépendants)

  • Écrit par 
  • Marie LAVIGNE
  •  • 3 634 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Des partenaires aux intérêts divergents engagés dans des coopérations à géométrie variable »  : […] Les pays membres de la C.E.I. présentent une grande diversité de poids économique, démographique et territorial (tableau 1) . Ils n'ont pas tous les mêmes intérêts. On distingue généralement trois groupes de pays : – Les « intégrationnistes ». C'est la Biélorussie qui va le plus loin, en acceptant, voire demandant, une union avec la Russie, effectivement consacrée en plusieurs étapes entre avril 1 […] Lire la suite

DOUCHANBÉ

  • Écrit par 
  • Julien THOREZ
  •  • 489 mots
  •  • 1 média

Douchanbé est la capitale du Tadjikistan , république d'Asie centrale indépendante depuis 1991. Localisée sur le piémont de la chaîne de Hissar, la ville est située dans le centre-ouest du pays, à proximité de la frontière de l'Ouzbékistan. Douchanbé a été fondée par les autorités soviétiques sur l'emplacement d'un village, au moment de la formation du territoire national tadjik en 1924, alors […] Lire la suite

FERGANA

  • Écrit par 
  • Pierre CARRIÈRE
  •  • 403 mots

La dépression intramontagnarde de Fergana occupe 22 000 kilomètres carrés, dont 17 000 appartiennent à l'Ouzbékistan, le reste étant partagé de manière à peu près égale entre le Tadjikistan et le Kirghizstan. Dominée de tous côtés par de très hautes montagnes atteignant 4 000 mètres au nord et à l'est et 7 000 mètres au sud, la plaine de Fergana (300 km de longueur, 100 km de largeur) doit son exi […] Lire la suite

ISLAM (Histoire) - Le monde musulman contemporain

  • Écrit par 
  • Françoise AUBIN, 
  • Olivier CARRÉ, 
  • Nathalie CLAYER, 
  • Andrée FEILLARD, 
  • Marc GABORIEAU, 
  • Altan GOKALP, 
  • Denys LOMBARD, 
  • Robert MANTRAN, 
  • Alexandre POPOVIC, 
  • Catherine POUJOL, 
  • Jean-Louis TRIAUD
  • , Universalis
  •  • 31 435 mots
  •  • 14 médias

Dans le chapitre « L'ère postsoviétique »  : […] Contrairement à ce qui avait été avancé, les musulmans de l'U.R.S.S. n'ont pas provoqué la désintégration du pouvoir soviétique. Lors du référendum de mars 1991, les républiques d'Asie centrale ont voté à 90 p. 100 leur maintien dans le nouveau pacte de l'Union proposé par Mikhaïl Gorbatchev. La première forme de politisation de l'islam en U.R.S.S. a été celle d'un parti pan-soviétique créé en ju […] Lire la suite

KIRGHIZSTAN

  • Écrit par 
  • Arnaud RUFFIER, 
  • Denis SINOR, 
  • Julien THOREZ
  • , Universalis
  •  • 5 515 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Construction nationale et intégration internationale »  : […] Afin de faire du territoire un support de la souveraineté et de la légitimité étatique, le Kirghizstan a engagé depuis 1991 une politique d'unification de l'espace. Elle s'est traduite par la réorganisation des régions administratives, la création de nouvelles circonscriptions étant censée notamment réduire l'opposition entre le Nord et le Sud. Cette politique d'aménagement comporte également une […] Lire la suite

NOUVELLES ROUTES DE LA SOIE

  • Écrit par 
  • Nashidil ROUIAÏ
  •  • 4 918 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Le socle financier officieux des Nouvelles Routes de la soie »  : […] Au-delà des organisations internationales et régionales au sein desquelles la Chine a accru son rôle depuis la fin des années 1990, la République populaire a constitué sous Xi Jinping ses propres réseaux pour promouvoir son développement économique et celui du continent asiatique. Son objectif est non seulement de s’imposer comme le leader incontesté dans la région, mais également de diversifier s […] Lire la suite

OASIS

  • Écrit par 
  • Yves LACOSTE
  •  • 3 092 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Différents types d'oasis »  : […] Si un grand nombre d'oasis furent d'abord des escales caravanières (Sahara, routes de la soie en Asie centrale), d'autres ne procèdent pas pour l'essentiel de raisons commerciales ou politiques. Les plus vastes oasis et les plus peuplées, celles qui correspondent aux vallées de grands fleuves allogènes (Égypte, oasis d'Asie centrale), sont des noyaux de peuplement dont la mise en place est extrêm […] Lire la suite

OUZBÉKISTAN

  • Écrit par 
  • Edward ALLWORTH, 
  • Arnaud RUFFIER, 
  • Julien THOREZ, 
  • Anne TOURNEVILLE
  • , Universalis
  •  • 7 650 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Une politique extérieure indépendante »  : […] La nécessité d'engager une politique permettant l'émergence d'un secteur privé de moyennes et petites entreprises s'est imposée auprès des élites gouvernementales au cours de l'année 2005-2006. Par ailleurs, le pays semble aujourd'hui plus disposé à ouvrir ses frontières à certaines firmes gazières et pétrolières étrangères. Après un revirement d'alliance en faveur de la Russie au détriment des Ét […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

29 avril 2021 Tadjikistan – Kirghizstan. Affrontements frontaliers meurtriers.

Des affrontements meurtriers opposent les forces tadjikes et kirghizes dans les environs de l’enclave tadjike de Vorukh, au Kirghizstan. L’absence de délimitation de certaines portions de frontière entre les deux pays depuis l’éclatement de l’URSS en 1991 donne lieu à des affrontements réguliers liés à l’accès à l’eau. Il s’agit de l’accrochage le […] Lire la suite

11 octobre 2020 Tadjikistan. Réélection du président Emomali Rahmon.

Le président Emomali Rahmon, au pouvoir depuis 1992, est réélu avec 90,9 p. 100 des suffrages. Le taux de participation est de 85,3 p. 100. La seule formation d’opposition, le Parti social-démocrate, a boycotté le scrutin que les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) jugent irrégulier. En avril, le fils […] Lire la suite

1er mars 2020 Tadjikistan. Élections législatives.

Le Parti démocratique populaire du président Emomali Rahmon remporte les élections législatives avec 50,4 p. 100 des suffrages et 47 sièges sur 63, et conserve une large majorité absolue malgré un léger recul. Les autres élus appartiennent à des partis alliés au pouvoir. Le Parti social-démocrate, seule formation d’opposition, obtient 0,3 p. 100  […] Lire la suite

22 mai 2016 Tadjikistan. Référendum constitutionnel.

Les électeurs approuvent à environ 95 p. 100 des voix les amendements constitutionnels soumis à référendum. Ceux-ci concernent notamment la possibilité pour le président de la République de se représenter indéfiniment, l’abaissement à trente ans (au lieu de trente-cinq) de l’âge minimum pour être élu à la tête de l’État et l’interdiction des partis […] Lire la suite

Pour citer l’article

Isabelle OHAYON, Arnaud RUFFIER, Denis SINOR, Julien THOREZ, « TADJIKISTAN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/tadjikistan/