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Les traductions de la Bible

L’effort pour rendre accessible le texte de la Bible est une constante de l’Occident médiéval, de la traduction en gothique de Wulfila (311-383) à celle en anglais de John Wycliff (1330-1384). Des traductions partielles en français, en vers et en prose sont attestées au cours du xiie siècle en contexte aristocratique ou monastique, dans un territoire qui s’étend de l’Angleterre normande aux Flandres, au Hainaut et à la Picardie ; il y faut ajouter des versions, perdues, réalisées dans des communautés religieuses marginales et liées aux figures charismatiques de Valdès de Lyon et Lambert le Bègue.

Le premier livre de la Bible à avoir été intégralement traduit est le psautier. Il est à cet égard intéressant que la mise en page des textes-témoins du xiie siècle présente plusieurs options avec des degrés différents d’émancipation de la traduction par rapport à l’original : glose française interlinéaire, texte latin en regard du texte français, avec alignement des versets (« psautier parallèle »), texte français seul. Parfois, la traduction donne lieu à des formes de syncrétisme culturel et social : ainsi, le psautier parallèle de Winchester (avant 1161) traduit « Beatus vir qui non abiit in consilio impiorum » (« Heureux l’homme qui ne marche pas selon les conseils des méchants », ps. 1.1) par « Beonuret barun chi ne alat el cunseil des feluns », où les équivalents barun et felun transposent l’antithèse morale et spirituelle de vir-homo et impius dans le cadre des valeurs guerrières et chevaleresques.

Il faudra attendre le milieu du xiiie siècle pour avoir une version française complète de la Bible. Le parcours est complexe et il faut tenir compte de la pluralité des formes de circulation du texte sacré ; pensons même juste à l’innovation produite au début du xiiie siècle par les Bibles moralisées, livres de luxe qui présentent une synthèse de l’Écriture par images et par extraits. Il est par exemple encore difficile de préciser le [...]

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  • : professeur, chargé de cours de littérature française du Moyen-Âge, université de Liège (Belgique)

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Pour citer l’article

Nicola MORATO, « MOYEN ÂGE - La littérature en prose », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/moyen-age-la-litterature-en-prose/