CROATIE

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Croatie : carte physique

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Croatie : drapeau

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Dubrovnik (Croatie)

Dubrovnik (Croatie)
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Vue générale de Dubrovnik (Croatie)

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Crédits : Robert Everts, Getty Images

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Nom officielRépublique de Croatie (HR)
Chef de l'ÉtatKolinda Grabar-Kitarović (depuis le 18 février 2015)
Chef du gouvernementAndrej Plenković (depuis le 19 octobre 2016)
CapitaleZagreb
Langue officiellecroate
Unité monétairekuna (HRK)
Population4 139 000 (estim. 2017)
Superficie (km2)56 594

La Croatie, qui était l'une des six républiques fédérées de Yougoslavie, a proclamé son indépendance le 25 juin 1991. Ce petit pays (56 610 km2) de 4,29 millions d'habitants (recensement de 2011), à la charnière culturelle de l'Europe centrale, de la Méditerranée et des Balkans, a souhaité intégrer l'Union européenne.

Croatie : carte physique

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Carte physique de la Croatie. 

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Croatie : drapeau

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drapeau

Croatie (déc. 1990). Cette République, qui a proclamé son indépendance en juin 1991, présente un drapeau à trois bandes horizontales rouge, blanche et bleue. En son centre, un écu de vingt-cinq carrés alternativement rouges et blancs, surmonté d'une couronne stylisée, elle-même... 

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Le premier royaume croate connu date du xe siècle. Après des querelles de succession, la Croatie signe en 1102 avec la Hongrie un accord à partir duquel l'histoire des deux entités se confond. Les Croates passèrent donc au xvie siècle sous tutelle autrichienne, lorsque les Habsbourg héritèrent du royaume de Hongrie. La suite de leur histoire est une longue quête d'autonomie politique puis, au xixe siècle, une volonté d'indépendance. Leur intégration dans la Yougoslavie royale en 1918, puis dans la Yougoslavie titiste en 1945, ne les satisfait pas pleinement. Leur départ de la fédération dans la violence, en 1991, marque la réaffirmation d'un État croate indépendant en Europe mais d'un État économiquement, politiquement et socialement affaibli par sa guerre d'indépendance.

Géographie

Un espace éclaté

La Croatie se distingue par sa forme étrange, en boomerang, à l'intérieur duquel s'inscrit le triangle du territoire de la Bosnie-Herzégovine. Cette forme est un héritage historique : la limite entre les deux États reprend la limite établie à la fin du xviiie siècle entre l'Empire austro-hongrois – dont faisait partie la Croatie – et l'Empire ottoman. Le pays se dessine comme deux bras articulés autour de la capitale Zagreb. Par conséquent, dans ce petit pays, les distances sont très longues : 210 kilomètres de Zagreb à Osijek, ville importante située à l'extrémité orientale de la Slavonie ; 380 kilomètres de la capitale à Dubrovnik, fleuron touristique et pôle économique, situé à l'extrémité méridionale de la Dalmatie.

Dubrovnik (Croatie)

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Malgré quelques destructions, les combats qui ont accompagné l'indépendance de la Croatie n'ont pas ruiné la physionomie de l'ancienne Raguse. 

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Vue générale de Dubrovnik (Croatie)

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La ville et le port de Dubrovnik, sur la côte dalmate. 

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Le relief coupe en deux le pays (20 p. 100 du territoire se situe à plus de 500 m d'altitude). La Dalmatie, d'orientation nord-ouest - sud-est, bordée par la mer Adriatique, est montagneuse. Le massif jeune des Alpes dinariques culmine à 1 831 mètres (mont Dinara) et isole le littoral : les cols transversaux sont rares pour pénétrer à l'intérieur du pays. Sous le climat méditerranéen de la côte et du sud de la Dalmatie, vignobles et oliveraies forment le paysage traditionnel, auquel il faut ajouter les troupeaux de moutons. La Slavonie, d'orientation ouest-est, est bordée par trois cours d'eau importants : la Drave au Nord et la Save au sud vont se jeter dans le Danube, à l'est. Vukovar, son port danubien, lui permet de tisser des échanges avec l'Europe centrale. Elle constitue la partie méridionale de la plaine pannonienne d'Europe centrale, basse (de 100 à 200 m d'altitude) et fertile, ce qui fait d'elle le grenier agricole du pays : céréales (blé, maïs), vignes et vergers auxquels sont associés des élevages (bovins, équidés).

Le littoral adriatique, long de 1 778 kilomètres, est extrêmement découpé. Caps et péninsules s'en détachent, dont au nord celle de l'Istrie et, au sud, celle de Pelješac. Enfin la côte croate est bordée d'une multitude d'îles et d'îlots : 1 185 au total, dont 66 sont habités et ont conservé des dialectes et des coutumes propres.

Enfin, Dubrovnik et sa région sont isolés du reste du pays par le couloir de Neum, une bande de terrain large de 20 kilomètres appartenant à la Bosnie-Herzégovine et donnant à cette dernière accès à la mer.

Un peuplement modifié par la guerre et la modernisation

La Croatie compte 4 442 000 habitants (78,5 hab./km2). La guerre de 1991 et les combats de 1995 (opération de reconquête de la République serbe de Krajina) ont engendré de vastes mouvements de population : plus de 200 000 personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays, surtout du Nord (Slavonie orientale) et du Centre (Krajina) vers la côte, 200 000 environ ont fui le pays, essentiellement des Serbes de Croatie partis se réfugier en Serbie et en Bosnie-Herzégovine et, enfin, 13 000 personnes ont été tuées. Parallèlement, la guerre de Bosnie-Herzégovine a fait affluer au minimum 300 000 réfugiés, Croates de Bosnie-Herzégovine essentiellement.

L'accroissement naturel est négatif (— 2,1 p. 1000) depuis 1991, en raison d'un taux de fécondité bas (1,3 p. 1000). La balance migratoire positive ne suffit pas à enrayer la baisse de la population totale. Dans ce pays pluriethnique, les Croates sont les plus nombreux (89,6 p. 100 de la population). La guerre a provoqué le départ de la minorité serbe du pays, dont le taux est passé de 12,2 p. 100 à 4,5 p. 100 entre 1991 et 2001. D'autres minorités : Italiens (0,4 p. 100) en Istrie, Hongrois (0,4 p. 100), Tchèques (0,2 p. 100) et Slovaques (0,1 p. 100) en Slavonie bénéficient d'une représentation politique au niveau national et local ainsi que de droits culturels (enseignement dans la langue maternelle notamment).

La majorité (60 p. 100 environ) des habitants sont urbains. La guerre, en concentrant les combats dans les régions karstiques de Lika, Kordun et Banovine, où s'était installée la République serbe de Krajina, indépendantiste, a accéléré le dépeuplement de ces zones où l'agriculture vivrière et les activités pastorales ne permettent pas de fixer la population, déjà peu nombreuse. Les îles, difficiles d'accès surtout en hiver, se dépeuplent également. Les grandes villes, Zagreb et les villes secondaires du littoral (Split, Šibenik, Zadar, Dubrovnik, Rijeka) en priorité, gagnent quant à elles des habitants. Seules trois villes ont plus de 100 000 habitants : Zagreb (686 568), Split et Rijeka au recensement de 2011.

Une économie à reconstruire

L'économie du pays est doublement à reconstruire. Tout d'abord, en quittant la Yougoslavie (1991) dont elle était la république la plus dynamique économiquement après la Slovénie, la Croatie a perdu le marché yougoslave où elle achetait ses matières premières et revendait ses productions. Optant pour une libéralisation économique, elle a dû adapter ses infrastructures économiques et financières à l'économie de marché. De surcroît, le pays a commencé sa transition par six mois de combats, de l'été à l'hiver de 1991, qui ont détruit bon nombre de ses bâtiments (hôpitaux, écoles, églises, maisons individuelles), infrastructures de production et de commercialisation (voies ferrées, routes, usines, vignes). Les destructions ont été localisées en Slavonie orientale et centrale et en Lika et Kordun, régions de hauts-plateaux karstiques situés entre les Alpes dinariques et la région centrale de Zagreb. Vukovar fut détruite entièrement, Dubrovnik, Zadar, Knin, Petrinja et bien d'autres villes furent touchées. Les dommages indirects sur l'économie (baisse du tourisme et des investissements étrangers) sont difficilement chiffrables.

La transition et la guerre ont plongé la Croatie dans une profonde crise économique. Le P.N.B. est tombé de 16 milliards de dollars en 1990 à 8 milliards en 1992. Toutefois, la situation s'est progressivement et continûment améliorée depuis la signature du traité de paix entre l'État de Croatie et les Serbes de Croatie, sécessionnistes, en novembre 1995 (traité d'Erdut). Le taux de chômage reste très élevé (18 p. 100 en 2005) mais baisse régulièrement depuis 2000 et le salaire moyen net est de 4 173 kuna (650 euros environ). Au milieu des années 2000, le secteur des services rassemble plus de la moitié des emplois (62,3 p. 100), notamment grâce au tourisme balnéaire ; les touristes étrangers (7,9 millions en 2005), Italiens et Allemands principalement, se concentrent sur le littoral adriatique, dans les marinas et sur les îles, provoquant un déséquilibre économique entre le nord et le sud du pays.

L'industrie génère un tiers des emplois (31,2 p. 100 en 2005) avec des domaines phares tels que les chantiers navals de Rijeka, la cimenterie (Zadar), la pétrochimie (Rijeka et Zadar) et les ports de marchandises (Rijeka, Onisalj, Split, Ploče et Šibenik). L'agriculture regroupe 6,3 p. 100 des emplois, très peu dans la pêche (4 500 pêcheurs en 2004), et permet le développement d'une filière agro-alimentaire.

Un État qui s'affirme en Europe

Lorsque la Croatie a proclamé son indépendance, le 25 juin 1991, les autres États ne l'ont pas reconnue et la Communauté économique européenne (actuelle U.E.) lui a demandé de surseoir à sa proclamation d'indépendance, certaine qu'il serait possible d'éviter l'éclatement de la Yougoslavie. Finalement, en janvier 1992, moyennant une protection constitutionnelle des minorités nationales du pays et sous la pression politique de l'Allemagne, la C.E.E. a reconnu la Croatie indépendante. Quatorze ans plus tard (juin 2004), la Croatie a officiellement été acceptée comme candidate à l'adhésion à l'U.E., avec l'objectif d'y entrer en même temps que la Roumanie et la Bulgarie. Ses résultats économiques le lui permettent mais les réformes pour adopter l'ensemble de « l'acquis communautaire » ne sont pas achevées, notamment dans le domaine judiciaire.

Après la guerre de 1991, le pays a normalisé ses relations politiques avec les États limitrophes bien qu'elles restent malaisées avec les Républiques ex-yougoslaves. Avec la Slovénie, les points de friction ont été progressivement réglés. Reste le contentieux maritime : la Slovénie demande à la Croatie de lui accorder une extension de ses eaux territoriales afin d'accéder directement aux eaux internationales. La Croatie refuse toute diminution de son espace maritime. Avec le Monténégro, la querelle sur la pointe de Prevlaka, qui commande les entrées et les sorties de navires dans la baie de Kotor, a été réglée si bien que les deux États songent à développer une autoroute littorale transfrontalière afin d'encourager le tourisme. Avec la Serbie, les relations restent tendues en raison du rôle de Belgrade dans la guerre de 1991. Avec la Bosnie-Herzégovine, les relations sont normalisées : la Croatie reconnaît l'État unitaire bosniaque et, ce faisant, accepte de ne pas soutenir politiquement les Croates de Bosnie.

—  Emmanuelle CHAVENEAU

Histoire

La naissance de la Croatie

À l'origine, cette région est peuplée d'Illyriens et de Celtes pannoniens. En 35 avant J.-C., Rome l'englobe dans sa province de Pannonie. En 493, elle appartient à l'empire de Théodoric puis à celui de Justinien. Au vie siècle, les Avars font leur apparition. Un siècle plus tard, des tribus slaves croates venues d'Ukraine pénètrent dans le nord-ouest de l'Illyrie, entre Drave, Save et Adriatique. Ces tribus, organisées en grandes communautés agraires, sont vassales des Avars puis des Francs (806) et des Byzantins (877). Mais l'influence de Byzance n'est réelle que dans les villes côtières de Dubrovnik (Raguse), Split (Spalato) et Zadar (Zara) jusqu'au milieu du xie siècle. Christianisés au ixe siècle par les Carolingiens, les Croates se tournent vers Rome et non vers Constantinople comme les autres Slaves du Sud, d'où cette spécificité croate liée à l'aire latine occidentale et catholique. Contrairement aux Serbes et aux Bulgares, les Croates n'ont été qu'effleurés par les influences byzantines et ottomanes.

En 880, ils fondent un duché qui devient un royaume indépendant en 925, sous le règne de Tomislav qui se proclame Rex Croatorum. La grande Croatie médiévale durera deux siècles (xe-xie s.). Tomislav Ier s'allie à Byzance contre les Bulgares et agrandit ainsi son royaume. Le roi Drtzislav (969-997) continue la lutte contre les Bulgares, mais Kressimir III (1000-1030) est toujours vassal de Byzance. Son successeur Kressimir IV se rapproche de Rome et de Venise, devenant roi de Croatie et de Dalmatie. En 1076, Dimitar Zvonimir est couronné à Split par un légat du pape. À sa mort, l'anarchie règne dans le royaume, et Ladislas Ier de Hongrie pénètre en Croatie en 1091. En 1102, Kalman de Hongrie est couronné roi de Croatie, et Venise s'empare de la Dalmatie. La domination hongroise durera presque sans interruption jusqu'en 1918. L'influence orthodoxe (alphabet cyrillique, architecture byzantine et liturgie) est combattue et remplacée par l'activité missionnaire des bénédictins, franciscains et dominicains. Au niveau politique, un ban croate résidant à Zagreb, vassal de Budapest, représente le pouvoir royal. À la suite de la défaite des Hongrois face aux Turcs à Mohacs en 1526, la Croatie est démembrée. Le Sud devient ottoman jusqu'en 1699 (traité de Karlowitz), Venise conserve le Nord et la Dalmatie. Dubrovnik est une république indépendante. Le reste devient terre des Habsbourg. Au xviiie siècle, l'emprise catholique se renforce et des adeptes de la religion réformée ne peuvent s'implanter. Sous l'influence des jésuites, la langue populaire croate et les traditions slaves se développent.

La Croatie contemporaine

C'est Napoléon qui va mettre fin provisoirement à cet équilibre. Après avoir défait Venise et l'Autriche, il crée les provinces illyriennes rattachées à l'Empire de 1809 à 1813. La Slovénie, la Dalmatie et une grande partie de la Croatie y sont englobées. Les Français abolissent la féodalité et introduisent le Code civil. Les ferments du nationalisme croate vont commencer à germer. La première personnalité appartenant à ce courant est Ludevic Gaj (1809-1872). Apôtre de l'illyrisme, il souhaite rassembler tous les Slaves du sud de l'empire habsbourgeois. Dès 1835, il publie la Gazette illyrienne et réforme l'orthographe croate pour la rapprocher du serbe. Mais c'est sans conteste la révolution de 1848 en Europe qui est le détonateur du mouvement croate. Sous domination hongroise, les Croates préfèrent se rapprocher de Vienne. Le ban Josip Jelachitch, la population croate et serbe de Voïvodine refusent de s'allier à la sécession hongroise. De 1849 à 1867, la Croatie est directement annexée à l'Autriche. Mais le compromis austro-hongrois créant la double monarchie laisse les Croates aux mains des Hongrois. Cela va les pousser vers l'union de tous les Slaves du Sud et vers le futur « yougoslavisme ». C'est l'évêque catholique Josip Strossmayer (1815-1905) qui transforme l'illyrisme en yougoslavisme. Il souhaite unir tous les Slaves du Sud, qu'ils se trouvent sous ou hors domination habsbourgeoise. En 1868, Zagreb obtient une certaine autonomie dans les domaines de la police, de la justice, de l'éducation et de l'agriculture. Au début du xxe siècle, les nationalistes croates veulent transformer la double monarchie austro-hongroise en un État tri-unitaire : Autrichiens, Hongrois et Slaves (Croates et Serbes). Ils créent la coalition croato-serbe qui va dominer le Parlement autonome de Zagreb de 1906 à 1908. Cette coalition est dirigée par les Croates Frano Supilo et Ante Trumbić et le Serbe Svetozar Pribichević. Mais, en 1908, les autorités hongroises arrêtent de nombreux dirigeants croates.

La Première Guerre mondiale va permettre au yougoslavisme de se développer. En mai 1915, Trumbić et Supilo forment le Comité yougoslave en exil à Rome puis à Londres. En juillet 1917, ils signent à Corfou une déclaration conjointe avec les Serbes pour créer un royaume des Slaves du Sud, sous l'œil bienveillant des Alliés. Le 29 octobre 1918, un Conseil national est mis sur pied à Zagreb avec le Croate Ante Pavelić (1889-1959), membre du Parti du droit, un Slovène et un Serbe. Ce conseil rompt avec les Austro-Hongrois et proclame, le 1er décembre, le royaume des Serbes-Croates et Slovènes, nouveau pays comprenant 3,7 millions de Croates. Mais, rapidement, fédéralistes croates et centralisateurs serbes entrent en conflit. Le Parti paysan croate des frères Radić (Ante Radić, 1868-1919, et Stepan Radić, 1871-1928) domine la vie politique croate. Il est partisan d'un royaume fédéral avec une Croatie autonome. Il se heurte donc à Belgrade, au roi Karageorgević et aux partisans d'une grande Serbie. En juin 1921, les députés croates boycottent le vote de la Constitution yougoslave qu'ils jugent trop centralisatrice. Ces députés ne siègent plus à l'Assemblée jusqu'en 1924. Stepan Radić, adepte d'une internationale verte agrarienne, devient tout de même ministre de l'Instruction publique en 1925-1926. Mais il est assassiné par un député monténégrin en pleine Assemblée en juin 1928. L'année suivante, le roi Alexandre dissout l'Assemblée. Les Croates autonomistes s'exilent en Suisse, alors que les indépendantistes suivent Ante Pavelić en Hongrie puis en Italie. C'est là, à l'ombre de Mussolini, qu'ils fondent l'Oustacha (Rebelle) en 1930. Alors que le docteur Matchek (1879-1964), successeur de Radić, est en prison, l'Oustacha multiplie les attentats terroristes en Yougoslavie et à l'étranger. En 1934, elle tue le roi Alexandre à Marseille. Finalement, en août 1939, le prince régent serbe Paul, pro-allemand, négocie avec le docteur Matchek. Une grande banovine de Croatie, unissant Croatie et Dalmatie (4,4 millions d'habitants), est créée, et le leader croate devient vice-président du Conseil. Mais il est trop tard pour sauver le royaume yougoslave. Avec l'invasion nazie d'avril 1941, l'Oustacha s'installe à Zagreb et proclame l'État indépendant de Croatie (100 000 km2 et 6,3 millions d'habitants). Les Oustachis massacrent tellement de Serbes, de juifs et de musulmans bosniaques que Berlin est obligé de modérer Pavelić. En effet, ces tueries amènent de nombreux Yougoslaves à rejoindre les rangs des partisans du maréchal Tito. Dans les montagnes de Croatie, des zones libres existent dès 1943. L'ensemble de la Croatie est libéré en mai 1945 et les Oustachis sont impitoyablement pourchassés. Mais, avec l'appui de l'Église catholique, Ante Pavelić réussit à s'enfuir en Italie, puis en Argentine. Il mourra dans son lit à Madrid en 1959.

Le prince régent Paul

Le prince régent Paul

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Paul, prince régent de Yougoslavie, saluant Hitler, vers 1936. 

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Ante Pavelic

Ante Pavelic

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Ante Pavelic (1889-1959), leader du mouvement nationaliste oustachi, rallié à Hitler en 1941. 

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En 1946, la Croatie devient une des six républiques socialistes fédératives de Yougoslavie. Le nationalisme croate se réveille en 1971. Des Oustachis exilés assassinent des diplomates yougoslaves. En novembre-décembre 1971, les étudiants de Zagreb déclenchent une grève générale. Tito augmente alors les salaires ouvriers, mais multiplie les arrestations de leaders nationalistes et purge le P.C. croate (Tripalo et Haremuja sont destitués). Avec le réveil du nationalisme serbe en 1988, les Croates craignent un renouveau du « grand serbisme ».

La Croatie indépendante

En février 1989, les Croates fondent un mouvement alternatif indépendant. En janvier 1990, l'ex-général communiste dissident, Franjo Tudjman, crée l'Union démocratique croate (H.D.Z.). Dans la foulée, les nostalgiques de l'Oustacha ressuscitent le Parti du droit. Aux premières élections libres de mai 1990 en Croatie, le H.D.Z. l'emporte, et Franjo Tudjman devient président de la République. Mais ses déclarations violemment anti-serbes indisposent les 11 p. 100 de Serbes qui vivent en Croatie. En août, ces derniers votent pour l'autonomie des régions où ils sont majoritaires. Les premiers affrontements ont lieu le 2 mars 1991 entre policiers croates et serbes. En avril, la Krajina proclame son rattachement à Belgrade. En mai, 94 p. 100 des votants se déclarent pour une indépendance de la Croatie, qui se proclame souveraine et indépendante le 25 juin 1991 ; cette indépendance est reconnue internationalement à partir du début de 1992. En juillet 1991, l'armée fédérale et les milices serbes attaquent la garde nationale et les milices croates.

La guerre et l'offensive serbe

Alors que la guerre a commencé, les trois médiateurs du Conseil européen réunissent Serbes, Croates et Slovènes sur l'île de Brioni dans l'Adriatique, le 7 juillet. Ils décident conjointement d'appliquer un cessez-le-feu et de susprendre les déclarations d'indépendance. Aucune de ces deux résolutions ne sera respectée et le processus d'éclatement de la Yougoslavie se met en marche.

Si le régime serbe de Slobodan Milošević accepte le cessez-le-feu avec la Slovénie, il le refuse vis-à-vis de la Croatie, le 4 août. Douze jours plus tard, de violents combats ont lieu dans le nord-est de la Croatie, alors que les Serbes des deux Slavonies (orientale et occidentale) proclament leur autonomie. Le 12 septembre, le dernier président de la Fédération socialiste yougoslave, le Croate Stipe Mésić, ordonne à la J.N.A. (Armée populaire yougoslave) de quitter la Croatie. Le ministre fédéral de la Défense, d'origine serbe, Veljko Kadijević, rejette l'ultimatum présidentiel. La Croatie demandera plus tard son inculpation par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (T.P.I.Y.), installé à La Haye. Face au blocage des négociations, Zagreb décide de passer outre aux recommandations internationales et, le 8 octobre 1991, elle confirme donc sa déclaration d'indépendance. Un mois plus tard, la J.N.A., aidée par les milices serbes ultranationalistes, entre dans Vukovar (Slavonie), complètement dévastée, et se livre à des massacres contre les populations civiles.

Lors des deuxièmes élections libres, le 2 août 1992, le président Franjo Tudjman est réélu dès le premier tour et son parti, le H.D.Z., conserve la majorité absolue au Parlement. Le président nomme alors comme Premier ministre, le très nationaliste Hrvoje Sarinić, alors que plus de 30 p. 100 du territoire de la République (les Slavonies et les Krajina) est occupé par les irrédentistes serbes

Avec l'aide indirecte de services de renseignements occidentaux, l'armée croate lance une offensive en janvier 1993 contre les Krajina (région de Knin) pour rétablir les liaisons entre Zagreb et la côte dalmate. Militairement, c'est un échec, mais, politiquement, c'est un succès car la Croatie rappelle ainsi à la communauté internationale qu'elle proteste contre l'inaction des casques bleus et des casques blancs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (O.S.C.E.) et souhaite récupérer l'intégrité de son territoire. La J.N.A., qui se transforme en V.J. (Armée yougoslave) pour rompre avec son passé titiste, refoule cette offensive.

Trois mois plus tard, les irrédentistes serbes, qui contrôlent 30 p. 100 de la Croatie et 55 p. 100 de la Bosnie, décident de leur unification dans l'espoir de créer une grande Serbie. Cette unification est officialisée par un référendum dans ces régions les 19 et 20 juin 1993. Pour imiter les minorités serbes, la minorité croate de Bosnie-Herzégovine proclame l'indépendance de l'Herceg-Bosna (dont Mostar est la capitale) dans le sud du pays ; son but est l'unification avec Zagreb pour recréer la « grande Croatie » d'Ante Pavelić (1941-1945), allié de l'Allemagne nazie.

En Krajina, le Serbe Milan Martić, homme lige de Slobodan Milošević, est élu, le 23 janvier 1994, président de cette République sécessionniste. Mais, au début de 1995, plusieurs pays européens ainsi que les États-Unis décident de rétablir une certaine égalité militaire entre la Serbie et la Croatie, l'Allemagne fournissant à cette dernière du matériel militaire de l'ex-R.D.A.

La reconquête croate et la paix

Ainsi, au printemps de 1995, la jeune armée croate est prête à la contre-offensive. Les 1er et 2 mai, elle reconquiert la Slavonie occidentale mal défendue par les troupes de Belgrade et, ainsi, reprend le contrôle de la route qui relie Zagreb à l'est du pays. L'armée croate pratique alors l'épuration ethnique et quelques milliers de Serbes rejoignent la Serbie. En revanche, l'offensive contre la Slavonie orientale est impossible car cette dernière, frontalière de la Serbie, est occupée et quadrillée par les divisions blindées de la V.J. et les milices paramilitaires serbes. Le 4 août, l'armée croate se lance à l'assaut de la Krajina et de sa capitale Knin. Slobodan Milošević, qui sent le vent tourner, abandonne les Serbes de la Krajina pour sauvegarder son pouvoir à Belgrade, interdisant à la V.J. de soutenir et d'approvisionner les milices de Milan Martić. En trois jours, ces dernières sont défaites et se réfugient dans la partie serbe de la Bosnie, accompagnées par des dizaines de milliers de civils serbes installés dans la région depuis les xvie-xviie siècles. Dix ans plus tard, seuls quelques centaines de Serbes seront rentrés dans leurs foyers (de Krajina, des Slavonies ou à Zagreb).

Fort de ces succès militaires qui ont permis de récupérer 90 p. 100 du territoire croate, le parti H.D.Z. du président Tudjman remporte les élections législatives le 29 octobre 1995 avec plus de 45 p. 100 des suffrages, soit 75 députés sur 127. L'opposition de droite obtient 19 sièges, le centre 12 et la gauche 10.

Un mois plus tard, le 21 novembre, à Dayton (États-Unis), un accord est signé entre Franjo Tudjman, Slobodan Milošević et le Bosniaque Alija Izetbégović, pour résoudre la crise yougoslave. Zagreb et Belgrade reconnaissent l'indépendance d'une Bosnie composée de deux régions : la fédération croato-musulmane et la République serbe de Bosnie. Progressivement, les forces armées serbes vont quitter la Slavonie orientale, permettant aux réfugiés croates de rentrer chez eux.

Une fois la paix revenue, l'opinion publique croate commence à se plaindre de la corruption généralisée, dans un pays mis en coupe réglée par le H.D.Z. C'est ainsi que, lors des élections municipales d'avril 1997, le H.D.Z. et son allié du Parti libéral voient leur influence diminuer au profit des socialistes (ex-titistes) et des sociaux-démocrates. Mais toujours populaire, Franjo Tudjman, le « père de la Nation », est réélu président de la République le 15 juin 1997 avec plus de 61 p. 100 des suffrages. Il meurt deux ans plus tard, le 10 décembre 1999. Sa disparition va profondément changer la vie politique dans le sens de l'ouverture et de la démocratisation.

La nouvelle Croatie démocratique

Le 3 janvier 2000, l'opposition démocratique du centre gauche (Parti social-démocrate, Parti social-libéral et deux petits partis régionalistes) remporte les élections législatives avec 47 p. 100 des suffrages et 71 sièges sur 151. Le H.D.Z. n'a plus que 40 députés. Ivica Racan, du Parti social-démocrate, devient Premier ministre et tente de sortir le pays de l'ère Tudjman. Un mois plus tard, Stipe Mésić fait son grand retour. Ex-titiste devenu social démocrate, il remporte l'élection présidentielle avec 56 p. 100 des votes. Son programme est clair : adhésion à l'O.T.A.N., à l'Union européenne (U.E.) et collaboration avec le T.P.I.Y.

Pour ce faire, il approuve, en juillet 2001, l'arrestation et la livraison au T.P.I.Y. de deux généraux croates criminels de guerre, pendant l'offensive d'août 1995 en Krajina. Mais cette collaboration heurte une bonne partie de l'opinion publique, restée très nationaliste. C'est pourquoi, lors des législatives du 23 novembre 2003, le H.D.Z. l'emporte avec 66 sièges sur 152. Ivica Racan est donc remplacé au poste de Premier ministre par le nouveau chef du H.D.Z., Ivo Sanader. La Croatie vit sa première cohabitation entre un président socialiste et un Premier ministre nationaliste conservateur. Cela ne va pas empêcher Stipe Mésić d'être réélu président de la République, le 16 janvier 2005, avec 66 p. 100 des voix contre son adversaire du H.D.Z., la vice-Premier ministre Jadranka Kosor.

Le 16 mars 2005, l'U.E. reporte sine die les négociations d'adhésion de la Croatie, qui s'est portée candidate en 2003, en raison de son manque de collaboration avec le T.P.I.Y., en particulier au sujet du criminel de guerre, le général Ante Gotovina, ancien légionnaire bénéficiant de la double nationalité française et croate. Le président Mésić donne alors des assurances à Bruxelles, qui accepte d'ouvrir les négociations le 3 octobre. C'est ainsi que le général Gotovina, en fuite depuis juillet 2001, est arrêté le 8 décembre 2005 aux îles Canaries et transféré à La Haye, alors que de nombreux partisans du H.D.Z. manifestent bruyamment à Zagreb.

Depuis 1996, le pays est sorti du marasme économique dû à cinq années de guerre et de destructions. Un des moteurs de cette renaissance économique est sans conteste le tourisme. En 2002, la Banque mondiale salue la croissance de l'économie croate ainsi que l'avancée des réformes, mais les privatisations s'effectuent lentement et la corruption ne facilite pas les choses. Le nombre de touristes étrangers est en hausse constante, représentant une forte concurrence pour la Grèce. La construction navale et les infrastructures portuaires sont également en pleine expansion, alors que le secteur du textile se maintient, malgré des délocalisations.

Quoi qu'il en soit, pour le pouvoir croate, l'avenir économique et politique du pays repose sur un arrimage à l'U.E. Zagreb a posé officiellement sa candidature à l'adhésion le 21 février 2003 mais l'affaire Gotovina lui a fait perdre du temps, et le pays ne peut entrer dans l'Union le 1er janvier 2007, en même temps que la Bulgarie et la Roumanie, malgré un niveau de vie supérieur à ces deux pays. D'autant que les Vingt-Cinq ont, en 2006, ralenti de fait le processus d'élargissement, au grand dam de la Croatie, de la Turquie et des autres pays des Balkans du Sud-Ouest.

En 2008, l'O.T.A.N. entérine la candidature de la Croatie qui entre officiellement dans l'Alliance en avril 2009, en même temps que l'Albanie : un des objectifs de Stipe Mésić est atteint. Pendant ce temps, le processus d'adhésion à l'U.E. est encore retardé en raison d'un différend frontalier avec la Slovénie. Le président Mésić, qui ne peut briguer un nouveau mandat, est remplacé à la tête de l'État en février 2010 par le social-démocrate Ivo Josipović. La cohabitation entre un président de centre gauche et le H.D.Z., qui durait depuis 2003, cesse avec la victoire des sociaux-démocrates à l'issue des élections législatives de décembre 2011. Le même mois, la Croatie signe le traité d'adhésion à l'U.E, qui est approuvé par les Croates par référendum en janvier 2012. La Croatie devient le vingt-huitième État membre de l'Union le 1er juillet 2013.

(Voir également CROATIE, chronologie contemporaine)

—  Christophe CHICLET

Littérature

La littérature croate est une littérature slave dont la naissance remonte à l'époque où tous les Slaves – y compris la branche dite du Sud à laquelle se rattachent les Croates –, devenus chrétiens, furent dotés de ce qui constitue le fondement de toute culture, notamment littéraire : une écriture et une langue codifiée.

Venus des plaines de Pologne et de Biélorussie entre le vie et le viie siècle, les tribus croates avaient percé jusqu'aux vieilles cités latines de l'Adriatique et cherché tout aussitôt à s'approprier la civilisation des premiers occupants, en adoptant une religion monothéiste et en créant les possibilités d'une communication linguistique sur un territoire dont les frontières, vue l'inexistence des États, restaient d'une extrême mobilité. Ils bénéficièrent du génie linguistique des frères Cyrille et Méthode, inventeurs de la première écriture slave, le glagolitique, et codificateurs d'une langue littéraire idéale, le vieux slave, ou slavon, dans laquelle fut traduite l'Écriture sainte. Tout naturellement, cette langue avait été construite sur la base des parlers slaves de Salonique, pays d'origine de Cyrille et Méthode. À mesure qu'elle rayonnait loin de son point de départ, cette langue s'enrichissait des apports de chacune des tribus qui l'utilisaient. Ainsi en fut-il des Croates. On vit apparaître un type à part de glagolitique croate, et un type de langue fortement influencé par les parlers locaux. Le glagolitique était utilisé non seulement dans la liturgie mais pour le service public, témoin la fameuse pierre de Baška (Baščanska ploča), premier document civil écrit en vieux slave, de rédaction croate et datant du xie siècle.

Le développement de la littérature croate fut très vite entravé par un événement historique d'une importance considérable : la fin, en 1102, de l'État croate indépendant et l'entrée de la Croatie dans l'« Union personnelle » avec les Hongrois, qui devait durer jusqu'à la chute de l'Autriche-Hongrie en 1918.

La perte de l'indépendance eut d'abord pour effet de renforcer les dialectes tout en favorisant la confusion des écritures et l'influence des impérialismes culturels étrangers. Cependant, au fil des ans se dessinèrent les frontières de régions présentant un certain degré d'unité linguistique : Dalmatie du Nord, Istrie, Lika (écriture glagolitique tchakavienne) ; Dalmatie (écriture latine tchakavienne) ; Croatie du Nord (kaïkavien, avec influence du hongrois). Les textes circulent librement entre ces trois territoires. Le public raffole des textes sacrés apocryphes (traductions de la Vie d'Adam, de l'Évangile de Nicodème, des Actes des apôtres), de la vie des saints – notamment de saint Jérôme, présumé croate et inventeur du glagolitique –, ou de celle de la Vierge. Parmi les œuvres profanes, il faut signaler comme particulièrement populaires un Roman de Troie (Rumanac trojski, traduit de l'italien vers 1300) et une Alexandride (Aleksandrida) qui constitue le plus beau texte de la littérature médiévale des Slaves du Sud.

Aux avant-postes

Mais l'art littéraire fait vraiment son apparition avec l'œuvre de Marko Marulić (1450-1524). Latiniste réputé (notamment pour une épopée, Davidias, dont la publication ne date que d'une époque récente), auteur d'ouvrages de morale abondamment publiés à l'étranger, Marulić est le premier écrivain croate d'audience internationale. De son œuvre en langue croate, on retient essentiellement Judith (Judita), épopée écrite en 1501 et qui fera l'objet de trois éditions successives. Inspirée directement d'un épisode de l'histoire croate, la défaite des armées turques sous les murs de Split, ville natale de l'auteur, Judith se présente comme une œuvre de caractère national et constitue le prototype de l'épopée populaire écrite selon des critères artistiques, avec références évidentes à la Bible. Les guerres contre les Turcs allaient considérablement entraver le développement historique de tous les peuples des Balkans, mais, parmi eux, il en est peu auxquels elles aient coûté aussi cher qu'aux Croates : l'épanouissement équilibré du féodalisme, le développement des villes, l'élaboration d'une langue standard, tout fut rendu impossible jusqu'au xixe siècle.

Les Croates, engagés dans une lutte qui dépassait de loin leurs forces, furent contraints de s'exiler en masse, ce qui ne manqua pas de laisser des traces profondes dans la littérature, comme le montre l'étude de la thématique et de la sociologie littéraire de l'époque. C'est ainsi que s'imposent l'héroïsme comme idéal social suprême, le dogmatisme catholique comme vision idéologique fondamentale, et l'épique comme mode d'existence (forma vitae), et par conséquent comme genre littéraire. Le condere urbem de Virgile (fonder la Ville) devint chez les poètes condere patriam. La Ville, pour les Croates, c'était Dubrovnik, territoire indépendant, oasis de culture occidentale et chrétienne au cœur du désert ottoman. Autre exception : la Dalmatie vénitienne, surtout avec Zadar, Šibenik et Split. L'influence réciproque de ces deux milieux culturels fut extrêmement bénéfique pour le développement de l'ancienne littérature croate. En fait, le réseau d'échanges incessants entre Split, Hvar, Zadar et Dubrovnik constitue le ferment de la création littéraire jusqu'au siècle des Lumières.

L'une des particularités de cette création est qu'elle reste profondément enracinée dans la littérature orale. Dès le début du xve siècle, le contenu sémantique de l'oral, dans sa richesse et son intégrité, est assimilé par l'écrit, où il se combine, dans le domaine de la poésie lyrique, avec le pétrarquisme, illustré surtout par Džore Držić (1461-1501) et par Šiško Menčetić (1457-1527) ; dans le domaine épique, avec l'inspiration virgilienne, donnant au cours des siècles des épopées qui figurent parmi les plus grandes œuvres de la littérature croate : Judith, déjà mentionnée (1501), l'Osman (1638), de Gundulić, et La Mort de l'Aga Smail Čengić (Smrt Smail-age Čengić, 1845), de Mažuranić.

D'autres formes littéraires font leur première apparition : le roman, avec Les Montagnes (Planine), du Zadarien Petar Zoranić (1508-vers 1569), inspiré par l'Arcadie de Sannazaro ; le théâtre, avec L'Esclave (Robinja) du Hvarien Hanibal Lucić (1485-1553) ; la mascarade, avec Jejupka (L'Égyptienne), d'un autre écrivain de Hvar, Mikša Pelegrinović (vers 1500-1562) ; enfin une sorte de récit de voyage en vers dialogués, Pêche et discours sur la pêche (Ribanje i ribarsko prigovaranje, 1568) dans lequel l'auteur (Petar Hektorović, de Hvar lui aussi, 1487-1572) introduit fort habilement des chants populaires d'une étrange beauté.

Dans le même temps se fait sentir le besoin de traduire en vers épiques la vie immédiate : Brne Karnarutić, de Zadar (1520-1572 env.), écrit La Prise de Siget (Vazetje Sigeta grada, 1584), épopée quasi contemporaine, et Juraj Baraković (1548-1628), dernier grand poète de la Dalmatie vénitienne, une autre épopée, La Fée slave (Vila slovinka).

Mais l'ancienne littérature croate fleurit surtout dans cette cité de Dubrovnik dont toute la vie politique, sociale et artistique est marquée par la présence, à ses portes, des deux grands empires ottoman et vénitien, et en outre par les liens étroits qui l'unissent à l'Église catholique romaine. Déjà Mavro Vetranović (1482-1576) cherche une réponse aux problèmes de son temps dans le sentiment religieux, ainsi qu'en témoignent L'Hermite (Remeta), sorte de long soliloque, et Le Pèlerin (Piligrin), épopée inachevée dont la chorégraphie s'inspire de la Comédie de Dante. C'est l'âge d'or de la Renaissance, surtout pour la pastorale et la comédie. Nikola Nalješković (vers 1500-1587), d'abord pétrarquiste, écrit par la suite des pièces de théâtre qui ouvriront la voie au plus grand poète comique de l'histoire de Dubrovnik et de la Croatie : Marin Držić (1508-1567).

Držić excelle dans la pastorale – Vénus et Adonis (Venera i Adon), entre autres, compte parmi les créations du genre les plus intéressantes en Europe occidentale –, puis dans la comédie : L'Oncle Maroje (Dundo Maroje), L'Avare (Skup). C'est aussi l'époque des derniers pétrarquistes, tels que Dinko Ranjina (1536-1607), avec ses Poèmes divers (Pjesni razlike, 1563), et Dominko Zlatarić (1558-1613), auteur de poèmes d'amour et traducteur du Tasse, de Sophocle et d'Ovide.

La position géopolitique de la Croatie fit que la Réforme y resta sans effets. Il faut cependant signaler l'œuvre de Matija Vlǎcić (Flacius Illyricus, 1520-1575), qui vivait en Allemagne, fondateur de l'herméneutique moderne ; et, bien entendu, l'action de la Contre-Réforme, à une époque où la domination turque connaissait ses premières faiblesses, ce qui permit aux jésuites de faire de la Croatie une plate-forme de départ pour la reconquête des territoires orientaux. Dans cette ambitieuse perspective, Dubrovnik, enclave libre en terre ottomane, constituait un atout particulièrement précieux. Là, les valeurs morales et spirituelles envahirent de nouveau la littérature, tandis que l'Église commençait à s'intéresser aux problèmes de la codification de la langue. Bartol Kašić, de dialecte tchakavien, fait imprimer à Rome la première grammaire croate, Institutiones linguae illyricae (1604), en se fondant, deux siècles avant Ljudevit Gaj, sur le dialecte chtokavien.

C'est à l'époque où le recul des frontières de l'Empire ottoman favorise la recherche historique et linguistique qu'apparaît le plus grand poète de Dubrovnik, Ivan Gundulić (1589-1638), traducteur des psaumes de David, auteur notamment d'un poème baroque « en trois lamentations », Les Larmes de l'enfant prodigue (Suze sina razmetnoga), de Dubravka, hymne de reconnaissance à la libre cité de Dubrovnik, enfin de la plus grande épopée croate, Osman. Loin du rationalisme critique d'un Marin Držić, le très catholique Gundulić s'en tient au statu quo : amour de sa cité, haine de l'Infidèle, solidarité avec le monde slave, proche ou lointain, et, surtout, cette pietas christiana qui est aussi un sentiment de compassion pour tout ce qui souffre, peuples ou individus.

Ivan Bunić Vučić (1592-1658), sans doute le meilleur poète lyrique de Dubrovnik, auteur de Plaisirs (Plandovanja), paye son tribut à l'épopée religieuse avec sa Madeleine repentie (Mandaljena pokornica) ; Džono Palmotić (1606-1657), traducteur de la Christiade de Girolamo Vida, se distingue par l'abondance de son œuvre, notamment dans le domaine du mélodrame. Avec Stijepo –Durd̄ević (1579-1632) et Vladislav Menčetić (1617-1666), cultivant tous deux le genre épique, c'est l'âge d'or de Dubrovnik qui touche à sa fin. À l'époque même où la vieille cité était rasée par un tremblement de terre (1667), l'Empire ottoman étendait ses frontières et repoussait jusqu'au nord de la Croatie, à Zagreb, le centre politique et culturel du monde croate.

Il s'ensuit que le dialecte kaïkavien, parlé dans cette région, fait une entrée massive dans la langue littéraire. Néanmoins, c'est le dialecte chtokavien du Sud-Est, parlé à Dubrovnik et dans les territoires sous domination turque, qui est ressenti comme devant conquérir une position centrale. Dans ce contexte de combats violents contre les Turcs s'inscrivent les figures de deux fameux écrivains, conjurés décapités pour complot contre l'empereur d'Autriche : Petar Zrinski (1620-1671), traducteur du hongrois en croate d'une grande épopée héroïque dont son frère Nicolas était l'auteur, La Sirène de la mer Adriatique (Adrijanskoga mora sirena) ; et Fran Krsto Frankopan (1643-1671), qui écrivait des poèmes aussi bien en latin qu'en italien ou qu'en croate et qui traduisit George Dandin. Deux écrivains, Juraj Križanić (1618-1683) et Pavao Ritter Vitezović (1652-1713), tentent de résoudre le problème complexe de la restructuration du peuple croate. Le premier cherche une solution dans le panslavisme ; le second songe à une sorte de pancroatisme au service de Vienne : ils échouent tous les deux. Cependant, les efforts de Vitezović dans le domaine linguistique serviront de modèle à Ljudevit Gaj, qui substituera au pancroatisme l'illyrisme « sud-slave ». Signalons, à la même époque, une œuvre qui reste encore aujourd'hui la plus populaire de la littérature croate : Plaisant Discours du peuple slave (Razgovor ugodni naroda slovinskoga), vaste recueil de vers héroïques réalisant la synthèse de l'écrit et de l'oral, du frère Andrija Kacić Miošić (1704-1760).

L'illyrisme unificateur

La fin du xviiie siècle et le début du xixe parachèvent le morcellement du peuple croate. Après la chute de Venise, la brève occupation des provinces illyriennes par les armées napoléoniennes est lourde de conséquences : fin du féodalisme, éveil de la conscience bourgeoise, affirmation de la langue croate moderne. On peut parler de réelles convergences entre l'illyrisme de Gaj, le croatisme de Vitezović, le sud-slavisme de Kačić, et la variante moderne de l'illyrisme napoléonien.

La littérature de l'illyrisme, férue d'ancienne tradition croate, s'attache d'abord à résoudre le problème de la codification définitive de la langue et, cherchant un parler standard, sélectionne le dialecte chtokavien, qui offre l'avantage d'intégrer la tradition, d'être le plus abondamment représenté dans la littérature orale et, enfin, d'avoir été choisi, à la même époque, par Vuk Karadžić pour codifier la langue littéraire serbe : c'était un grand pas dans la voie du rapprochement et de l'influence réciproque des littératures croate et serbe (et, aujourd'hui, monténégrine et de Bosnie-Herzégovine).

L'illyrisme devait donner à la littérature croate quatre grands poètes : Stanko Vraz (1810-1851), Petar Preradović (1818-1872), Dimitrija Demeter (1811-1872) et, surtout, Ivan Mažuranić (1814-1890), l'auteur de La Mort de l'Aga Smail Čengić, magnifique poème épique où les influences de Marulić et de Gundulić, de Kačić et de la poésie populaire, de Virgile et de Byron, se combinent harmonieusement pour chanter le « dialogue » du christianisme et de l'islam sur le territoire balkanique, et éveiller la conscience des Slaves du Sud.

Ces efforts sont tués dans l'œuf par l'absolutisme de Bach (1850-1860), peu favorable à la création littéraire. Jusqu'en 1918, la Croatie restera coupée en deux par la création de l'Autriche-Hongrie : Croatie du Nord-Ouest et Slavonie sont hongroises, Dalmatie et Istrie autrichiennes. Cet état de choses n'est pas sans laisser de traces dans le développement de la littérature moderne, qui manque d'unité, en dépit de l'unification de la langue. Ce que l'on appelle le renouveau national et littéraire se produit en 1835 à Zagreb et en Slavonie, en 1860 en Dalmatie et vers 1880 en Istrie. Si la Dalmatie se rapproche du centre dès la fin du xixe siècle, l'Istrie devra attendre la proclamation de l'Assemblée des partisans la rattachant à la Croatie, en 1943.

Au-delà du nationalisme

À l'époque où, dans les autres littératures européennes, se développait le réalisme critique, la situation historique des Croates interdisait une création libérée des mythes sociaux et nationaux. Il fallait une littérature apte à mobiliser toutes les classes sociales et pratiquant par conséquent l'idéalisation du réel. Ainsi fit le grand romancier August Šenoa (1838-1881), qui admirait Balzac mais qui, s'inspirant de Walter Scott et de Victor Hugo, écrivait des romans historiques : L'Or de l'orfèvre (Zlatarovo Zlato, 1871), La Révolte des paysans (Seljačka buna, 1877), La Malédiction (Kletva, inachevé) sans pouvoir même se permettre une critique sociale à la mesure de celle des Misérables. Néanmoins, Šenoa reste le fondateur du roman croate moderne ; ses recherches formelles ont permis notamment l'épanouissement des aspirations réalistes d'un Eugen Kumičić (1850-1904), qui vécut à Paris au temps de L'Assommoir et qui s'efforça d'introduire les théories du naturalisme dans une capitale culturelle riche, déjà, d'une université, d'une académie des sciences, d'un musée, d'un parlement, de toute une vie politique et polémique. Avec son roman le plus connu, Olga i Lina (1881), qui rappelle Nana de Zola, il faut citer quelques autres œuvres dans lesquelles s'affirme la lente percée du réalisme : Le Bureau d'enregistrement (U registraturi, 1888), le troisième grand roman d'Ante Kovačić (1854-1889) ; les romans de Ksaver Šandor –Dalski (1854-1935), mais surtout un recueil de nouvelles, Les Vieux Toits (Pod starim krovovima, 1886) ; les nouvelles et les romans de Josip Kozarac (1858-1906), de Vjenceslav Novak (1859-1905), de Janko Leskovar (1861-1944). Toutes ces œuvres, et bien d'autres, jettent les fondements de la littérature moderne, en s'efforçant de substituer la liberté de la pensée à l'engagement national. Il faut souligner le rôle joué dans cette révolution par le poète Silvije Strahimir Kranjčević (1865-1908), qui allie une sensibilité impressionniste au culte de Heine et de Byron. Après lui, Antun Gustav Matoš (1873-1914), critique, poète, prosateur, imposa comme critère dans la littérature croate de son temps l'esprit français et la virtuosité de l'expression. À la même époque, Ivo Vojnović, écrivain de Dubrovnik (1857-1929), publie La Trilogie de Dubrovnik (Dubrovačka trilogija, 1900), œuvre qui amorce la réforme du genre dramatique. Quant à Vladimir Nazor (1876-1949), il se distingue à la fois comme poète, prosateur et essayiste.

La poésie lyrique, libérée de l'utilitarisme nationaliste, s'élève jusqu'à l'universel et connaît un essor particulièrement brillant. Citons entre autres Tin Ujević (1891-1955), poète d'une grande érudition et d'une sensibilité surréaliste : La Lamentation du serf (Lelek sebra, 1920) ; Le Collier (Kolajna, 1926 ; etc.) ; l'expérience expressionniste d'Antun Branko Šimić (1898-1925) ; la génération de l'entre-deux-guerres, avec Gustav Krklec (1899-1977), fin poète paysagiste ; Dobriša Cesarić (1902-1980), qui revient aux « bonnes vieilles formes » d'autrefois ; Dragutin Tadijanović (1905-2007), et ses rapsodies en vers libres.

—  Ivo FRANGES

Une pluralité de styles

L'œuvre monumentale de Miroslav Krleža (1893-1981) reste le point de référence incontournable pour la littérature croate du xxe siècle. Homme de gauche resté à Zagreb, il se refuse à publier sous l'Occupation. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la littérature croate de la Résistance se distingue. En témoigne le fameux poème d'Ivan Goran Kovačić (1913-1943), La Fosse commune (Jama, 1943). Le réalisme socialiste, lui, trouvera peu d'écho auprès des écrivains. Survient la rupture avec le Kominform, en 1948. Dès le début des années 1950, la pluralité des écoles et des tendances donne lieu aux ouvrages d'auteurs en plein essor créateur, tels Petar Šegedin (1909-1998), Vladan Desnica (1905-1967), Vjekoslav Kaleb (1905-1996), Mirko Božić (1919-1995), Ivan Raos (1921-1987) et Ranko Marinković (1913-2001), auteur de Cyclope (Kiklop, 1965). Incontournables sont les poètes comme Jure Kaštelan (1919-1990), Vesna Parun (née en 1922), Dragutin Tadijanović (1905-2007), aussi bien que Marijan Matković (1915-1985), auteur dramatique. Deux revues littéraires, Cercles (Krugovi, publiée entre 1952 et 1958) et Raison (Razlog, publiée entre 1961 et 1968), diversifient encore la vie littéraire. Poètes et traducteurs, Ivan Slamnig (1930-2001) et Antun Šoljan (1932-1993) mettent en scène dans leurs romans les antihéros du milieu urbain, tandis que Slobodan Novak (1924-2016) place ses protagonistes dans des lieux écartés. Parmi les poètes se distinguent Slavko Mihalić (1928-2007), Milivoj Slaviček (1929-2012), Vladimir Gotovac (1930-2000). Favorisant les préoccupations philosophiques, la critique littéraire et la poésie, les années 1960 voient apparaître les œuvres de Zvonimir Mrkonjić (né en 1938), de Daniel Dragojević (né en 1934). Parmi les romanciers des années 1970 et 1980 se détachent Ivan Aralica (né en 1930), Nedjeljko Fabrio (né en 1937), Irena Vrkljan (née en 1930), Dubravka Ugrešić (née en 1949), tandis qu'Ivo Brešan (né en 1936) et Slobodan Šnajder (né en 1948) apparaissent comme d'importants auteurs dramatiques. Les innovations poétiques amorcées par Josip Sever (1938-1989) et poursuivies dans les années 1970 vont de pair avec le surgissement de la prose fantastique. La théorie et la critique littéraire profitent des travaux de Stanko Lasić (né en 1927), Viktor Žmegač (né en 1929), Milivoj Solar (né en 1936), Velimir Visković (né en 1951), Vladimir Biti (né en 1952). Predrag Matvejević (1932-2017) est, entre autres, l'auteur de Bréviaire méditerranéen (Mediteranski Breviar, 1987), qui connaît un succès international, et de L'Autre Venise (Druga Venecija, 2002). Les années 1980 ont vu une nouvelle génération d'auteurs se rassembler autour de la revue Quorum, tandis qu'au début de la décennie suivante, la guerre et le démantèlement de la Yougoslavie ont profondément modifié les conceptions d'identité nationale et de langue.

—  Mladen KOZUL

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B. Meriggi, Le Letterature della Jugoslavia, Sansoni-Accademia, Milan, 1970

Panorama hrvatske književnosti XX stoljeća, Stvarnost, Zagreb, 1965

Povijest hrvatske književnosti I-V, Liber-Mladost, Zagreb, 1974-1978

A. Schmaus, « Die kroatische Literatur », in Kindler's Literatur Lexikon, vol. VII, pp. 431-436, Zurich, 1972

M. Šicel, Hrvatska književnost, Školska knjiga, 1982

V. Visković, Mlada proza, Znanje, Zagreb, 1983 ; « Contemporary Croatian Literature ; from Krugovi to Quorum », in Most, no spéc., 10 mai 1990.

Écrit par :

  • : docteur en histoire du xxe siècle de l'Institut d'études politiques, Paris, journaliste, membre du comité de rédaction de la revue Confluences Méditerranée
  • : professeur de littérature croate moderne à la faculté des lettres de Zagreb, directeur de Croatica, revue pour l'histoire de la littérature croate
  • : master de science (sciences humaines et philologie) à l'université de Zagreb (Croatie), lecteur de serbo-croate à l'université Paris-IV-Sorbonne
  • : docteur en géographie

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Autres références

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CROATIE, chronologie contemporaine

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AUTRICHE

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BALKANS ou PÉNINSULE BALKANIQUE

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DÉMOCRATIES POPULAIRES

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ÉCLATEMENT DE LA YOUGOSLAVIE

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Mosaïque de peuples née du règlement de la Première Guerre mondiale, intégrée au bloc communiste à partir de 1945 malgré les tentations sécessionnistes de Tito, la république socialiste fédérale de Yougoslavie ne résiste pas à l'effondrement du bloc de l'Est. Au terme d'élections libres qui, partout sauf en Serbie et au Monténégro, ont donné la vic […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/eclatement-de-la-yougoslavie/#i_95017

ÉCLATEMENT DE LA YOUGOSLAVIE - (repères chronologiques)

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HONGRIE

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KÁLMÁN (1068-1116) roi de Hongrie (1095-1116) roi de Croatie et Dalmatie (1102-1116)

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Neveu et successeur de saint Ladislas, Kálmán I er (Koloman, Coloman) appartient à la dynastie nationale des Arpadiens. Il achève la conquête de la Croatie, qu'avait entreprise son prédécesseur, et prend le titre de roi de Croatie ; celle-ci conserve son autonomie à l'intérieur du royaume de Hongrie. L'union hungaro-croate, fixée par les Pacta co […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/kalman/#i_95017

KARAGEORGEVIĆ PAUL (1893-1976)

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Né à Saint-Pétersbourg, fils d'Arsen Karageorgevič, le frère du roi Pierre 1 er de Serbie, et d'Aurora Demidova, le prince Paul s'est marié en 1923 à la princesse grecque Olga dont il eut trois enfants. Après des études en Angleterre, il vécut souvent à l'étranger, s'intéressant surtout aux œuvres d'art ; son cousin germain le roi Alexandre I er […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/paul-karageorgevic/#i_95017

MAČEK VLADIMIR (1879-1964)

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  • Jean BÉRENGER
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Homme politique yougoslave, Vladimir Maček milite dans le Parti paysan croate qui, sous la direction de Radić, défend, après 1918, l'autonomie du pays, dans des cadres strictement légaux et parlementaires ; en 1928, à la mort de Radić, Maček devient président du Parti paysan. Il refuse de siéger à l'Assemblée nationale et réunit dans les locaux de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/vladimir-macek/#i_95017

MEŠTROVIĆ IVAN (1883-1962)

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  • Renaud DORLHIAC
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Sculpteur, architecte, écrivain et homme politique croate, Ivan Meštrović, né le 15 août 1883 à Vrpolje, dans l’Empire austro-hongrois, passe son enfance en Dalmatie, d’où sa famille est originaire. De 1901 à 1906, il étudie la sculpture à l’Académie des beaux-arts de Vienne, où il rejoint le mouvement sécessionniste qui lui inspira son premier ch […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ivan-mestrovic/#i_95017

MILOŠEVIĆ SLOBODAN (1941-2006)

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  • Christophe CHICLET
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En onze ans de pouvoir, Slobodan Milošević aura été un des principaux acteurs de la désintégration de la Yougoslavie. Ambitieux, il a su instrumentaliser le nationalisme serbe dans un but unique : prendre et consolider son pouvoir. Né en août 1941 à Požarevac, en Serbie, d'un père monténégrin, pope orthodoxe défroqué devenu instituteur, et d'une m […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/slobodan-milosevic/#i_95017

OSIJEK

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  • Universalis
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La ville d'Osijek (Esseg en allemand, Eszék en hongrois) est située à l'extrémité est de la Slavonie, partie orientale de la Croatie, à quelque 210 kilomètres à l'est de Zagreb. C'est à la fois un port fluvial et un centre industriel et agricole baignés par la Drave. Dans l'Antiquité romaine, le site de la ville était connu sous le nom de Mursa (qu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/osijek/#i_95017

OUSTACHIS

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Du serbo-croate ustaša (révolutionnaire), les oustachis ont constitué le parti fasciste croate. Fondé en 1929 par un avocat de Zagreb, Ante Pavelić , le mouvement oustaša constituera de 1941 à 1944 le parti unique du royaume fantoche de Croatie, obtenu par le démembrement de la Yougoslavie et placé sous protectorat allemand. Ce mouvement a pour or […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/oustachis/#i_95017

RACAN IVICA (1944-2007)

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  • Universalis
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Premier ministre de Croatie de 2000 à 2003, Ivica Racan fit passer le pays de l'autoritarisme nationaliste du président Franjo Tudjman à une politique plus libérale, tournée vers l'Occident. Ivica Racan naît le 24 février 1944 à Ebersbach, en Allemagne, dans le camp de concentration où ses parents sont internés (et où son père mourra). Dès le débu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ivica-racan/#i_95017

RADIĆ STJEPAN (1871-1928)

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Homme politique yougoslave, fondateur du parti paysan croate, avec son frère Antoine. Aux élections de 1908 Stjepan Radić fut élu député à la diète de Croatie ( Sabor ), qui siégeait à Zagreb, conformément aux dispositions du compromis hungaro-croate de 1868 et aux traditions du droit d'État croate. Le 23 novembre 1918, il se prononce pour la répub […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/stjepan-radic/#i_95017

RIJEKA

  • Écrit par 
  • Universalis
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Centre industriel, commercial et culturel, la ville de Rijeka (en italien Fiume) est le plus grand port de la Croatie. Elle est située au fond du golfe de Kvarner sur la côte adriatique, en bordure d'une étroite plaine littorale prise entre les Alpes Juliennes et la mer, et s'étend sur les hauteurs et les polders du front de mer. Le nom de la vill […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rijeka/#i_95017

SERBIE

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  • Amaël CATTARUZZA, 
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  • Catherine LUTARD
  •  • 11 779 mots
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ŠTROSMAJER JOSIP JURAJ, ou STROSSMAYER JOSEF GEORG (1815-1905)

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Prélat croate, partisan de l'idée d'une nation yougoslave et d'un rassemblement des Slaves du Sud. Ordonné prêtre en 1838, professeur de théologie au séminaire de Diakovo en 1840, directeur spirituel au Frintaneum de Vienne en 1847, Štrosmajer fut nommé en 1849, grâce à l'influence du leader croate Jelačić, évêque de Diakovo, dont il fit pour un de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/strosmajer-strossmayer/#i_95017

SUPILO FRANO (1870-1917)

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Homme politique croate, né le 30 novembre 1870 à Cavtat, en Dalmatie, dans l'Empire austro-hongrois (auj. en Croatie), mort le 23 septembre 1917 à Londres. Frano Šupilo fonde en 1900 le périodique Novi List à Rijeka. Rédacteur en chef, il œuvre à la promotion des intérêts serbo-croates en luttant contre la suprématie des Habsbourg. En 1905, il réd […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/frano-supilo/#i_95017

TUDJMAN FRANJO (1922-1999)

  • Écrit par 
  • Christophe CHICLET
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YOUGOSLAVIE

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Dans le chapitre «  L'éclatement de la Yougoslavie et la fin de la fédération »  : […] Bien avant la disparition de la république socialiste fédérative de Yougoslavie en 1991-1992, les ferments de la désintégration étaient à l'œuvre. Sécessions et guerres se sont multipliées sur la quasi-totalité du territoire yougoslave. Par un effet de dominos, les combats ont glissé du nord vers le sud, partant de la Slovénie en 1991, pour atteind […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/yougoslavie/#i_95017

Voir aussi

Pour citer l’article

Christophe CHICLET, Ivo FRANGES, Mladen KOZUL, Emmanuelle CHAVENEAU, « CROATIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/croatie/