PORPHYRE (234 env.-310)

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Philosophe néo-platonicien, Porphyre a joué un rôle considérable dans l'évolution de la pensée, à la fin de l'Antiquité et pendant tout le Moyen Âge. Son œuvre immense, aujourd'hui en grande partie disparue, a été beaucoup lue et a laissé des vestiges chez de nombreux auteurs grecs, latins et arabes. La manière dont il a systématisé et interprété l'œuvre de son maître Plotin a donné naissance à un spiritualisme qu'Augustin a diffusé dans tout l'Occident latin, et à une doctrine de l'activité d'être qui, par l'intermédiaire de Boèce et des néo-platoniciens arabes, a marqué définitivement la pensée philosophique de l'Occident.

La vie et l'œuvre

Né à Tyr en Phénicie, Porphyre passa son enfance dans ce pays de vieilles traditions religieuses que la reine de Palmyre, Zénobie, allait bientôt soustraire quelque temps, avec d'autres provinces orientales, à la domination romaine. Vers 254, le jeune Phénicien vint étudier à Athènes. Toute sa vie, il resta en relation avec son maître de philosophie d'alors, Longin (Caius Cassius Longinus), qui lui enseigna le « platonisme », c'est-à-dire un système éclectique qui prétendait fournir l'interprétation exacte des dialogues de Platon. Ce fut peut-être Longin lui-même qui l'envoya à Rome, pour y entendre Plotin qu'il avait en très haute estime. Porphyre arriva dans la capitale en 263, dans sa trentième année. Voulant utiliser les compétences philologiques de Porphyre, Plotin lui demanda de réviser, de corriger et de publier ses écrits. L'enseignement du maître, constant appel à la vie spirituelle, provoqua peut-être chez Porphyre un excès de tension psychiqu [...]

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Pour citer l’article

Pierre HADOT, « PORPHYRE (234 env.-310) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/porphyre/