NEUROSCIENCES COGNITIVES

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'I.R.M.f. et les neurosciences cognitives comparatives et développementales

Auparavant limité à l'animal, l'enregistrement des réponses neuronales est maintenant possible chez l'homme. Parallèlement, l'utilisation de l'I.R.M.f., qui était réservée à l'homme, s'est maintenant ouverte au singe éveillé. Il est possible d'installer un singe dans une antenne I.R.M.f. et d'imager son cerveau pendant qu'il réalise des tâches conditionnées. Ces approches comparées sont extrêmement informatives. Si l'étude du codage neuronal chez l'homme permet la validation de nombre de données acquises chez l'animal, l'approche comparative en I.R.M.f. permet de comparer les réseaux cérébraux activés chez l'homme et le singe effectuant la même tâche cognitive. On peut ainsi déterminer les homologies entre espèces, mais aussi les spécificités de l'homme.

Les nombreuses passerelles techniques disponibles à la fois chez l'homme et l'animal permettent tout à la fois de mieux cerner les capacités cognitives de l'animal et d'ouvrir la porte à l'exploration de nouveaux domaines. Dans une perspective évolutive, il est possible de rechercher chez le singe les premières briques « neuro-cognitives », précurseurs de certains processus spécifiques à l'homme. Le langage fait partie des domaines ainsi explorés et, comme chez l'homme, il existe chez le singe une région cérébrale spécifique non seulement à la voix, ou vocalisation, de l'espèce, mais également à l'identité de l'individu qui parle.

Au-delà de la perspective évolutive, cette technique d'imagerie non invasive permet d'aborder également la facette développementale des neurosciences cognitives. L'I.R.M.f. peut être utilisée à tous les âges de la vie et même, avec beaucoup de patience, chez le tout-petit éveillé. Ainsi, chez le nourrisson de deux mois, on a pu montrer que, comme chez l'adulte, l'hémisphère gauche s'active de façon préférentielle pour le langage par rapport à la musique, une activation fortement modulée par la voix de la mère. Ces techniques permettent donc d'aborder la dynamique temporelle [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 8 pages



Médias de l’article

Catégorisation visuelle rapide : exemples d’images

Catégorisation visuelle rapide : exemples d’images
Crédits : shutterstock ; © Encyclopædia Universalis France

photographie

Catégorisation visuelle rapide : protocole

Catégorisation visuelle rapide : protocole
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin





Écrit par :

Classification


Autres références

«  NEUROSCIENCES COGNITIVES  » est également traité dans :

NEUROSCIENCES COGNITIVES ET THÉORIE DE L'ESPRIT

  • Écrit par 
  • Dana SAMSON
  •  • 1 321 mots
  •  • 1 média

Le concept de théorie de l’esprit renvoie à nos connaissances sur la manière dont l’esprit humain fonctionne. Ces connaissances sont utilisées de manière plus ou moins explicite pour attribuer des états mentaux (émotions, désirs, intentions, croyances et connaissances) à soi-même et à autrui afin d’adapter nos comportements lors de nos interactions sociales. […] Lire la suite

NEUROSCIENCES COGNITIVES ET SOMMEIL

  • Écrit par 
  • Philippe PEIGNEUX
  •  • 1 393 mots

Le sommeil est souvent perçu comme un arrêt nécessaire de nos activités d’éveil, mettant le corps et le cerveau au repos. L’analogie au mode de veille passif d’un ordinateur est toutefois erronée. En effet, ce qui caractérise le cerveau « endormi » est avant tout un changement de son mode opératoire avec la mise en place de réseaux d’activité qui diffèrent d […] Lire la suite

NEUROSCIENCES COGNITIVES ET AGENTIVITÉ

  • Écrit par 
  • Elisabeth PACHERIE
  •  • 1 348 mots

L'agentivité renvoie à la conscience subjective que nous avons de causer volontairement nos actions, d'en contrôler le cours et d'en maîtriser les effets. Elle constitue ainsi une composante importante de la conscience de soi, jouant un rôle essentiel dans la compréhension que nous avons de nous-mêmes comme des agents actifs de notre propre vie et, comme […] Lire la suite

NEUROSCIENCES COGNITIVES ET DOULEUR

  • Écrit par 
  • Valery LEGRAIN
  •  • 1 405 mots

La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à un dommage corporel potentiel ou à tout événement sensoriel supposé subjectivement refléter un dommage corporel. La douleur est liée en situation normale à l’activation, à la surface de la peau ou dans les viscères, de récepteurs sensoriels p […] Lire la suite

ALEXIES

  • Écrit par 
  • Marie-Pierre de PARTZ
  •  • 1 650 mots

Dans le chapitre « Dyslexies acquises et neurosciences »  : […] Les dyslexies acquises de l’adulte présentent un intérêt non négligeable pour la recherche en neurosciences, qui s’intéresse entre autres aux soubassements neuronaux de l’activité de lecture. Différentes techniques d’imagerie cérébrale permettent d’identifier les circuits cérébraux activés lorsque les lecteurs habiles ou les patients dyslexiques sont engagés dans une activité de lecture silencieu […] Lire la suite

APPRENTISSAGE, psychologie

  • Écrit par 
  • Daniel GAONAC'H, 
  • Jean-François LE NY
  •  • 5 932 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Depuis les années 1990 »  : […] Alors que, dans les années 1970-80, la psychologie cognitive a accordé plus d’attention à l’étude de la mémoire qu’à celle de l’apprentissage, l’évolution des connaissances à partir de la fin des années 1980 a conduit à une fusion des concepts et des théories de ces deux champs. En effet, les théories récentes qui cherchent à rendre compte des processus d’apprentissage s’appuient sur les conceptio […] Lire la suite

CERVEAU ET PRODUCTION ÉCRITE

  • Écrit par 
  • Marieke LONGCAMP, 
  • Jean-Luc VELAY
  •  • 1 195 mots
  •  • 1 média

L’écriture est à la fois langage et motricité. Langage, car pour exprimer des idées il faut choisir les mots, former des phrases grammaticalement correctes, respecter l’orthographe. Motricité, car il faut coordonner finement les mouvements des doigts et du poignet pour tracer ces mots sur le papier. Écrire implique donc une cascade de processus cognitifs, et la frontière théorique entre ceux qui […] Lire la suite

CERVEAU ET BILINGUISME

  • Écrit par 
  • Jean-Marie ANNONI
  •  • 801 mots
  •  • 1 média

On sait, depuis les découvertes de Paul Broca en 1861 et de Carl Wernicke en 1874, et des recherches successives, que le système langagier chez le droitier monolingue repose essentiellement sur un réseau fronto-temporo-pariétal gauche. Ce constat est vrai pour plus de 90 p. 100 des sujets droitiers et environ 75 p. 100 des gauchers. En ce qui concerne les bilingues ou multilingues, deux questions […] Lire la suite

CERVEAU ET MUSIQUE

  • Écrit par 
  • Séverine SAMSON
  •  • 1 025 mots

Identifier les zones du cerveau qui traitent la musique et préciser leur rôle respectif dans la perception, la mémoire, les émotions et la pratique musicale font l’objet de nombreux travaux en neuroscience de la musique. C’est à partir de l’observation des patients présentant des lésions cérébrales et des études en neuro-imagerie que les scientifiques ont réussi à apporter des preuves solides con […] Lire la suite

COGNITION INCARNÉE

  • Écrit par 
  • Rémy VERSACE
  •  • 1 274 mots

Pendant longtemps, les sciences de la cognition ont tenté de décrire les mécanismes à la base des comportements en privilégiant une approche modulariste décrivant le cerveau comme un ensemble de systèmes hautement spécialisés (des modules), impliquant différents niveaux de représentations internes, et intervenant avant tout selon un mode séquentiel. Au-delà de la modularité, que certains ont limi […] Lire la suite

COGNITIVES SCIENCES

  • Écrit par 
  • Daniel ANDLER
  •  • 19 239 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Phase III (1995 -2005) : la cognition comme phénomène biologique et social »  : […] Ces dix années ont été marquées par un double basculement. À l'origine des sciences cognitives, la cybernétique et l'informatique naissante fournissaient le principe d'une séparation radicale entre structure et fonction : un principe général et abstrait de réalisation physique suffisait pour légitimer l'étude et l'explication des fonctions sans référence directe et constante à leur production nat […] Lire la suite

DEHAENE STANISLAS (1965- )

  • Écrit par 
  • Xavier SERON
  •  • 424 mots
  •  • 1 média

Stanislas Dehaene est né à Roubaix le 12 mai 1965. Diplômé de l’École normale supérieure en mathématiques et en mathématiques appliquées, il effectue une thèse de doctorat en psychologie cognitive à l’École pratique des hautes études sous la direction de Jacques Mehler, qui a été un promoteur influent de la psychologie cognitive en France. Il travaille ensuite comme chargé de recherches au sein d […] Lire la suite

DÉVELOPPEMENT COGNITIF ET CÉRÉBRAL EN CAS DE CÉCITÉ

  • Écrit par 
  • Olivier COLLIGNON, 
  • Virginie CROLLEN
  •  • 1 998 mots
  •  • 1 média

Une question fondamentale des neurosciences cognitives est de savoir comment la génétique et l’expérience contribuent au développement des fonctions cognitives et cérébrales. Cependant, il n’est pas facile de distinguer les rôles respectifs des contraintes biologiques et de l’expérience dans ce développement, car la plupart des humains partagent la grande majorité de leurs gènes et de nombreux as […] Lire la suite

DÉVELOPPEMENT PERCEPTIF

  • Écrit par 
  • Sylvie CHOKRON
  •  • 1 835 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Différentes conceptions du développement perceptif  »  : […] Le développement perceptif peut être envisagé de manière spécifique en fonction des différentes approches théoriques. Jean Piaget a ainsi étudié comment, peu à peu, le développement permet à l’enfant de s’approcher au plus près de la réalité physique. Selon lui, l’enfant jeune peut être victime du contexte dans lequel il perçoit le monde et considérer par exemple qu’un ensemble de jetons espacés […] Lire la suite

EMPATHIE

  • Écrit par 
  • Jean DECETY
  •  • 1 394 mots

Le concept d’empathie ( Einfühlung , « ressenti de l’intérieur ») provient de la philosophie esthétique allemande de la seconde moitié du xix e  siècle. Il désigne le mode de relation d’un sujet avec une œuvre d’art permettant d’accéder à son sens, une forme de projection entre soi et l’autre. Aujourd’hui, le terme « empathie » est utilisé très différemment dans le langage courant pour désigner d […] Lire la suite

INCONSCIENT

  • Écrit par 
  • Christian DEROUESNE, 
  • Hélène OPPENHEIM-GLUCKMAN, 
  • François ROUSTANG
  •  • 8 260 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « L'inconscient des neurosciences cognitives »  : […] La psychologie cognitive, fondée sur la théorie de l'information, s'oppose à la psychanalyse par sa méthodologie comme par son champ initial d'application : c'est une psychologie expérimentale développée à partir de l'étude de l'homme normal et de l'intelligence artificielle. […] Lire la suite

KOSSLYN STEPHEN (1948- )

  • Écrit par 
  • Michel DENIS
  •  • 484 mots

Stephen Michael Kosslyn est un chercheur américain en psychologie et neurosciences cognitives, qui s'est spécialement illustré dans la recherche sur l'imagerie mentale. Stephen Kosslyn a obtenu ses titres universitaires en psychologie à l'université de Californie à Los Angeles (1970), puis à Stanford (1974). Il a occupé ensuite des postes académiques dans plusieurs universités nord-américaines, ma […] Lire la suite

LE CERVEAU INTIME (M. Jeannerod) - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Pierre-Marie LLEDO
  •  • 1 019 mots

Siège de nos sens, de notre mémoire et de notre pensée, à ce titre, enjeu d'une longue convoitise théologique, philosophique et scientifique, le cerveau n'a encore livré qu'une infime partie de ses secrets. Marc Jeannerod (1935-2011) s’est s'attaché pendant plus de trente ans à en décrypter le fonctionnement. Professeur à l'université Claude-Bernard-Lyon I et directeur de l'Institut des sciences c […] Lire la suite

MÉMOIRE

  • Écrit par 
  • Francis EUSTACHE
  •  • 4 250 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Comment étudier la mémoire ? »  : […] Vue à travers le prisme de la psychologie et des neurosciences, la mémoire permet à l’individu de voyager mentalement dans le temps et dans l’espace et d’interagir avec un monde qu’il essaie de comprendre ; elle permet aussi de construire une représentation du passé et de simuler un futur pour imaginer des scénarios, anticiper des décisions… Les scientifiques cherchent à décrire les multiples pro […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Michèle FABRE-THORPE, Simon THORPE, « NEUROSCIENCES COGNITIVES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 31 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/neurosciences-cognitives/