NEUROSCIENCES COGNITIVES

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'étude des processus cognitifs repose sur une combinaison de techniques

Si l'I.R.M.f. permet de visualiser l'ensemble des structures cérébrales s'activant lors d'une tâche cognitive, elle ne fournit aucune information temporelle sur l'ordre dans lequel elles ont été activées. Pour aborder la dynamique temporelle des processus cérébraux, il faut utiliser l'électroencéphalographie (E.E.G.) ou la magnétoencéphalographie (M.E.G.).

L'enregistrement d'un signal électrique ou magnétique reflète l'activité synchrone de plusieurs milliers de neurones. Là encore, pour réduire la variabilité et extraire un signal interprétable, il faut moyenner les enregistrements sur de nombreuses répétitions de la stimulation et/ou de la tâche. Mais chaque méthode a ses limites. Si l'activité enregistrée en E.E.G. ou M.E.G. nous donne des informations temporelles, il est très difficile de déterminer la localisation des populations de neurones à l'origine du signal. C'est ce qu'on appelle le « problème inverse ». De nombreux algorithmes permettent d'estimer la localisation de ces sources d'activité, mais ne convergent pas toujours vers la même réponse.

Pour combiner « résolution temporelle » de l'E.E.G. et « résolution spatiale » de l'I.R.M., la solution consiste bien sûr à enregistrer simultanément E.E.G. et I.R.M. Les informations obtenues par ces deux techniques doivent ensuite être « fusionnées », ce qui demande l'élimination de nombreux artefacts et un recalage complexe des foyers d'activités localisés par l'E.E.G. d'un côté et l'I.R.M. de l'autre. Tout au début des années 2000, une première étude a montré la faisabilité de ces enregistrements simultanés, mais la complexité des analyses demandées a freiné l'utilisation de cette double approche.

Un autre problème est lié au caractère générique ou spécifique des activations observées. Lorsqu'une structure cérébrale donnée s'active à une tâche cognitive particulière, comment savoir si cette structure est véritablement indispensable à la bonne exécution de la tâche ? L'observation des déficits cognitif [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 8 pages

Médias de l’article

Catégorisation visuelle rapide : exemples d’images

Catégorisation visuelle rapide : exemples d’images
Crédits : shutterstock ; © Encyclopædia Universalis France

photographie

Catégorisation visuelle rapide : protocole

Catégorisation visuelle rapide : protocole
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Afficher les 2 médias de l'article


Écrit par :

Classification

Autres références

«  NEUROSCIENCES COGNITIVES  » est également traité dans :

NEUROSCIENCES COGNITIVES ET THÉORIE DE L'ESPRIT

  • Écrit par 
  • Dana SAMSON
  •  • 1 321 mots
  •  • 1 média

Le concept de théorie de l’esprit renvoie à nos connaissances sur la manière dont l’esprit humain fonctionne. Ces connaissances sont utilisées de manière plus ou moins explicite pour attribuer des états mentaux (émotions, désirs, intentions, croyances et connaissances) à soi-même et à autrui afin d’adapter nos comportements lors de nos interactions sociales. […] Lire la suite

NEUROSCIENCES COGNITIVES ET SOMMEIL

  • Écrit par 
  • Philippe PEIGNEUX
  •  • 1 393 mots

Le sommeil est souvent perçu comme un arrêt nécessaire de nos activités d’éveil, mettant le corps et le cerveau au repos. L’analogie au mode de veille passif d’un ordinateur est toutefois erronée. En effet, ce qui caractérise le cerveau « endormi » est avant tout un changement de son mode opératoire avec la mise en place de réseaux d’activité qui diffèrent d […] Lire la suite

NEUROSCIENCES COGNITIVES ET AGENTIVITÉ

  • Écrit par 
  • Elisabeth PACHERIE
  •  • 1 348 mots

L'agentivité renvoie à la conscience subjective que nous avons de causer volontairement nos actions, d'en contrôler le cours et d'en maîtriser les effets. Elle constitue ainsi une composante importante de la conscience de soi, jouant un rôle essentiel dans la compréhension que nous avons de nous-mêmes comme des agents actifs de notre propre vie et, comme […] Lire la suite

NEUROSCIENCES COGNITIVES ET DOULEUR

  • Écrit par 
  • Valery LEGRAIN
  •  • 1 405 mots

La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à un dommage corporel potentiel ou à tout événement sensoriel supposé subjectivement refléter un dommage corporel. La douleur est liée en situation normale à l’activation, à la surface de la peau ou dans les viscères, de récepteurs sensoriels p […] Lire la suite

ALEXIES

  • Écrit par 
  • Marie-Pierre de PARTZ
  •  • 1 650 mots

Dans le chapitre « Dyslexies acquises et neurosciences »  : […] Les dyslexies acquises de l’adulte présentent un intérêt non négligeable pour la recherche en neurosciences, qui s’intéresse entre autres aux soubassements neuronaux de l’activité de lecture. Différentes techniques d’imagerie cérébrale permettent d’identifier les circuits cérébraux activés lorsque les lecteurs habiles ou les patients dyslexiques sont engagés dans une activité de lecture silencieu […] Lire la suite

APPRENTISSAGE, psychologie

  • Écrit par 
  • Daniel GAONAC'H, 
  • Jean-François LE NY
  •  • 5 933 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Depuis les années 1990 »  : […] Alors que, dans les années 1970-80, la psychologie cognitive a accordé plus d’attention à l’étude de la mémoire qu’à celle de l’apprentissage, l’évolution des connaissances à partir de la fin des années 1980 a conduit à une fusion des concepts et des théories de ces deux champs. En effet, les théories récentes qui cherchent à rendre compte des processus d’apprentissage s’appuient sur les conceptio […] Lire la suite

CERVEAU ET PRODUCTION ÉCRITE

  • Écrit par 
  • Marieke LONGCAMP, 
  • Jean-Luc VELAY
  •  • 1 195 mots
  •  • 1 média

L’écriture est à la fois langage et motricité. Langage, car pour exprimer des idées il faut choisir les mots, former des phrases grammaticalement correctes, respecter l’orthographe. Motricité, car il faut coordonner finement les mouvements des doigts et du poignet pour tracer ces mots sur le papier. Écrire implique donc une cascade de processus cognitifs, et la frontière théorique entre ceux qui […] Lire la suite

CERVEAU ET BILINGUISME

  • Écrit par 
  • Jean-Marie ANNONI
  •  • 802 mots
  •  • 1 média

On sait, depuis les découvertes de Paul Broca en 1861 et de Carl Wernicke en 1874, et des recherches successives, que le système langagier chez le droitier monolingue repose essentiellement sur un réseau fronto-temporo-pariétal gauche. Ce constat est vrai pour plus de 90 p. 100 des sujets droitiers et environ 75 p. 100 des gauchers. En ce qui concerne les bilingues ou multilingues, deux questions […] Lire la suite

CERVEAU ET MUSIQUE

  • Écrit par 
  • Séverine SAMSON
  •  • 1 025 mots

Identifier les zones du cerveau qui traitent la musique et préciser leur rôle respectif dans la perception, la mémoire, les émotions et la pratique musicale font l’objet de nombreux travaux en neuroscience de la musique. C’est à partir de l’observation des patients présentant des lésions cérébrales et des études en neuro-imagerie que les scientifiques ont réussi à apporter des preuves solides con […] Lire la suite

COGNITION INCARNÉE

  • Écrit par 
  • Rémy VERSACE
  •  • 1 274 mots

Pendant longtemps, les sciences de la cognition ont tenté de décrire les mécanismes à la base des comportements en privilégiant une approche modulariste décrivant le cerveau comme un ensemble de systèmes hautement spécialisés (des modules), impliquant différents niveaux de représentations internes, et intervenant avant tout selon un mode séquentiel. Au-delà de la modularité, que certains ont limi […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Michèle FABRE-THORPE, Simon THORPE, « NEUROSCIENCES COGNITIVES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/neurosciences-cognitives/