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FLANDRE

Belgique : carte administrative

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Le comté de Flandre fut d'abord le fief du roi de France et partagea plus tard le destin des Pays-Bas bourguignons (xve siècle), des Pays-Bas espagnols (xvie et xviie siècle) et enfin des Pays-Bas autrichiens (xviiie s.).

Aujourd'hui, le territoire de la région belge qui porte le nom de Flandre recouvre une partie de l'ancien comté de Flandre et s'étend plus à l'est. Reconnue aux termes de la Constitution belge révisée en 1970, cette région, qui comptait, en 2008, 6 196 600 habitants, comprend les provinces de Flandre Occidentale, de Flandre-Orientale, d'Anvers, de Limbourg et de Brabant flamand. C'est du comté de Flandre et de la Flandre telle qu'elle vient d'être définie qu'il sera question ici, la Flandre française étant traitée , entre autres, dans l'article nord-pas-de-calais.

Le comté de Flandre

Lors du démembrement de l'empire carolingien, le traité de Verdun (843) attribua à Charles le Chauve les territoires situés entre l'Escaut à l'est et la mer à l'ouest. Ces territoires s'étendaient donc vers le nord au-delà de la frontière linguistique entre domaine roman et domaine germanique. Ainsi, « à partir du commencement du Moyen Âge, la France eut dans la Flandre une annexe germanique sur sa frontière septentrionale comme l'Allemagne, de son côté, maîtresse des parties wallonnes de la Lotharingie, avait une annexe romane sur sa frontière de l'ouest » (H. Pirenne).

Au cours des xe et xie siècles, le pouvoir de princes locaux, les comtes de Flandre, s'affirma et s'étendit vers le sud jusqu'à la Canche, où leur progression fut arrêtée par les ducs de Normandie. L'aire d'influence des comtes de Flandre engloba les évêchés de Tournai, de Thérouanne et d'Arras. Enfin, les troubles de Lotharingie favorisèrent une expansion vers le nord et l'est, avec octroi de l'investiture en 1056 sur les îles de Zélande et sur les territoires que l'on désigna dès lors sous le nom de Flandre impériale.

Désormais vassaux à la fois du roi de France et de l'empereur, les comtes de Flandre mirent à profit cette situation pour accéder à une forme d'indépendance. L'étendue de leurs alliances était remarquable : ainsi, au milieu du xie siècle, le comte Baudouin V, époux d'Adélaïde de France, maria sa fille au duc de Normandie, Guillaume, futur conquérant de l'Angleterre, et ses fils à Richilde de Hainaut et à Gertrude de Saxe ; de 1060 à 1067, il fut tuteur de son neveu, Philippe Ier, roi de France.

L'expansion fut toutefois arrêtée au xiie siècle, du fait de l'action centralisatrice de la monarchie française et de la résistance opposée, au nord et à l'est, par les maisons féodales de Hollande, de Brabant et de Hainaut.

La croissance des villes dans la plaine flamande évoque ce qu'elle fut dans la plaine lombarde, avec la même association de la puissance économique et de la puissance politique. « Le roi de France, le roi d'Angleterre négocient avec Bruges et Gand, comme le pape et l'empereur négocient avec Milan, Vérone et Padoue. Les princes territoriaux doivent ménager les bourgeoisies, et par là leurs guerres féodales prennent souvent, à y regarder de près, le caractère de guerres commerciales » (H. Pirenne). Les villes toutefois n'y accédèrent pas à l'indépendance et leur contribution financière fut un des éléments importants du pouvoir des princes.

La rapidité et l'ampleur de son développement économique permirent à la Flandre, aux xiie et xiiie siècles, d'exercer attraction et rayonnement sur les régions avoisinantes.

La bataille de Bouvines (27 juill. 1214) avait livré la Flandre à l'influence française ; la bataille de Courtrai (11 juill. 1302) l'en délivra. La première avait eu une véritable portée internationale[...]

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Écrit par

  • : président-directeur général du Centre de recherche et d'information sociopolitiques, Bruxelles

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

Belgique : carte administrative

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