HÉMOCHROMATOSES

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Il existe deux grands types de surcharge en fer de l'organisme, responsables d'états pathologiques appelés hémochromatoses : les unes sont dites primitives car d'origine génétique ; les autres, dites secondaires, compliquent une affection préexistante, comme une anémie (ayant parfois nécessité des transfusions) ou une maladie du foie.

Le fer dans l'organisme humain

Le fer est un élément primordial de différents constituants du corps humain. Il est présent, d'abord, dans les composés héminiques que sont l'hémoglobine (dans les globules rouges), la myoglobine (protéine musculaire) et diverses enzymes. Il appartient, ensuite, à des composés non héminiques tels que la transferrine, molécule de transport, ou encore la ferritine et l'hémosidérine, molécules de stockage. Le fer circulant dans le sang est présent dans les hématies (globules rouges) puisqu'il est un élément constitutif de leur hémoglobine, mais aussi dans le plasma où il est lié à la transferrine et à la ferritine, protéines assurant l'une le transport et l'autre le stockage du fer dans l'organisme.

Les réserves en fer de l'organisme, chez l'adulte, sont de 4 grammes environ. Une alimentation équilibrée maintient ces réserves constantes grâce à un apport quotidien d'environ 10 milligrammes, dont 1 à 2 milligrammes seulement sont absorbés, compensant ainsi les pertes journalières. L'absorption digestive, et elle seule, peut être régulée en fonction des besoins, au niveau du duodénum, dans la partie proximale de l'intestin grêle, par l'intermédiaire des cellules (entérocytes) qui tapissent la muqueuse digestive. Dans le foie, le fer est stocké sous forme de ferritine (et aussi d'hémosidérine). Lorsque les capacités de stockage hépatique sont dépassées, le fer se dépose en excès dans le pancréas, le cœur et l'axe hypothalamo-hypophysaire.

Une partie du fer intracellulaire est libre, c'est-à-dire qu'il n'est pas lié à une molécule de stockage. Ce fer libre est source d'atteinte cellulaire car il génère des radicaux libres et devient responsable de fibrose, tissu cicatriciel qui modifie l'architecture de l'organe atteint (notamment du foie où une fibrose extensive peut aboutir à une cirrhose).

Deux anomalies biologiques sont révélatrices d'une surabondance de fer dans l'organisme : la saturation de la transferrine et l'augmentation de la ferritine. Cette dernière stocke le fer au niveau des cellules du foie (hépatocytes) et des macrophages (cellules ayant un rôle de « nettoyage ») présents dans le foie et la rate.

L'âge, le sexe et l'activité génitale sont des causes de variation de la ferritinémie (valeurs médianes 23 μg/L à 16 ans, 120 à 32 ans chez l'homme : 30 μg jusqu'à la ménopause [80 μg] chez la femme). Au cours de l'hémochromatose, l'augmentation de la ferritinémie caractérise l'excès de fer (surcharge avec plus de 300 μg/L chez l'homme et plus de 200 chez la femme). Cependant, les causes d'augmentation de la ferritine sont nombreuses : alcoolisme, inflammation (rhumatismes, infections, cancers), lyse cellulaire (destruction des globules rouges, des cellules hépatiques ou musculaires), syndrome métabolique (surpoids, hypertension artérielle, diabète par insulinorésistance, troubles lipidiques), et enfin causes rares (cf. tableau).

C'est donc la saturation de la transferrine qui est le pivot du diagnostic de l'hémochromatose génétique. C'est aujourd'hui le meilleur marqueur reflétant l'existence d'une hémochromatose : elle est toujours élevée en cas d'hémochromatose génétique HFE, sauf s'il existe un syndrome inflammatoire au moment du dosage.

Il faut en effet souligner que de nombreuses anémies chroniques (thalassémie, drépanocytose, anémie réfractaire sidéroblastique, myélodysplasie) par insuffisance de production ou par destruction excessive des globules rouges se compliquent, par suite d'une surcharge en fer, en hémochromatose dite secondaire. Une surcharge hépatique en fer peut aussi être secondaire à d'autres affections comme une cirrhose, notamment alcoolique, une porphyrie cutanée tardive (maladie génétique qui se traduit par des manifestations cutanées évoluant par poussées) ou encore être la conséquence d'une hémodialyse chronique [...]

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Écrit par :

  • : chef du service de gastro-entérologie et hépatologie de l'hôpital intercommunal de Poissy-Saint-Germain-en-Laye

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Pour citer l’article

Claude EUGÈNE, « HÉMOCHROMATOSES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 janvier 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/hemochromatoses/