BAROQUE

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L'accueil européen

Dès lors, un autre problème se pose sur le plan international : celui de l'accueil.

On a beaucoup parlé du resserrement économique du xviie siècle qui put avoir pour conséquence une moins grande disponibilité de la clientèle, des misères populaires causées par les épidémies, des guerres qui, exigeant plus de dépenses pour les armées, diminuaient les ressources pour les autres secteurs – investissements productifs ou commandes d'œuvres d'art – de la dévastation matérielle de certaines régions. On a dit aussi que les mentalités s'en trouvaient modifiées, que l'inquiétude se substituait à l'optimisme et à la joie de vivre ; on pourrait découvrir là des raisons pour certains aspects douloureux du style baroque. Tous ces facteurs économiques et sociaux ont certainement eu leur importance sur la vie des arts. Mais, au xviie siècle, d'autres valeurs sont déterminantes : les gouvernements monarchiques croyaient que la magnificence de leurs demeures était nécessaire au prestige et à la renommée des princes : ceux-ci ont donc entrepris, en même temps que les guerres, des dépenses de luxe sans se soucier toujours de l'économie générale. On doit observer toutefois l'inachèvement ou l'interruption de beaucoup de projets, et la distance entre ce que l'on avait pensé faire et ce qui fut accompli. Dans ces sociétés hiérarchisées, l'aristocratie recherchait la richesse pour le décor de sa vie quotidienne et constituait une clientèle pour les artistes. Sans doute cette aristocratie se renouvelait-elle par l'affaiblissement des anciens groupes et la promotion de nouvelles familles. De même, de milieux modestes, surgissaient les réussites de négociants ou de banquiers, éclatantes, toutefois en petit nombre. Ainsi, de toute manière, il existait une élite sociale pour laquelle les artistes n'ont cessé de produire. Il ne s'agissait pas seulement d'architecture, de peinture et de sculpture : la musique jouissait d'une constante faveur : les princes et les seigneurs entretenaient des chapelles de musiciens qui devaient jouer des œuvres composées à leur intention, aussi bi [...]

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Basilique Saint-Pierre, Rome

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Autoportrait du Cavalier Bernin

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Sainte Cécile, Le Dominiquin

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Écrit par :

  • : professeur à l'université de Bordeaux-III-Michel-de-Montaigne
  • : psychanalyste, membre de la Société de psychanalyse freudienne, musicologue, président de l'Association française de défense de l'orgue ancien
  • : membre de l'Institut, professeur à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris

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Pour citer l’article

Claude-Gilbert DUBOIS, Pierre-Paul LACAS, Victor-Lucien TAPIÉ, « BAROQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 mars 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/baroque/