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LYON

Auvergne-Rhône-Alpes : carte administrative - crédits : Encyclopædia Universalis France

Auvergne-Rhône-Alpes : carte administrative

Capitale de la région Rhône-Alpes, Lyon a été désignée en 2015 chef-lieu de la nouvelle grande région Auvergne - Rhône-Alpes. La ville est la commune-centre (505 000 hab. selon le recensement de 2012) d'une aire urbaine de 2,2 millions d'habitants, la deuxième en France et la vingt-cinquième en Europe, qui bénéficie depuis plus de deux mille ans d'une exceptionnelle situation entre l'Europe du Nord et la Méditerranée, sur l'axe Saône-Rhône et au débouché des Alpes.

L'occupation continue d'un site, patrimoine de l'humanité

Lugdunum, colonie romaine fondée par Munatius Plancus en 43 avant J.-C. connut très vite un destin brillant, celui de capitale des Gaules. Tout le site historique composé des deux collines enserrant le confluent du Rhône et de la Saône est alors occupé. La colline de Fourvière est le siège de la colonie (forums, temples, théâtres, ces derniers encore visibles), la colline de la Croix-Rousse celui du sanctuaire des Trois Gaules et de l'Amphithéâtre où se réunissaient les représentants des tribus gauloises et où furent mis à mort les premiers martyrs chrétiens des Gaules (sainte Blandine, 177 après J.-C.). Le confluent, future presqu'île, et les rives des fleuves sont occupés par de riches quartiers résidentiels et commerçants (Canabae, Condate), des ports et quartiers de potiers. La période faste de Lugdunum s'achève avec la bataille de Lyon (197) au cours de laquelle la ville fut pillée, et surtout avec le règne de Dioclétien où le pouvoir impérial se déplaça vers d'autres villes. Le Bas-Empire et le haut Moyen Âge voient la ville se rétracter au pied de la colline de Fourvière, à proximité de la Saône. À la suite des partages carolingiens, Lyon devient ville d'Empire, mais le vrai pouvoir est exercé jusqu'à l'omnipotence par l'Église et l'archevêque, du xe au début du xive siècle.

L'ouverture au monde extérieur est tardive (xiiie s.) et se traduit par la construction d'un pont sur le Rhône et l'urbanisation de la presqu'île, qui coïncide avec la lutte des habitants contre la tutelle épiscopale. Cet interminable conflit sera tranché par le roi de France qui finit par annexer la ville (1312) et lui fait octroyer une charte de consulat. Lyon prospère au xive siècle et traverse la guerre de Cent Ans sans trop de dommages pour retrouver, à partir de 1460, un rôle de premier plan. Cette date correspond au développement des grandes foires ainsi qu'au transfert général des banques italiennes, Médicis en tête, à Lyon, qui devient la porte d'entrée du commerce international dans un grand royaume en reconstruction. La ville de la Renaissance, passage obligé pour les guerres d'Italie, s'organise sur la rive droite de la Saône (aujourd'hui le Vieux Lyon) autour de la cathédrale Saint-Jean et des demeures aristocratiques, et sur la presqu'île autour de la rue Mercière, où se retrouvent imprimeurs, libraires et grands marchands. La topographie de la ville d'Ancien Régime est fixée : une ville très dense que seules des places consacrant le pouvoir consulaire (les Terreaux) ou royal (place Bellecour sous Louis XIV) viennent aérer. Le xviiie siècle voit la ville se desserrer un peu, par le lotissement de quelques-uns des très nombreux couvents qu'elle abrite, la monumentalisation des quais (Hôtel-Dieu par Soufflot) et deux opérations d'urbanisme visionnaires qui, l'une, repousse le confluent au sud (Michel-Antoine Perrache), tandis que l'autre aménage la plaine du lit majeur du Rhône encore sauvage, en rive gauche (Jean-Antoine Morand). La Révolution suspend ces projets, d'autant que la ville se révolte contre la dictature jacobine (1793). À la suite du siège, les représailles sont terribles mais le décret d'anéantissement adopté par la Convention (« Lyon n'est plus ») n'est appliqué[...]

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Écrit par

  • : agrégé de géographie, professeur de géographie, aménagement de l'espace et urbanisme à l'université Lyon-II

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

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Auvergne-Rhône-Alpes : carte administrative

Autres références

  • ARCHÉOLOGIE (Archéologie et société) - Aménagement des sites

    • Écrit par Jean-Pierre MOHEN, Jean-François REYNAUD
    • 5 946 mots
    • 3 médias
    ...centre d'interprétation ». Tout en ayant le même objectif, les musées de site archéologique ont chacun un projet culturel et scientifique spécifique. Les collections du musée de la Civilisation gallo-romaine de Lyon proviennent essentiellement de la ville ou de sa région proche. En 1976, l'architecte...
  • AUVERGNE-RHÔNE-ALPES, région administrative

    • Écrit par Universalis
    • 163 mots
    • 1 média

    La région Auvergne-Rhône-Alpes a été créée par la loi du 16 janvier 2015 – relative à la délimitation des régions, aux élections régionales et départementales et modifiant le calendrier électoral – effective depuis le 1er janvier 2016. Elle est formée des deux anciennes régions...

  • BALTARD LOUIS-PIERRE (1764-1846) ET VICTOR (1805-1874)

    • Écrit par Universalis, Renée PLOUIN, Daniel RABREAU
    • 1 361 mots
    • 1 média
    ...réalisations dénotent un goût particulier pour des mises en scène grandioses dans un style néo-classique très majestueux, quoique un peu rigide. C'est à Lyon que Baltard donne ses meilleures œuvres : le grenier à sel (1828), la prison de Perrache (1830), l'arsenal de l'artillerie (1840-1846) et surtout...
  • BLANC THÉO (1891-1985) et DEMILLY ANTOINE (1892-1964)

    • Écrit par Armelle CANITROT
    • 673 mots
    • 1 média

    « Blanc et Demilly », est une signature à jamais indissociable de l’histoire de la photographie. Blanc pour Théo, né à Lyon en 1891, commis aux écritures dans une soierie, avant de rejoindre le studio de photographie d’Édouard Bron dont il a épousé la fille Marcelle en 1918. Demilly pour Antoine...

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