ALLÉGORIE, notion d'

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Une première conception de l'allégorie provient de la rhétorique (Cicéron, Quintilien) : elle définit comme une « métaphore continuée » cette manière de parler qui désigne une chose par une autre (du grec allos, « autre », et agoreuein, « parler en public »). La métaphore, ou transposition, est une figure d'analogie : une comparaison implicite entre deux termes, suivant un rapport de ressemblance (éventuellement de contre-ressemblance, d'opposition). Une suite de métaphores produit un discours allégorique : on lui suppose un sens second. L'allégorie se rapproche ici de la parabole. Elle prend une ampleur particulière dans certaines œuvres de l'Antiquité tardive, construites à partir de la personnification d'entités abstraites, devenues les héros du poème : les Noces de Mercure et de Philologie (ve siècle) de Martianus Capella (mise en scène des arts libéraux), la Psychomachie (ive siècle) de Prudence (combat des vices et des vertus), ou encore la Consolation de Boèce (De Consolatione philosophiae, début du vie siècle), dialogue entre l'auteur et la Philosophie, sous les traits d'une femme venue lui rendre visite dans la prison où il attend la mort.

Une deuxième conception est venue enrichir la première, à partir du moment où les Pères de l'Église ont voulu appliquer à l'Écriture sainte les techniques de lecture reçues des grammairiens et des rhéteurs païens. Pour le croyant, la doctrine révélée se trouve intégralement dans la Bible. Non seulement cette dernière ne peut pas se tromper (ce qui oblige l'interprète à dépasser les contradictions apparentes ou les lacunes), mais sa lettre cache, ou contient, tout le savoir. Une première opposition fondamentale sera do [...]


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Pour citer l’article

François TRÉMOLIÈRES, « ALLÉGORIE, notion d' », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/allegorie-notion-d/