BANDE DESSINÉE

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Bécassine en apprentissage

Bécassine en apprentissage
Crédits : Editions Gautier-Languereau/ Hachette

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Hergé

Hergé
Crédits : Dannau Wim/Gamma-Rapho/ Getty Images

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Winsor McCay, Little Nemo

Winsor McCay, Little Nemo
Crédits : 1969, Editions Pierre Horay

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Walt Disney et Mickey Mouse

Walt Disney et Mickey Mouse
Crédits : Hulton Getty

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Toute bande dessinée est fondée sur une juxtaposition d'images, organisée en séquences narratives. Chaque image – dite « vignette » – se trouve généralement à l'intérieur d'un cadre rectangulaire, la « case ». Un alignement de cases forme un « registre » ou « strip ». Une superposition de registres occupant toute une page d'une revue ou d'un album constitue une « planche ».

La bande dessinée, dont le Suisse Rodolphe Töpffer a l'intuition dès les années 1830-1840, naît, en tant qu'activité professionnelle reconnue, à la fin du xixe siècle aux États-Unis ; la présence de ballons (dialogues écrits dans des bulles ou phylactères) s'y généralise à partir du Yellow Kid d'Outcault (1896). Durant la première moitié du xxe siècle, la bande dessinée américaine domine, tant en quantité qu'en qualité, la production mondiale ; ses premiers chefs-d'œuvre sont Little Nemo de McCay (1905) et Krazy Kat de Herriman (1913). La naissance de Superman en 1938 ouvre la voie aux « super-héros ». Malgré quelques réussites exceptionnelles, comme Peanuts de Schulz (1950) ou Maus de Spiegelman (1986), la seconde partie du xxe siècle voit un recul des États-Unis, et l'émergence de bandes dessinées marquantes au Japon (les mangas d'Osamu Tezuka), en Belgique (Tintin par Hergé, Spirou par Franquin, Blake et Mortimer par E.P. Jacobs), en Italie (Corto Maltese par Hugo Pratt) et en France (Astérix par Uderzo et Goscinny, récits de politique-fiction par Bilal).

Au début du xxie siècle, la bande dessinée, à l'image de la société, est divisée en courants multiples et contradictoires. Le genre est aussi diversifié que peut l'être la littérature ou le cinéma : il n'existe plus aujourd'hui une bande dessinée, mais des bandes dessinées.

Histoire de la bande dessinée des origines à 1970

Définitions et statut de la bande dessinée

Si tous les théoriciens s'accordent à penser qu'il n'y a pas bande dessinée sans une succession d'images interdépendantes, le texte qui accompagne les dessins, bien qu'il ne constitue pas un élément indispensable (puisqu'il existe des histoires muettes), est source de débats qui touchent à la définition du genre. Dans l'acception la plus large, il y a bande dessinée si à chaque image correspond un texte précis, même imprimé en dehors des cases. Pour les tenants d'une définition plus restrictive, le texte doit non seulement figurer à l'intérieur des cases, mais encore se présenter essentiellement sous forme de dialogues écrits dans des phylactères (appelés plus communément « ballons » ou « bulles »), c'est-à-dire des panneaux ou nuages semblant s'échapper de la bouche des personnages. Selon la définition adoptée, La Famille Fenouillard ou Bécassine, par exemple, sera donc assimilée à une bande dessinée ou définie comme une « histoire en images ».

Sous l'influence de la production américaine, adepte dès la fin du xixe siècle, de textes placés uniquement dans des ballons, la bande dessinée au sens strict s'est progressivement imposée dans le monde au cours des années 1930, non sans susciter de nombreuses critiques dans des pays à forte tradition littéraire comme la Grande-Bretagne ou la France : l'emploi généralisé de la bulle éloignait définitivement la bande dessinée du genre romanesque, puisqu'elle réduisait le texte à des dialogues (rapprochant ainsi la bande dessinée du théâtre ou du cinéma parlant).

Le statut de la bande dessinée reste aujourd'hui très ambigu. Bien que désigné parfois sous l'appellation de « neuvième art », ce mode d'expression reste méconnu (il n'est souvent considéré que comme une pure distraction) et mal compris : sa nature hybride (images et texte) rend difficile sa perception comme forme d'expression indépendante, qui ne peut être jugée qu'en elle-même, et non par rapport à des œuvres uniquement littéraires ou picturales : la bande dessinée n'est ni une sous-littérature ni une sous-peinture, mais un art autonome reposant sur une double articulation, l'une synchronique (la relation, à l'intérieur d'une case, entre l'image et le texte), l'autre diachronique (la relation que chaque case entretient avec toutes les autres, et en particulier avec celle qui la précède et celle qui la suit). La bande dessinée, art de l'ellipse (le lecteur contribue à la continuité du récit en reliant mentalement des cases, dont chacune n'est qu'un instantané, figé dans le temps), a donc ses propres critères, ce qui rend vaine sa comparaison – néanmoins fréquente, et forcément défavorable – avec la littérature ou les arts graphiques.

Les origines de la bande dessinée

L'idée de recourir simultanément à un texte et à des dessins pour raconter une histoire est aussi ancienne que l'écriture elle-même, comme en témoignent de nombreux papyrus et peintures de l'Égypte antique. Les Romains n'ignorent pas le récit en images (décor sculpté de la colonne Trajane, vers 110 après J.-C.), devenu banal au Moyen Âge qui donne un exemple de longue figuration narrative avec la « tapisserie de Bayeux » (vers 1077) et invente le phylactère au xive siècle. Au xviiie siècle, le peintre britannique William Hogarth (1697-1764) conçoit des récits constitués de suites de gravures légendées (La Carrière du roué, 1735).

Comme toute forme d'art, le récit en séquence d'images n'est donc pas né brusquement, il a évolué au cours du temps. Cependant, tout en s'inscrivant dans cette tradition millénaire, ce mode d'expression tel que nous le connaissons aujourd'hui – c'est-à-dire une œuvre reproduite à plusieurs exemplaires sur un support papier en vue d'être diffusée – est né en deux temps au xixe siècle, ces deux étapes correspondant aux deux conceptions du genre, selon que l'on fait ou non de la présence du phylactère un critère déterminant.

De Töpffer à Outcault, ou d'une naissance à l'autre (1833-1896)

Le « père fondateur » de la bande dessinée sans phylactères est le Suisse francophone Rodolphe Töpffer (1799-1846). Dès 1827, il compose, sans les commercialiser, des « histoires en estampes », admirées par Goethe. En mars 1833, Töpffer publie Histoire de Monsieur Jabot, qui sera suivie de six autres albums. Il est aussi le premier théoricien de ce mode d'expression, dont il définit en 1837 la spécificité : « Les dessins, sans le texte, n'auraient qu'une signification obscure ; le texte, sans les dessins, ne signifierait rien. » Il a, en France et ailleurs, de nombreux émules, dont certains passeront à la postérité – mais grâce à d'autres activités –, comme Cham (Amédée de Noé, 1818-1879), qui publie anonymement en 1839 chez l'éditeur Aubert l'album Histoire de Monsieur Lajaunisse, Nadar (Félix Tournachon, 1820-1910) avec Vie publique et privée de Mossieur Réac (1848), première bande dessinée politique, Gustave Doré (1832-1883), auteur d'une peu orthodoxe Histoire de la Sainte Russie (1854), ou Caran d'Ache (Emmanuel Poiré, 1858-1909), qui propose vainement en 1894 au Figaro un « roman dessiné » muet, de plus de 300 pages, intitulé Maestro (finalement publié en 1999 par le musée de la Bande dessinée d'Angoulême). Töpffer est le modèle avoué de Christophe (Georges Colomb, 1856-1945, sous-directeur du laboratoire de botanique de la Sorbonne), auteur dans Le Petit Français illustré de plusieurs longs récits, dont La Famille Fenouillard (1889). Comme ses prédécesseurs, Christophe place le texte sous l'image, mais innove en ayant recours à des procédés (plans américains, vues plongeantes, effets de profondeur de champ) que le cinéma allait redécouvrir quelques années plus tard.

En Allemagne et en Grande-Bretagne apparaissent à la même époque des héros (ou plutôt des antihéros) d'histoires en images qui marqueront plusieurs générations de lecteurs : les garnements Max et Moritz (1865) de Wilhelm Busch (1832-1908) et Ally Sloper, un bon à rien créé en 1867 par Charles Ross (1835-1897), qui se fait seconder dès 1869 par sa future épouse, la Française Marie Duval (pseudonyme d'Isabelle Émilie de Tessier, 1850-1890).

Aux États-Unis, l'influence de Töpffer, puis de Busch, est considérable. La première bande dessinée qui y est éditée, The Adventures of Mr. Obadiah Oldbuck (1842) est d'ailleurs une adaptation des Amours de Monsieur Vieux Bois de Töpffer.

L'usage des ballons (courant chez les caricaturistes anglais du début du xixe siècle) va s'imposer en quelques années aux États-Unis, bénéficiant de l'absence de préjugés culturels d'une nation encore en formation et de la surenchère des deux magnats de la presse, William Randolph Hearst et Joseph Pulitzer, pour s'attacher les services des meilleurs dessinateurs. C'est dans le numéro daté du 25 octobre 1896 du New York Journal que Richard Outcault (1863-1928) transforme sa série The Yellow Kid (née deux ans plus tôt sous le titre de Hogan's Alley) en une œuvre qui a toutes les caractéristiques des « B.D. » modernes. Ce gamin à la chemise jaune, vivant dans un taudis new-yorkais, marque une étape décisive de la bande dessinée américaine, qui va devenir fondamentalement différente de celle publiée alors en Europe, non seulement dans sa forme, mais aussi dans son fond (elle cherchera à intéresser simultanément les enfants et les adultes) et dans son mode de diffusion (des journaux tirés à des millions d'exemplaires, et non des revues ou des albums visant un public aisé mais plus restreint).

L'Europe avant la Seconde Guerre mondiale

Le succès rapide aux États-Unis des bandes avec ballons mettra une trentaine d'années à ébranler en Europe la tradition du texte sous la vignette (héritée en France des images d'Épinal), et il est significatif que la première bande dessinée à bulles de langue française soit parue au Québec : Les Aventures de Timothée (1904) par Albéric Bourgeois (1876-1962) dans le journal La Patrie. Mais les années 1903-1914 sont marquées par la prolifération, en France, en Italie et en Grande-Bretagne, d'hebdomadaires presque entièrement composés d'histoires en images, et s'adressant à la jeunesse : pendant un demi-siècle la bande dessinée européenne – destinée à l'origine à des adultes – va chercher à plaire avant tout aux enfants et aux adolescents, ce qui est l'une des explications du mépris dans lequel l'ensemble du genre sera longtemps tenu.

La France de 1903 à 1914

En France, l'éditeur Arthème Fayard est le premier à lancer des publications essentiellement constituées d'histoires en images (La Jeunesse illustrée en 1903 et Les Belles Images en 1904). Les dix années qui précèdent la Première Guerre mondiale voient une profusion de nouvelles revues enfantines, dont la postérité n'a retenu que deux séries, que tout oppose : dans La Semaine de Suzette, journal pour petites filles modèles édité par Gautier-Languereau, Caumery (Maurice Languereau, 1867-1941) écrit pour le peintre et dessinateur Joseph Porphyre Pinchon (1871-1953) Bécassine (1905), mésaventures d'une petite bonne bretonne au service d'une famille aristocratique ; cette série, contestée par la suite pour son idéologie conservatrice, est un témoignage quasi proustien sur les mœurs de l'époque (comme l'a écrit le critique Francis Lacassin, « Bécassine c'est un peu À la recherche du temps perdu raconté par Françoise »). À l'opposé, dans L'Épatant, édité par les frères Offenstadt, Louis Forton (1879-1934) donne aux titis parisiens leurs premiers héros, Les Pieds-Nickelés (1908), scrupuleusement malhonnêtes et vulgaires, et influencés par le mouvement anarchiste. Louis Forton est également l'auteur de Bibi Fricotin (1924), un jeune journaliste détective. Pour les petites filles des milieux populaires, les frères Offenstadt lancent en 1909 le journal Fillette, dont la vedette est L'Espiègle Lili, créée par le romancier Jo Valle (1865-1949), et dont le premier dessinateur est André Vallet.

Bécassine en apprentissage

Bécassine en apprentissage

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Après une première parution dans l'hebdomadaire La Semaine de Suzette en 1914, Bécassine en apprentissage, texte de Caumery et illustrations de Joseph Pinchon, paraît en album chez les éditions Gautier-Languereau en 1919. 

Crédits : Editions Gautier-Languereau/ Hachette

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Les illustrés français d'avant 1914 restent encore en grande partie mal connus, et recèlent sans doute quelques surprises. C'est seulement en 1985 qu'ont été découvertes deux bandes qui furent probablement les premières en France à comporter un texte entièrement placé dans des bulles : Sam et Sap de Rose Candide (pseudonyme probable du dessinateur montmartrois Émile Tap) sur un texte de Georges Le Cordier, « aventures surprenantes d'un petit nègre et de son singe », publiées en 1908 dans les journaux Saint Nicolas et L'Écolier illustré puis la même année en album chez Delagrave ; Frip et Bob, deux jeunes globe-trotters farceurs créés en 1910 (dessin et texte) par le futur romancier Pierre Mac Orlan (Pierre Dumarchey, 1882-1970) pour L'Almanach Nodot 1911 (la série fut continuée par Mac Orlan dans l'almanach de 1912, et par Solar d'Alba – peut-être un autre pseudonyme d'Emile Tap – dans ceux de 1913 et de 1914).

La France de 1914 à 1939

Les bandes dessinées à bulles nées avant la Première Guerre mondiale n'eurent aucune influence, et il fallut attendre la création par Alain Saint-Ogan (1895-1974) de Zig et Puce en 1925 pour voir le triomphe d'une œuvre n'ayant recours qu'à des ballons. Mais l'extraordinaire engouement suscité par cette série (la première en France à connaître un succès massif) s'explique plutôt par le déclin qualitatif et quantitatif de la production après 1914 (Zig et Puce n'avaient comme rivaux que des héros déjà datés), et par un phénomène de mode dont bénéficia le compagnon d'aventures des deux jeunes garçons, le pingouin Alfred, qui donna naissance à de nombreux produits dérivés.

À Bruxelles, en 1929, s'inspirant de la technique graphique d'Alain Saint-Ogan, Hergé (Georges Remi, 1907-1983) commence les aventures du jeune reporter Tintin et de son chien Milou. La série est rapidement populaire en Belgique, mais n'est connue en France avant la Seconde Guerre mondiale que des seuls lecteurs de l'hebdomadaire catholique Cœurs Vaillants, qui la reprend dès 1930.

Hergé

Hergé

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Georges Remi, dit Hergé, travaillant au vingt-troisième album de Tintin, Tintin et les Picaros

Crédits : Dannau Wim/Gamma-Rapho/ Getty Images

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Le 21 octobre 1934, Paul Winkler lance le premier numéro du Journal de Mickey, qui ne contient que des bandes dessinées américaines, que l'éditeur a importées par le biais de son agence Opera Mundi. En une seule journée, les illustrés français pour la jeunesse sont démodés. La production française, mièvre et moralisatrice, reçoit un coup mortel, condamnant les anciens éditeurs à s'adapter, souvent contre leur gré. Seuls les dessinateurs les plus doués survivront : outre Alain Saint-Ogan et Hergé, on peut citer Raoul Thomen (1876-1950), René Giffey (1884-1965), Étienne Le Rallic (1891-1968) et René Pellos (René Pellarin, 1900-1998).

À l'instar du Journal de Mickey naissent de nouvelles publications qui privilégient les séries d'aventures et de science-fiction, souvent d'origine américaine. En 1935 l'éditeur italien Cino Del Duca s'impose en France avec Hurrah !, ainsi que son compatriote Ettore Carozzo avec le très cosmopolite Jumbo. Paul Winkler récidive avec les journaux Robinson (1936) et Hop-là ! (1937). Les bandes dessinées américaines domineront le marché français jusqu'à ce que l'Allemagne en interdise la publication dans les pays occupés après l'entrée en guerre des États-Unis (1941).

Autres pays d'Europe

En Italie, l'illustré qui fonde la bande dessinée nationale est le Corriere dei Piccoli, né en 1908. Ses histoires ne comportent pas de bulles, mais un texte en vers de mirliton sous l'image. Dès 1910, Antonio Rubino (1880-1964) se livre dans Quadratino à des recherches graphiques. En 1932 – avant d'avoir son propre journal aux États-Unis, en France ou en Grande-Bretagne – Mickey devient en italien Topolino pour un nouvel hebdomadaire qui propose à la fois des séries des studios de Walt Disney et des bandes italiennes, comme le western Kit Carson (1937) de Rino Albertarelli (1908-1974). À partir de 1938, les illustrés italiens n'ont plus le droit de publier des bandes américaines, à l'exception de Topolino, lecture favorite des enfants de Mussolini.

En Grande-Bretagne, la plupart des journaux de bandes dessinées appartiennent à un magnat de la presse, l'Irlandais Alfred Harmsworth, lord Northcliffe. Après avoir créé en 1890 Comic Cuts et Chips (qui paraîtront tous deux jusqu'en 1953), son groupe, Amalgamated Press, lance en 1914 The Rainbow, qui acquiert rapidement auprès des jeunes enfants une popularité sans égale grâce à la série Tiger Tim and the Bruin Boys ; dans cette bande, qui comporte à la fois un texte sous l'image et des ballons, les deux dessinateurs, Julius Stafford Baker (1869-1961) et Herbert Sydney Foxwell (1890-1943), racontent les aventures d'un jeune tigre, élève dans une pension tenue par une ourse. C'est un éditeur écossais, David Couper Thomson, qui est le premier à contester l'hégémonie d'Amalgamated Press, avec les journaux pour enfants The Dandy (1937) et The Beano (1938), qui font une large place à des histoires comiques, sans texte sous l'image ; ces deux titres sont les seuls de cette époque qui franchiront le cap du xxie siècle.

En Allemagne apparaît en 1934 dans Die Berliner illustrierte Zeitung une bande muette qui aura un grand succès, la chronique familiale Père et Fils (Vater und Sohn) ; son auteur, E.O. Plauen (Erich Ohser, 1909-1944), se suicida alors qu'il était emprisonné par la Gestapo pour propos défaitistes.

La suprématie de la bande dessinée américaine (1896-1945)

La bande dessinée américaine, peu abondante avant les premières bulles du Yellow Kid (1896), connaît en quelques années un développement considérable. Dès 1902, tous les grands quotidiens américains publient un supplément dominical qui contient des bandes dessinées avec des ballons, présentées sous la forme de grandes planches en couleur. À la suite du succès en 1907 dans le San Francisco Chronicle de Mutt and Jeff par Bud Fisher (1885-1954), une série sur les milieux hippiques, les bandes quotidiennes se banalisent ; elles sont constituées le plus souvent de quatre cases (en noir et blanc) juxtaposées. Enfin, à partir de 1936 se généralise la publication de bandes dessinées dans des fascicules de format 25,5 cm sur 16,5 cm, au papier médiocre. Ces trois modes de diffusion (appelés respectivement Sunday page, daily strip et comic book) coexistent encore aujourd'hui, l'album cartonné tel qu'on le conçoit en France ou en Italie restant exceptionnel.

Le temps des bandes humoristiques

Le premier phénomène de masse de la bande dessinée américaine est The Katzenjammer Kids (1897) par Rudolph Dirks (1877-1968), une série sur les méfaits de deux garnements, inspirés des Max et Moritz de Wilhelm Busch (titre français : Pim Pam Poum). La nature comique de cette bande et de celles qui suivront imposera en anglais des États-Unis le terme de comics pour désigner toute bande dessinée (les Britanniques préférant parfois l'expression strip cartoons) ; ce vocable continuera à être employé lorsque se répandront à partir des années 1920 des bandes dessinées ne reposant pas sur des effets comiques.

Très tôt dans son histoire, la bande dessinée américaine donne naissance à deux chefs-d'œuvre : Little Nemo (1905) par Winsor McCay (1867-1934), récits oniriques partiellement inspirés par l'Art nouveau, et Krazy Kat (1913) par George Herriman (1880-1944), bande animalière à l'humour absurde. L'année 1913 est aussi celle des débuts de Bringing up Father (La Famille Illico), par George McManus (1884-1954), qui popularise un genre nouveau, le family strip (histoire humoristique à cadre familial), dont les meilleurs exemples sont Winnie Winkle (Bicot), une série créée en 1920 par Martin Branner (1888-1970), et Blondie (1930) par Murat « Chic » Young (1901-1973). Une veine poétique affleure dans Félix le Chat (1923), par Pat Sullivan (1887-1933) et Otto Messmer (1892-1983), un félin malicieux apparu en dessins animés dès 1919, et le burlesque triomphe quand Elzie Crisler Segar (1894-1938) invente Popeye (1929), un marin qui acquiert une force surhumaine en mangeant des épinards. Les personnages des dessins animés produits par Walt Disney (1901-1966) sont adaptés en bandes dessinées par des artistes qui restèrent longtemps anonymes. La souris Mickey, née dans des dessins animés en 1928 sous le crayon d'Ub Iwerks (1901-1971), est publiée en bandes quotidiennes à partir de 1930 ; son meilleur et principal dessinateur, de 1930 à 1975, est Floyd Gottfredson (1905-1986).

Winsor McCay, Little Nemo

Winsor McCay, Little Nemo

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Des cases caractéristiques de Little Nemo, une série onirique influencée par l'Art nouveau. Cases 11 à 16, 26 juillet 1908. Édition américaine 1905-1914 et 1927-1927. Édition française 1969, Pierre Horay. 

Crédits : 1969, Editions Pierre Horay

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Walt Disney et Mickey Mouse

Walt Disney et Mickey Mouse

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Le réalisateur et producteur de dessins animés Walt Disney (1901-1966) en compagnie, en 1935, de Mickey Mouse, qui reste l'une de ses plus célèbres créations. 

Crédits : Hulton Getty

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Le temps des bandes dessinées d'aventures

Les années 1920 voient l'émergence des premières bandes d'aventures, comme Wash Tubbs and Captain Easy (1924) de Roy Crane (1901-1977), dont la technique graphique d'opposition entre le noir et le blanc fera école (de Milton Caniff à Hugo Pratt), l'aviatrice Connie (1927) de Frank Godwin (1889-1959), la série d'anticipation Buck Rogers (1929) par Dick Calkins (1898-1962) ou l'adaptation (en 1928 en Grande-Bretagne, en 1929 aux États-Unis) du Tarzan d'Edgar Rice Burroughs par Hal Foster (1892-1981), puis à partir de 1937 par Burne Hogarth (1911-1996). Les années 1930 sont celles du triomphe des bandes d'aventures, au graphisme réaliste, et souvent très adultes dans le ton ; contrairement aux bandes européennes, les femmes – généralement belles et aventureuses – y jouent un rôle important, et créent parfois un climat érotique. Les séries les plus marquantes sont Dick Tracy (1931), par Chester Gould (1900-1985), aux intrigues policières proches des romans noirs, Flash Gordon (1934) par Alex Raymond (1909-1956), qui dessine d'un trait académique des mondes extraterrestres, Terry and the Pirates (1934) par Milton Caniff (1907-1988), aventures asiatiques de personnages à la psychologie complexe, et Prince Valiant (1937) par Hal Foster, fresque sur les chevaliers de la Table ronde. Enfin, le scénariste Lee Falk (1911-1999) ouvre la voie aux « super-héros » avec Mandrake (1934), un magicien dessiné par Phil Davis (1906-1964), et avec The Phantom (1936, en français Le Fantôme du Bengale), un héros masqué dessiné par Ray Moore (1905-1984).

En marge de ces séries d'aventures, Al Capp (Alfred Caplin, 1909-1979) fait dans Li'l Abner (1934) la satire de la vie américaine à travers la chronique fictive d'un petit village arriéré du Tennessee.

La naissance des super-héros

La fin des années 1930 est marquée par l'essor des comic books, dont les deux principaux éditeurs sont D.C. (Detective Comics) et Marvel, fondés respectivement en 1935 et 1939. Ces fascicules mensuels, surtout destinés aux adolescents, proposent à l'origine des récits de différents styles, puis, après l'énorme succès commercial des séries Superman et Batman, ils se spécialisent progressivement dans des histoires qui mettent en scène des personnages aux pouvoirs surhumains (appelés « super-héros »). Superman, créé dans le premier numéro d'Action Comics (juin 1938) par le dessinateur Joe Shuster (1914-1992) sur un scénario de Jerry Siegel (1914-1996), et Batman, né dans le no 27 de Detective Comics (mai 1939) du dessin de Bob Kane (1915-1998) et d'un texte de Bill Finger (1917-1974), s'inscrivent immédiatement dans l'imaginaire américain. Ils sont à l'origine d'un genre – qui dure encore – où des surhommes s'affrontent en des combats, titanesques mais jamais décisifs, qui mettent en jeu le sort de l'humanité ordinaire, et rappellent parfois les luttes entre les dieux des mythes et légendes de l'Antiquité. Le succès de ces super-héros donne naissance à des super-héroïnes dont la plus célèbre est Wonder Woman (1941) créée par le dessinateur Harry Peter et le psychologue William Moulton Marston. Dès 1940, ce type bien particulier de bandes dessinées est brillamment parodié par Will Eisner (1917-2005) dans The Spirit.

The Spirit, W. Eisner

The Spirit, W. Eisner

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Will Eisner, The Spirit : Deadline, 31 décembre 1950. Dans cette histoire mettant en scène son héros récurrent, le dessinateur insère son autoportrait. La page sera reprise dans l'ouvrage La Bande dessinée, un art séquentiel (1985, trad. franç., 1997), pour évoquer « le cadre et sa... 

Crédits : W. Eisner/ éditions Vertige Graphic

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La bande dessinée francophone de 1940 à 1960

France : de l'Occupation à la loi de 1949

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la désorganisation de la France et la pénurie de papier rendent difficiles la survie des illustrés, qui sont en outre privés des bandes d'origine américaine. À Paris naît, en 1943, Le Téméraire, journal attrayant dans la forme, mais idéologiquement proche de l'occupant. À la Libération, de nombreuses bandes dessinées attaquent ou ridiculisent les nazis ; les plus notables sont, en 1944, l'album avec texte sous l'image d'Edmond-François Calvo (1892-1957) La Bête est morte !, transposition de la Seconde Guerre mondiale chez les animaux (texte de Victor Dancette et Jacques Zimmermann), et, dans le journal Coq Hardi, Les Trois Mousquetaires du maquis, par Marijac (Jacques Dumas, 1908-1994).

La création de journaux donnant, comme avant la guerre, la vedette à des séries achetées aux États-Unis (notamment les hebdomadaires Tarzan, en 1946, et Donald, en 1947) provoque la colère des organisations professionnelles françaises de dessinateurs. Leurs protestations, conjuguées à celles des ligues de moralité issues de milieux catholiques ou laïques, ainsi qu'à l'antiaméricanisme du Parti communiste, et à la méfiance qu'éprouvent les éducateurs à l'égard de la bande dessinée, sont à l'origine de la loi du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse. En menaçant de saisie toute œuvre faisant place (même une sous forme bénigne) à la violence ou à la sexualité, celle-ci va peser pendant vingt ans sur ce mode d'expression : les quelques éditeurs qui continuent à publier des séries d'origine étrangère doivent les édulcorer (des retoucheurs effacent les revolvers et rallongent les jupes), et demandent à leurs auteurs français de s'autocensurer.

La domination belge

C'est dans ce contexte répressif que va pouvoir s'épanouir en France la production belge. En effet, depuis les années 1930, les auteurs belges ont su développer une bande dessinée à mi-chemin entre le conformisme des séries françaises et l'atmosphère adulte des séries américaines. Leurs héros sont lancés dans des aventures pleines de mystère, de suspense et d'humour, mais ils sont asexués, moralement irréprochables, défendent l'ordre établi, et prônent discrètement des valeurs à la fois laïques et chrétiennes. Dès 1930, Hergé a des imitateurs, et en 1938 se constitue, au sein des éditions Dupuis, le premier grand illustré belge de bandes dessinées, Le Journal de Spirou ; le héros éponyme a cependant été conçu par un dessinateur français, Rob-Vel (Robert Velter, 1909-1991). L'hebdomadaire est diffusé en France à partir de 1946, année où à Bruxelles Raymond Leblanc, fondateur des éditions du Lombard, fait de Tintin le titre et le personnage central d'une nouvelle publication, distribuée en France dans une version légèrement différente par Georges Dargaud en 1948. Pendant une vingtaine d'années, les journaux Spirou et Tintin seront les deux titres les plus prestigieux de la bande dessinée francophone.

Bien que rivaux, les deux illustrés ont chacun leur personnalité. Spirou est axé sur l'humour et un graphisme dynamique, influencé par le dessin animé. C'est ce que l'on appellera « l'école de Marcinelle » (faubourg de Charleroi où se trouve le siège de l'hebdomadaire). Les principaux représentants en sont André Franquin (1924-1997), dessinateur de la série Spirou et Fantasio de 1946 à 1968 et créateur de l'antihéros Gaston Lagaffe en 1957, Morris (Maurice De Bevere, 1923-2001), qui invente le cow-boy Lucky Luke en 1946, Peyo (Pierre Culliford, 1928-1992), père d'un peuple de lutins bleus, les Schtroumpfs (1958), et Jean Roba (1930-2006), qui à travers les personnages (un jeune garçon et un cocker) de Boule et Bill (1959) met en scène la vie d'une famille. Le journal contient aussi quelques œuvres réalistes réussies, comme Buck Danny (1947) par Victor Hubinon (1924-1979) sur un scénario de Jean-Michel Charlier (1924-1989), série d'aviation typique de la guerre froide, ou le western Jerry Spring (1954) par Jijé (Joseph Gillain, 1914-1980).

Au journal Tintin, le graphisme est souvent plus statique, et la tonalité des récits plus dramatique. Les auteurs ne travaillent pas sans une documentation imposante, recherchent la vraisemblance, et leurs textes sont écrits dans une langue relativement littéraire. C'est « l'école de Bruxelles », qui dérive d'Hergé, mais n'en conserve pas toujours le graphisme, épuré des détails inutiles, que l'on baptisera plus tard « ligne claire ». Dans le sillage d'Hergé, figure tutélaire du magazine, on trouve principalement Edgar Pierre Jacobs (1904-1987), qui dans Blake et Mortimer (1946) allie le réalisme au merveilleux scientifique, Paul Cuvelier (1923-1978), dessinateur sensuel des aventures, dans l'Inde du xviiie siècle, du jeune Breton Corentin (1946), et le Français Jacques Martin (1921-2010), qui dans Alix (1948) se livre à une reconstitution grandiose et trouble du monde romain. Ils seront rejoints entre autres par le Flamand Willy Vandersteen (1913-1990), qui introduit un peu de loufoquerie avec sa série Bob et Bobette (apparue dès 1945 dans De Nieuwe Standaard sous le titre néerlandais de Suske en Wiske) et par Raymond Macherot (1924-2008), auteur d'une bande animalière à la fois poétique et satirique, Chlorophylle (1954).

La Marque Jaune, E. P. Jacobs

La Marque Jaune, E. P. Jacobs

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Edgar P. Jacobs, «La Marque Jaune», 1953-1954. Œuvre majeure de la bande dessinée, cet album est emblématique du travail de Jacobs, et sa couverture a fait l'objet de nombreux plagiats ou parodies. 

Crédits : 2008 Editions Blake et Mortimer/ Studio Jacobs m. v. DARGAUD-LOMBARD s.a.

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Dans l'ombre de « Spirou » et de « Tintin »

Si les journaux Spirou et Tintin sont incontestablement de grandes réussites, ils ne représentent qu'une faible part de l'ensemble de la production, qui quantitativement est alors à son apogée. De nombreuses autres publications ont des tirages très importants, comme Vaillant, proche du Parti communiste, support notamment dès l'année de son lancement (1945) de la série de science-fiction Les Pionniers de l'Espérance, par le dessinateur Raymond Poïvet (1910-1999) et le scénariste Roger Lécureux (1925-1999), ou la nouvelle série du Journal de Mickey (1952), plus enfantine que celle d'avant-guerre, et comportant quelques bandes d'origine française, comme, de 1952 à 1978, Mickey à travers les siècles, dessiné par Pierre Nicolas, généralement sur un scénario de Pierre Fallot (1909-1976). Les milieux catholiques ont leurs propres illustrés, notamment Fripounet et Marisette (1945), où est publiée une bande éponyme sur deux jeunes campagnards, créée en 1943 par Herboné (René Bonnet, 1905-1998), et Bayard (1936, nouvelle série en 1946), dont la vedette est la fresque médiévale Thierry de Royaumont (1953), due au dessin de Pierre Forget (1923-2005) et au texte de Jean Quimper (André Sève, 1913-2001).

Les petits formats

Les années 1950 voient aussi le foisonnement des « petits formats », c'est-à-dire des fascicules bon marché imprimés en noir et blanc, de format 18 cm sur 12,5 cm, visant les jeunes des milieux populaires, et peu préoccupés – contrairement à Spirou et à Tintin – de respectabilité. Ils ne se rattachent que partiellement à la bande dessinée francophone, puisque leur contenu est souvent le travail de dessinateurs étrangers (italiens, espagnols, britanniques...), presque toujours anonymes, et dont l'identification pose encore beaucoup de problèmes. Les trois principaux éditeurs, Aventures et Voyages (fondé en 1948 par Bernadette Ratier), Lug (fondé en 1950 par Marcel Navarro) et Impéria (1953), avaient leur siège à Lyon. Certaines de ces publications eurent un impact considérable comme Akim (1958), nom d'un enfant de la jungle créé en Italie en 1950 par Augusto Pedrazza (1923-1994), Tartine Mariol (1957), une centenaire à la force herculéenne inventée en 1953 (sous le nom italien de Nonna Abelarda) par Giulio Chierchini, Pepito (1954), petit corsaire apparu en 1952 sous le crayon de Luciano Bottaro (1931-2006), ou Kiwi (1955), dont la bande principale met en scène – comme l'indique le titre – un oiseau étrange, créature née de l'imagination du Français Jean Cézard (1924-1977) ; la série complémentaire Blek le Roc se déroule au xviiie siècle et a pour protagoniste un trappeur engagé dans la lutte des Américains pour leur indépendance ; elle est née en 1954 dans le studio turinois Esse-G-Esse. Qualifiés de « fascicules de gare », les petits formats ont été longtemps méprisés. Il n'est cependant pas douteux qu'ils ont eu plus de lecteurs que Spirou et Tintin réunis, et qu'on y trouvait parfois des dessinateurs talentueux, comme Devi (l'Italien Antonio De Vita, 1923-2016, créateur en 1955 dans Kiwi de la série Le Petit Duc).

Les bandes dessinées dans la grande presse

Au cours des années 1950, la bande dessinée est aussi très présente dans la grande presse (souvent il est vrai sous la forme d'histoires dont le texte est placé sous l'image, notamment pour les nombreuses adaptations de romans). Presque tous les quotidiens, de Paris comme de province, publient au moins une bande dessinée, du Figaro, avec la série muette Les Aventures du professeur Nimbus, créée dès 1934 pour Le Journal par André Daix (André Delachanal, 1901-1976), à L'Humanité avec Pif le Chien, né en 1948 du crayon du réfugié politique espagnol José Cabrero Arnal (1909-1982). Certains quotidiens consacrent une page entière à la bande dessinée, par exemple France-Soir, dont certaines séries sont célèbres, comme Arabelle la Sirène (1950) de Jean Ache (Jean Huet, 1923-1985) ou 13, rue de l'Espoir (1959) de Paul Gillon (1926-2011). Une bande comme Pat'Apouf détective de Gervy (Yves Desdemaines-Hugon, 1908-1998), qui paraît dans l'hebdomadaire Le Pèlerin depuis 1938, a probablement plusieurs millions de lecteurs qui, contrairement à ceux du journal Tintin – dont c'était pourtant le slogan –, sont réellement âgés « de 7 à 77 ans ».

La bande dessinée en Europe de 1940 à 1960

Outre la France et la Belgique, deux pays européens ont, dans les années 1940 et 1950, une production importante, tant en quantité qu'en qualité : l'Italie et la Grande-Bretagne.

En Italie, les années 1940 sont dominées par Dick Fulmine (en français Alain la Foudre), justicier à l'idéologie fasciste créé en 1938 par Carlo Cossio (1907-1964), et par les bandes d'aventures exotiques de Franco Caprioli (1913-1973). En 1948 débute un western qui sera l'un des grands classiques du genre, Tex Willer, dessiné à l'origine par Galep (Aurelio Galleppini, 1917-1994) sur un scénario de Gian Luigi Bonelli (1908-2001). Le western traditionnel est parodié par Benito Jacovitti (1923-1997) dans Cocco Bill (1957) puis dans Zorry Kid (1968), version burlesque de Zorro.

En Grande-Bretagne, les quotidiens populaires accordent une large place à la bande dessinée. Deux séries du Daily Mirror sont passées à la postérité : durant la Seconde Guerre mondiale, Jane, jeune femme que dessine Norman Pett (1891-1960) depuis 1932, retient l'attention à la fois pour son patriotisme et pour la facilité avec laquelle elle se déshabille ; en 1957, Reg Smythe (1917-1998) crée Andy Capp, où il caricature avec tendresse un ouvrier paresseux et machiste du nord de l'Angleterre.

La presse enfantine anglaise est marquée par un renouveau de l'hebdomadaire The Beano : Dennis the Menace (1951), un garçon espiègle dessiné par David Law (vers 1907-1971) provoque un engouement collectif et une exploitation commerciale qui dureront jusqu'à la fin du siècle ; Leo Baxendale (1930–2017) lui donne son équivalent féminin, Minnie the Minx (1953), et met en scène une bande de garnements, The Bash Street Kids (1954). Les lecteurs un peu plus âgés font un triomphe au journal Eagle, qui dès son premier numéro (1950) présente un des chefs-d'œuvre de la bande dessinée de science-fiction, Dan Dare, par Frank Hampson (1918-1985).

Ailleurs en Europe naissent deux séries qui deviendront les symboles de la bande dessinée dans leurs pays respectifs. Aux Pays-Bas, Marten Toonder (1912-2005) crée en 1941 dans De Telegraaf le petit chat Tom Poes, dont le compagnon, l'ours Bommel, finit par lui ravir la vedette. En Espagne, Francisco Ibanez s'impose avec Mortadelo y Filemon, deux détectives totalement incompétents, apparus en 1958 dans la revue Pulgarcito.

Les États-Unis de 1945 à 1960

La grande presse

Avec la Seconde Guerre mondiale, les bandes dessinées publiées dans la grande presse américaine amorcent un lent déclin. À des auteurs qui n'ont déjà qu'un contrôle limité sur leurs œuvres (la profession est dominée par les syndicates, c'est-à-dire les agences qui placent les bandes dans les journaux), les éditeurs imposent désormais un format plus réduit, ce qui entraîne une simplification du dessin. Les bandes humoristiques souffrent moins de cette restriction, et la période voit deux créations marquantes : en 1948, Pogo par Walt Kelly (1913-1973), satire sociale et politique sous le couvert d'une bande animalière dont le personnage central est un opossum, et en 1950 Peanuts par Charles Schulz (1922-2000), qui transpose les problèmes psychologiques des adultes dans le monde des enfants.

Peanuts, C. M. Schulz

Peanuts, C. M. Schulz

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Les personnages de la série «Peanuts» font la couverture du magazine «Time» du 9 avril 1965, consacrant leur créateur, Charles Monroe Schulz. 

Crédits : Time Magazine/ Time&Life Pictures/ Getty

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Les « comic books »

Les comic books pour jeunes enfants se développent, influencés par le succès de Walt Disney. En 1942, Carl Barks (1901-2000) commence à travailler sur les séries mettant en scène le canard Donald (apparu en dessin animé en 1934). Il en fait un personnage aussi important que Mickey grâce à des comparses très réussis, comme l'oncle Picsou (Uncle Scrooge), vieil avare richissime (1947).

Par ailleurs, la prolifération, à partir de 1950, de comic books spécialisés dans des histoires d'horreur, notamment ceux édités par la compagnie E.C. Comics de William Gaines, comme Haunt of Fear ou Crypt of Terror, provoque une vive réaction de la part des couches conservatrices de la société américaine, que le maccarthysme de l'époque rend d'autant plus réceptives aux propos sur la nécessité d'un ordre moral. L'année 1954 marque à la fois l'apogée et le dénouement de la crise, avec successivement la publication du livre Seduction of the Innocent, dans lequel le psychiatre Frederic Wertham tente de démontrer que la lecture des comic books est l'une des causes de la délinquance juvénile, l'audition par une commission d'enquête sénatoriale de différentes personnalités du monde de la bande dessinée, et enfin l'acceptation par les éditeurs d'un ensemble de règles (Comics Code Authority) destinées à bannir de leurs publications les comportements sadiques et les scènes sanglantes.

La bande dessinée francophone des années 1960

Le rôle moteur du journal « Pilote »

À sa naissance, en 1959, l'hebdomadaire Pilote a manifestement pour modèle les journaux Spirou et Tintin, comme en témoignent, dès le premier numéro, ses deux bandes principales, Astérix, aventures comiques d'un guerrier gaulois, par Albert Uderzo et René Goscinny (1926-1977), et Tanguy et Laverdure, une série d'aviation, également dessinée par Albert Uderzo, sur des textes du scénariste de Buck Danny dans Spirou, Jean-Michel Charlier. Cependant, sous l'impulsion de René Goscinny, qui en devient rédacteur en chef en 1963, Pilote s'adresse progressivement à de grands adolescents et à de jeunes adultes. Dès 1962, Cabu (Jean Cabut, 1938-2015) donne avec Le Grand Duduche une vision sans mièvrerie du monde lycéen. L'année suivante débutent un western à la tonalité adulte, Blueberry, par Jean Giraud (1938-2012) et Jean-Michel Charlier, et le loufoque Achille Talon de Greg (le Belge Michel Regnier, 1931-1999). En 1965, Fred (Fred Othon Aristidès, 1931-2013) propose avec Philémon des aventures oniriques. Dans Valérian (1967) Jean-Claude Mézières et son scénariste Pierre Christin (tous deux nés en 1938) composent des récits de science-fiction marqués par des idées proches de la gauche et de l'écologie.

Philémon, Fred

Philémon, Fred

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En 2013, les éditions Dargaud publient Le train où vont les choses, le seizième et dernier tome de Philémon, dessiné par Fred. Ici, la page numéro 4. 

Crédits : Editions Dargaud

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Gotlib (Marcel Gotlieb, 1934-2016) qui, comme son rédacteur en chef, a été fortement marqué par le magazine satirique américain Mad, fait preuve d'humour absurde dans sa Rubrique-à-brac (1968). À la fin de la décennie, Pilote occupe ainsi une place intermédiaire entre les illustrés pour enfants et les futures publications destinées aux adultes. Les journaux Tintin et Spirou sont déstabilisés, et René Goscinny, profitant de la semi-retraite d'Hergé, est devenu la figure centrale de la bande dessinée francophone. Il alimente en scénarios de nombreux dessinateurs, comme Jean Tabary (1930-2011) pour Iznogoud (1962), le vizir qui veut « devenir calife à la place du calife », et, sur le marché, les albums d'Astérix concurrencent à partir de 1965 ceux de Tintin.

Gotlib

Gotlib

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Créée en 1968 par Gotlib pour le journal Pilote, la Rubrique-à-brac multiplie les personnages qui poussent loin le goût de l'absurde. Dans son coin, la coccinelle n'en pense pas moins. D'abord muette, elle deviendra plus loquace au fil des numéros, se faisant en quelque sorte la porte-parole... 

Crédits : Philippe MATSAS/ Opale/ Leemage

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Une bande dessinée qui s'émancipe

Un autre courant novateur est représenté par la revue Hara-Kiri, lancée en 1960 par François Cavanna et le futur « professeur Choron » (Georges Bernier). Cabu, Jean-Marc Reiser (1941-1983), Georges Wolinski (1934-2015) s'attaquent peu à peu aux tabous, ce qui ne passe pas inaperçu, puisque Hara-Kiri est frappé d'interdiction à trois reprises (en 1961, 1966 et 1970). L'éditeur Eric Losfeld provoque également des remous lorsqu'en 1964 il reprend en album Barbarella, une bande dessinée de science-fiction non exempte d'érotisme que Jean-Claude Forest (1930-1998) avait créée en 1962 dans V Magazine. Cette œuvre – qui aujourd'hui frappe surtout par sa fantaisie et son humour – devient symbolique de la libération des mœurs quand elle est adaptée au cinéma, en 1968, par Roger Vadim avec Jane Fonda dans le rôle titre.

Les bandes dessinées des années 1960 dans le monde

Italie

En Italie comme en France, des évolutions importantes se font jour au cours de cette décennie. À partir de 1962 se répandent des publications de petit format aux héros totalement amoraux (fumetti neri, c'est-à-dire « bandes dessinées noires »). En 1965 la ville de Bordighera accueille le premier festival international de bandes dessinées, et une nouvelle revue, Linus, innove en ne s'adressant qu'à un lectorat adulte. On y trouve notamment les aventures fantasmatiques de Valentina (1965) par Guido Crepax (1933-2003) et des adaptations brillantes de romans de Melville, Poe et Lovecraft par Dino Battaglia (1923-1983). En 1967, dans la revue génoise Sgt. Kirk, Hugo Pratt (1927-1995) publie La Ballade de la mer salée, point de départ de la série Corto Maltese.

Hugo Pratt

Hugo Pratt

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Après avoir vécu douze ans en Argentine, Hugo Pratt revient en Italie et s'installe à Venise en 1962. C'est là qu'il va mener à bien La ballade de la mer salée (1967), qui inaugure la série consacrée à Corto Maltese. 

Crédits : Archivio Cameraphoto Epoche/ Getty Images

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Argentine

Avant de devenir célèbre avec Corto Maltese, Hugo Pratt avait déjà derrière lui une longue carrière, notamment en Argentine, un pays qui depuis le début du xxe siècle était acquis à la bande dessinée. Avec un scénariste exceptionnel, Héctor Oesterheld (1919-1978), qui disparaîtra tragiquement sous la junte militaire, Hugo Pratt avait réalisé le western Sgt. Kirk (1953). Héctor Oesterheld est aussi le scénariste d'Alberto Breccia (1919-1993), un des maîtres du noir et blanc, pour les histoires fantastiques de Mort Cinder (1962), un être immortel. Dans un genre plus léger, l'Argentine connaît un succès international avec Mafalda (1964), petite fille contestataire imaginée par Quino (Joaquin Lavado).

États-Unis

L'élimination des bandes dessinées d'horreur va permettre aux super-héros de dominer à nouveau les comic books. En quelques années, le dessinateur Jack Kirby (Jacob Kurtzberg, 1917-1994) et le scénariste Stan Lee (Stanley Lieber) remodèlent et enrichissent cet univers. En 1961 ils créent les Fantastic Four, quatre super-héros qui veillent sur l'humanité, l'année suivante Stan Lee imagine un homme-araignée, Spider-Man, dessiné par Steve Ditko, et en 1963, à nouveau associé à Jack Kirby, il donne vie aux X-Men, un groupe de mutants aux pouvoirs extraordinaires. En 1969, le dessinateur Frank Frazetta (1928-2010) donne avec Vampirella une version féminine de Dracula. Les années 1956-1969 seront vues a posteriori comme une nouvelle époque bénie pour les comic books, appelée par les spécialistes du genre silver age, un « âge d'argent », en référence à « l'âge d'or » (golden age) de la période 1938-1945.

La seconde partie de la décennie voit aussi l'émergence d'une bande dessinée qui s'inscrit dans un mouvement de contestation de l'idéologie américaine (chanteurs engagés, phénomène hippie, manifestations contre la guerre du Vietnam). Ce refus des valeurs traditionnelles, perceptible déjà au cours des années 1950 dans la revue Mad dirigée par Harvey Kurtzman (1924-1993), anime ces bandes dessinées, dites underground (souterraines) car elles sont produites en marge des structures habituelles d'édition et de diffusion. Les dessinateurs emblématiques de ce courant sont Robert Crumb, créateur de Fritz the Cat (1965), et Gilbert Shelton, qui avec les Freak Brothers (1967) raconte les tribulations de trois hippies surtout préoccupés par l'état de leur réserve de cannabis.

L'évolution de la bande dessinée, dans les années 1960, est bien sûr le reflet de l'évolution de la société : la bande dessinée, véhicule de notre imaginaire, est, probablement plus que bien d'autres moyens d'expression, révélatrice de ce que nous sommes. Ne serait-ce qu'à ce titre, elle devrait intéresser les sociologues d'aujourd'hui et les historiens du futur.

L'évolution de la bande dessinée de 1970 à 2001

L'âge d'or de la bande dessinée francophone (1969-1986)

Pendant une période d'une quinzaine d'années, que l'on peut faire débuter à la création en 1969 de Charlie mensuel, première revue française s'adressant à des adultes, et refermer en 1986, qui marque l'amorce du reflux de la presse spécialisée et le retour au premier plan d'œuvres américaines, la bande dessinée francophone est probablement la plus diverse et la plus créative du monde. La remise en cause de tous les cadres de la pensée qui est l'une des caractéristiques de la France de la fin des années 1960 et du début des années 1970 accélère le développement d'une bande dessinée délivrée des contraintes qui pesaient sur elle. La profession est en effervescence, la production intense, souvent brouillonne. Des auteurs, ivres d'une liberté nouvelle, vont jusqu'à fonder leurs propres revues pour échapper à leurs éditeurs. Les fanzines (petites revues amateurs) prolifèrent, et publient des bandes où la violence, la sexualité, l'engagement politique – et donc le plaisir de bousculer les tabous – tiennent une grande place. À côté de ces publications, souvent éphémères, des mensuels auront une influence durable : Charlie mensuel est suivi de L'Écho des savanes (1972), d'un nouveau Pilote (devenu mensuel en 1974) ; en 1975 naissent Métal hurlant, axé sur la science-fiction, et Fluide glacial, qui pratique un humour corrosif ; en 1978, les éditions Casterman lancent (À suivre), qui se veut « l'irruption sauvage de la bande dessinée dans la littérature ». La plupart des histoires publiées dans ces périodiques sont éditées ensuite en albums, ce qui n'était auparavant réservé qu'à quelques séries à succès.

Cette époque voit aussi la naissance de nombreux festivals (dont, en 1974, celui d'Angoulême), de librairies spécialisées, de revues d'études historiques (les deux plus importantes sont Hop ! et Le Collectionneur de bandes dessinées, fondées respectivement en 1973 et en 1977), et d'un début de reconnaissance officielle. Deux événements parisiens encadrent symboliquement cette période : l'exposition Bande dessinée et figuration narrative qui se tient en 1967 au musée des Arts décoratifs et la rétrospective sur la carrière de Hugo Pratt qui est montée en 1986 au Grand Palais. Enfin, la diversification de la bande dessinée est telle qu'il devient difficile de la considérer comme un bloc : il est clair qu'il n'y a plus une mais des bandes dessinées, qui n'ont parfois pas plus de rapports entre elles qu'un roman d'Albert Camus n'en a avec un roman de Boris Vian, ou un film de Jean Renoir avec un film de Jean-Luc Godard.

Bandes d'humour

L'esprit libertaire de l'époque élargit le concept même de bande dessinée humoristique, qui n'est plus simplement comique : s'y ajoute, selon les cas, la critique sociale, le militantisme idéologique, l'humour noir, l'humour absurde, la dérision des valeurs traditionnelles. Les utopies du temps se retrouvent chez Gébé (Georges Blondeau, 1929-2004), auteur notamment de L'An 01 (1971). Jean-Marc Reiser, lancé par Hara-Kiri, est un provocateur qui remet systématiquement en cause toutes les conventions. Cependant, son humour « bête et méchant » – mais surtout désespéré – n'est pas exempt d'émotions (Gros Dégueulasse, 1982). Claire Bretécher se moque de ce que l'on appellera plus tard la « gauche caviar » dans Les Frustrés (1973). F'Murr (Richard Peyzaret) joue avec l'absurde dans Le Génie des alpages (1973), tribulations d'un troupeau de brebis « philosophiantes ». René Pétillon crée en 1974 le calamiteux détective privé Jack Palmer, qui connaîtra la notoriété un quart de siècle plus tard, grâce à un album politiquement risqué, L'Enquête corse (2000). Christian Binet caricature avec Les Bidochon (1977) la France (très) profonde, et Frank Margerin campe avec Lucien (1979) un loubard au cœur tendre. Le Belge Philippe Geluck distille à partir de 1983 les pensées du Chat. L'humour est franchement intellectuel – voire métaphysique – dans les albums de Daniel Goossens (par ailleurs chercheur en informatique), comme La Vie d'Einstein (1980), et de François Boucq, père du loufoque Jérôme Moucherot (1983), qui travaille par ailleurs à plusieurs reprises avec le romancier américain Jerome Charyn, comme pour La Femme du magicien (1984).

René Pétillon

René Pétillon

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Avec le personnage de Jack Palmer, éternel fauché arborant le feutre mou et le trench-coat des détectives chers à la Série noire, Pétillon crée un personnage qui traverse les milieux les plus divers, où son génie de l'imbroglio fait merveille. Ici, le dessinateur dans le quartier de... 

Crédits : Raphael Gaillarde/ Gamma-Rapho/ Getty Images

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Bandes d'aventures

Comme dans le domaine de la bande dessinée d'humour, les années 1970 voient l'apparition de quelques grands auteurs de séries d'aventures, qui vont dominer la fin du xxe siècle. Philippe Druillet s'impose avec la série de science-fiction Lone Sloane, qu'il avait créée dès 1966 aux éditions Eric Losfeld, et se lance en 1980 dans une version futuriste du roman de Gustave Flaubert Salammbô. Jean Giraud, dessinateur du western Blueberry, commence une carrière parallèle en prenant le pseudonyme de Moebius pour des récits fantastiques (comme la bande muette Arzach, 1975) ou de science-fiction, souvent teintée de mysticisme (John Difool-L'Incal, 1980, sur des scénarios de l'écrivain et cinéaste d'origine chilienne Alejandro Jodorowsky).

Les Suisses Cosey (Bernard Cosandai) et Daniel Ceppi expriment leurs préoccupations tiers-mondistes (dans Jonathan, 1975, pour le premier, et Stéphane Clément, 1977, pour le second). Jacques Tardi donne avec Adèle Blanc-Sec (1976) l'équivalent du roman-feuilleton fantastique en vogue au début du xxe siècle, et révèle dans C'était la guerre des tranchées (1982) son obsession des horreurs de la Première Guerre mondiale. Deux auteurs qui voient en Hugo Pratt leur maître, l'Italien Milo Manara et le Belge Didier Comès, renouvellent le genre : Manara avec Giuseppe Bergman (1978), où l'intrigue est un jeu sur les conventions de la bande dessinée d'aventures, Comès avec Silence (1979), premier volet d'une œuvre qui s'attachera à montrer les rapports que certains initiés peuvent entretenir avec les forces de la nature. La fin de la décennie est marquée par l'émergence de François Bourgeon, qui devient le chef de file de la bande dessinée historique avec Les Passagers du vent (1979), aventures maritimes dont le thème est le trafic d'esclaves au xviiie siècle. Il est suivi dans cette voie par André Juillard qui, avec le scénariste Patrick Cothias, compose avec Les Sept Vies de l'Épervier (1982) et des séries qui en dérivent de vastes fresques qui ont en arrière-plan l'histoire de France, des guerres de religion au règne de Louis XIII.

Les années 1980 n'ajouteront que peu de noms à cette liste. Enki Bilal (originaire de Belgrade) devient le maître de la « politique-fiction » avec La Foire aux immortels en 1980 (première partie de La Trilogie Nikopol), où les dieux égyptiens font irruption dans un Paris du futur, et en 1981 avec Partie de chasse (scénanio de Pierre Christin), vision prémonitoire de la dégénérescence du communisme en Europe de l'Est. Sur des scénarios de Benoît Peeters, le Belge François Schuiten dessine dans le cycle Les Cités obscures (1982) un monde parallèle où l'architecture tient un rôle essentiel. Son compatriote Yslaire (Bernard Hislaire) conte dans Sambre (1985) une histoire romantique qui se déroule pendant la révolution de 1848. Enfin, Jacques Ferrandez commence en 1986 Carnets d'Orient, évocation de la présence française en Algérie, de la colonisation à l'indépendance.

Enki Bilal

Enki Bilal

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Le dessinateur Enki Bilal a fortement marqué, par son graphisme très personnel, la bande dessinée francophone. 

Crédits : Ulf Andersen/  Getty Images

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Bandes juvéniles

Une des conséquences de la libération des mœurs et de la mixité scolaire est la disparition des illustrés réservés aux petites filles. Les nouveaux héros sont donc parfois des héroïnes. Le journal Spirou, par exemple, se féminise en 1970 grâce à deux auteurs belges, François Walthéry et Roger Leloup, qui dessinent respectivement les aventures de l'hôtesse de l'air Natacha et de l'électronicienne japonaise Yoko Tsuno. La loi de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse n'est pas abrogée, mais elle n'est plus appliquée de façon aussi stricte et, paradoxe de cette époque faste, ce sont dans des revues théoriquement pour enfants que sont publiées deux séries considérées aujourd'hui comme parfaitement adultes. C'est en effet dans Pif (nouveau titre adopté en 1969 par Vaillant) que paraît pour la première fois en France Corto Maltese (1970) de Hugo Pratt, même si les jeunes lecteurs lui préfèrent à la fois Rahan (1969), homme préhistorique rationaliste dessiné par André Chéret sur des scénarios de Roger Lécureux, et le gadget hebdomadaire, qui fait parfois vendre le journal à plus d'un million d'exemplaires. Et c'est dans Spirou que naît en 1984 la série d'espionnage XIII, où deux Belges, le dessinateur William Vance (William Van Cutsen) et le scénariste Jean Van Hamme, font évoluer un aventurier amnésique piégé par son passé. Dans Tintin, Van Hamme écrit déjà depuis 1977 pour le dessinateur polonais Grzegorz Rosinski le scénario de Thorgal, un Viking d'origine extra-terrestre. Également écrivain, il a commencé à publier la même année la série de romans Largo Winch, qui a pour cadre le monde de la haute finance, et qu'il adaptera en bandes dessinées avec le dessinateur belge Philippe Francq à partir de 1990.

William Vance

William Vance

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On peut dire qu'il existe deux œuvres parallèles chez William Vance. D'un côté, l'amoureux des récits d'aventures, de Howard Flynn à Ramiro, en passant par Bob Morane ; de l'autre, le créateur de la série XIII, qui sera un des très grands succès de l'édition de bande dessinée. 

Crédits : Michel Krakowski/ Belga/ AFP

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Bandes érotiques

La fin des tabous éditoriaux entraîne la publication de bandes érotiques ou pornographiques. Dans les kiosques, il s'agit principalement des fascicules d'Elvifrance. De 1970 à 1992 cet éditeur, malgré le harcèlement de la commission de censure (qui prononce à son encontre 776 interdictions de mise en vente), publie de nombreux titres, dont le contenu est généralement le fait de dessinateurs italiens anonymes. Certaines séries ont des tirages importants (de l'ordre de 60 000 exemplaires par mois), comme Sam Bot (1973), Salut les bidasses (1975) ou Prolo (1978). Les albums vendus en librairie ont souvent des prétentions esthétiques, et sont parfois l'œuvre de dessinateurs talentueux, qui ont fait leurs preuves dans d'autres domaines, comme Milo Manara (Le Déclic, 1983), Paul Gillon (La Survivante, 1985) ou Daniel Varenne, auteur du récit post-atomique Ardeur (1979), et dont les œuvres érotiques témoignent d'une grande virtuosité graphique, comme Carré noir sur dames blanches (1984).

Les bandes dessinées des années 1970-1990 en Europe et en Amérique

Suède

En Suède se révèle un auteur inclassable, Gunmar Lundkvist, qui crée en 1979 Klas Katt, une bande animalière dont le protagoniste est un chat qui évolue dans un univers absurde et sans espoir, proche de celui mis en scène par Samuel Beckett.

Italie

Contrairement à la France, où les petits formats se raréfient, l'Italie conserve une bande dessinée populaire, présentée dans des fascicules noir et blanc bon marché. Les deux séries les plus célèbres, éditées par Sergio Bonelli, sont Martin Mystère (1982), l'histoire d'un archéologue aventurier, dessinée principalement par Giancarlo Alessandrini sur des scénarios d'Alfredo Castelli, et Dylan Dog (1986), un détective confronté au surnaturel, série pour laquelle se relaient divers dessinateurs sur des textes de Tiziano Sclavi.

L'Italie est aussi le principal pays producteur et exportateur de bandes dessinées érotiques, qui connaissent parfois un succès international, comme Druuna (1985) de Paolo Eleuteri Serpieri ou Les 110 Pilules (1986) de Magnus (Roberto Raviola, 1939-1996). Mais l'œuvre qui provoque le plus de remous est Ranxerox (1978) de Tanino Liberatore, dont le protagoniste est un androïde d'une grande violence. Plus classique, Vittorio Giardino dépeint dans Max Fridman (1982) l'Europe à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Les deux auteurs finalement les plus novateurs sont Massimo Mattioli, influencé par le pop art, et qui donne des parodies irrespectueuses de personnages de dessins animés américains (Squeak the Mouse, 1980), et Lorenzo Mattotti, qui fait régner la couleur dans Feux (1985).

Grande-Bretagne

En Grande-Bretagne, le dernier quart du xxe siècle est dominé par l'hebdomadaire de science-fiction 2000 AD (1977) et sa série principale, Judge Dredd, réalisée par de nombreux dessinateurs sur un scénario généralement écrit par John Wagner : la violence des personnages et la vision sans espoir qu'on y donne de l'avenir procure d'emblée à cette bande un retentissement considérable.

États-Unis

Les super-héros continuent à régner sur les comic books, et bénéficient de dessinateurs talentueux comme Neal Adams, le Canadien d'origine britannique John Byrne, Mike Magnola ou Jim Steranko. L'année 1970 voit la naissance de deux événements qui deviendront annuels : la parution du Comic Book Price Guide de Robert Overstreet, tentative de recensement et de cotation de tous les fascicules parus, et la Convention de San Diego, où les fans peuvent rencontrer les professionnels.

Dans les quotidiens les bandes d'aventures continuent à décliner, mais quelques nouvelles séries d'humour sont de grandes réussites, comme Garfield (1978), un gros chat cynique, par Jim Davis, The Far Side (1979), réflexion sur les rapports entre les hommes et les animaux par Gary Larson, Calvin and Hobbes (1985), un jeune garçon et son tigre, par Bill Watterson, et Dilbert (1989) par Scott Adams, satire du monde de l'entreprise.

La production underground est marquée par les œuvres érotico-fantastiques de Richard Corben comme Rowlf (1971) et Den (1984), et par le début de la publication, en 1980, de Maus, où Art Spiegelman raconte, sous l'apparence d'une bande animalière, à la fois le génocide des Juifs de Pologne et ses relations difficiles avec son père. La parution en volume de la première partie de Maus en 1986 est saluée comme un événement culturel majeur.

Art Spiegelman, Maus

Art Spiegelman, Maus

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Maus d'Art Spiegelman est une bande dessinée animalière et autobiographique qui évoque le génocide des juifs. Case 3, page 33 du volume I, Un survivant raconte. Mon père saigne l'histoire (éd. française 1987, Flammarion), publié en 1986. 

Crédits : 1973, 1980,1982,1983,1984,1985,1986 by Art Spiegelman / Flammarion, 1987, pour l'édtion française

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La même année voit deux tentatives intéressantes pour renouveler le monde des super-héros : dans The Dark Knight Returns, Frank Miller montre un Batman vieilli, doutant du bien-fondé de ses actions ; dans Watchmen (Les Gardiens), deux Britanniques travaillant prioritairement pour les États-Unis, le dessinateur Dave Gibbons et le scénariste Alan Moore, mettent au premier plan non pas les actions des personnages, mais leurs rapports psychologiques complexes.

Argentine

La fin de la carrière d'Alberto Breccia est brillante. Son Perramus (1984), réalisé avec l'écrivain Juan Sasturain est l'itinéraire d'un amnésique perdu dans une dictature. Avec le scénariste Carlos Sampayo, un ancien élève de Breccia, José Muñoz, crée Alack Sinner (1975), un détective privé évoluant dans des bas-fonds new-yorkais qui rappellent plutôt ceux de Buenos Aires.

L'irruption de la bande dessinée japonaise

Caractéristiques

La diffusion en Occident de dessins animés télévisés japonais avait été un signe avant-coureur : à la fin des années 1980 l'Europe et les États-Unis découvrent les bandes dessinées japonaises, ou mangas (le mot, qui aurait été forgé par le peintre Hokusai en 1814 avec le sens d'« images dérisoires », désigne aujourd'hui également les films d'animation). La bande dessinée japonaise est un monde très diversifié, mais les séries qui déferlent alors sur l'Occident s'adressent surtout à des adolescents, et ne sont pas forcément les meilleures, ce qui explique le peu de considération dans lequel la plupart des adultes la tiennent. Mais les adolescents apprécient dans ces œuvres le dynamisme du graphisme et des thèmes proches de leurs préoccupations et de leur sensibilité.

Au Japon même, c'est dès les années 1950 que les mangas sont devenus un phénomène de masse : ils sont alors une distraction bon marché dans un pays encore ruiné par l'effort de guerre. À la fin du xxe siècle, le Japon est le plus gros producteur de bandes dessinées du monde. Les mangas représentent plus du tiers du marché de l'édition. Généralement très longs (parfois plusieurs milliers de pages), ils sont publiés, presque toujours en noir et blanc, dans des hebdomadaires épais (le plus connu est Shōnen Jump, qui tire à environ 2,5 millions d'exemplaires) ou dans des séries d'albums de petit format, appelés tankōbon. Les auteurs, qui doivent fournir parfois plusieurs dizaines de planches par semaine, travaillent souvent avec des collaborateurs. Le déclin de la bande dessinée juvénile est beaucoup moins sensible au Japon qu'en Occident, car un manga qui a du succès est automatiquement adapté en dessin animé télévisé et en film pour le marché de la vidéo : il n'y a donc pas rivalité, mais synergie. Contrairement à une opinion répandue en Occident, les mangas à caractère violent ou érotique sont minoritaires. L'histoire met souvent en scène un personnage, à l'origine banal, qui va subir un apprentissage, un parcours initiatique, et connaître des angoisses, parfois typiques de la culture poétique et religieuse japonaise (instabilité de l'Univers, menace de monstres et de cataclysmes, pertes d'identité des personnages, sentiment que toute réalité n'est que transitoire). Les rapports psychologiques entre les protagonistes forment un élément essentiel de l'intrigue. Quant au dessin, il est au service du récit : il doit faciliter la lecture, et non pas risquer de la ralentir, d'où, dans de nombreux cas, sa simplicité apparente.

Panorama historique

Les fondateurs

La bande dessinée japonaise existait bien avant sa découverte par l'Occident. C'est en 1914 que l'éditeur Kodansha fonde son premier illustré pour la jeunesse, et en 1923 apparaissent des phylactères dans Shō-Chan No Bōken de Katsuichi Kabashima (1888-1965), histoire merveilleuse d'un petit garçon qui visite des mondes parallèles en compagnie de son écureuil.

Le premier manga célèbre est Norakuro (1931), un chien d'une bande animalière créée par Suihō Tagawa (de son vrai nom Nakataro Takamizawa, 1889-1989). Mais la bande dessinée telle qu'elle existe aujourd'hui est fondée dans les années 1950 par Osamu Tezuka (1926-1989). Son œuvre est immense, et toujours teintée d'humanisme, d'Astro Boy (1951), un robot du futur, capable d'émotions, à L'Histoire des trois Adolf (1983), sur la Seconde Guerre mondiale, en passant par Phénix l'oiseau de feu (1967), où il montre un monde gouverné par des machines, et Bouddha (1972), biographie de quelque 3 000 pages. Osamu Tezuka ouvre la voie à des œuvres au climat très sombre, comme en 1970 Kozure Okami (Loup solitaire) du dessinateur Ḡoseki Kojima (1928-2000) et du scénariste Kazuo Koike, fresque tourmentée sur le Japon féodal, et en 1972 Gen, où l'auteur, Keiji Nakazawa (1939-2012), par ailleurs romancier, raconte l'explosion atomique d'Hiroshima, à laquelle il a assisté enfant.

Trois autres créateurs ont joué un rôle essentiel dans l'émergence d'une bande dessinée adulte : Shigeru Mizuki, auteur en 1959 de Kitaro le Repoussant, jeune héros qui s'efforce de régler les problèmes entre humains et esprits, et en 1992 de NonNonBā, histoire en partie autobiographique d'un petit garçon et d'une vieille dame mystique, dans la campagne japonaise des années 1930 ; Yoshihiro Tatsumi (1935-2015), qui inventa en 1957 le terme – aujourd'hui courant – de gegika (« images dramatiques ») pour ses propres œuvres, dans lesquelles il met souvent en scène des personnages névrotiques, perdus dans des mégalopoles (Blizzard noir, 1956) ; Yoshiro Tsuge, qui influença toute une génération, d'abord avec Système vissé (1968), récit cauchemardesque d'un adolescent blessé par une méduse, puis avec L'Homme sans talent (1985), histoire prosaïque et intimiste.

Les principaux mangas de 1980 à 2001

Les années 1980 et 1990 sont marquées par une profusion de mangas pour adolescents, qui pour la plupart relèvent soit de l'anticipation, soit du fantastique, soit de l'histoire sentimentale, certains pouvant appartenir en partie à deux de ces catégories, voire aux trois.

Dans le domaine de la science-fiction, les grands succès sont Akira (1982), jeune seigneur de la guerre dans une mégalopole dévastée par un conflit nucléaire, de Katsuhirō Otomo, Ghost in the Shell (1991), où Masamune Shirow pose le problème de la frontière entre le réel et le virtuel, et Blame ! (1999) de Tsutomu Nihei, récit violent et quasi muet sur un univers souterrain cauchemardesque.

Dans le genre fantastique se détachent Nausicaä, qui a pour cadre une forêt toxique (1982), manga créé par le futur auteur de films d'animation Hayao Miyazaki, Dragon Ball (1984) d'Akira Toriyama, longue quête de boules de cristal magiques, Saint Seiya-Les Chevaliers du Zodiaque (1986) de Masami Kurumada, transposition de mythes grecs, et Please Save my Earth (1987) de Saki Hiwatari, où les personnages prennent conscience de leurs vies antérieures.

Tout en exploitant la veine fantastique, des auteurs, généralement des dessinatrices, s'adressent prioritairement aux adolescentes à travers des intrigues où les sentiments des personnages – et parfois leurs relations amoureuses, plus ou moins avouées – ont une grande place. C'est le cas de Sailor Moon (1992) de Naoko Takeuchi, dont les héroïnes s'inspirent de la mythologie gréco-romaine, d'Angel Sanctuary (1994) de Kaori Yuki, conflit de pouvoirs entre anges et démons, de X (1996) du studio Clamp (dirigé par Nanase Ōkawa), combat entre deux conceptions opposées de l'avenir de la Terre, et d'Ayashi no Cérès (1996) où Yuu Watase raconte l'histoire d'une lycéenne qui découvre qu'elle descend d'une nymphe céleste. La bande dessinée pour filles (shōjo manga) a aussi un auteur masculin à succès, Masakazu Katsura, qui présente les méandres des amours adolescentes dans Video Girl Aï (1989) et I »s (1997). Échappent à ces catégories Tsukasa Hōjō, auteur de la comédie policière City Hunter (1985) et de Family Compo (1996), récit humoristique sur une famille de travestis, Masashi Tanaka, dont la bande muette Gon (1992) met en scène un bébé dinosaure, et Taiyō Matsumoto, qui dans Amer béton (1993) montre deux orphelins errant dans la jungle d'une cité moderne. La fin du siècle a vu le triomphe de Naoki Urasawa, notamment avec la série Monster (1995), dont le protagoniste est un tueur démoniaque.

Enfin, la bande dessinée adulte est dominée par un mangaka (dessinateur de manga) exceptionnel, Jirō Taniguchi (1947-2017), auteur notamment de L'Homme qui marche (1992), déambulation d'un héros contemplatif, et du Journal de mon père (1995), histoire d'un homme qui à l'occasion de la mort de son père se remémore son enfance, finit par comprendre ses parents, et par abandonner ses griefs à leur égard – une œuvre à la fois très japonaise et universelle.

L’Homme qui marche, Taniguchi Jirō

L’Homme qui marche, Taniguchi Jirō

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Dès L'Homme qui marche, Taniguchi introduit une tonalité insolite dans l'univers du manga. La contemplation y joue un rôle essentiel.  

Crédits : L'Homme qui marche, Jirô Taniguchi 1992-2015/ BCF-Tokyo

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La bande dessinée francophone de la fin du XXe siècle

Un environnement différent

Alors que, aux États-Unis, l'année 1986 est celle d'un renouveau, elle marque en France le début d'une période d'incertitudes, symbolisée par la cessation de parution du magazine Charlie mensuel, qui avait été en 1969 la première publication adulte. Lors des dix années suivantes, la plupart des revues de bandes dessinées s'arrêtent, faute de lecteurs : c'est par exemple le cas de Métal hurlant (1987), Pilote (1989), Tintin (1989) et son successeur Hello Bédé (1993), Pif (1994) et d'(À suivre) (1997). Les seules créations notables sont 9e art, revue annuelle du musée de la Bande dessinée d'Angoulême (1996), et le mensuel BoDoï (1997). Les survivants sont peu nombreux (Le Journal de Mickey, Spirou, Fluide glacial sont les principaux). Les fascicules de petit format disparaissent presque totalement des kiosques (Rodéo, mensuel des éditions Semic, ex-Lug, fête cependant en 2001 son cinquantième anniversaire). La grande presse ne publie plus guère de bandes dessinées, sauf l'été, en feuilleton. Par contre, la production d'albums devient pléthorique (plus de mille titres par an, la majorité ne se vendant qu'à quelques milliers d'exemplaires).

À la suite de problèmes de gestion, les principaux éditeurs se résolvent à être absorbés par des groupes financiers internationaux : en 1985, les éditions Dupuis sont achetées par la banque Bruxelles-Lambert, Dargaud et Le Lombard entrent en 1988 dans le giron de Média-Participations, lui-même dépendant d'associations familiales néerlandaises ; en 1999, Casterman est vendu à Flammarion, qui l'année suivante passe aux mains de la société italienne Rizzoli. Malgré l'inauguration de Centres nationaux de la bande dessinée à Bruxelles (1989) et à Angoulême (1990), et la tenue d'une exposition de planches originales à la Bibliothèque nationale de France (2000), la culture officielle continue à considérer la bande dessinée comme une activité marginale. L'histoire du « neuvième art » ne reste connue que de spécialistes, ses grands classiques sont rarement disponibles, son actualité, à l'exception de la période du festival d'Angoulême (dernière semaine de janvier), n'est que rarement traitée dans les grands médias (presse, radio, télévision).

Au début du xxie siècle, il existe bien sur Internet plus de 10 000 sites consacrés à la bande dessinée mais, outre que l'information n'y est pas toujours fiable, ils ne donnent généralement que des vues parcellaires, peu utilisables par le grand public. La fin du xxe siècle a vu aussi le développement d'un marché spéculatif de planches originales et d'éditions rares. En 2001 un exemplaire (proche de l'état neuf) de l'édition originale de Tintin au pays des Soviets est adjugé 160 000 francs (24 392 euros) et une planche du Nid des Marsupilamis de Franquin 980 000 francs (149 400 euros). Cette période n'est finalement pas tant marquée par un déclin qualitatif que par une réorganisation de la profession. Soucieux de satisfaire leurs actionnaires, les grands éditeurs désirent surtout publier des séries (interminables si possible) destinées à un vaste lectorat. Les auteurs débutants ou à la production moins convenue doivent souvent avoir recours à de petits éditeurs, au risque de voir leur œuvre, mal diffusée, passer inaperçue. La production est donc écartelée entre une « BD grand public », peu ambitieuse, répétitive, et une « BD d'auteur », peu accessible et fière de sa spécificité. Rares sont les auteurs, comme jadis Hergé, qui savent marier qualité et popularité.

Une nouvelle génération d'auteurs

Deux séries ont particulièrement séduit les adolescents de la fin du siècle : Titeuf (1992) par Zep (le Suisse Philippe Chapuis), facéties d'un gamin très en phase avec son époque, et Lanfeust de Troy (1994) par le dessinateur Didier Tarquin et le scénariste Scotch Arleston (Christophe Pelinq), aventures héroïco-fantastiques non dénuées d'humour. Dans la bande dessinée adulte, de nombreux auteurs ont émergé. À partir de 1990, Philippe Dupuy et Charles Berbérian mettent en scène les histoires drôles et tendres de Monsieur Jean. Baru (Hervé Baruela) publie (d'abord au Japon, en 1994) L'Autoroute du Soleil, longue errance de deux loubards. Edmond Baudoin est le pionnier en France du genre autobiographique avec Couma Aco (1991) ou Le Voyage (1996). Florence Cestac campe avec humour la femme abandonnée dans Le Démon de midi (1996).

D'autres auteurs se lancent dans des adaptations inattendues, comme Pascal Rabaté, avec le roman d'Alexis Tolstoï Ibicus (1998), et Stéphane Heuet, avec À la recherche du temps perdu de Marcel Proust (1999). Blutch (Christian Hincker) crée Blotch (1998), une série où il fait la satire de la presse de l'entre-deux-guerres.

Une bande dessinée qui cherche à élargir ses possibilités et à se dégager du conformisme des grands éditeurs se développe au sein de L'Association, une maison d'édition fondée en 1990, et animée par Jean-Christophe Menu. Les principaux auteurs qui s'y révèlent sont Lewis Trondheim (Laurent Chabosy), père de Lapinot (1992), un lapin très intellectuel, David B. (Pierre-François Beauchard), qui entreprend en 1996 L'Ascension du haut mal, où il raconte les difficultés de son enfance marquée par l'épilepsie de son frère, enfin Emmanuel Guibert qui rapporte les souvenirs d'un soldat américain dans La Guerre d'Alan (2000), s'associe à David B. pour Le Capitaine écarlate (2000), d'après une nouvelle de l'écrivain symboliste Marcel Schwob, et à Joann Sfar pour Les Olives noires (2001), récit de l'itinéraire intellectuel et spirituel d'un jeune garçon juif dans la Palestine occupée par l'armée romaine. Scénariste le plus prolifique de sa génération, Joann Sfar est parfois scénariste et dessinateur, comme dans Les Dossiers du professeur Bell (1998), aventures d'un chirurgien occultiste, ou dans Pascin (2000), interprétation très libre de la vie du peintre.

Parmi les œuvres à caractère autobiographique éditées par L'Association, l'une est particulièrement frappante : Persépolis (2000) de l'Iranienne en exil Marjane Satrapi qui se souvient de son enfance, à l'époque de la révolution islamique.

En dehors de L'Association, d'autres auteurs livrent des œuvres graves : Enki Bilal revient au premier plan avec le récit d'anticipation Le Sommeil du monstre (1998), premier volet d'une tétralogie inspirée par les guerres de Yougoslavie, Jean-Pierre Gibrat évoque un petit village français sous l'occupation allemande dans Le Sursis (1999) et le Belge Jean-Philippe Stassen dénonce le génocide du Rwanda dans Déogratias (2000).

Les bandes dessinées en Europe, en Océanie et en Amérique de 1990 à 2001

Grande-Bretagne

Dans la dernière décennie du xxe siècle, la bande dessinée anglaise s'enrichit de quatre œuvres profondément originales. Peter Blegvad (originaire des États-Unis) joue avec les codes graphiques dans Leviathan (1991), aventures fantasmatiques d'un bébé, souvent accompagné d'un chat. L'Histoire d'un vilain rat (1995) par Bryan Talbot a pour thème l'inceste. L'illustrateur Raymond Briggs rend un hommage ému à ses parents et, au-delà, à la classe ouvrière britannique dans Ethel & Ernest (1998).Gemma Bovery (1999) par Posy Simmonds est une fiction pleine d'humour sur les mœurs contemporaines, avec évidemment des clins d'œil au Madame Bovary de Gustave Flaubert.

Italie

Peu d'auteurs nouveaux se révèlent en Italie, mais Francesco Altan, connu depuis 1978 pour sa série Ada, dans laquelle il détournait les stéréotypes du roman d'aventures, confirme son talent original avec Trino (2001, début de la publication en 1974), nouvelle interprétation de la Genèse (Dieu n'était pas libre, il avait un supérieur hiérarchique préoccupé de rentabilité, d'où les dysfonctionnements de l'Univers).

Espagne

La bande dessinée espagnole de la fin du xxe siècle est dominée par Miguelanxo Prado. Son Trait de craie (1992), qui se veut dans l'esprit de Borges et de Bioy Casares, est un jeu entre l'auteur, le narrateur et le lecteur.

Océanie

Depuis le début du xxe siècle, la bande dessinée était pratiquée en Océanie. L'Australie avait d'ailleurs eu deux grands auteurs : Jim Bancks (1889-1952), créateur en 1921 de Ginger Meggs (espiègleries d'une bande de gosses turbulents), et John Dixon, qui avait lancé en 1959 Air Hawk and the Flying Doctors (aventures de pilotes d'avion médecins). En 1998, le Néo-Zélandais Dylan Horrocks publie un album remarqué, Hicksville, qui a pour thème les relations passionnelles que l'on peut entretenir avec la bande dessinée.

Argentine

Horacio Altuna dessine des séries érotiques situées dans un monde futuriste en décomposition. Il travaille parfois avec le scénariste Carlos Trillo (1943-2011), qui par ailleurs collabore avec divers dessinateurs pour des œuvres où s'exprime une critique virulente de la société, comme Cybersix (1992), dessinée par Carlos Meglia.

États-Unis

Déclin du « comic book » et développement du « roman graphique »

L'industrie du comic book connaît quelques réussites. En 1989, le scénariste britannique Neil Gaiman redonne vie à The Sandman, un super-héros né cinquante ans plus tôt. En 1992, la pseudo-mort de Superman (il ressuscitera un an plus tard) crée un certain émoi chez les fans. La même année débute Spawn, une série violente sur un soldat de l'Enfer dessinée avec virtuosité par Todd McFarlane. En 1995, le dessinateur Marc Silvestri et le scénariste David Wohl créent Witchblade, une arme vivante (un gant magique qui s'étend sur le corps de la personne qui l'utilise, en l'occurrence une jeune femme de la police, par ailleurs peu vêtue). Néanmoins, le déclin s'accentue. La vente du mensuel le plus populaire, X-Men, passe de 500 000 exemplaires par numéro en 1993 à 150 000 exemplaires en 1999, et en 1996 le groupe Marvel Comics est même déclaré en faillite. Tournant le dos aux recettes commerciales, des artistes se lancent dans des œuvres plus difficiles, que l'on appelle graphic novels (« romans graphiques »), et qui rencontrent aux États-Unis et en Europe un succès d'estime. Alan Moore, scénariste anglais reconnu depuis Watchmen, s'associe à un compatriote émigré en Australie, Eddie Campbell, pour travailler pendant neuf ans (1989-1998) à From Hell, interprétation des crimes de Jack l'Éventreur et réflexion sur la violence contemporaine. Joe Sacco (originaire de Malte) est « reporter dessinateur » dans Palestine (1993) et dans Gorazde (2000). Daniel Clowes compose avec Ghost World (1993) une « BD-vérité » sur la vie morne de deux adolescentes. Chris Ware publie à partir de 1993 une suite de fascicules, intitulée The Acme Novelty Library où il met en scène des personnages satiriques et loufoques, notamment Jimmy Corrigan, qui a pour thème les inhibitions d'un homme à la recherche de son passé. Charles Burns renouvelle dans Black Hole (1995) la bande dessinée d'horreur en imaginant un virus sexuellement transmissible qui provoque des mutations physiques. Enfin, Ben Katchor, entre réalité et fiction, dépeint dans Le Juif de New York (1999) une communauté juive new-yorkaise des années 1830.

Gaza 1956. En marge de l'histoire, J. Sacco

Gaza 1956. En marge de l'histoire, J. Sacco

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Joe Sacco montre les plaies jamais refermées de l'Histoire en collectant des témoignages qui nourrissent la trame de ses ouvrages, mêlant approche journalistique, évocation narrative et maîtrise de dessin. Ici, une planche tirée de Gaza 1956. En marge de l'histoire

Crédits : J. Sacco/ Futuropolis, 2010

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Retour sur les origines

En 1996, la bande dessinée américaine se penche sur son passé à l'occasion des festivités qui célèbrent le centenaire du Yellow Kid d'Outcault, considéré souvent comme la première bande dessinée au monde. De nombreux spécialistes européens, mais aussi américains, affirment au contraire que le véritable inventeur de la bande dessinée a été, en 1833, et malgré l'absence de ballons dans ses œuvres, le Suisse Töpffer. Mais l'année 1894 a aussi ses partisans : on sait désormais que c'est le 2 juin 1894 qu'a été publié dans l'hebdomadaire Truth le premier dessin à légende d'Outcault de Hogan's Alley, série qui est le point de départ de son Yellow Kid. Les chercheurs étudient des histoires en images comme The Brownies, des lutins créés en 1881 dans Wide Awake par Palmer Cox (1840-1924), The Little Bears, oursons dessinés à partir de 1892 dans le San Francisco Examiner par James Swinnerton (1875-1974), ou The Ting-Ling Kids, des gamins chinois apparus en 1894 dans The Chicago Inter-Ocean sous le crayon de Charles Saalburg.

Dans les dernières années du xxe siècle, la bande dessinée s'est beaucoup préoccupée de ses origines, ce qui est peut-être le signe qu'elle était devenue adulte.

Le début du XXIe siècle

La découverte de la bande dessinée coréenne

Un phénomène inattendu, comparable à celui de l'irruption de la bande dessinée japonaise en Europe et en Amérique dans les années 1990, a marqué le début du xxie siècle : la découverte de la bande dessinée originaire de Corée du Sud, d'un accès facile pour les Occidentaux (contrairement au manga japonais, le sens de lecture du manhwa coréen est de gauche à droite), et aux graphismes très divers.

L'histoire des premiers temps de la bande dessinée coréenne, que fit naître en 1909 Lee Do-young (1884-1933) dans le journal Daehan Minbo, est encore mal connue. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, des séries enfantines ont beaucoup de succès, mais apparaissent également des œuvres destinées à des adultes, généralement marquées par l'histoire, souvent tragique, de la Corée. Le pionnier en est Kim Yong-hwan (1912-1998), qui traite de la guerre entre le Nord et le Sud dans Le Soldat Todori, suivi de Kim Seong-hwan, qui introduit la bande quotidienne dans la presse de Corée du Sud avec une série comique mais aussi satirique, Gobau (1955). Dans Le Bandit généreux (1991), Lee Doo-ho adapte un roman de Hong Myeong-hee sur un « bandit d'honneur » du xvie siècle. De la génération née dans les années 1950 se détachent au moins quatre noms : Kim Dong-hwa est le chantre de la vie rurale dans Histoire couleur terre (1996), sur la vie d'une jeune veuve et de sa fille qui devient adulte, puis dans La Bicyclette rouge (2002) ; Lee Hee-jae s'inscrit dans un courant de réalisme social avec Vedette (1986), puis Le Chagrin dans le ciel (1990), d'après le journal intime de Lee Youn-bok ; Lee Hyun-se connaît des ennuis avec la justice en raison de la violence de sa Mythologie des cieux (1997) ; Oh Se-young présente différentes facettes de la Corée du Sud dans Feux (1988). La génération suivante se montrera aussi libre que les auteurs occidentaux, comme en témoignent Park Kun-woong, qui donne dans Fleur (2002) puis dans Massacre au pont de Nogunri (2006) une vision terrifiante de l'histoire de la Corée au xxe siècle, et Hyung Min-woo, dont le long récit Priest (1998) s'inspire à la fois du western et du roman gothique.

France : les évolutions du marché

Les évolutions du marché de la bande dessinée, qui étaient perceptibles dès les années 1990, se sont confirmées. De grands groupes éditoriaux se sont consolidés, comme Média-Participations qui, déjà propriétaire des éditions Dargaud et des éditions du Lombard, a acquis en 2004 les éditions Dupuis, contrôlant ainsi 40 p. 100 du marché français. En 2008, Hachette a obtenu le contrôle des éditions Albert-René (c'est-à-dire des albums d'Astérix) et en 2011, Delcourt celui des éditions Soleil. En 2010, Glénat devenait l'éditeur pour la France des albums avec les personnages, comme Mickey ou Donald, appartenant à The Walt Disney Company. Quant à Casterman, filiale de Flammarion, il a été vendu en 2012 par Rizzoli-Corriere della Sera MediaGroup aux éditions Gallimard. À côté de ces géants sont apparues de nombreuses petites maisons d'édition, dites « indépendantes » ou « alternatives », à l'existence fragile (les auteurs qui s'y révèlent cédant souvent ensuite aux offres d'éditeurs mieux établis). Même L'Association connut une période périlleuse quand son inspirateur, Jean-Christophe Menu, à la suite de dissensions internes, la quitta brutalement en 2011 pour fonder L'Apocalypse.

La production d'albums est au-delà du raisonnable (le cap des quatre mille nouveautés a été franchi en 2012), mais la vente totale stagne depuis 2007 aux environs de 37 millions d'exemplaires vendus annuellement. Le lectorat est morcelé, les adolescents lisent surtout des récits d'heroic fantasy ou des séries japonaises, comme Naruto (1999) de Masashi Kishimoto. Les bandes dessinées asiatiques représentent désormais environ 40 p. 100 des nouveautés et un tiers des ventes. Les albums règnent pour ainsi dire sans partage. Les derniers « petits formats » importants se sont arrêtés (Rodéo et Kiwi en 2003, Akim en 2004). Une ultime série de Pif-Gadget (2004-2008) n'a pas su s'imposer ; après deux ans d'interruption L'Écho des savanes a repris sa parution en 2008. Les revues d'études ou d'actualité sur la bande dessinée sont à la peine : concurrencé par dBD (2006), BoDoï a disparu en 2008 (mais ses responsables ont lancé la même année Casemate). Le Collectionneur de bandes dessinées a cessé sa parution en 2008 et Neuvième Art en 2009, cette revue survit cependant avec une version en ligne, Neuvième Art 2.0. Les sites Internet les plus visités sont Actua BD, BDZoom et BD Gest'.

Les manifestations autour de la bande dessinée se sont multipliées, le festival international de la bande dessinée d'Angoulême, fin janvier, demeurant le principal rendez-vous des professionnels et des amateurs. Il a peu à peu transformé la ville en donnant indirectement naissance à des organismes permanents (avec lesquels il entretient souvent des relations de rivalité), comme le pôle image Magelis, qui est un centre important de production d'images animées, ou la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image (qui comprend notamment le musée de la Bande dessinée). L'autre manifestation de masse (environ deux cent mille visiteurs, comme pour Angoulême) est Japan Expo (fondée en 1999), qui réunit début juillet, au parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte, tous ceux qui s'intéressent, non seulement aux mangas, mais aussi à la culture populaire japonaise en général.

Quelques auteurs de bande dessinée sont cotés sur le marché de l'art et leurs œuvres peuvent atteindre des prix très élevés, le record étant détenu par la gouache de couverture de l'édition originale de l'album d'Hergé Tintin en Amérique, vendue 1,3 million d'euros aux enchères en 2012.

La bande dessinée francophone

Depuis 2001, quelques œuvres fortes se sont imposées, parvenant parfois à toucher un public par ailleurs réticent à l'égard de la bande dessinée. La vague autobiographique, caractéristique des années 1990, a été suivie par un retour des adaptations littéraires et des biographies, et par l'essor des reportages en bande dessinée. Joann Sfar a acquis une grande notoriété grâce à la série Le Chat du rabbin (cinq volumes, 2002-2006), qui abonde en dialogues philosophiques. Manu Larcenet dresse un tableau doux et amer de la société française dans Le Combat ordinaire (2003). Emmanuel Guibert mêle ses dessins aux photos prises par Didier Lefèvre (1957-2007) dans l'Afghanistan sous occupation soviétique dans Le Photographe (2003). Étienne Davodeau raconte avec pudeur et émotion l'itinéraire de ses parents, entre catholicisme et militantisme syndical, à travers Les Mauvaises Gens (2005). Clément Oubrerie se fait connaître avec la série Aya de Yopougon (scénario de Marguerite Abouet, 2005), chronique tendre de la vie d'une jeune Africaine de Côte d'Ivoire, adapte Zazie dans le métro de Raymond Queneau (2008) puis, avec Julie Birmant, retrace la vie de Picasso (Pablo, 2012). Pénélope Bagieu met en scène avec humour les préoccupations des jeunes femmes de sa génération (Joséphine, 2008 ; Cadavres exquis, 2010). Marc-Antoine Mathieu joue et se joue en virtuose des codes de la bande dessinée, comme dans 3'' (2011), un album où l'action dure trois secondes, et dont le fil conducteur est le trajet d'un photon. Bastien Vivès est la révélation du début des années 2010 avec Polina (2011), sur la formation d'une danseuse étoile.

Dans le monde

Dans La Ronde (2012), l'Allemande Birgit Weyhe, s'inspirant de la pièce de même titre d'Arthur Schnitzler, bâtit sa narration sur une médaille de baptême qui passe de mains en mains. Rosemary « Posy » Simmonds confirme sa vision à la fois satirique et humoristique de la société britannique avec Tamara Drewe (sorti en 2007 après avoir été, comme Gemma Bovery, prépublié en livraisons hebdomadaires dans The Guardian), variation sur le roman de Thomas Hardy Loin de la foule déchaînée. Au Canada, Dave Sim achève en 2004 Cerebus, une saga commencée en 1977 où sur près de six mille pages il raconte la vie fantastique d'un guerrier barbare à l'allure d'oryctérope. Après Joe Sacco, le Québécois Guy Delisle devient à son tour un maître du reportage en bandes dessinées avec Chroniques de Jérusalem (2011). Aux États-Unis, Chris Ware démontre à nouveau son goût pour la déconstruction de la bande dessinée traditionnelle : Building Stories (2012) se compose de quatorze fascicules de tailles diverses réunis dans un coffret, et a pour thème la vie des habitants d'un immeuble de Chicago. Son compatriote Jason Shiga, mathématicien de formation, crée avec Vanille ou chocolat ? (titre original Meanwhile, 2010) un album où, grâce à un système d'onglets qui permet de parcourir l'album de différentes façons (un peu à la manière des Cent Mille Milliards de poèmes de Queneau), le lecteur a le choix entre trois mille huit cent cinquante-six scénarios différents, dont il peut également faire l'expérience via le site de l'auteur.

Dans un registre moins expérimental, la bande dessinée américaine a vu le triomphe de The Walking Dead (2003) : la série, écrite par Robert Kirkman et dessinée par Tony Moore puis par le Britannique Charlie Adlard, met en scène une petite communauté menacée par des morts-vivants. Au Japon, le scénariste Tsugami Ōba et le dessinateur Takeshi Obata créent en 2003 Death Note, sur un lycéen qui a le pouvoir de tuer qui il veut en écrivant son nom dans un cahier qui a appartenu à un dieu de la Mort. Dans Thermae Romae (2008), leur consœur Mari Yamazaki baigne également dans le fantastique en mettant en relation le monde de l’empereur Hadrien et celui du Japon contemporain par le biais d’un architecte de thermes romains que des piscines peuvent faire passer d’une époque à l’autre.

Bande dessinée et cinéma

L'adaptation de bandes dessinées au cinéma, que ce soit en film avec acteurs ou en dessins animés, est fort ancienne. En France, par exemple, Émile Cohl réalisa en 1917-1918 cinq films d'animation sur les Pieds-Nickelés, et Bécassine, interprétée par Paulette Dubost, fut portée à l'écran par Pierre Caron et René Pujol en 1940. Aux États-Unis, Winsor McCay adapta dès 1911 en dessin animé son Little Nemo, et dans les années 1930 de nombreux films d'aventures reprirent des personnages de bande dessinée, comme Flash Gordon, joué à partir de 1936 par le champion olympique de natation « Buster » Crabbe.

Alors que ces adaptations étaient plutôt ressenties par le monde de la bande dessinée comme des consécrations, depuis les années 2000, le phénomène est fondamentalement différent : en France, au Japon, aux États-Unis, le cinéma grand public, apparemment en manque de scénarios, s'est mis à adapter systématiquement tous les grands succès de la bande dessinée contemporaine, pour le grand écran ou pour la télévision, sous forme de film avec acteurs ou de dessin animé : Tintin en motion capture (2011) par Steven Spielberg et Peter Jackson, Tamara Drewe (2010) par Stephen Frears, adaptations d'Astérix, films et séries télévisées de XIII et de Largo Winch... Des auteurs comme Marjane Satrapi (Persepolis) et Joann Sfar (Le Chat du rabbin) ont eux-mêmes prolongé leur œuvre par un film d'animation, respectivement en 2007 et 2011.

Aux États-Unis, les films qui rapportent le plus d'argent sont souvent ceux qui mettent en scène des super-héros, comme Superman, Spider-Man ou Batman. Ce filon, qui s'est développé progressivement, et surtout à partir du succès de la série télévisée Wonder Woman (1975-1979), avec Lynda Carter, et des quatre films de Superman (1978-1987) avec Christopher Reeve, a fini par devenir un genre hollywoodien à part entière. Batman, en particulier, a été beaucoup adapté (quatre films réalisés par Tim Burton de 1989 à 1997, puis trois par Christopher Nolan de 2005 à 2012). En Corée du Sud, le plus gros succès de 2012 à la télévision a été la transposition de la bande dessinée japonaise City Hunter.

Une adaptation qui a du succès peut amener à la bande dessinée qui en est à l'origine de nouveaux lecteurs, ce qui fut notamment le cas avec la série télévisée de Frank Darabont, The Walking Dead. Le cinéma et la bande dessinée, dans leurs productions destinées à un grand public, sont de plus en plus souvent en synergie, et il est symptomatique que les deux plus grands éditeurs de comics, D.C. et Marvel, soient devenus des filiales de, respectivement, Warner Bros (en 1971) et The Walt Disney Company (en 2009).

L'essor de la bande dessinée numérique

La bande dessinée n'a bien sûr pas échappé à la révolution numérique du début du xxie siècle. Avec le concours des éditeurs, des dizaines de milliers d'œuvres, à l'origine sur support papier, ont été numérisées et peuvent être téléchargées par l'intermédiaire de sites tels que, pour la France, Numilog ou Izneo. Aux États-Unis, ComiXology domine le marché de la bande dessinée téléchargeable. Le pays le plus avancé dans ce domaine est la Corée du Sud, où deux portails numériques, Naver et Daum, ont non seulement rendu banal la lecture de la bande dessinée sur écran, mais offrent aussi la possibilité (grâce au service dit webtoon) d'héberger des œuvres créées spécialement pour le numérique. En France, le développement de la numérisation ne va pas sans remous, les auteurs s'inquiétant pour leurs droits. Cette précarisation de leur statut, accentuée par la disparition de la quasi-totalité des journaux de bande dessinée – qui permettaient aux débutants de se faire connaître – et par la surproduction – qui a réduit à quelques semaines la présence de la plupart des nouveaux albums dans les librairies –, a incité de nombreux jeunes auteurs à mettre leurs œuvres sur leur blog (Boulet – Gilles Roussel pour l'état civil – en fut l'un des pionniers), ou à se regrouper pour fonder des revues consultables sur Internet (comme BD Nag, destinée aux enfants, fondée en 2012). Depuis 2005 se tient à Paris, fin septembre, le « Festiblog », un festival où les lecteurs de blogs de bande dessinée peuvent rencontrer les auteurs.

Perspectives

La bande dessinée a été l'un des moyens d'expression artistique caractéristiques du xxe siècle. Sa lecture fut aussi une occupation essentielle des enfants des pays occidentaux, en un temps où les images étaient relativement rares. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, car elle est concurrencée par la télévision, les jeux vidéo, Internet, les livres avec des QR codes (les flashcodes décryptés par un téléphone portable permettent d'accéder à des contenus complémentaires), comme Samedi soir, dimanche matin (2012) de Ninon et Jérôme d'Aviau. Comme la plupart des adultes qui s'intéressent à la bande dessinée sont ceux qui en ont beaucoup lu dans leur jeunesse, son avenir n'est pas assuré. On peut néanmoins penser qu'elle subsistera, car elle a précisément l'avantage sur ses rivaux de ne pas être intrinsèquement immatérielle, mais de pouvoir être aussi, grâce au support papier, un objet que l'on peut aimer posséder et conserver. Elle devra cependant s'habituer à ne plus être qu'une manière particulière – voire marginale – de mêler le texte et l'image. Mais, près de deux cents ans après les « histoires en estampes » de Rodolphe Töpffer, elle continue, tant dans le fond que dans la forme, à se diversifier, à innover, à être un média – et parfois un art – plus vivant que beaucoup d'autres : elle est loin d'avoir dit sa dernière bulle.

—  Dominique PETITFAUX

BIBLIOGRAPHIE

Les références sont celles de l'édition la plus récente ; quand deux dates sont attribuées à un ouvrage, la première est celle de l'édition originale.

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  •  • 17 832 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Naissance du cinéma d'animation »  : […] Dès 1905, Segundo de Chomon utilise le film et une caméra à manivelle (qui ne permet pas encore d'isoler des images uniques) en animant des lettres et des motifs dessinés par groupes de trois à huit images. L’art de l’animation ne naîtra qu’à partir du moment où l’on pourra filmer image par image, en un seul tour de manivelle (le fameux «  one tur […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cinema-cinemas-paralleles-le-cinema-d-animation/#i_5108

CLAVELOUX NICOLE (1940- )

  • Écrit par 
  • Marc THIVOLET
  •  • 928 mots

Après avoir suivi les cours de l'école des beaux-arts de Saint-Étienne, sa ville natale, Nicole Claveloux (née en 1940) se rend à Paris. Elle envoie ses premiers dessins à la revue Planète qui, dans chacun de ses numéros, consacre plusieurs de ses pages à de jeunes dessinateurs. François Ruy-Vidal et l'Américain Harlin Quist recherchent des écriva […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nicole-claveloux/#i_5108

COMBAS ROBERT (1957- )

  • Écrit par 
  • Bernard MARCADÉ
  •  • 1 112 mots

Le peintre Robert Combas est né à Lyon en 1957. Après des études à Sète et à l'école des Beaux-Arts de Montpellier, il accède très vite à la notoriété, puisqu'il participe, dès 1980, à l'exposition Après le classicisme , organisée au musée de Saint-Étienne, qui rend compte des nouvelles tendances de l'art contemporain. Partie prenante de la mouvan […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-combas/#i_5108

CORTO MALTESE (H. Pratt)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 230 mots

C'est en juillet 1967, dans le premier numéro de Sgt. Kirk , un mensuel italien de bandes dessinées édité à Gênes, que Hugo Pratt (1927-1995) crée Corto Maltese. Ce marin, à la fois sceptique et romantique, ouvert à toutes les cultures et attiré par le mystère, n'est alors qu'un des protagonistes de l'histoire La Ballade de la mer salée , un récit […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/corto-maltese/#i_5108

CORTO MALTESE - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 418 mots

10 juillet 1887 Naissance de Corto Maltese à La Valette, dans l'île de Malte (voir Corto Maltese - Mémoires ). 1904 Corto Maltese est en Mandchourie lors de la guerre russo-japonaise (voir La Jeunesse de Corto ). 1913 De 1913 à 1915, Corto Maltese parcourt l'océan Pacifique (voir La Ballade de la mer salée ). 1916 De 1916 à 1917, Corto Maltese […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/corto-maltese-reperes-chronologiques/#i_5108

CORTO MALTESE. SOUS LE SOLEIL DE MINUIT (J.D. Canales et R. Pellejero)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 1 048 mots
  •  • 1 média

Dans le domaine de la bande dessinée francophone, l’année 2015 restera celle de la « normalisation » de Corto Maltese, le marin inventé en 1967 par Hugo Pratt. Comme tous les autres grands héros de papier – seul Tintin résiste encore –, la mort de son créateur ne l’empêche plus de vivre de nouvelles aventures. Dans Sous le soleil de minuit (Caster […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/corto-maltese-sous-le-soleil-de-minuit/#i_5108

CREPAX GUIDO (1933-2003)

  • Écrit par 
  • Catherine VASSEUR
  •  • 762 mots

Le nom de Guido Crepax, dessinateur né à Milan en 1933 et mort dans la même ville, en 2003, des suites d'une sclérose en plaques, demeure associé, aux yeux du public, à celui de sa plus fameuse créature, Valentina Rosselli, dite Valentina. La silhouette longiligne de cette jeune photographe brune aux lèvres boudeuses apparaît pour la première fois […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/guido-crepax/#i_5108

CRUMB ROBERT (1943- )

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 775 mots

La quasi-totalité de la bande dessinée américaine obéit à des impératifs commerciaux qui ne laissent aux auteurs qu’une marge de manœuvre très réduite, mais il existe, en dehors des éditeurs et diffuseurs traditionnels, une production plus indépendante, généralement très critique à l’égard de la société. Ce courant, déjà sensible dans les années 19 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-crumb/#i_5108

CYCLE ARTHURIEN DANS LA FANTASY

  • Écrit par 
  • Anne BESSON
  •  • 2 481 mots

Dans le chapitre « Les années 1980-2000 : l'explosion quantitative »  : […] Le cycle d'Avalon de Marion Zimmer Bradley et la sortie contemporaine du film Excalibur de John Boorman (1981), dans un contexte de succès porté par l' heroic fantasy , lancent une mode destinée à perdurer grâce à de grands ensembles romanesques se prolongeant parfois sur des décennies. Ainsi le cycle d'Avalon survit-il à sa créatrice, morte en 199 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cycle-arthurien-dans-la-fantasy/#i_5108

DARGAUD GEORGES (1911-1990)

  • Écrit par 
  • Yves FRÉMION
  •  • 577 mots

Georges Dargaud est né le 27 avril 1911 à Paris. Il sera avant tout un homme de presse et commencera avant la guerre (en 1936) une activité familiale qui se développera après la Libération dans deux directions : la presse féminine et la presse pour jeunes. En 1948, il devient l'éditeur français de Tintin , revue alors en pleine expansion. Malgré le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-dargaud/#i_5108

DELINX MIC (1930-2003)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 175 mots

Dessinateur français. De son vrai nom Michel Houdelinckx. Mic Delinx crée en 1957 son premier héros : Texas Kid. Il collabore à Lisette , à Fripounet et Marisette , et invente au début des années 1960, sur un scénario de Goscinny, les fables de La Forêt de Chênebeau . Celle-ci préfigure La Jungle en folie (scénario de Christian Godard), peuplée d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mic-delinx/#i_5108

DESBOIS CHRISTIAN (1951-2010)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 286 mots

Galeriste spécialisé dans la bande dessinée, Christian Desbois est né en 1951 à Garches (Hauts-de-Seine). Il suit des études aux Arts décoratifs à Paris et enseigne à l'école des Beaux-Arts de Nancy. Il édite en sérigraphie et en lithographie des planches des représentants de l'école belge de la bande dessinée, comme Edgar P. Jacobs, Franquin ou P […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/christian-desbois/#i_5108

DRAPPIER FRANZ (1948-2003)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 175 mots

Auteur de bandes dessinées belge. Après avoir suivi les cours des Beaux-Arts à Mons, « Franz » débute en 1968 à Spirou , avant de contribuer au renouveau de Tintin avec les séries Korrigan , Mandrin et Jugurtha . Dessinateur d'une version B.D. de San Antonio (Fleuve noir, 1973), il illustrera aussi l'adaptation du roman de Paul-Loup Sulitzer, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/franz-drappier/#i_5108

DRUILLET PHILIPPE (1944- )

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 418 mots

Né à Toulouse le 28 juin 1944, Philippe Druillet débute dans la bande dessinée à vingt-deux ans avec un album de science-fiction, Lone Sloane, le mystère des abîmes (1966). Cette série (poursuivie dans Pilote en 1970) a marqué le genre par son graphisme baroque, par ses architectures grandioses et par une mise en page éclatée, qui rompait avec le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/philippe-druillet/#i_5108

DUPUIS CHARLES (1918-2002)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 173 mots

Éditeur belge de bandes dessinées. Fils de l'imprimeur-éditeur bruxellois Jean Dupuis ( Bonne Soirée , Moustique ), Charles Dupuis prend, à vingt ans, la direction d'un nouveau périodique conçu par son père, le Journal de Spirou . Cet hebdomadaire constitue depuis lors la colonne vertébrale de sa maison d'édition de Marcinelle (Belgique), vouée à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-dupuis/#i_5108

EISNER WILL (1917-2005)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 854 mots
  •  • 2 médias

Bien que peu connu du grand public européen, l'Américain William (dit Will) Eisner a joué à plusieurs reprises un rôle essentiel dans l'évolution de la bande dessinée. Né le 6 mars 1917 à Brooklyn, il étudie à l'Art Students' League, puis, en 1936, publie ses premiers strips et, pour échapper aux contraintes qui pèsent sur la profession, fonde ave […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/will-eisner/#i_5108

ELDER WILL (1921-2008)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 212 mots

Auteur américain de bandes dessinées. Wolf William Eisenberg, né dans le Bronx à New York, avait modifié son nom après la Seconde Guerre mondiale. Il suit des cours de dessin à la New York High School of Music and Art et à la National Academy of Design in Manhattan, puis collabore dans des magazines comme Prize Comics Western , Frontline Combat o […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/will-elder/#i_5108

ERRÓ GUNDMUNDUR GUNDMUNSSON dit (1932- )

  • Écrit par 
  • Alain JOUFFROY
  •  • 1 054 mots

Après avoir étudié la peinture à l'Académie de Reykjavik et contribué au sauvetage des passagers d'avions qui s'écrasent parfois sur les sommets de l'Islande ou récupéré la cargaison des bateaux qui font naufrage sur ses rives, Gundmundur Gundmunsson, peintre islandais né le 19 juillet 1932 à Olafsvik, dit Ferró, puis Erró, devenu professeur d'art […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/erro/#i_5108

FALK LEE (1905-1999)

  • Écrit par 
  • Yves FRÉMION
  •  • 353 mots

Mandrake , le magicien en haut-de-forme, est certainement une des bandes dessinées qui aura suscité le plus de nostalgie chez le public européen. De tous les chefs-d'œuvre de l'Âge d'or, c'est aussi l'un de ceux qui a le plus vieilli. Le dessin de Phil Davis (1905-1964) était clair, solide, mais sans génie particulier. En revanche, le scénario de L […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lee-falk/#i_5108

FANTASY

  • Écrit par 
  • Anne BESSON
  •  • 2 824 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Richesse visuelle »  : […] Dès les origines du genre, romans illustrés ( Alice au pays des merveilles ) et auteurs-artistes (William Morris, proche des peintres préraphaélites et fondateur du mouvement Arts and Crafts) rappellent le lien qui existe, dans la fantasy, entre imaginaire et image. John Howe et Alan Lee, les grands illustrateurs de Tolkien, après les frères Greg […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/fantasy/#i_5108

FELDSTEIN AL (1925-2014)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 412 mots

Le scénariste et dessinateur de comic books américain Al Feldstein succéda, en tant que rédacteur en chef, à Harvey Kurtzman, fondateur du magazine satirique Mad . Il apposa à celui-ci sa marque, brocardant sans crainte les institutions, étalant en couverture le visage couvert de taches de rousseur et auquel il manque une dent du personnage emblé […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/al-feldstein/#i_5108

FLEISCHER MAX (1889-1972) et DAVE (1894-1979)

  • Écrit par 
  • Gérard LEGRAND
  •  • 487 mots

Les deux frères, Max et Dave, sont d'origine autrichienne. Ils débutèrent à New York comme caricaturistes et dessinateurs de « strips » vers 1910. Pendant la Première Guerre mondiale, Max se trouva orienté vers la production de courts dessins animés destinés à l'instruction militaire. En 1920, les deux frères s'associèrent pour persévérer dans cett […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/fleischer-max-et-dave/#i_5108

FOREST JEAN-CLAUDE (1930-1998)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 557 mots

Né le 11 septembre 1930 au Perreux (Val-de-Marne), Jean-Claude Forest débute dans la bande dessinée en 1949. Il reprend en 1955 le personnage de Charlot (inspiré par le vagabond des films de Chaplin, qui avait été dessiné de 1921 à 1939 par Raoul Thomen), puis en 1959 Bicot , une bande américaine ( Winnie Winkle ) créée en 1920 par Martin Branner. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-claude-forest/#i_5108

FORTON LOUIS (1879-1934)

  • Écrit par 
  • Yves FRÉMION
  •  • 505 mots

En 1908, dans L'Épatant , il y eut une révolution. Trois personnages iconoclastes — les Pieds Nickelés — firent une apparition remarquée. Il s'agissait de trois clochards toujours prêts à faire un mauvais coup, mais sans aller pour autant jusqu'au vrai crime. Leurs actes se bornaient à la petite délinquance du débrouillard, aux ruses de l'escroc. P […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-forton/#i_5108

FRANQUIN ANDRÉ (1924-1997)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 1 232 mots

Comme l'autre grand nom de la bande dessinée belge, Hergé, c'est dans la commune bruxelloise d'Etterbeek qu'est né André Franquin, le 3 janvier 1924. Il est engagé en 1944 par un studio de dessins animés, où il fait la connaissance de Morris et Peyo, les futurs créateurs, respectivement, de Lucky Luke et des Schtroumpfs . Grâce à l'amitié de Jijé […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/andre-franquin/#i_5108

FRED (1931-2013)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 716 mots
  •  • 1 média

Othon Aristides est né à Paris le 5 mars 1931 de parents d'origine grecque. Il débute comme dessinateur humoristique, sous le pseudonyme de Fred, en plaçant des dessins dans Ici-Paris, Le Hérisson , France-Dimanche, Punch ou le New Yorker . Il rencontre Cavanna, avec qui il participe au lancement de la revue satirique Hara-Kiri (1960). Il y publi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/fred/#i_5108

GERVY YVES (1908-1998)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 343 mots

Né à Blaye (Gironde) le 12 mai 1908, Yves Desdemaines-Hugon commence sa carrière de dessinateur en 1926, et adopte en 1930 le pseudonyme de Gervy, anagramme des premières lettres de son prénom et de celui de sa future épouse (Germaine Desroches, qui sera aussi sa coloriste). Après avoir fait preuve dans les années 1930 d'un grand éclectisme (dessin […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/yves-gervy/#i_5108

GOSCINNY RENÉ (1926-1977)

  • Écrit par 
  • Marc THIVOLET
  •  • 2 059 mots

Qui, mieux que Goscinny, peut nous introduire à Goscinny ? « J'ai touché la main de Brassens, je suis au mieux avec Sempé, j'ai bien connu René Fallet, un soir à Montmartre, j'ai même salué Marcel Aymé qui parlait aux pigeons. Alors si vous me demandez aujourd'hui qui je suis, je répondrai que je suis l'homme qui n'a pas dit bonjour à Goscinny. » […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rene-goscinny/#i_5108

GOTLIB MARCEL GOTLIEB dit (1934-2016)

  • Écrit par 
  • Yves FRÉMION
  •  • 594 mots
  •  • 1 média

Gotlib est le créateur de quelques personnages immortels de bandes dessinées capables d'atteindre successivement plusieurs publics, dont celui des jeunes depuis les années 1960. Son Gai-Luron, dans Pif , donnait déjà le sens de son humour : anglo-saxon, décalé, jouant de l'absurde gentil, qui n'était pourtant pas gentillet. La rencontre de Marcel M […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marcel-gotlib/#i_5108

GOULD CHESTER (1900-1985)

  • Écrit par 
  • Marc THIVOLET
  •  • 1 063 mots

Le dessinateur Chester Gould a vu le jour à Pawnie, Oklahoma, le 20 novembre 1900. C'est à Oklahoma City qu'il commence à réaliser des dessins pour la rubrique sportive de la revue The Tulsa tout en poursuivant des études de droit, car son père souhaite le voir faire une carrière d'avocat. En 1921, il part pour Chicago afin d'y achever ses études. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/chester-gould/#i_5108

GREG MICHEL REGNIER dit (1931-1999)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 696 mots

Né le 5 mai 1931 à Ixelles, une commune de Bruxelles, Michel Regnier s'est fait connaître dans le monde de la bande dessinée sous le pseudonyme de Greg. Excellent dessinateur de séries comiques, il est avant tout un scénariste extrêmement prolifique, à l'aise dans tous les genres, de l'histoire loufoque au récit réaliste. Dans un mode d'expression […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/greg/#i_5108

HERGÉ GEORGES REMI dit (1907-1983)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 1 621 mots
  •  • 1 média

Du général de Gaulle, qui selon André Malraux dans Les Chênes qu'on abat , déclara : « Mon seul rival international, c'est Tintin ! », au philosophe Michel Serres, qui écrivit : « J'ai plus appris en théorie de la communication dans Les Bijoux de la Castafiore que dans cent livres théoriques mortels d'ennui et stériles de résultats », les témoigna […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/herge/#i_5108

HERRIMAN GEORGE (1880-1944)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 955 mots

Né le 22 août 1880 à La Nouvelle Orléans de parents définis sur son acte de naissance comme « mulâtres », George Herriman renonce à reprendre la boulangerie de son père et se lance en 1897 dans le dessin de presse, puis à partir de 1902 dans la bande dessinée. Ses nombreuses séries – souvent animalières – sont publiées dans le magazine Judge et da […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/george-herriman/#i_5108

HOGARTH BURNE (1911-1996)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 963 mots

Dessinateur et professeur d'arts graphiques américain. Né à Chicago le 25 décembre 1911, Burne Hogarth est un des rares dessinateurs de bandes dessinées à avoir reçu une formation artistique classique. Dès l'âge de douze ans, il suit les cours de dessin du Chicago Art Institute, puis est étudiant à Columbia University (New York). Ses premiers dessi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/burne-hogarth/#i_5108

ILLUSTRATION

  • Écrit par 
  • Ségolène LE MEN, 
  • Constance MORÉTEAU
  •  • 9 160 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « L'illustration pour l'enfant »  : […] « What is the use of a book without pictures ? », demande Alice qui s'endort sur un livre de texte avant d'entrer dans le plus extraordinaire des livres illustrés pour enfants... Comme le constate Alice, l'image est consubstantielle au livre pour enfants. L' Orbis sensualium Pictus (1658) du Tchèque Comenius, méthode d'apprentissage plurilingue d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/illustration/#i_5108

JACOBS EDGAR-PIERRE (1904-1987)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 1 541 mots
  •  • 1 média

Tout comme deux autres auteurs belges de bandes dessinées devenus des classiques, Hergé et Franquin, Jacobs savait être drôle en société, mais était sans illusions sur le monde et connaissait des périodes dépressives. Et, à la différence de ses deux confrères, son œuvre est presque totalement dépourvue d'humour. Elle frappe par sa gravité, par ses […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/edgar-pierre-jacobs/#i_5108

JEUNESSE LITTÉRATURE POUR LA

  • Écrit par 
  • Jean PERROT
  •  • 7 689 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Un espace aux frontières incertaines »  : […] Les faits sont là : de même qu'un seuil a été franchi, avec Les Misérables (1862) de Victor Hugo, dans la vision réaliste de l'enfant pauvre généré par la société industrielle, il y a désormais un avant et un après Harry Potter , notamment après la sortie mondialement médiatisée en 2001 du film, qui met en scène le premier roman de J. K. Rowling, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/litterature-pour-la-jeunesse/#i_5108

KURTZMAN HARVEY (1924-1993)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 382 mots

Dessinateur et éditeur américain, né le 3 octobre 1924 à Brooklyn (New York), mort le 21 février 1993, à Mount Vernon (État de New York), qui sut tourner astucieusement en dérision le style de vie américain. Harvey Kurtzman, qui publie son premier dessin à quatorze ans, est élève de la High School of Music and Art de New York. Après des dessins d' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/harvey-kurtzman/#i_5108

LACASSIN FRANCIS (1931-2008)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 492 mots

Éditeur, journaliste, écrivain, scénariste et collectionneur français. Né en 1931 dans la ville minière de Saint-Jean-de-Valériscle (Gard), il passe une enfance bercée par la lecture de bandes dessinées. Après des études de lettres et de droit à Montpellier et diverses collaborations dans des journaux locaux, il se rend à Paris et devient un fidèle […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/francis-lacassin/#i_5108

LARCENET MANU (1969- )

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 1 000 mots

La plupart des auteurs de bandes dessinées à succès ont un style qui leur est propre et auquel ils restent fidèles, de crainte de désorienter leur lectorat. Manu Larcenet, lui, n’a pas hésité, aussi bien dans les thèmes abordés que dans le graphisme, à enchaîner les ruptures, depuis les histoires loufoques de ses débuts dans Fluide glacial jusqu’à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/manu-larcenet/#i_5108

LAUZIER GÉRARD (1932-2008)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 321 mots

Auteur français de bandes dessinées et cinéaste. Gérard Lauzier étudie la philosophie à Marseille, puis l'architecture aux Beaux-Arts à Paris. Après avoir créé une agence de publicité à Brasília en 1956 et réalisé des caricatures pour le Jornal do Bahia , il rentre en France en 1964 et travaille pour Candide , Le Journal du dimanche , Paris-Press […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gerard-lauzier/#i_5108

LEBLANC RAYMOND (1915-2008)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 289 mots

Éditeur belge de bandes dessinées. Passionné de lecture, Raymond Leblanc est précocement diplômé de rhétorique (l'équivalent du baccalauréat en Belgique) et réussit le concours d'officier des douanes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il entre dans la Résistance puis, à la Libération, s'oriente vers l'édition. Il fonde la société Yes, qui publi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/raymond-leblanc/#i_5108

LEE STAN (1922-2018)

  • Écrit par 
  • Jean-Paul GABILLIET
  •  • 864 mots
  •  • 1 média

Stanley Martin Lieber, né à New York le 28 décembre 1922 de parents juifs roumains, avait pour ambition d’être l’auteur du « grand roman américain ». Il ne l’écrivit jamais mais, sous le nom de Stan Lee, donna naissance à la mythologie moderne des super-héros Marvel , devenue en un demi-siècle un des pans les plus dynamiques de la culture de masse […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/stan-lee/#i_5108

LITTLE NEMO (W. McCay)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 189 mots
  •  • 1 média

Il ne fallut pas dix ans à la bande dessinée américaine « à bulles » – née en 1896 avec The Yellow Kid de Richard Outcault – pour produire ses premiers chefs-d'œuvre, malheureusement aujourd'hui oubliés, comme The Kin-der-Kids (1906) du peintre Lyonel Feininger (1871-1956). L'œuvre la plus étonnante des années 1905-1910 est sans doute Little Nemo […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/little-nemo/#i_5108

MCCAY WINSOR (1867-1934)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 1 425 mots
  •  • 1 média

À l'occasion de la parution de la biographie de John Canemaker sur Winsor McCay, Art Spiegelman, l'auteur de Maus , écrivait : « Une chose me laisse perplexe... Tant de personnes par ailleurs cultivées n'ont jamais entendu parler de Winsor McCay. Pourtant, c'est McCay qui a montré à quoi ressemble le paysage intérieur de nos rêves, plusieurs décenn […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/winsor-mccay/#i_5108

MACHEROT RAYMOND (1924-2008)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 373 mots

Auteur belge de bandes dessinées belge. Raymond Macherot débute comme ouvrier dans l'industrie textile. Il travaille ensuite comme employé et journaliste au Courrier du soir , le quotidien de sa ville natale, Verviers. Il se forme seul à la pratique du dessin et, après la Seconde Guerre mondiale, collabore au journal satirique Pan . Après avoir pr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/raymond-macherot/#i_5108

MANGAS

  • Écrit par 
  • Julien BASTIDE
  •  • 5 308 mots
  •  • 2 médias

Composé de deux idéogrammes polysémiques, le terme manga pourrait se traduire par « dessin au trait libre » ou « esquisse au gré de la fantaisie ». Au Japon, il désigne aujourd'hui une bande dessinée, quelle que soit son origine géographique. Or, en moins de quinze ans, la bande dessinée japonaise a conquis, sous le nom de mangas, de nombreux le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mangas/#i_5108

MARÉCHAL MAURICE (1922-2008)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 194 mots

Auteur de bandes dessinées belge. Dans les années 1950, parallèlement à son métier d'enseignant, Maurice Maréchal réalise des bandes dessinées. En 1957, cet ami de Raymond Macherot (l'auteur des bandes dessinées Chlorophylle , Sibylline et Clifton ) publie les premières planches des Enquêtes de Prudence Petitpas dans le journal Tintin . À l'époq […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/maurice-marechal/#i_5108

MARTIN JACQUES (1921-2010 )

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 960 mots

Compagnon de route d'Hergé et de Jacobs au journal Tintin , pionnier de la bande dessinée historique, auteur apprécié des pédagogues mais qui se joue des conventions imposées aux publications destinées à la jeunesse en introduisant dans ses récits des non-dits sulfureux, Jacques Martin est un personnage hors normes, à la personnalité écrasante. Il […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-martin/#i_5108

MAUS (A. Spiegelman)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 186 mots
  •  • 1 média

C'est en 1980, dans le premier numéro de la revue d'arts graphiques Raw dont il était l'un des fondateurs, que l'Américain Art Spiegelman (né en 1948) commença à publier la bande dessinée Maus , dont la parution en deux volumes (le premier en 1986, le second en 1991) fut saluée par la critique comme un événement culturel majeur. Cette œuvre de plu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/maus/#i_5108

MOEBIUS JEAN GIRAUD dit (1938-2012)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 907 mots
  •  • 1 média

C'est une double carrière qu'a menée le dessinateur Jean Giraud : sous son vrai nom ou sous le diminutif de Gir, il a réalisé des bandes dessinées d'inspiration traditionnelle et, sous la signature de Moebius, des œuvres que l'on pourrait qualifier d'art et d'essai. Après un passage par l'École des arts appliqués de Paris, Jean Giraud, né le 8 mai […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/moebius/#i_5108

MOLITERNI CLAUDE (1932-2009)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 472 mots

Écrivain, scénariste, éditeur, journaliste, homme de radio et cofondateur du festival de la B.D. d'Angoulême. Né à Paris en 1932, Claude Moliterni va bientôt changer de voie et publier une centaine de romans policiers sous différents pseudonymes, éditer des livres-disques et réaliser des séries policières pour Radio Luxembourg. Dans les années 196 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/claude-moliterni/#i_5108

MOORE RAY (1906-1984)

  • Écrit par 
  • Yves FRÉMION
  •  • 558 mots

Le nom de Ray Moore était peu parlant pour le public français. Celui du personnage qu'il a créé n'est en revanche ignoré de personne : il s'agit du « Fantôme du Bengale ». Ray Moore avait débuté comme assistant de Phil Davis, le créateur de Mandrake le Magicien. Ce dernier avait pour scénariste le légendaire Lee Falk. C'est donc tout naturellement […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ray-moore/#i_5108

MORRIS (1923-2001)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 880 mots

Né à Courtrai le 1 er  décembre 1923, Maurice De Bevere devient en 1944 encreur dans un petit studio belge de dessins animés. L'année suivante il adopte le pseudonyme de Morris et devient illustrateur pour les magazines des éditions Dupuis. C'est dans L'Almanach Spirou 1947 , paru à l'automne 1946, qu'est publiée sa première bande dessinée, Arizon […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/morris/#i_5108

NAKAZAWA KEIJI (1939-2012)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 270 mots

Nakazawa Keiji est l'auteur japonais du manga Gen d'Hiroshima , qui relate le bombardement atomique d'Hiroshima, le 6 août 1945, à laquelle il a assisté lorsqu'il était enfant. Nakazawa Keiji naît en 1939 dans le quartier de Funairi, à Hiroshima. À Tōkyō, il commence une carrière de dessinateur professionnel. Dès 1963, ses premiers mangas sont publ […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nakazawa-keiji/#i_5108

NARRATIF ART

  • Écrit par 
  • Marie-José MONDZAIN-BAUDINET
  •  • 971 mots

C'est l'art de conter, c'est-à-dire de transmettre par le verbe, le son ou l'image un récit, une séquence temporelle. Que ce récit soit réel ou imaginaire importe peu ; chaque fois qu'il y a narration, le conteur doit exprimer la durée et la causalité avec les moyens d'expression qu'il a choisis. La texture temporelle du verbe ou du chant est facil […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/art-narratif/#i_5108

PAI ANANT (1929-2011)

  • Écrit par 
  • Melinda C. SHEPHERD
  •  • 349 mots

Pionnier de la bande dessinée en Inde, Anant Pai fit découvrir à des générations d'enfants leur patrimoine culturel et religieux à travers la série Amar Chitra Katha (« Histoires immortelles illustrées »), qu'il lança en 1967. Né le 17 septembre 1929 à Karkala, au royaume de Mysore, dans les Indes britanniques (actuel État indien du Karnataka), An […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/anant-pai/#i_5108

PAJAK FRÉDÉRIC (1955- )

  • Écrit par 
  • Clarisse BOUILLET, 
  • Universalis
  •  • 1 122 mots

En 1999, les Presses universitaires de France publient un livre intitulé L'Immense Solitude avec Friedrich Nietzsche et Cesare Pavese, orphelins sous le ciel de Turin . Le titre, intrigant, annonce un sujet qui ne l'est pas moins. Il s'agit d'une réflexion très personnelle, ponctuée de références autobiographiques, qui prend pour cadre la ville de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/frederic-pajak/#i_5108

PEELLAERT GUY (1934-2008)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 952 mots

Peintre, illustrateur, affichiste, photographe, auteur de bande dessinée, Guy Peellaert fut tout cela. Lui-même se définissait comme un « faiseur d'images ». Né le 6 avril 1934 à Bruxelles, il commence une carrière de graphiste dans la publicité. De retour d'un séjour aux États-Unis, où il a rencontré les artistes du Push Pin Studio, il a l'idée d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/guy-peellaert/#i_5108

PEKAR HARVEY (1939-2010)

  • Écrit par 
  • Michael RAY
  •  • 494 mots

Scénariste de bande dessinée américain, Harvey Pekar relate les menus faits de sa vie à Cleveland – le caractère fastidieux de son travail d'archiviste (1965-2001) dans un hôpital pour anciens combattants, ses malheurs en amour ainsi que ses problèmes de santé – dans la longue série autobiographique American Splendor : From off the street of Cleve […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/harvey-pekar/#i_5108

PELLOS RENÉ (1900-1998)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 687 mots

Né le 22 janvier 1900 à Lyon, le dessinateur de presse et auteur de bandes dessinées René Pellos (René Pellarin pour l'état civil) est décédé le 8 avril 1998 à Cannes. René Pellos vit en Suisse dès l'âge de quatre ans pour raison de santé. Il y commence sa carrière de dessinateur en 1916, dans l'hebdomadaire satirique genevois Le Gugusse . Parallèl […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rene-pellos/#i_5108

PERSÉPOLIS (M. Satrapi)

  • Écrit par 
  • Franck AVELINE
  •  • 943 mots

« Tout ce qui est élitiste, catégoriel, déclare Marjane Satrapi, nous éloigne de l'humain que nous sommes. » C'est justement pour fuir l'élitisme d'un fondamentalisme religieux et une catégorisation à la fois sociale, économique et intellectuelle, que la jeune artiste, née en 1969 à Rasht, en Iran, et titulaire d'une maîtrise de communication visue […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/persepolis-m-satrapi/#i_5108

PERSEPOLIS (M. Satrapi), en bref

  • Écrit par 
  • Arnaud BALVAY
  •  • 323 mots

Persepolis est une bande dessinée de Marjane Satrapi publiée en quatre volumes entre 2000 et 2003. Œuvre engagée, elle raconte l'itinéraire de l'auteur depuis son enfance en Iran jusqu'à sa fuite vers l'Europe. Née le 22 novembre 1969 à Rasht (Iran), Marjane Satrapi fait ses études en Autriche dès 1984, puis obtient une maîtrise de communication v […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/persepolis-m-satrapi-en-bref/#i_5108

PÉTILLON RENÉ (1945-2018)

  • Écrit par 
  • Yves FRÉMION
  •  • 654 mots
  •  • 1 média

Bien peu de dessinateurs brillent à la fois dans la bande dessinée et le dessin de presse. Hormis les grands noms de Charlie H ebdo (Wolinski, Cabu, Reiser, Willem, Gébé), les autres se comptent sur les doigts d’une main. Pétillon est l’un de ceux-là . René Pétillon est né le 12 décembre 1945 dans le village finistérien de Lesneven, de parents bou […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rene-petillon/#i_5108

PEYO PIERRE CULLIFORD dit (1928-1992)

  • Écrit par 
  • Yves FRÉMION
  •  • 808 mots

Pierre Culliford, né d'un père britannique et d'une mère belge, débute à la fin de la guerre comme cadreur, dans la publicité, puis comme dessinateur. Au studio C.B.A., il croisera d'autres futures stars de la bande dessinée belge. Parallèlement à ces dessins animés, il se lance lui-même dans la bande dessinée. Dès 1947, dans Le Soir , il commence […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/peyo/#i_5108

PHYSIOGNOMONIE

  • Écrit par 
  • Anne-Marie LECOQ
  •  • 8 003 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les artistes et la physiognomonie »  : […] La physiognomonie s'est constituée à l'origine en dehors de tout rapport avec les arts plastiques. Mais à partir du moment où les auteurs décidèrent d'illustrer leurs traités, ils devinrent étroitement tributaires des artistes. Certaines des têtes de Cocles et d'Indagine sont manifestement tirées de tableaux et de gravures. Della Porta a reproduit […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/physiognomonie/#i_5108

PICHARD GEORGES (1920-2003)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 170 mots

Dessinateur français de bandes dessinées pour adultes. D'abord publiciste et illustrateur pour La Veillée des chaumières , il livre ses premières bandes dessinées en 1956 dans La Semaine de Suzette . Sa rencontre avec le scénariste Jacques Lob, en 1964, est suivie d'un changement de style. Ensemble ils créent le personnage d'une orpheline livrée à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-pichard/#i_5108

PINCHON JOSEPH PORPHYRE (1871-1953)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 1 098 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Un illustrateur prolifique »  : […] Né à Amiens le 17 avril 1871, Joseph Porphyre Pinchon se destine à la peinture, qu’il apprend dans l’atelier de Fernand Cormon. Peintre animalier, spécialiste des scènes de vénerie, il adhère en 1899 à la Société nationale des beaux-arts, où il sera vice-président de la section peinture. En 1928, il en obtiendra le grand prix et vingt ans plus tard […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/joseph-porphyre-pinchon/#i_5108

POÏVET RAYMOND (1910-1999)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 712 mots

Né le 17 juin 1910 au Cateau-Cambrésis (Nord), Raymond Poïvet se destine d'abord à la peinture, puis, après des études à l'École des beaux-arts de Paris, il s'oriente vers le dessin de mode, la publicité et la décoration (conception de monuments aux morts, intérieurs de cabarets, etc.). En 1941, il débute dans la bande dessinée avec divers récits b […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/raymond-poivet/#i_5108

POP ART

  • Écrit par 
  • Bertrand ROUGÉ
  •  • 3 814 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Le pop art américain »  : […] Berceau de la société de consommation, les États-Unis sont la véritable patrie du pop ; c'est là qu'il se développa sous sa forme la plus pure et survécut le plus longtemps, influençant durablement les jeunes générations d'artistes. Le pop américain prend ses racines dans l'art populaire des peintres d'enseignes des xviii e et xix e  siècles, da […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pop-art/#i_5108

PRATT HUGO (1927-1995)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 1 320 mots
  •  • 1 média

Dans le monde de la bande dessinée, Hugo Pratt occupe une place bien particulière : il est non seulement un des rares auteurs dont l'œuvre – en particulier la série Corto Maltese  – ait été reconnue par la culture officielle, mais aussi quelqu'un dont la vie pourrait fournir matière à plusieurs récits d'aventures. « Mon seul rival, c'est Tintin », […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/hugo-pratt/#i_5108

PRESSE DU CŒUR ou PRESSE SENTIMENTALE

  • Écrit par 
  • Isabelle ANTONUTTI
  •  • 4 026 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Origines  »  : […] Le magazine Confidences, le journal des histoires vraies , créé en 1938 par Paul Winkler, est considéré comme le premier titre de la presse du cœur. Dans son éditorial du 13 mai 1938, cette publication propose de « partager les mystères de l’existence » et de « se délivrer du fardeau des secrets ». Confidences offre deux types de contenus : des ro […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/presse-du-coeur-presse-sentimentale/#i_5108

RABIER BENJAMIN (1869-1939)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 605 mots
  •  • 1 média

« Il est certain que nul mieux que Benjamin Rabier ne paraît au courant de tout ce qui se passe chez les animaux, nul n’a dessiné et ne dessine de plus amusante façon les scènes de leur vie quasi humaine.» En une phrase, qui figure dans sa préface au catalogue d’une exposition d’aquarelles de Benjamin Rabier à la galerie d’art Deplanche en 1910, Gu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/benjamin-rabier/#i_5108

RAYMOND ALEXANDER GILLESPIE (1909-1956)

  • Écrit par 
  • Marc THIVOLET
  •  • 725 mots

Né à New Rochelle, dans l'État de New York, Alexander Gillespie Raymond entre comme employé de bureau dans une agence de Wall Street spécialisée dans les tractations boursières, alors qu'il a des dons exceptionnels pour le dessin. Parallèlement à cette activité, il suit des cours à la Grand Central School of Arts. Il opte finalement pour le dessin […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/alexander-gillespie-raymond/#i_5108

RAYMOND JAMES C. (1917-1981)

  • Écrit par 
  • Marc THIVOLET
  •  • 517 mots

Avec James C. Raymond est mort un des artisans d'une bande dessinée dont le succès demeure inégalé : Blondie . Créée par Chic Young (1901-1973), elle avait débuté en 1930, au plus fort de la crise économique qui secouait les États-Unis. Elle demeure, avec Bringing up Father (connu en France sous le titre La Famille Illico ) de George McManus, le p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/james-c-raymond/#i_5108

ROB-VEL ROBERT VELTER dit (1909-1991)

  • Écrit par 
  • Yves FRÉMION
  •  • 596 mots

Né à Paris le 9 février 1909, Robert Velter dessine très jeune, mais sa première passion est la mer. Il veut devenir officier de marine et se retrouve steward à bord des plus célèbres transatlantiques de l'époque. En 1934, lors d'un séjour aux États-Unis, il fait la rencontre déterminante de sa vie, celle de Martin Branner, le créateur de Winnie Wi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rob-vel/#i_5108

SACCO JOE (1961- )

  • Écrit par 
  • Clarisse BOUILLET
  •  • 1 135 mots
  •  • 1 média

Auteur américain de bande dessinée, Joe Sacco est l'un des principaux inventeurs d'un genre encore mal défini qu'on nomme parfois « BD reportage » ou « journalisme en bande dessinée ». À la manière d'un journaliste, cet auteur se rend sur les lieux de conflits, de Gaza à Sarajevo, vit avec les victimes des guerres, recueille leurs témoignages et r […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/joe-sacco/#i_5108

SAINT-OGAN ALAIN (1895-1974)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 956 mots

Né à Colombes le 7 août 1895, Alain Lefèvre Saint-Ogan crée dès l'âge de douze ans Le Journal des Deux Mondes , qui a rapidement deux mille abonnés, dont le président de la République Armand Fallières et la comédienne Sarah Bernhardt. La presse célèbre « le plus jeune rédacteur en chef du monde », connu jusqu'outre-Manche grâce à un article du Dai […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/alain-saint-ogan/#i_5108

SATRAPI MARJANE (1969- )

  • Écrit par 
  • J.E. LUEBERING
  • , Universalis
  •  • 569 mots

Artiste et écrivain iranienne de langue francophone, Marjane Satrapi explore à travers ses romans graphiques les fossés et les points de jonction qui existent entre l'Orient et l'Occident. Fille unique d'un ingénieur et d'une dessinatrice de mode, Marjane Satrapi naît en 1969 à Rasht, dans une famille nourrie de valeurs occidentales. Elle grandit à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marjane-satrapi/#i_5108

SATTOUF RIAD (1978- )

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 968 mots
  •  • 1 média

Rares sont les auteurs de bande dessinée francophone qui réussissent non seulement à connaître un succès critique et public, mais aussi à attirer l’attention de lecteurs peu au fait de cette forme d’expression : ainsi de Riad Sattouf, dont la série L’Arabe du futur (quatre tomes parus de 2014 à 2018) s’est vendue à plusieurs centaines de milliers […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/riad-sattouf/#i_5108

SCHULZ CHARLES MONROE (1922-2000)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 1 106 mots
  •  • 1 média

Bien que nourrie de références à la culture et à l'actualité des États-Unis, Peanuts , la bande dessinée conçue pendant un demi-siècle par l'Américain Charles Schulz, a été publiée dans de nombreux pays du monde, car cette sorte de comédie humaine, ironique et burlesque, atteint aussi à l'universel. En montrant des enfants qui se prennent au sérieu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-monroe-schulz/#i_5108

SCIENCE-FICTION

  • Écrit par 
  • Roger BOZZETTO, 
  • Jacques GOIMARD
  •  • 8 006 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « La bande dessinée »  : […] La BD s’est développée de manière exponentielle. La science-fiction lui a fourni un certain nombre de scénarios, avec une capacité d’invention différente de celle qu’on trouve dans les textes. Et, à son tour, la littérature est venue se nourrir des images que les planches proposent. Passées les audaces graphiques et conceptuelles des années 1970 qu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/science-fiction/#i_5108

SFAR JOANN (1971- )

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 1 061 mots

Durant la première décennie du xxi e  siècle, Joann Sfar a non seulement confirmé qu'il était l'un des meilleurs auteurs contemporains de bande dessinée, mais il est également devenu responsable éditorial et cinéaste. Son œuvre comporte de nombreuses facettes et multiplie les références à divers types de culture, à des mythes et à des religions. P […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/joann-sfar/#i_5108

SIMMONDS POSY (1945- )

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 948 mots

Rosemary Elizabeth – dite « Posy » – Simmonds est née le 9 août 1945 à Cookham Dene, près de Maidenhead, dans le Berkshire. Après des études de français à la Sorbonne et de dessin à la Central School of Art de Londres, elle devient en 1968 dessinatrice de presse, et commence en 1972 une collaboration avec le quotidien The Guardian . Elle y crée not […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/posy-simmonds/#i_5108

SPIEGELMAN ART (1948- )

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 1 291 mots
  •  • 1 média

Peu de bandes dessinées ont été considérées dès leur parution comme des événements culturels majeurs. Ce fut cependant le cas de Maus , autobiographie sous forme de bande dessinée animalière, dans laquelle Art Spiegelman présente simultanément le témoignage de son père sur la Shoah et ses difficultés relationnelles avec ses parents. Aux États-Unis, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/art-spiegelman/#i_5108

SULLIVAN PAT (1886/1887-1933) & MESSMER OTTO (1894-1983)

  • Écrit par 
  • Yves FRÉMION
  •  • 505 mots

La vie de Patrick O'Sullivan, dit Pat Sullivan, est si mal connue que même la date de sa naissance est incertaine. Australien, il débute tôt dans les journaux de Sidney avant d'émigrer aux États-Unis. Rapidement, il travaille dans un studio de dessins animés. Dès 1915, il crée son propre studio où il va rapidement s'imposer. Chaplin vit alors le dé […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sullivan-et-messmer/#i_5108

SUPER-HÉROS, bande dessinée

  • Écrit par 
  • Jean-Marc LAINÉ
  •  • 4 880 mots
  •  • 1 média

Personnage de fiction, le super-héros apparaît au cours des années 1930 dans les comic strips et comic books , bandes dessinées insérées dans les pages des quotidiens ou publiées à part en fascicules mensuels. Le genre, destiné aux adolescents et aux adultes, est typique des États-Unis, et va le rester pour une large part jusqu'à nos jours. La f […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/super-heros-bande-dessinee/#i_5108

SUPERMAN

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 226 mots

En 1938 deux Américains de vingt-trois ans, le dessinateur Joe Shuster et le scénariste Jerry Siegel, créent Superman, donnant naissance à un nouveau genre de bandes dessinées, qui met en scène des « super-héros », c'est-à-dire des personnages aux pouvoirs surhumains. Superman, originaire de la planète Krypton, recueilli tout bébé par un vieux coup […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/superman/#i_5108

TANIGUCHI JIRŌ (1947-2017)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 743 mots
  •  • 1 média

Taniguchi Jirō (appelé communément en France Jirō Taniguchi) fut plus célèbre en France qu’au Japon, qui le considérait comme un auteur marginal. Il s’était expliqué de cette situation dans le livre d’entretiens avec Benoît Peeters Jirō Taniguchi , l’homme qui dessine (2012) : « Le paradoxe, c’est que tout en étant mangaka, mon style est assez pr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/taniguchi/#i_5108

TARDI JACQUES (1946- )

  • Écrit par 
  • Yves FRÉMION
  • , Universalis
  •  • 698 mots

Né le 30 août 1946 à Valence, Jacques Tardi a commencé très jeune à faire école. La souplesse de son trait, pourtant inimitable, ne laisse pas de fasciner les jeunes dessinateurs. Son noir et blanc exemplaire caractérisera l'époque. Pourtant, dans ses premiers albums on trouve peu d'unité apparente : devant ses Rumeurs sur le Rouergue (avec Christ […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-tardi/#i_5108

TATSUMI YOSHIHIRO (1935-2015)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 763 mots
  •  • 1 média

Deux histoires d’îles sont liées à la fondation de la bande dessinée japonaise moderne : en 1947, Tezuka Osamu (1926-1989) publie La Nouvelle Île au trésor , un récit inspiré du roman de Stevenson, dans lequel il fixe des codes graphiques qui persistent encore ; en 1952, Tatsumi Yoshihiro, jeune admirateur de Tezuka (il est né à Osaka le 10 juin 1 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tatsumi/#i_5108

TIBET GILBERT GASCARD dit (1931-2010)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 387 mots

Auteur de bandes dessinées, Gilbert Gascard, dit Tibet, est né à Marseille en 1931. Sa famille s'installe à Bruxelles (Belgique) pendant son enfance. Il débute en 1947 aux studios bruxellois de Walt Disney qui publient Mickey Magazine et y rencontre André-Paul Duchâteau. Pour le magazine Héroïc-Albums , il réalise des illustrations et publie Dave […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gilbert-gascard-dit-tibet/#i_5108

TINTIN (Hergé)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 194 mots

Le 10 janvier 1929 est une date majeure de l'histoire de la bande dessinée francophone : c'est ce jour-là que débuta – dans Le Petit Vingtième , supplément pour enfants du quotidien bruxellois Le XX e  Siècle – la parution de Tintin au pays des Soviets , premier épisode des aventures du jeune reporter Tintin et de son chien Milou. Le dessin des pr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tintin/#i_5108

TINTIN - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 687 mots

10 janvier 1929 Début de la publication de Tintin au pays des Soviets sous la forme de feuilleton dans Le Petit Vingtième , supplément hebdomadaire pour la jeunesse du quotidien bruxellois Le XX e  Siècle . Septembre 1930 Publication du premier album en noir et blanc d'Hergé, Tintin au pays des Soviets. Le tirage est de 10 000 exemplaires (cett […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tintin-reperes-chronologiques/#i_5108

TÖPFFER RODOLPHE (1799-1846)

  • Écrit par 
  • Nelly FEUERHAHN
  •  • 914 mots

Pédagogue, dessinateur, écrivain, critique d'art, Rodolphe Töpffer doit à l'essor de la bande dessinée d'avoir été redécouvert au xx e  siècle. Les spécialistes du neuvième art le considèrent aujourd'hui comme l'un des pionniers des histoires en images. Né à Genève le 31 janvier 1799, il est le fils de Wolfgang-Adam Töpffer (1766-1847), artiste pei […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rodolphe-topffer/#i_5108

UDERZO ALBERT (1927- )

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 704 mots

Né de parents italiens le 25 avril 1927 à Fismes (Marne), Albert Uderzo débute très jeune dans la bande dessinée. Il n’a pas vingt ans quand il publie dans le magazine O.K. une fantaisie médiévale, Arys Buck et son épée magique (1946-1947) ; elle est suivie d’une autre série humoristique sur le Moyen Âge, Belloy , qui connaîtra une longue carrièr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/albert-uderzo/#i_5108

VANCE WILLIAM VAN CUTSEN dit (1935-2018)

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 675 mots
  •  • 1 média

C’est à un courant classique de la bande dessinée, celui de l’aventure réaliste, que se rattache William Vance. Né le 8 septembre 1935 près de Bruxelles, à Anderlecht, William Van Cutsem, dont le néerlandais était la langue maternelle, avait quitté la Belgique pour s’installer en Espagne en 1979. C’est à Santander qu’il est décédé, le 14 mai 2018. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/vance/#i_5108

VANDERSTEEN WILLEBROD (1913-1990)

  • Écrit par 
  • Marc THIVOLET
  •  • 637 mots

Né à Anvers le 15 février 1913, Willebrord Vandersteen, l'auteur de Bob et Bobette , est certainement l'un des créateurs de bande dessinée les plus difficiles à définir. Sa ville natale a été un des centres de la typographie et du graphisme européens : Plantin y installa ses ateliers d'imprimerie au xvi e  siècle, l'affichiste Jozef Peeters y a cré […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/willebrod-vandersteen/#i_5108

VARGAS GABRIEL (1915-2010)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 399 mots

Caricaturiste et auteur de bandes dessinées mexicain, Gabriel Vargas est le créateur d'une série populaire qui brosse une « grande fresque de la cité de Mexico », selon l'écrivain mexicain Carlos Monsivais. Il naît en 1915 à Tulancingo (État d'Hidalgo), dans une famille nombreuse dont la mère devient rapidement veuve. Ils s'installent à Mexico où […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gabriel-vargas/#i_5108

WARHOL ANDY (1928-1987)

  • Écrit par 
  • Bernard MARCADÉ
  •  • 1 923 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « De l'art de la reproduction à la reproduction comme art »  : […] En 1960, Andy Warhol exécute ses premières peintures d'après des bandes dessinées : Dick Tracy , Superman , Saturday's Popeye . Ces œuvres, qui sont contemporaines de celles de Roy Lichtenstein, inaugurent une nouvelle manière d'aborder la peinture à partir d'images préexistantes, le plus souvent en provenance des mass media. Il ne s'agit plus de s […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/andy-warhol/#i_5108

WATTERSON BILL (1958- )

  • Écrit par 
  • François GORIN
  •  • 1 075 mots

Dessinateur américain, William Bill Watterson, le créateur de la bande dessinée Calvin et Hobbes , est né le 5 juillet 1958 à Washington. Il grandit à Chagrin Falls, petite ville de l'Ohio, étudie les sciences politiques à l'université de Kenyon, puis se lance dans le dessin de presse. Après une expérience infructueuse au quotidien The Cincinnati […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bill-watterson/#i_5108

WINKLER PAUL (1898-1982)

  • Écrit par 
  • Jacqueline PUYAU
  •  • 822 mots

La vie de Paul Winkler commence en Hongrie, tourbillonne en Europe, rêve et milite en Amérique, avant de s'épanouir et de se conclure à Paris. Fondateur de l'agence Opera Mundi, introducteur en France du personnage de Mickey, Paul Winkler, né à Budapest le 7 juillet 1898, naturalisé français en 1932, fut une figure cosmopolite, tour à tour journal […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/paul-winkler/#i_5108

WOLINSKI GEORGES (1934-2015)

  • Écrit par 
  • Marc THIVOLET
  •  • 894 mots
  •  • 1 média

Jeune dessinateur né le 28 juin 1934 à Tunis (Tunisie), Georges Wolinski entre en 1960 au journal Hara-Kiri . Il y parodie les grandes œuvres de la littérature dans un style qui rappelle celui des dessinateurs du magazine américain Mad . Une partie de ces récits sera publiée en album sous le titre Histoires lamentables (1965). Son dessin va progr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-wolinski/#i_5108

Voir aussi

SCOTT ADAMS    ADAPTATION DES ŒUVRES    FRANCESCO ALTAN    ART AMÉRICAIN    ART ANGLAIS    FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA BANDE DESSINÉE D' ANGOULÊME    PÉNÉLOPE BAGIEU    BEAUCHARD PIERRE-FRANÇOIS dit DAVID B.    CHRISTIAN BINET    FRANÇOIS BOUCQ    FRANÇOIS BOURGEON    RAYMOND BRIGGS    ÉCOLE DE BRUXELLES bande dessinée    BULLE dessin    EDDIE CAMPBELL    CAUMERY    ANDRÉ CHÉRET    DIDIER COMÈS    COMICS    CONCENTRATION ÉCONOMIQUE    CONTESTATION    ART CORÉEN    LITTÉRATURE CORÉENNE    PAUL CUVELIER    JIM DAVIS    ÉTIENNE DAVODEAU    GUY DELISLE    RUDOLF DIRKS    ÉROTISME art    ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE droit et institutions    FANZINE    BUD FISHER    F'MURR    HAROLD FOSTER    FRANCE droit et institutions    PHILIPPE GELUCK    DAVE GIBBONS    DANIEL GOOSSENS    EMMANUEL GUIBERT    HARA-KIRI journal    HÉROS & IDOLES    ART ITALIEN    ART JAPONAIS    ANDRÉ JUILLARD    JACK KIRBY    GARY LARSON    DAVID LAW    ROGER LÉCUREUX    LIGNE CLAIRE bande dessinée    MAGAZINES    MILO MANARA    MARCHÉ DE L'ART    FRANK MARGERIN    MARC-ANTOINE MATHIEU    ALAN MOORE    JOSÉ MUNOZ    NARRATOLOGIE    ALFRED CHARLES WILLIAM NORTHCLIFFE    NUMÉRISATION    OBATA    HECTOR OESTERHELD    OHSER ERICH dit E. O. PLAUEN    OTOMO    CLÉMENT OUBRERIE    RICHARD FELTON OUTCAULT    AUGUSTO PEDRAZZA    BENOÎT PEETERS    PHYLACTÈRE    PILOTE journal    DROIT DE LA PRESSE    PRESSE QUOTIDIENNE    PUBLICATIONS POUR LA JEUNESSE    JEAN (1930-2006) ROBA    CHARLES ROSS    FRANÇOIS SCHUITEN    ELZIE CRISLER SEGAR    GILBERT SHELTON    JASON SHIGA    JOE SHUSTER    JERRY SIEGEL    DAVE SIM    TAKEUCHI    TARZAN    TEZUKA    LEWIS TRONDHEIM    CULTURE UNDERGROUND    JEAN VAN HAMME    BASTIEN VIVÈS    CHRIS WARE    BIRGIT WEYHE    YAMAZAKI    ZEP

Pour citer l’article

Dominique PETITFAUX, « BANDE DESSINÉE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/bande-dessinee/