MONASTIQUE ARCHITECTURE

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Saint Bernard et les Cisterciens

Le fait décisif dans l'histoire de l'ordre cistercien fut le départ pour Cîteaux, en 1112, de saint Bernard (1091-1153) accompagné d'une trentaine de jeunes nobles, parmi lesquels quatre de ses propres frères. À peine trois ans plus tard, il fonda, avec douze frères, Clairvaux. Soixante-douze fondations nouvelles sont dues à saint Bernard ; soixante-neuf monastères participèrent au chapitre général de 1133. Ils furent trois cent quarante-trois à la mort de saint Bernard et sept cent quarante-deux à la fin du Moyen Âge, auxquels il faut ajouter sept cent soixante et un établissements de moniales. Cinq cent vingt-cinq des monastères cisterciens pour les hommes furent fondés au xiie siècle, cent soixante-neuf au xiiie, dix-huit seulement au xive. Les statistiques font apparaître que la France en posséda deux cent quarante-six, l'Angleterre soixante-seize, l'Italie quatre-vingt-quinze et l'Allemagne plus de cent. En France, les plus anciennes fondations, avec Cîteaux et Clairvaux déjà mentionnées, sont La Ferté (1113), Pontigny (1114) et Morimond (1115). Clairvaux eut trois cent cinquante-cinq filiales, Morimond cent quatre-vingt-treize, Cîteaux cent neuf, Pontigny quarante-trois et La Ferté dix-sept. Une telle filiation implique une grande unité de conception architecturale. La volonté d'ascèse de saint Bernard fit bannir de l'ordre tout ce qui pouvait apparaître luxe ou élément superflu. Une extrême sobriété était de rigueur ; les moines devaient vivre dans des pièces austères et accomplir leurs actes liturgiques avec des objets dépourvus de toute richesse ; les croix étaient en bois et simplement peintes, les calices et patènes en argent non ciselé, les vêtements liturgiques en lin, les candélabres en fer et les encensoirs en cuivre. Les églises ne devaient plus avoir de tours, le   vitrail perdit sa couleur et la seule sculpture admise fut l'image de la Vierge. Les murs ne furent plus crépis, l'immense nomenclature romane du décor architectural se restreignit au minimum : chapiteaux à peine ép [...]

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  • : professeur d'histoire de l'art du Moyen Âge à l'université de Paris-X et au Centre d'études supérieures de civilisation médiévale de Poitiers

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Carol HEITZ, « MONASTIQUE ARCHITECTURE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 août 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/architecture-monastique/