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BULGARIE

Nom officiel République de Bulgarie
Chef de l'État Roumen Radev - depuis le 22 janvier 2017
Chef du gouvernement Rossen Jeliazkov - depuis le 16 janvier 2025
Capitale Sofia
Langue officielle Bulgare
Population 6 446 596 habitants (2023)
    Superficie 111 000 km²

      Article modifié le

      De la Bulgarie avant les Bulgares à la République populaire

      Le Moyen Âge bulgare

      L'histoire de la Bulgarie commence avec l'installation sur le territoire actuel du peuple qui lui a donné son nom, avec la fondation de l'État bulgare d'Asparuch en 681. Mais il y eut une Bulgarie avant les Bulgares, dont le substrat ethnique originel est la Thrace et qui porte l'empreinte des grandes civilisations de l'Antiquité. Varna, Sozopol, Nessebar sont les héritières de colonies grecques fondées dès les viie-vie siècles avant notre ère. Philippopoli, ancien nom de Plovdiv, évoque Philippe de Macédoine ; Sofia elle-même était la Serdica romaine, quand la Bulgarie se nommait la Mésie.

      Slaves et Protobulgares

      Bulgarie, VII<sup>e</sup>-XII<sup>e</sup> siècle - crédits : Encyclopædia Universalis France

      Bulgarie, VIIe-XIIe siècle

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      La Bulgarie médiévale s'est formée au terme des grandes migrations du haut Moyen Âge aux dépens de l'Empire byzantin. Elle se distingue des autres royaumes barbares par sa dualité initiale, curieuse symbiose entre deux peuples totalement différents par l'origine et la langue. Elle est née autant d'un voisinage fortuit des sept tribus slaves d'entre Danube et Balkan (une des vagues de la grande marée slave qui submerge la péninsule balkanique aux vi-viie s.) et des Protobulgares, nomades d'origine turque arrivés en Dobroudja après bien des vicissitudes, que de la nécessité pour ces deux peuples d'organiser leur défense commune contre la reconquête byzantine. Sous l'autorité du khan protobulgare Asparuch, la fédération slavo-bulgare réussit ainsi à faire reconnaître par Byzance l'existence du premier royaume bulgare, que son manque de cohésion condamnait à plus ou moins long terme.

      Aussi, la véritable naissance de la Bulgarie est-elle liée à son unification, qui est en même temps une slavisation, le terme « bulgare » prenant alors l'acception qu'il a gardée. Les artisans en furent les deux grands tsars Boris (852-889) et Siméon (893-927). Les moyens en furent la conversion de la Bulgarie au christianisme byzantin en 865 et surtout (sans quoi la Bulgarie fût facilement tombée sous l'influence de Constantinople) l'adoption de la liturgie en langue slave, que les inventeurs de l'alphabet slave, Cyrille et Méthode, avaient créée en vain pour la Moravie, mais que leurs disciples, Clément d'Okhrid et Naoum, introduisent en Bulgarie. Événement d'une immense portée, qui donne au peuple bulgare son unité morale, qui assure définitivement la victoire de la langue slave, commune désormais à l'aristocratie, au clergé et au peuple.

      Byzance

      En accédant à une civilisation de l'écriture, la Bulgarie peut recueillir le patrimoine culturel byzantin et l'enrichir selon son génie propre. Les résultats ne se sont pas fait attendre. Le règne de Siméon, le « Charlemagne bulgare », est l'âge d'or de la Bulgarie médiévale. On verra ailleurs l'épanouissement des lettres, illustrées par les noms de Jean l'Exarque, de Constantin l'Évêque et du moine Khrabar. Les fouilles de Preslav, où Siméon établit sa capitale et le siège du patriarcat de l'Église bulgare indépendante, ont mis au jour un art non moins brillant (l'« église d'or » et le palais royal avec ses revêtements de marbre, d'or et de bois sculpté).

      La Bulgarie de Siméon se pose en rivale de Byzance, menace l'Empire jusque dans sa capitale. Mais la féodalisation progressive de la société transforme les paysans libres en tenanciers dépendants. La protestation sociale contre les riches et les puissants – tsar, boïars, Église – prend, comme il arrive souvent au Moyen Âge, la forme de l'hérésie religieuse. C'est le bogomilisme, du nom du pope Bogomil qui prêcha cette doctrine d'inspiration manichéenne, tendant à établir une société ascétique et égalitaire, et dont les cathares sont probablement les lointains héritiers.

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      Byzance profite de l'affaiblissement du royaume pour soumettre en 972 la Bulgarie proprement dite, puis, après une série de guerres longues et cruelles menées par Basile II « le Bulgaroctone », les provinces occidentales, où le boïar Samuel avait tenté de constituer un État macédonien (1018). La Bulgarie toutefois refuse l'assimilation. Quand Byzance à son tour tombe en décadence, à la veille de succomber sous les coups des croisés latins, l'insurrection libératrice éclate en Bulgarie du Nord, à Tirnovo, dirigée par deux boïars, les frères Pierre et Assen.

      Décadence

      Le deuxième royaume bulgare va jeter ses derniers feux sous les règnes de Kalojan (1197-1207) et Ivan Assen II (1218-1241) : reconstitution territoriale, grâce à d'éclatantes victoires sur les Grecs et les Latins, d'une grande Bulgarie étendue de la mer Noire à l'Adriatique et à la mer Égée ; essor du commerce, dû aux relations étroites que la Bulgarie entretient avec les marchands de Raguse ; réveil intellectuel qu'atteste une nouvelle floraison de la littérature religieuse ou profane, officielle ou apocryphe ; essor de l'art religieux, qui imite Byzance dans l'architecture (église de Nessebar), mais atteint une admirable originalité dans les fresques de Boïana (milieu du xiiie s.). Mais c'est le chant du cygne de la Bulgarie médiévale, qui connaît une décadence irrémédiable après la terrible invasion tatare de 1240. Le régime seigneurial se durcit. L'État se dissout dans l'anarchie féodale. En 1278, une formidable jacquerie embrase toute la Bulgarie et permet à un paysan, Ivaïlo, de se faire proclamer tsar en 1371.

      La Bulgarie finit par se démembrer en deux royaumes, celui de Tirnovo et celui de Vidin, parfaitement incapables de résister à la vague ottomane et qui tomberont, le premier en 1393, le second en 1396.

      Sous le joug ottoman

      Survie d'une nation

      L'État bulgare disparaît pour près de cinq siècles, mais non la nation bulgare. Pourtant, tout conspirait à la détruire. Sur le plan social, plus de classe dirigeante autochtone. Les boïars ont été remplacés par les nouveaux féodaux turcs, pachas, beys et spahis. Il ne reste qu'un peuple de paysans, écrasés par la dîme, la capitation et les corvées. Sur le plan démographique, c'est, après les massacres et les déportations de la conquête, la cruelle levée périodique des enfants dont on fait des janissaires. C'est la colonisation des plaines bulgares, riches et relativement proches du centre de l'Empire, en particulier la vallée de la Maritsa et le littoral de la mer Noire, par des paysans turcs d'Anatolie. C'est la métamorphose des villes – notamment Sofia – qui prennent avec leurs mosquées, leurs bazars, un aspect oriental et dont la population est souvent plus turque, grecque ou arménienne que bulgare. Il est vrai que les Turcs ont permis aux peuples asservis de conserver leur foi, leur Église (seuls les Pomaks du Rhodope céderont à la conversion forcée). Mais c'est pour la Bulgarie une autre cause de dénationalisation, extrêmement insidieuse. Les diocèses bulgares ont été rattachés au patriarcat de Constantinople, qui dispose également de pouvoirs administratifs. Par le haut clergé grec, par le retour à la liturgie en langue grecque, l'hellénisation regagne du terrain. D'autant plus que les colonies de commerçants grecs établis dans les villes forment les cadres de la vie économique.

      Malgré tout, l'esprit national reste vivace. Il se manifeste dans la résistance populaire à l'envahisseur, qu'incarnent les haïdouks, hors-la-loi des montagnes dont les chansons populaires célèbrent les exploits.

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      D'autre part, les traditions intellectuelles et artistiques de la nation bulgare se maintiennent grâce à des conservatoires que sont les monastères (et, entre tous, celui de Saint-Jean-de-Rila), qui continuent à pratiquer très tard l'art byzantin de la fresque et de l'icône.

      Renaissance bulgare

      C'est cette survie latente de la nation qui permet à la fin du xviiie et au début du xixe siècle ce qu'on appelle la « Renaissance bulgare ». Le moine Païssi, du couvent de Khilendar au mont Athos, exalte dans son Histoire slavo-bulgare (1762) le passé glorieux de son pays et fustige ses compatriotes honteux de parler leur langue maternelle. Sofroni, évêque de Vratsa, peint les malheurs présents du peuple bulgare asservi et montre que le chemin du salut est dans l'instruction populaire. Ces appels trouvent un écho, parce que les structures économiques et sociales de l'Empire ottoman sont alors en pleine mutation, particulièrement en Bulgarie, avec la crise du système féodal. Le tchiflik, propriété foncière privée, exploitée directement par son détenteur, se répand de plus en plus ; la mobilisation des terres profite aussi à une couche favorisée de petits propriétaires bulgares. Le capitalisme industriel fait ses premiers pas le long de la chaîne du Balkan, où naissent de petits ateliers métallurgiques et surtout des industries textiles. Le marchand Jeliazkov fonde à Sliven en 1834 la première manufacture de drap, et ce sera l'industrie bulgare qui fabriquera les uniformes des soldats turcs pendant la guerre de Crimée et qui habillera les ouvriers du canal de Suez. Ainsi se forme une bourgeoisie bulgare, pour laquelle s'ouvrent à la même époque des écoles laïques bulgares (la première en 1835) et non plus grecques, sous l'impulsion de pionniers comme Petăr Beron, Vassil Aprilov et Neofit Rilski. De ces écoles sortira une intelligentsia issue de la petite bourgeoisie et proche du peuple, capable de diriger un mouvement révolutionnaire de libération. Celle-ci consiste d'abord à détruire l'hégémonie intellectuelle et spirituelle de l'hellénisme : des émeutes éclatent pour obtenir la bulgarisation du clergé, le retour à la liturgie slave et finalement l'indépendance de l'Église bulgare. En 1870, malgré la vive résistance du patriarcat de Constantinople, le sultan accorde la constitution d'un exarchat bulgare autonome. D'ardents patriotes préparent ensuite, en Bulgarie même ou dans les milieux de l'émigration bulgare de Bucarest, l'étape décisive de la libération politique : les maîtres d'école G. Rakovski et Vassil Levski, le publiciste Karavelov, le poète Khristo Botev. Mais l'héroïque insurrection d'avril 1876 n'aboutit qu'à déchaîner sur le pays une répression d'une férocité sans précédent. La Bulgarie ne pourra se libérer qu'avec l'aide étrangère, quitte à subir des protections intéressées ou le contrecoup de querelles internationales qui la dépassent. Ainsi, profitant de l'émotion soulevée en Europe par les « horreurs bulgares », la Russie déclare la guerre à la Turquie et, victorieuse, lui dicte la paix de San Stefano, qui ressuscite une grande Bulgarie étendue jusqu'au lac d'Okhrid et aux portes de Salonique. Mais l'opposition de l'Angleterre et de l'Autriche-Hongrie oblige Saint-Pétersbourg à accepter la révision du traité faite par le Congrès de Berlin en 1878. La Macédoine retourne à l'Empire ottoman. La « Roumélie orientale » (région de Plovdiv) n'a qu'un statut de province autonome. La principauté de Bulgarie, qui reste tributaire du sultan, s'arrête à la chaîne du Balkan : ces décisions arbitraires pèseront sur l'avenir de la Bulgarie moderne.

      L'indépendance (1878)

      Une constitution démocratique

      La Bulgarie depuis 1878 - crédits : Encyclopædia Universalis France

      La Bulgarie depuis 1878

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      La première tâche de la Bulgarie libérée est d'ordre politique : organiser l'État.

      Par suite de l'absence de toute aristocratie foncière sur laquelle on aurait pu fonder un régime censitaire et conservateur, la Constitution de Tirnovo est étonnamment démocratique. Elle partage les pouvoirs entre un prince recommandé par les puissances signataires de Berlin et une assemblée élue au suffrage universel, et elle garantit les libertés individuelles classiques. La Bulgarie parvint ensuite à éliminer les clauses les moins viables du traité de Berlin : les principautés de Bulgarie et de Roumélie, de peuplement identique et d'économies complémentaires, furent réunies en 1885, à la suite d'une révolution sans effusion de sang à laquelle l'Europe se résigna.

      La Bulgarie unifiée reprit peu à peu sa pleine souveraineté en matière commerciale et douanière. En 1908 enfin, le prince Ferdinand prend le titre de tsar, affirmant à l'égard de l'Empire ottoman une indépendance désormais totale. Cependant les institutions parlementaires ont eu beaucoup de peine à s'acclimater dans un pays essentiellement rural et sans aucune expérience politique. Le premier prince, Alexandre de Battenberg (1879-1887), commença par suspendre la Constitution, trop libérale à son gré. Son successeur, Ferdinand de Saxe-Cobourg (1887-1918), dut subir la dictature brutale du « libéral » Stambolov jusqu'en 1894, mais ne se débarrassa de lui que pour imposer sa politique personnelle, usant, au gré des circonstances, des leaders, sans grande audience populaire il est vrai, du parti conservateur ou du parti libéral éclaté en tendances rivales.

      Effort de modernisation

      Les problèmes posés par le développement économique de la Bulgarie n'étaient pas moins difficiles, car son retard était encore considérable par rapport à l'Europe occidentale ou centrale. La bourgeoisie libérale au pouvoir, en particulier sous Stambolov, a fait un grand effort de modernisation : équipement ferroviaire – transversale Nich-Sofia-Plovdiv-Constantinople – et portuaire – Varna, Bourgas – et elle a soutenu systématiquement la jeune industrie nationale (surtout textile et alimentaire).

      Mais la Bulgarie ne peut financer cette politique d'équipement, qui intervient alors que les dépenses militaires sont très fortes, que par des emprunts extérieurs à Londres, Paris ou Vienne ; mais ceux-ci coûtent cher et imposent des charges fiscales très lourdes, qui retombent en définitive sur le monde paysan. La Bulgarie avait fait sa révolution agraire à la faveur de la guerre russo-turque de 1877-1878. Les terres abandonnées par les Turcs en fuite avaient été réparties entre les paysans bulgares, mais moyennant indemnisation des anciens propriétaires par l'État bulgare. Le remboursement des prêts de rachat, les impôts qui s'y ajoutent, et cela au moment où les prix agricoles baissent sur les marchés mondiaux, provoquent un malaise rural croissant.

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      Vers la fin du siècle, les progrès de l'industrialisation et les difficultés de l'agriculture trouvent leur expression politique dans l'apparition de partis ou mouvements nouveaux, qui prennent en charge les intérêts des classes sacrifiées (ouvriers et paysans) par la bourgeoisie au pouvoir. D'une part, le parti social-démocrate bulgare fondé, en 1891 par Dimitar Blagoev, éclate en 1903, à l'instar du socialisme russe, en deux tendances : un socialisme « large », réformiste, orienté vers les libéraux, et un socialisme « étroit », intransigeant et strictement prolétarien. D'autre part, la Ligue agrarienne, dont les préoccupations, d'abord éducatives, deviennent politiques avec Alexandre Stambolijski, après la flambée des émeutes agraires de Varna en 1900.

      Un nationalisme exacerbé

      Mais le fait qui domine cette période est l'exaspération d'un nationalisme, frustré au départ par la révision du traité de San Stefano. La réunion de la Bulgarie et de la Roumélie n'a jamais fait oublier le troisième tronçon irrédent, la Macédoine, dont la population slave est tenue pour bulgare par le gouvernement et l'opinion. Le nationalisme est d'ailleurs pour Ferdinand et pour les libéraux un moyen commode de popularité. D'où la propagande menée en Macédoine même par l'Organisation révolutionnaire intérieure, plus ou moins contrôlée par un comité macédonien de Sofia.

      La guerre balkanique

      Ferdinand I<sup>er</sup> - crédits : Topical Press Agency/ Hulton Royals Collection/ Getty Images

      Ferdinand Ier

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      La guerre balkanique de 1912, menée avec les Serbes et les Grecs, visait à chasser conjointement les Turcs des Balkans, mais, au moment du partage des dépouilles, l'état-major bulgare prit la désastreuse initiative de s'emparer par la force des territoires revendiqués. Vaincue par ses alliés de la veille en 1913, la Bulgarie doit signer le traité de Bucarest, qui lui ouvre un accès à la mer Égée, mais l'oblige à abandonner la Macédoine à la Grèce et à la Serbie, la Dobroudja méridionale à la Roumanie. Persévérant dans l'erreur, le roi Ferdinand Ier compte prendre sa revanche en 1915, en entrant en guerre au côté des puissances centrales, ce qui a pour résultat d'infliger une humiliation supplémentaire au nationalisme bulgare (traité de Neuilly de 1919, qui confirme les clauses de Bucarest, à cela près qu'il enlève à la Bulgarie son débouché maritime de Thrace).

      Soldats bulgares - crédits : Hulton Archive/ Getty Images

      Soldats bulgares

      Combattants irréguliers bulgares - crédits : Hulton Archive/ Getty Images

      Combattants irréguliers bulgares

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      Le royaume ne se remettra pas de ce choc. L'histoire de l'entre-deux-guerres n'est faite que de difficultés économiques et de convulsions politiques.

      Aux séquelles économiques de la guerre (lourdes réparations, accueil de quelque 150 000 réfugiés de Thrace et de Macédoine) viennent s'ajouter les effets catastrophiques de la grande crise mondiale sur une économie fondée sur l'exportation de produits agricoles et les crédits extérieurs.

      Glissement vers le fascisme

      Coup d'État à Sofia - crédits : Hulton-Deutsch/ Corbis Historical/ Getty Images

      Coup d'État à Sofia

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      On comprend que la vie politique soit dominée par la violence sous le règne de Boris III (1918-1943), en faveur de qui Ferdinand a dû abdiquer. Stambolijski établit en 1920 une dictature paysanne, qui limite à trente hectares la propriété foncière et réduit les revenus industriels et financiers ; mais il est renversé et assassiné en 1923. L'insurrection manquée des communistes et des agrariens, en septembre 1923, ouvre une ère de terrorisme et de contre-terrorisme, où s'entretuent communistes (héritiers des socialistes « étroits », menés du Komintern à Moscou par l'intermédiaire de Dimitrov et Kolarov), révolutionnaires macédoniens et ligues fascistes. Il semble que la démocratie soit impossible en Bulgarie. Avec les officiers nationalistes du groupe Zveno, en 1934, puis, à partir de 1935, les ministères à la dévotion du Palais, on s'oriente de plus en plus vers les formules autoritaires.

      Boris III - crédits : Hulton Archive/ Hulton Royals Collection/ Getty Images

      Boris III

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      Le glissement de la politique intérieure vers le fascisme s'accompagne d'une évolution analogue de la politique étrangère : affinités politiques avec les pays de l'Axe, mais aussi adhésion à un système économique d'échanges, qui paraît alors offrir la seule issue possible à la crise. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement Filov prend parti pour l'Allemagne nazie et, en mars 1941, ouvre le territoire bulgare aux troupes allemandes qui vont envahir la Grèce et la Yougoslavie. En récompense, la Bulgarie pourra occuper la Macédoine et la Thrace tant convoitées. Mais, dès 1943, la guerre paraît perdue pour l'Allemagne. Le roi Boris songe à une paix séparée avec l'Angleterre et les États-Unis (la Bulgarie ne participe pas à la guerre contre l'URSS). Mais il meurt brusquement. Une nouvelle fois, son imprudent expansionnisme met la Bulgarie au bord de l'effondrement.

      — Robert PHILIPPOT

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      Écrit par

      • : ancien élève de l'École normale supérieure, professeur honoraire à l'Institut national des langues et civilisations orientales, docteur ès lettres
      • : professeur à la faculté des lettres et sciences humaines de Nanterre, journaliste scientifique
      • : docteur en histoire du xxe siècle de l'Institut d'études politiques, Paris, journaliste, membre du comité de rédaction de la revue Confluences Méditerranée
      • : maître de conférences honoraire
      • : agrégé de l'Université, docteur en études slaves, docteur d'État, professeur de bulgare à l'Institut national des langues et civilisations orientales, directeur du Centre d'études balkaniques
      • : journaliste
      • : chargée de cours à l'Institut d'études européennes de l'université de Paris-VIII, analyste-rédactrice aux éditions de la Documentation française
      • : professeur à l'Institut national des langues orientales vivantes
      • Encyclopædia Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

      Classification

      Médias

      Bulgarie : carte physique - crédits : Encyclopædia Universalis France

      Bulgarie : carte physique

      Bulgarie : drapeau - crédits : Encyclopædia Universalis France

      Bulgarie : drapeau

      Bulgarie, VII<sup>e</sup>-XII<sup>e</sup> siècle - crédits : Encyclopædia Universalis France

      Bulgarie, VIIe-XIIe siècle

      Autres références

      • BULGARIE, chronologie contemporaine

        • Écrit par Universalis
      • AUTOCÉPHALES ÉGLISES

        • Écrit par
        • 1 043 mots

        L'autocéphalie (du grec autoképhalos, « qui est sa propre tête ») est le régime canonique qui règle les rapports institutionnels existant entre les diverses Églises sœurs dont se compose l'Église orthodoxe. Deux traits caractérisent ce régime : le refus d'une primauté de...

      • BALKANS ou PÉNINSULE BALKANIQUE

        • Écrit par et
        • 7 514 mots
        • 1 média
        ...non-alignés. L'Albanie, hostile à la déstalinisation, rompit avec l'URSS en 1961, puis établit des liens privilégiés avec la Chine jusqu'à la rupture de 1978. Elle fit ensuite le difficile pari d'un développement autocentré. Seule la Bulgarie, membre du pacte de Varsovie, demeurait dans l'alliance soviétique.
      • BOGOMILES

        • Écrit par
        • 1 109 mots

        Le mouvement bogomile (du nom de son fondateur le prêtre Bogomil) a pris naissance au xe siècle en Bulgarie. Il s'est propagé dans les pays balkaniques avant de s'étendre dans l'Empire byzantin.

      • BORIS III (1894-1943) roi de Bulgarie (1918-1943)

        • Écrit par
        • 254 mots
        • 2 médias

        Fils aîné de Ferdinand Ier de Bulgarie, le futur Boris III est élève à l'Académie militaire de Sofia et sert dans l'état-major de son père au cours des deux guerres balkaniques et de la Première Guerre mondiale. Quand Ferdinand Ier abdique, en 1918, il lui succède. À cette époque...

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      Voir aussi