Pour qui cherche à définir la personnalité de la Roumanie, le premier caractère qui retient l'attention est sa diversité. La Roumanie est un carrefour culturel. L'histoire l'associe au monde balkanique, puisqu'elle a subi comme lui l'influence religieuse et artistique de Byzance et le joug ottoman. Mais elle n'atteste pas moins sa vocation carpato-danubienne, que la géographie impose, c'est-à-dire l'ouverture vers le monde germanique et hongrois, et par-delà, vers la civilisation occidentale, c'est-à-dire le catholicisme, la Réforme, le mouvement des Lumières et le romantisme.
L'essentiel reste pourtant le principe d'unité, qui s'oppose aux forces centrifuges qu'aurait pu produire cette diversité : la latinité que Trajan lui a imprimée et qui ne s'est jamais effacée. C'est ce qui lui a permis de résister, démographiquement et linguistiquement, au déferlement des Slaves au Moyen Âge et, intellectuellement plus tard, au prestige de l'hellénisme. Et c'est aussi la conscience de sa latinité, ravivée aux moments décisifs de son histoire (1848, 1856-1859, 1916-1918) par un attrait privilégié pour la France, qui a cimenté l'unité nationale de la Roumanie et rendu possible le rassemblement des principautés de Transylvanie et de Moldo-Valachie, si longtemps séparées par des destins différents.
Occupée par l'Armée rouge en 1944, la Roumanie s'est vu imposer un régime de type soviétique alors qu'elle n'avait même pas eu le temps de s'accoutumer, dans l'entre-deux-guerres, à la démocratie. Dans les années 1960 et 1970, le pouvoir a semblé faire preuve d'une certaine volonté d'indépendance. Cependant, la crise mondiale, combinée aux insuffisances d'une politique dirigiste à l'extrême, les errements d'un régime qui s'avéra de plus en plus despotique placèrent la Roumanie dans l'orbite soviétique. Mais l'exaspération de tout un peuple maintenu dans le sous-développement aboutit à la révolution de décembre 1989. Le pays peine à s'adapter à l'économie de marché, mais entreprend un rapprochement avec l'Ouest, qui se concrétise par l'entrée dans l'O.T.A.N. en 2004 et dans l'Union européenne en 2007[…]
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