Le mot textile recouvre l'ensemble du monde du tissu et désigne plus particulièrement l'industrie qui s'y applique. Au pluriel, les textiles constituent une vaste famille recouvrant celle des étoffes, nom qui a pris un caractère un peu archaïque. « Étoffe », en effet, fut longtemps le terme utilisé pour désigner tous les tissus traditionnels, tant les matériaux que dans les modes de tissage. C'est un mot au long cours, relativement noble, puisqu'on en arriva à l'expression « avoir de l'étoffe » pour désigner quelqu'un capable de réalisations. Tissu, quant à lui, est dérivé de tissage, et désigne le résultat du croisement des fibres : la nappe des fils de chaîne traversée par les allées et venues du fil de trame, obtenu sur un métier, dont on peut répertorier les différentes progressions techniques.
1. Histoire
À l'origine, il s'agit de tendre un ensemble de fils parallèles entre des pièces de bois fixes. Avec l'aide d'une navette sur laquelle il est enroulé, le fil de trame est passé dessus dessous. Ce type d'installation pouvait être tendu verticalement ou horizontalement. On perfectionne ce système rudimentaire avec des poids qui permettent d'abaisser et de relever plus facilement les fils de chaîne. La grande amélioration, qui donne naissance à ce qu'on appelle l'ensouple, réside dans l'adjonction d'un rouleau à chaque extrémité des fils de chaîne permettant d'un côté de les enrouler (donc d'avoir un long métrage pour tisser), et de l'autre côté d'enrouler l'étoffe au fur et à mesure du tissage. Ce sont les Chinois qui ont inventé le métier à pédale : le tisserand appuyait sur une planchette de bois pour faire avancer les fils de chaîne enroulés en haut du métier. Puis on en arriva au métier à la tire, dont le principe se retrouve aujourd'hui dans les métiers mécaniques. Ce métier permet de répéter automatiquement et de façon régulière l'ensemble du motif du tissu (ce qu'on appelle le rapport). Comme il faut lever et abaisser un grand nombre de cordes pour faire jouer les fils de chaîne […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 34 pages…



