SEXUALISATION, biologie

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Hormones sexuelles : rôle des androgènes

Le rôle des estrogènes est étudié dans l'article appareil génital : ils sont responsables de la morphogenèse « neutre » à savoir féminine. Nous ne l'envisagerons pas ici. Les androgènes ont longtemps été considérés comme des hormones exclusivement virilisantes, c'est-à-dire responsables de la différenciation et du développement de l'appareil génital masculin ; leurs actions physiologiques sont, en fait, beaucoup plus étendues et concernent de nombreux tissus. Les androgènes agissent notamment sur la croissance des os et le métabolisme musculaire, mais également sur le maintien en vie des motoneurones du système nerveux central.

D'un point de vue biochimique, les androgènes sont des stéroïdes comportant dix-neuf atomes de carbone, avec une fonction oxygénée sur les carbones 3 et 17. Cependant, parmi ces molécules, il faut distinguer les androgènes actifs – la testostérone (T) et la dihydrotestostérone (DHT) – des précurseurs inactifs et des métabolites. L'activité androgénique dépend de la capacité de l'androgène à se fixer ou non au « récepteur des androgènes » qui est le médiateur obligatoire de l'action cellulaire des androgènes.

Au niveau des organes génitaux, pendant la vie fœtale, les androgènes actifs induisent la virilisation du tractus urogénital selon deux voies. La testostérone agit directement sur les canaux de Wolff et permet ainsi le développement des épididymes, des canaux déférents et des vésicules séminales. En revanche, au niveau du sinus urogénital et des organes génitaux externes, elle sert de prohormone pour la synthèse de DHT, laquelle déclenche le développement de l'urètre et de la prostate et permet aussi la formation du pénis et du scrotum.

La transmission du message androgène

Les mécanismes de transmission du message androgène dans une cellule cible comportent deux étapes fondamentales : il s'agit, d'une part, de la conversion, dans certains tissus, ci-dessus énumérés, de la T en DHT grâce à l'action d'une enzyme, la 5α-réductase (conversion qui correspond à une amplification du signal androgène) et, d'autre part, de la mise en jeu, pour la T comme pour la DHT, d'un récepteur hormonal spécifique, le récepteur des androgènes, médiateur obligatoire de l'action des androgènes.

L'enzyme de la morphogenèse masculine

La 5α-réductase, ou 5αR, est une enzyme membranaire microsomale, NADPH-dépendante. Elle est responsable de la transformation de T en DHT. Certaines données cliniques biochimiques et génétiques (en particulier l'étude des déficits en 5α-réductase, forme rare de pseudohermaphrodisme masculin) ont abouti, au début des années 1990, à l'hypothèse de l'existence de deux 5αR distinctes, les types 1 et 2 ; leur existence a été confirmée par suite du clonage et du séquençage de deux gènes différents codant pour ces deux enzymes. Le gène codant pour le type 1 est situé sur le chromosome 5, celui codant pour le type 2 sur le chromosome 2. Bien qu'exerçant la même activité enzymatique sur les mêmes substrats, les enzymes type 1 et type 2 ne présentent qu'environ 50 p. 100 d'homologie dans leur composition en acides aminés. Elles se différencient, sur le plan fonctionnel, par quatre points essentiels : leur pH optimal d'activité, la sensibilité à l'action inhibitrice du finastéride, leur distribution tissulaire et l'ontogenèse de leur expression. La 5αR de type 1 est essentiellement exprimée dans le foie et dans la peau non génitale, alors que la 5αR de type 2, bien qu'exprimée dans le foie également, n'est retrouvée qu'au niveau des organes génitaux externes.

Le récepteur des androgènes

Le récepteur des androgènes appartient à la famille des récepteurs nucléaires (récepteurs des hormones stéroïdes et thyroïdiennes, de la vitamine D, de l'acide rétinoïque...), ainsi nommés car ils sont actifs dans le noyau des cellules cibles. Le gène (subdivisé en huit structures actives ou exons, reliées par des introns inactifs), qui code pour l'expression dudit récepteur, est situé sur le chromosome X en position q11-12. Ce récepteur est une protéine qui partage, avec tous les récepteurs nucléaires, une structure générale en trois domaines fonctionnel [...]

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Sinus urogénital de l'embryon humain

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Production de la protéine AMH

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Écrit par :

  • : professeur honoraire de clinique endocrinologique à la faculté de médecine de Paris, membre de l'Académie nationale de médecine
  • : docteur de l'université de Montpellier (développement et reproduction), chercheur de l'industrie pharmaceutique
  • : biologiste à l'Institut Pasteur et au musée de l'Homme
  • : docteur ès sciences, chargé de recherche, C.N.R.S.-Institut Pasteur
  • : médecin des hôpitaux, docteur ès sciences, professeur des universités (première classe), C.H.U. Montpellier

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Pour citer l’article

Jacques DECOURT, Jean-Marc LOBACCARO, Étienne PATIN, Lluis QUINTANA-MURCI, Charles SULTAN, « SEXUALISATION, biologie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sexualisation-biologie/