ANDROGÈNES

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Hormones stéroïdes à dix-neuf atomes de carbone, les androgènes naturels sont biosynthétisés par les gonades, ovaires et testicules (et dans ces derniers par les cellules de Leydig), et par les corticosurrénales (zone réticulée). La testostérone est chez le mâle le principal androgène parmi ceux qui circulent dans le sang. D'activité plus faible et produite en outre à concentrations moindres, l'androsténedione est élaborée surtout dans les testicules, alors que la déhydroépiandrostérone (DHEA) est biosynthétisée en majorité dans les glandes corticosurrénales. Ces deux stéroïdes sont en fait des précurseurs de la testostérone. La biosynthèse des androgènes, qu'elle ait lieu dans les testicules ou dans les corticosurrénales, fait appel aux mêmes systèmes enzymatiques et au même intermédiaire, la prégnénolone, commune aux diverses hormones stéroïdes. Deux voies métaboliques sont possibles. L'une, prépondérante, débute par la transformation de la prégnénolone en progestérone suivie de son hydroxylation en 17 α et de la métabolisation en androstènedione, précurseur de la testostérone. L'autre, minoritaire, met en jeu les mêmes enzymes, mais dans un ordre différent : l'hydroxylation en 17 α précède la conversion en DHEA, et celle éventuelle en androsténedione puis en testostérone. Sous le contrôle de la LH (luteinizing hormone) et de la prolactine, la production testiculaire de testostérone est d'environ 30 micromoles par vingt-quatre heures. Cette hormone gagne alors ses organes cibles ; dans certains (notamment dans le système nerveux central et le muscle) elle agit sous sa forme initiale alors qu'au niveau des organes génitaux externes (pénis, scrotum) et internes (vésicules séminales, prostate), au niveau du système pilosébacé et de l'os, elle nécessite d'être préalablement réduite en dihydrotestostérone (DHT).

Dans les conditions physiologiques, les glandes corticosurrénales produisent principalement la DHEA, sous forme libre et sous forme de sulfate, et l'androsténedione. Les taux surrénaliens de sécrétion sont voisins, par vingt-quatre heures, de 17 micromoles pour la DHEA, de 40 micromoles pour le sulfate de DHEA et de 10 micromoles pour l'androsténedione.

Chez le sujet mâle, les actions physiologiques des androgènes sont importantes à l'âge fœtal, à la puberté et à l'âge adulte. Chez le fœtus, la testostérone, qui est sécrétée par les testicules dès la huitième semaine, exerce un rôle capital et décisif dans la différenciation des organes génitaux : développement des canaux de Wolff qui se différencient en épididyme, canal déférent et vésicule séminale, pour les organes génitaux internes ; développement du pénis et formation du scrotum, pour les organes externes. Dans cette phase de différenciation, la testostérone n'est cependant pas seule impliquée, elle agit, en effet, en synergie avec une autre hormone, de nature non stéroïdienne : l'hormone antimüllérienne. En l'absence de testicules et indépendamment de la présence d'ovaires, les voies génitales se développent dans le sens féminin. La testostérone est donc une hormone masculinisante.

À la puberté, les androgènes sont responsables des transformations observées lors de cette étape de la vie du jeune garçon : augmentation de la verge, du scrotum et de la prostate, croissance osseuse, développement musculaire (action anabolisante) et de la pilosité, d'abord pubienne puis axillaire et enfin faciale. Elle développe, en synergie avec la FSH (folliculine stimulating hormone) la spermatogenèse.

Chez le sujet adulte masculin, les androgènes permettent la persistance des caractères sexuels secondaires, le maintien de la spermatogenèse et de la libido et influencent le comportement émotionnel.

Chez la femme, les androgènes sont sécrétés par l'ovaire (testostérone essentiellement et 4-androsténedione) et par les corticosurrénales (DHEA principalement). La synthèse androgénique y est environ dix fois plus faible que chez l'homme. La moitié de la testostérone est sécrétée par l'ovaire et les surrénales, l'autre moitié provient de la conversion de la 4-androsténedione dans les tissus périphériques. Leur seule fonction physiologique est leur implication dans le développement des pilosités pubienne et axillaire.

Chez l'homme, les déficits androgéniques sont surtout graves avant la puberté, puisqu [...]

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Écrit par :

  • : docteur en pharmacie, ingénieur documentaliste au service de documentation biologique et pharmaco-chimique, Centre de recherche Roussel-Uclaf
  • : docteur en pharmacie à l'université de Paris, docteur ès sciences physiques, membre de l'Académie nationale de pharmacie
  • : ingénieur E.S.P.C.I., docteur ès sciences, attaché scientifique à l'Institut scientifique Roussel

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Pour citer l’article

Dominique BIDET, Jean-Cyr GAIGNAULT, Jacques PERRONNET, « ANDROGÈNES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/androgenes/