POUSSIN NICOLAS (1594-1665)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Médias de l’article

La Mort de Germanicus, N. Poussin

La Mort de Germanicus, N. Poussin
Crédits : Erich Lessing/ AKG

photographie

L'Eucharistie, N. Poussin

L'Eucharistie, N. Poussin
Crédits : Duke of Sutherland Collection, on loan to the National Gallery of Scotland, Edimbourg, Grande-Bretagne

photographie

Le Jugement de Salomon, N. Poussin

Le Jugement de Salomon, N. Poussin
Crédits : École nationale supérieure des beaux-arts, Paris

photographie

Paysage avec Agar et l'ange, N. Poussin

Paysage avec Agar et l'ange, N. Poussin
Crédits : Erich Lessing/ AKG

photographie


Poussin à Rome : la maturité et les dernières années

Retrouvant les conditions morales propices à sa création et jouissant d'un respect croissant de la part des milieux artistiques tant en Italie qu'en France, Poussin allait, au cours des années suivant son retour à Rome, apparaître progressivement comme l'une des figures dominantes de la peinture européenne. Il sera désormais le peintre-philosophe dont l'Autoportrait peint en 1650 pour Chantelou (musée du Louvre) a contribué à fixer l'image austère et savante. Puisant fréquemment son inspiration dans des thèmes du Nouveau Testament ou de l'histoire romaine, il traite de préférence les sujets qui lui permettent un approfondissement de sa quête morale. Dans les Évangiles, il se tourne vers les grands thèmes fondamentaux (la Sainte Famille, la Crucifixion), tandis que les historiens romains stoïciens lui permettent d'exploiter des variations autour du concept de la victoire de la volonté sur les passions. Revenant parfois à des sujets déjà traités dans un style de plus en plus rigoureux et dépouillé, il reprend en particulier ceux des Sept Sacrements dans une série peinte entre 1644 et 1648 pour Chantelou (collection du duc de Sutherland, en prêt à la National Gallery d'Édimbourg), où il accentue la solennité de la première série. Désormais établies selon une symétrie rigoureuse évoquant la Renaissance classique et en particulier Raphaël, ses compositions sont plus monumentales et plus dépouillées, tandis que les figures gagnent en gravité, et les gestes en force expressive (Le Jugement de Salomon, 1649, musée du Louvre). Dans certains tableaux, l'espace s'organise en termes purement géométriques, les figures étant placées dans un cadre défini par des plans qui creusent une succession de blocs rectangulaires (Sainte Famille à l'escalier, 1648, Cleveland Museum of Art). Par ailleurs, cessant de n'être qu'un décor de scène, le paysage gagne en profondeur, dans les éléments architectoniques comme dans les masses végétales.

L'Eucharistie, N. Poussin

L'Eucharistie, N. Poussin

Photographie

Nicolas Poussin, L'Eucharistie. 1647. Huile sur toile. 117 cm x 178 cm. National Gallery of Scotland, Édimbourg, Grande-Bretagne. 

Crédits : Duke of Sutherland Collection, on loan to the National Gallery of Scotland, Edimbourg, Grande-Bretagne

Afficher

Le Jugement de Salomon, N. Poussin

Le Jugement de Salomon, N. Poussin

Photographie

Nicolas Poussin, Le Jugement de Salomon. 1649. Plume et pierre d'Italie, lavé de bistre. 24,8 cm x 38,5 cm. École nationale supérieure des beaux-arts, Paris. 

Crédits : École nationale supérieure des beaux-arts, Paris

Afficher

Paysage avec Agar et l'ange, N. Poussin

Paysage avec Agar et l'ange, N. Poussin

Photographie

Nicolas Poussin, «Paysage avec Agar et l'ange», 1660. Huile sur toile, 100 cm × 75 cm. Galleria Nazionale, Palazzo Barberini, Rome. 

Crédits : Erich Lessing/ AKG

Afficher

Dans tous ces tableaux, le souci majeur de Poussin est [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 6 pages




Écrit par :

  • : conservateur au département des Peintures du musée du Louvre

Classification


Autres références

«  POUSSIN NICOLAS (1594-1665)  » est également traité dans :

AMOUR

  • Écrit par 
  • Georges BRUNEL, 
  • Baldine SAINT GIRONS
  •  • 10 164 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « L'amour sacré »  : […] L'Amour, n'ayant comme personnage qu'un caractère faiblement marqué, a été très tôt sujet à des dédoublements. Sur ce terrain, les artistes de la Renaissance et de l'époque classique n'avaient qu'à suivre les modèles et les traditions de l'Antiquité. En 1518-1519, Titien peignit pour Alphonse d'Este un tableau, La Fête de Vénus , aujourd'hui au Prado : une effigie de la dées […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/amour/#i_5626

AUTOPORTRAIT, peinture

  • Écrit par 
  • Robert FOHR
  •  • 3 584 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Le peintre noble et savant : l'autoportrait « en majesté » »  : […] Comme on l'a vu à propos de l'évolution du thème de saint Luc, le statut social et intellectuel de l'artiste et celui de la peinture sont au centre de la problématique de l'autoportrait, surtout à partir de la Renaissance où cet art, naguère « mécanique », accède pratiquement, avec les plus grands maîtres, au rang des « arts libéraux ». Formé comme un artisan dans une Allemagne encore médiévale, D […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/autoportrait-peinture/#i_5626

COURS DE PEINTURE PAR PRINCIPES, Roger de Piles - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Martine VASSELIN
  •  • 1 234 mots

Dans le chapitre « Un amateur d'art militant et pédagogue »  : […] Diplômé de philosophie et de théologie, précepteur du fils d'un président au Grand Conseil, Michel Amelot, puis secrétaire et diplomate, peintre amateur et ami de peintres proches de Simon Vouet, collectionneur, voyageur (longs séjours en Italie, aux Pays-Bas, en Allemagne, etc.), Roger de Piles, après avoir assisté aux conférences de l'Académie, fut honoré d'une place de conseiller par son protec […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cours-de-peinture-par-principes/#i_5626

DUGHET GASPARD, dit LE GUASPRE ou GASPARD POUSSIN (1615-1675)

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre MOUILLESEAUX
  •  • 539 mots

Lorsque sa sœur Anne-Marie épouse Nicolas Poussin, en 1630, le jeune Gaspard Dughet, Français de Rome, entre dans l'atelier du maître. Il y passe cinq années qui sont pour lui l'apprentissage d'une technique brillante et rapide qui étonnera les contemporains. C'est aussi le moment où se révèle à lui la beauté du monde antique qu'il découvre dans la campagne romaine. Il sera peintre de paysages. Sa […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dughet-gaspard-dit-le-guaspre-ou-gaspard-poussin/#i_5626

DU QUESNOY FRANÇOIS (1597-1643)

  • Écrit par 
  • Marion BOUDON
  •  • 1 368 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Un Flamand à Rome »  : […] En 1618, grâce à une pension de l'archiduc Albert, François du Quesnoy se rendit à Rome pour étudier l'Antique et les maîtres modernes, comme Michel-Ange et Raphaël. Bien que privé de subsides par la mort de l'archiduc en 1621, il décida de rester à Rome. Sa production était alors constituée de sculptures de petit format, en terre cuite, en ivoire, en bronze et parfois en marbre, destinées à une c […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/francois-du-quesnoy/#i_5626

ENTRETIENS SUR LES VIES ET SUR LES OUVRAGES DES PLUS EXCELLENTS PEINTRES ANCIENS ET MODERNES, André Félibien - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Milovan STANIC
  •  • 876 mots

La littérature artistique connaît en France un véritable essor dans les années 1660. C'est en 1666 que paraît le premier volume des Entretiens d'André Félibien (1619-1695), entreprise considérable qui ne s'achèvera qu'avec la parution du cinquième volume, en 1688. L'auteur n'était ni un inconnu ni un dilettante. Issu d'une famille de la bourgeoisie marchande, Félibien avait […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/entretiens-sur-les-vies-et-sur-les-ouvrages-des-plus-excellents-peintres-anciens-et-modernes/#i_5626

LA LEÇON DE PEINTURE DU DUC DE BOURGOGNE (A.-M. Lecoq)

  • Écrit par 
  • Milovan STANIC
  •  • 974 mots

Du duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV, Saint-Simon disait qu'il « était né avec un naturel à faire trembler. [...] Le prodige est qu'en très peu de temps la dévotion et la grâce en firent un autre homme ». Celui qui réussit à opérer une telle métamorphose ne fut autre que son éducateur, l'abbé Fénelon, nommé à ce poste en août 1689, alors que le prince, fils aîné du Grand Dauphin, était âgé […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-lecon-de-peinture-du-duc-de-bourgogne/#i_5626

CLASSICISME

  • Écrit par 
  • Pierre DU COLOMBIER, 
  • Henri PEYRE
  •  • 13 796 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Portée européenne »  : […] L'ouvrage de Wölfflin L'Art classique porte en sous-titre : Initiation au génie de la Renaissance italienne , de sorte que l'art classique se trouve étroitement limité quant au temps et quant aux lieux. Mais ici l'autorité de Wölfflin n'a pas prévalu. Car le sens du mot « Renaissance », quasi-synonyme du xvi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/classicisme/#i_5626

UT PICTURA POESIS

  • Écrit par 
  • Maurice BROCK
  •  • 1 365 mots

Dans le chapitre « Une revendication de liberté »  : […] Pour les peintres, l' ut pictura poesis assure une fonction libératrice. Il contribue d'abord à donner une légitimité aux genres profanes qui émergent à la Renaissance (mythologie, histoire, allégorie princière). Si la peinture est assimilable à la littérature, le peintre – ou son commanditaire – peut tout naturellement puiser ses sujets non plus seulement dans la Bible ou d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ut-pictura-poesis/#i_5626

VOUET SIMON (1590-1649)

  • Écrit par 
  • Robert FOHR
  •  • 3 433 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Un art émouvant »  : […] Le fait est qu'en dehors des sujets religieux inévitables à l'époque il y a peu d'exemples chez Vouet de cette “peinture d'histoire” dont Poussin, rival vite oublié, fit alors le territoire de la gravité. L'allégorie, divertissement d'homme cultivé, lui seyait en revanche parfaitement. Et pourtant, peut-on taxer Vouet de légèreté, de superficialité ? La tendresse avec laquelle, de tableau en tabl […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/simon-vouet/#i_5626

Voir aussi

Pour citer l’article

Stéphane LOIRE, « POUSSIN NICOLAS - (1594-1665) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/nicolas-poussin/