KOWEÏT

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Nom officielÉtat du Koweït (KW)
Chef de l'État et du gouvernementCheikh Nawaf al-Ahmed al-Sabah (depuis le 30 septembre 2020). Premier ministre : Cheikh Sabah al-Khaled al Hamad al-Sabah (depuis le 19 novembre 2019)
CapitaleKoweït
Langue officiellearabe
Unité monétairedinar koweïtien (KWD)
Population4 685 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)17 818

Relations extérieures

Le Koweït a tôt choisi la voie de la coopération régionale. Il a ainsi fourni une aide substantielle à tous les pays de la péninsule Arabique qui en avaient besoin. Sa diplomatie a été active pour résoudre les conflits : entre l'Oman et le Yémen du Sud, entre les deux Yémens, entre Qatar et Bahreïn ou encore entre l'Oman et les Émirats arabes unis. Le Conseil de coopération des six pétromonarchies du Golfe, institué en 1981, a été d'abord une idée koweïtienne, même si l'émirat est ensuite demeuré réticent à une intégration poussée entre les pays membres, de peur qu'elle n'aboutisse à l'hégémonie de l'Arabie Saoudite sur les cinq petits pays du Conseil.

Le Koweït a été pionnier en matière d'aide extérieure. Le montant de l'aide koweïtienne est monté parallèlement aux recettes du pays, avoisinant le milliard de dollars par an en moyenne entre 1975 et 1985. Entre 1962 et 1984, le Fonds koweïtien, à lui seul, avait accordé 4,45 milliards de dollars. À cela, il faut ajouter la contribution de l'émirat à des institutions collectives d'aide (comme le fonds de l'O.P.E.P., le Fonds islamique et surtout le Fonds arabe pour le développement économique et social basé à Koweït) ou l'aide dont ont bénéficié les pays arabes du champ de bataille, ainsi que l'Irak pendant sa guerre contre l'Iran.

La politique régionale de l'émirat a été marquée par son soutien à la cause palestinienne, qui l'a amené à retenir un impôt sur le salaire des Palestiniens travaillant à Koweït, reversé à l'O.L.P. En cas de divergence, le Koweït s'est rangé sur la position de la majorité arabe, d'où le boycottage de l'Égypte après la signature des accords de Camp David. Mais l'aggravation du défi iranien (pilonnage du territoire de l'émirat à plusieurs reprises, attaques contre les pétroliers koweïtiens, actes de sabotage interne) a poussé l'émirat en janvier 1987, en dépit de l'opposition de Téhéran, à être l'hôte du sommet islamique et à y sceller la réconciliation avec l'Égypte.

Dans le Golfe, la diplomatie koweïtienne fondait l'autonomie de l'émirat sur la rivalité permanente des trois grands acteurs régionaux (Irak, Iran et Arabie Saoudite). Avec l'arrivée de Khomeyni à Téhéran et ses tentatives pour « exporter la révolution », le Koweït s'est pratiquement aligné sur la position de l'Irak, lui offrant un soutien multiforme (fonds, transit de marchandises par les ports koweïtiens, appui diplomatique). Mais, pendant toute la décennie 1990, le Koweït ne semble pas sortir du traumatisme et sa diplomatie consiste uniquement à tenter de juguler une menace irakienne considérée comme permanente. Fort de l'appui occidental, le Koweït a ainsi vu une commission de l'O.N.U. délimiter sa frontière avec son voisin du nord, suivant une ligne qui le favorisait. L'O.N.U. a également déployé une force d'observation le long de cette frontière (l'U.N.I.K.O.M.), alors que plusieurs résolutions du Conseil de sécurité obligeaient Bagdad à restituer au Koweït les propriétés transférées en Irak durant l'occupation et à dédommager l'émirat pour les destructions qu'il avait subies.

Cette occupation a ainsi poussé le Koweït à troquer sa diplomatie d'équilibre régional entre ses voisins contre une mise volontaire de l'émirat sous protection occidentale. Plusieurs accords de sécurité ont été passés avec Washington, Londres et Paris, alors que d'importants contrats d'achats d'armes étaient signés avec ces capitales. Les Koweïtiens savent qu'ils ne peuvent défendre leur pays par leurs propres moyens ni par ceux, aussi rudimentaires, de leurs partenaires au sein du Conseil de coopération du Golfe. Ils sont donc devenus presque totalement dépendants des Occidentaux pour leur protection (le protecteur américain est récompensé par l'octroi d'une large part des contrats de reconstruction de l'émirat). Cela est préférable, à leurs yeux, aux alliances régionales, toujours peu fiables, ce qui explique leur réticence à maintenir des troupes arabes, égyptiennes ou syriennes, par exemple, sur leur territoire une fois le pays libéré (comme le proposait la déclaration de Damas de mars 1991).

La proximité diplomatique du Koweït avec les positions américaines est devenue la [...]

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Koweït : carte physique

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Koweït : drapeau

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Guerre du Golfe : libération du Koweït

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Guerre du Golfe

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Écrit par :

  • : professeur des Universités en science politique, Institut d'études politiques, Grenoble
  • : directeur de recherche au C.N.R.S., professeur à l'Institut d'études politiques de Paris

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Pour citer l’article

Philippe DROZ-VINCENT, Ghassan SALAMÉ, « KOWEÏT », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/koweit/