KOWEÏT

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Nom officielÉtat du Koweït (KW)
Chef de l'État et du gouvernementCheikh Nawaf al-Ahmed al-Sabah (depuis le 30 septembre 2020). Premier ministre : Cheikh Sabah al-Khaled al Hamad al-Sabah (depuis le 19 novembre 2019)
CapitaleKoweït
Langue officiellearabe
Unité monétairedinar koweïtien (KWD)
Population4 685 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)17 818

Une société de nantis

Sur 3 millions d'habitants, un tiers seulement sont des citoyens koweïtiens. En dépit des difficultés liées à l'occupation passagère du pays, ceux-ci disposent d'un des revenus par habitant les plus élevés du monde avec son cortège d'avantages : instruction gratuite, prise en charge intégrale des dépenses de santé, prestations variées pour le logement, l'intégration professionnelle, la retraite. La dynastie a trouvé mille voies pour la redistribution de la manne pétrolière, allant des prêts sans intérêts jusqu'aux contrats fantômes. Koweït est devenu une grande corporation où il est de l'intérêt des citoyens de s'identifier au pays et à son régime. La population autochtone est jeune, grâce à la multiplication des mariages et à l'élévation du niveau de vie. L'émirat comptait, en 2005, 440 000 élèves dans ses écoles et 37 000 étudiants dans le cycle supérieur. Mais, dans cette société rentière, le travail n'occupe pas une place élevée dans la hiérarchie des valeurs. Le scandale de Souq al-Manakh dévoilait déjà une crise sociale, celle de rentiers pris par la spéculation facile, palliatif à un désœuvrement de riches et à un manque de loisirs.

La société koweïtienne est très élitiste et hiérarchisée, le symbole en étant la citoyenneté à plusieurs niveaux (loi de 1959), entre les Koweïtiens de souche (asli, descendants de ceux qui sont arrivés dans les murs de la cité de Koweït avant 1920) dotés de tous les droits (vote, État-providence), les Koweïtiens « naturalisés » (qui ont des droits sociaux mais doivent résider trente ans pour acquérir le droit de vote) et les « sans » (nationalité et donc droits, bidun jinsiya), soit peut-être 120 000 personnes. Cet élitisme va de pair avec une vie publique très active et mobilisée (presse florissante, courants politiques à défaut d'autorisation de partis, associations privées organisées autour de familles ou diwaniyyat, O.N.G., associations de femmes – une strate de la société dont le taux de participation dans la population qui travaille a fortement augmenté), qui fait parler de « société civile » développée. L'islamisme est également influent au Koweït avec la montée, depuis la fin des années 1990, de courants islamistes salafistes plus fondamentalistes que les traditionnels Frères musulmans et qui recrutent en particulier à Kuwait University (les États-Unis exigent en 2003 du gouvernement koweïtien qu'il exerce un contrôle strict sur les sociétés coopératives de quartiers, base sociale de l'islamisme ; un islamiste koweïtien, Suleiman Abou Gheith, se fait connaître comme porte-parole d'Al-Qaida).

À côté de la minorité de nantis vit une population immigrée industrieuse. La communauté la plus importante était celle des Palestiniens, qui sont venus par vagues à partir de 1948 et qui occupaient des quartiers entiers, comme Hawalli. Leur rôle a été crucial dans le développement du pays : en 1965, ils formaient 48 p. 100 des employés du secteur public et 42 p. 100 des salariés du secteur privé. Rares sont ceux, parmi eux, qui ont obtenu la nationalité koweïtienne.

Les autres communautés d'expatriés étaient faites d'Égyptiens, de Libanais, d'Iraniens, mais le Koweït a connu au cours des années 1980, comme les autres pays du Golfe, une désarabisation de sa population immigrée au profit de ressortissants des pays de l'Asie du Sud et du Sud-Est, réputés moins dangereux politiquement et moins exigeants en matière de salaire (à la veille de l'occupation, les Indiens étaient devenus la deuxième communauté après les Palestiniens).

L'occupation a énormément altéré cette situation. Dès après la libération, les exactions contre les Palestiniens, accusés – souvent à tort – d'avoir soutenu l'occupant, se multiplient : assassinats, arrestations, procès expéditifs ont pour effet de pousser la communauté sur les chemins d'un nouvel exil : 5 p. 100 à peine des Palestiniens établis à Koweït y sont restés. Le gouvernement annule d'ailleurs tous les permis de travail antérieurs à août 1989 et ne les renouvelle que pour les « politiquement sûrs », d'où l'exclusion des Palestiniens et des expatriés dont le gouvernement n'avait pas ostensiblement soutenu la coalition anti-irakienne. Plusieurs organismes de défense des [...]

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Koweït : carte physique

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Guerre du Golfe : libération du Koweït

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Pour citer l’article

Philippe DROZ-VINCENT, Ghassan SALAMÉ, « KOWEÏT », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/koweit/