YÉMEN

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Nom officielRépublique du Yémen (YE)
Chef de l'ÉtatAbd Rabbo Mansour Hadi (depuis le 25 février 2012)
Chef du gouvernementMaïn Abdelmalek Saïd (depuis le 18 octobre 2018)
CapitaleSanaa
Langue officiellearabe
Unité monétairerial yéménite (YER)
Population31 582 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)528 076

Le Yémen est situé dans le coin sud-ouest de la péninsule arabique, au contact de la mer Rouge et de l'océan Indien. Cette situation confère au Yémen une importance géopolitique et explique que le pays a souvent suscité les convoitises étrangères : par exemple, la rade d'Aden, où les Anglais s'étaient installés en 1839 et se sont maintenus jusqu'en 1967, a été ensuite utilisée par les Soviétiques, jusqu'à la réunification du Yémen, le 22 mai 1990. Sa population est estimée à 24 millions d'habitants en 2012.

Yémen : carte physique

Carte : Yémen : carte physique

Carte physique du Yémen. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Yémen : drapeau

Dessin : Yémen : drapeau

Yémen (1962 ; modif. 1990). Le Yémen unifié a adopté en mai 1990 le drapeau de l'ex-Yémen du Nord, d'où l'étoile verte a toutefois disparu. On notera que ces trois bandes horizontales rouge, blanche et noire se retrouvent dans les drapeaux égyptien, irakien, soudanais et syrien. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Le Yémen a longtemps été coupé en deux, et des régimes politiques opposés se sont imposés à Sanaa, capitale de la république arabe du Yémen (ou Yémen du Nord), et à Aden, capitale de la république démocratique et populaire du Yémen (ou Yémen du Sud). Mais, à la différence de la Corée et de l'Allemagne divisées après la Seconde Guerre mondiale, le partage du Yémen remonte au xixe siècle, après l'installation des Anglais à Aden.

Le Yémen réunifié a une superficie comparable à celle de la France (527 970 km2). En fait, les frontières orientales du Yémen, dans la vaste cuvette désertique du Rub' al-Khali, ont longtemps fait l'objet de contestations. Si le litige frontalier avec Oman a trouvé une solution pacifique en octobre 1992, le contentieux avec l'Arabie Saoudite a été définitivement réglé en 2006.

Différent politiquement des monarchies pétrolières voisines, le Yémen est également très différent géographiquement des autres États de la péninsule arabique. Il existe, en effet, une solide entité yéménite façonnée par l'histoire et la géographie. Dès l'Antiquité, on parlait d'« Arabie heureuse » (Arabia Felix) pour qualifier le Yémen, ce pays de hautes terres bénéficiant de pluies de mousson. Au cours des siècles, le Yémen est devenu une « montagne refuge », accueillant de nombreuses minorités de l'Islam, en particulier les zaydites, toujours majoritaires au Yémen.

La montagne yéménite, dont les versants ont été admirablement aménagés en terrasses, a été, au cours des siècles, le berceau d'une vieille civilisation d'agriculteurs sédentaires, contrastant en cela avec le reste de la péninsule arabique, domaine traditionnel des Bédouins, sauf dans le sultanat d'Oman, moins marqué par l'empreinte de l'aridité et qui, par là même, s'apparente un peu au Yémen. Cette opposition géographique fondamentale a été renforcée au xxe siècle par le pétrole. Le Yémen figure parmi les pays arabes les plus pauvres, et se différencie ainsi nettement des riches monarchies pétrolières voisines.

La personnalité géographique du Yémen

Bastion extrême de la péninsule arabique dominant le détroit de Bab el-Mandeb entre la mer Rouge et l'océan Indien, le Yémen est un ensemble de hautes terres qui culmine à 3 760 m au Jebel Nabi Chaub. Ici, la plate-forme arabique est à la fois relevée et brisée, et participe à la grande zone de fracture du Rift africain. Le socle ancien est en général masqué par une épaisse couverture sédimentaire ou par d'immenses tables basaltiques de plusieurs centaines de mètres d'épaisseur, car le volcanisme marque souvent de son empreinte les paysages yéménites.

Schématiquement, on distingue trois grands ensembles régionaux : la plaine côtière de la Tihama, le massif montagneux et les plateaux orientaux qui plongent vers la cuvette désertique du Rub' al-Khali. En bordure de l'océan Indien, dans l'ancien Yémen du Sud, la plaine littorale est plus étroite et plus discontinue, et les plateaux orientaux remplacent progressivement le massif montagneux.

La Tihama est une plaine littorale large d'un peu moins de 50 kilomètres, qui s'étire le long de la mer Rouge sur plus de 400 kilomètres et se prolonge vers le Nord en Arabie Saoudite. Cette bande côtière bordée de récifs coralliens est soumise à un climat très répulsif, caractérisé par une chaleur accablante (avec des températures atteignant parfois 54 0C) aggravée par la forte humidité atmosphérique, en dépit de précipitations très faibles (souvent inférieures à 100 mm/an). La basse Tihama, à l'ouest, est un désert côtier : selon les témoignages de voyageurs du xixe et du début du xxe siècle, l'eau était si rare et si médiocre sur la côte qu'on la mendiait aux navires de passage.

En revanche, la haute Tihama, plus à l'est, au contact de la montagne, est mieux arrosée (entre 200 à 400 mm/an), et surtout peut utiliser les cours d'eau temporaires qui descendent des sommets voisins. Le système d'irrigation traditionnel utilise des digues sommaires étalant les eaux de crue, mais, depuis les années 1970, de grands travaux ont permis d'étendre les surfaces irriguées, soit par la construction de barrages, soit par le pompage de la nappe phréatique. De nouvelles cultures ont ainsi fait leur apparition (canne à sucre, banane, luzerne, arachide, coton) à côté des cultures vivrières traditionnelles (millet et sorgho).

Le contact entre la basse et la haute Tihama est marqué par tout un chapelet de petites villes. Sont particulièrement actives Beit al-Faqih, Zabid, qui fut au Moyen Âge la capitale politique, culturelle et religieuse de la Tihama, et surtout Bajil, gros marché agricole et petit centre industriel sur la route Hodeida-Sanaa. Le long du littoral, Moka, modeste port de pêche, donne l'impression d'une ville déchue, comparée à son ancienne prospérité de port d'exportation du café. Moka a été ruiné par les guerres, les tremblements de terre et l'ensablement. Au nord d'Hodeida, Salif exporte depuis décembre 1987 le pétrole yéménite et accueille une raffinerie. La seule ville importante de la Tihama est Hodeida, dont la population atteint 680 000 habitants (estimation de 2007) en tenant compte de l'arrivée des Yéménites chassés d'Arabie Saoudite en 1990 ; Hodeida n'était qu'un village de pêcheurs lorsque au milieu du xixe siècle, les Turcs décidèrent d'en faire le principal port yéménite. Le port moderne a été aménagé par les Soviétiques dès 1960, et est devenu le débouché de Sanaa, depuis la construction par les Chinois en 1961 d'une très belle route asphaltée reliant Hodeida à la capitale. Grâce à sa fonction commerciale, étroitement liée au port et à son activité industrielle, Hodeida est une ville dynamique, un des pôles économiques du Yémen. Mais cette ville sans passé, aux tristes immeubles de béton, ne présente aucun intérêt architectural, à la différence de la plupart des autres villes yéménites, dont les maisons traditionnelles en hauteur, avec leurs façades richement décorées, [...]

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Al-Tawilah, Yémen

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Pour citer l’article

Laurent BONNEFOY, André BOURGEY, Serge CLEUZIOU, « YÉMEN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/yemen/