JUDÉO-CHRISTIANISME

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Le terme de « judéo-christianisme » désigne des réalités d'une extension plus ou moins grande. On peut le réserver à l'Église de Jérusalem, composée de chrétiens de la circoncision et gouvernée par les parents de Jésus : c'est ce que fait H. J. Schoeps quand il en limite l'emploi aux ébionites dans lesquels il voit, de façon d'ailleurs contestable, les héritiers de l'Église de Jérusalem. Mais ce sens est trop étroit. Une seconde acception désigne par judéo-chrétiens des chrétiens fidèles aux observances juives : sabbat, circoncision, culte du Temple. Ce sens est tout à fait recevable. C'est celui qui convient aux adversaires de Paul. Ce judéo-christianisme est demeuré vivace jusque vers 140. Mais très tôt, le maintien des observances juives a été considéré comme incompatible avec la foi chrétienne, même en milieu sémitique. L'Épître de Barnabé, les Lettres d'Ignace d'Antioche, les écrits de Justin ne sont pas dirigés seulement contre les juifs, mais contre les chrétiens judaïsants. En fait, ce judéo-christianisme observant persista longtemps dans des petits groupes, comme l'a montré Marcel Simon, mais fut très vite marginal par rapport à l'Église.

Reste une dernière perspective, qui n'exclut pas les autres, mais les déborde. Elle consiste à appeler judéo-christianisme un christianisme dont les structures théologiques, liturgiques, ascétiques sont empruntées au milieu juif à l'intérieur duquel est apparu le christianisme. En ce sens (et selon le critère adopté par J. Daniélou dans la Théologie du judéo-christianisme), il y a eu des judéo-chrétiens qui rejetaient les observances. Ce judéo-christianisme se rencontre principalement, mais non exclusivement, dans le christianisme oriental de langue araméenne (Syrie, Mésopotamie, Transjordanie, Arabie).

Une littérature apocalyptique

On possède a [...]


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Pour citer l’article

Jean DANIÉLOU, « JUDÉO-CHRISTIANISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 novembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/judeo-christianisme/