JORDANIE

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Nom officielRoyaume hachémite de Jordanie (JO)
Chef de l'État et du gouvernementle roi Abdallah II (depuis le 7 février 1999). Premier ministre : Bisher al-Khasawneh (depuis le 12 octobre 2020)
CapitaleAmman
Langue officiellearabe
Unité monétairedinar jordanien (JOD)
Population10 934 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)89 318

Les incertitudes et la longue transition

La crise du Golfe

Ayant pratiqué, depuis 1982, une politique à hauts risques, le roi Hussein peut espérer, au début de 1989, quelque répit. La création d'un Conseil de coopération arabe, à Bagdad, le 16 février ouvre d'heureuses perspectives de coopération économique pour la Jordanie avec l'Irak, l'Égypte et le Yémen du Nord, qui en sont membres. Mais, entre le 18 avril et le 1er mai, des manifestations contre la politique économique et la vie chère, d'une violence sans précédent (8 morts), dans des régions comme Ma'an et Karak, connues pour leur attachement au souverain, rappellent celui-ci à la dure réalité. Le Premier ministre, Zeid Rifaï, devenu extrêmement impopulaire, et son gouvernement démissionnent (24 avr.). Le maréchal Zeid Ben Chaker, cousin du roi et chef de son cabinet, forme le nouveau gouvernement dont l'une des premières missions est l'organisation de prochaines élections législatives. Les Jordaniens réclament, en effet, une plus large part de responsabilité dans la participation au pouvoir. Les élections, les premières depuis vingt-deux ans, ont lieu le 8 novembre. Les islamistes enlèvent trente et un des quatre-vingts sièges, les Frères musulmans en obtenant vingt à eux seuls ; ils catalysent le vote protestataire et, possédant l'expérience et la cohérence qui font défaut aux autres formations, remportent une spectaculaire victoire. Moudar Badrane, nommé Premier ministre, forme, le 6 décembre, un cabinet, mais sans la participation des islamistes, lesquels refusent de s'y associer. Tandis que le roi déclare vouloir poursuivre le processus de démocratisation, en faisant désigner (9 avr. 1990) une commission pour l'élaboration d'une Charte nationale, destinée à assurer le bon fonctionnement du pluralisme et à définir un nouveau contrat social, la gauche éprouve quelque difficulté à s'organiser. À l'épreuve politique s'ajoute une situation économique critique, avec, pour trois millions d'habitants, une dette de 8,3 milliards de dollars, une inflation de 30 p. 100 (en 1989) et un chômage dépassant 20 p. 100 de la population active.

La violence qui se développe dans les territoires occupés, à la suite du blocage du processus de paix, et l'alignement marqué de la Jordanie sur un Irak jugé de plus en plus menaçant par Israël et par les monarchies du Golfe paralysent, en outre, une diplomatie jugée, jusque-là, comme l'une des plus actives du Proche-Orient. Jamais, depuis 1948, le royaume ne s'est trouvé dans une situation aussi délicate.

Le 28 mai 1990, à Bagdad, lors du sommet arabe au cours duquel doit être discutée, notamment, la question de la « solidarité » avec Amman, le roi Hussein lance un véritable appel de détresse, principalement aux États pétroliers du Golfe, les exhortant à agir en faveur de son pays « avant qu'il ne soit trop tard ». C'est lors de cette même réunion que le président irakien, Saddam Hussein, menace sans détour de s'en prendre militairement à Israël et fustige la mollesse des monarchies du Golfe. Quelques jours plus tard, la tension monte entre l'Irak et le Koweït. Pressentant l'imminence de la guerre, le roi Hussein – qui, depuis janvier, s'est entremis secrètement entre les deux pays – et ses ministres multiplient, sans succès, les tentatives d'arbitrage d'une capitale à l'autre. Lorsque, le 2 août, le Koweït est attaqué, la Jordanie vote contre la résolution de la Ligue arabe condamnant l'invasion, mais ne reconnaît pas le gouvernement que Bagdad y met en place.

Hussein, le doyen des dirigeants arabes, a pu imaginer, jusqu'au dernier moment, qu'il était le mieux placé pour conduire une médiation avec l'Irak. Les événements ne l'ont pas permis. Aussi, c'est avec amertume et résignation, mais persuadé qu'il peut aider à trouver une solution arabe au conflit, qu'il va choisir de soutenir, malgré tout, Saddam Hussein. Sans doute y est-il poussé par son peuple qui, comme un défi à l'Occident, adopte une position maximaliste, n'oubliant pas que, pendant les huit années de guerre entre l'Irak et l'Iran, Amman a soutenu Bagdad sans réserve. Fuyant l'Irak et le Koweït, des centaines de milliers de réfugiés de toutes nationalités affluent en Jordanie, tandis que les travailleurs jordano-palestiniens émigrés dans le Golfe sont contraints de rentrer. Dans le même temps, l'embargo décrété par les Nations unies contre l'Irak touche directement le royaume, dont les principales opérations économiques sont très dépe [...]

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Jordanie : carte physique

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Camp de réfugiés palestiniens

Camp de réfugiés palestiniens
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Glubb Pacha, 1951

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Pour citer l’article

Philippe DROZ-VINCENT, Philippe RONDOT, « JORDANIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jordanie/