CHAMIYÉ

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Venant de l'expression arabe « Badiya al-Ch'am », le désert de Syrie, la Chamiyé recouvre une entité géographique assez imprécise du Moyen-Orient. Domaine des populations nomades, elle s'oppose au Croissant Fertile, domaine de l'occupation agricole sédentaire. Aussi ses limites ont-elles beaucoup varié au cours de l'histoire en fonction de l'avance ou du recul des sédentaires. À l'époque de sa plus grande extension (xviiie s.), la Chamiyé avait pour limites : à l'ouest, le fossé de la mer Morte et du Jourdain, l'Hermon et l'Anti-Liban, le djebel Alaouite ; au nord, la plaine cultivée d'Alep ; au nord-est et à l'est, la vallée de l'Euphrate qui sépare la Chamiyé de la Djézireh, son prolongement naturel ; enfin au sud, sa limite correspondait à l'escarpement plus ou moins continu qui domine le désert du Nefoud en Arabie. Ainsi définie, la Chamiyé s'étend sur la Syrie, l'Irak, la Jordanie et l'Arabie Saoudite, dans des zones qui reçoivent moins de 350 millimètres de précipitations ; mais la reconquête sédentaire a épaissi la zone cultivée (ou Mamoura), à la périphérie occidentale et la Badiya al-Ch'am s'est réduite à la zone recevant moins de 200 millimètres de précipitations annuelles. Elle correspond à un immense plateau calcaire, incliné vers le nord et surtout vers l'est (région des Widian), accidenté de cuvettes, de plis de couverture ou de bombements, surtout dans sa partie centrale ou Manader.

La Chamiyé est le domaine par excellence du nomadisme : les grandes tribus chamelières la parcourent selon une direction méridienne. Elles partent de leurs pâturages d'hiver situés généralement au sud, aux confins de l'Arabie, et terminent leur migration estivale au nord, ou près des zones montagneuses de l'ouest. Ces tribus appartiennent à la grande confédération des Anézé ou Aneizah : Roualla et Ould Ali à l'Ouest, Sbaa au centre, Amarat à l'est. Cependant, dans l'extrémité septentrionale de la Chamiyé ou Chombol, on trouve surtout de petites tribus moutonnières (Maouali, Hadidin). La Chamiyé est à peu près dépourvue d'oasis, sauf en son centre, dans le Manader, autour de Palmyre. Elle se subdivise en trois parties : au nord le Chombol, au centre le Manader et au sud le Hamad.

—  Jean-Marc PROST-TOURNIER

Écrit par :

  • : agrégé de l'Université, professeur à l'Institut de géographie du Proche et Moyen-Orient, Beyrouth

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CHOMBOL

  • Écrit par 
  • Jean-Marc PROST-TOURNIER
  •  • 267 mots

Le terme arabe de Chombol , qui signifie « mesure de grain », s'appliquait à la région productive de blé à l'est de Hama ; par extension, il désigne maintenant la partie septentrionale de la Chamiyé ou désert syrien. Le Chombol s'inscrit dans un triangle entre les plaines cultivées de la région d'Alep, la Djezireh et le Manader ; ses limites sont, au nord-ouest, le Jebel Hass […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/chombol/#i_47044

MANADER, anc. PALMYRÈNE

  • Écrit par 
  • Jean-Marc PROST-TOURNIER
  •  • 368 mots

Nom moderne de l'ancienne Palmyrène, Manader vient de l'arabe neder (surveillé) : du rebord septentrional du Hamad, les Bédouins pouvaient, en effet, apercevoir les oasis de l'alignement Damas-Deir es Zor ; pour les sédentaires, ce mot désigne ces oasis elles-mêmes qui sont censées se surveiller l'une l'autre et contrôlent les routes caravanières. Le Manader, ou région de Ta […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/manader-palmyrene/#i_47044

Pour citer l’article

Jean-Marc PROST-TOURNIER, « CHAMIYÉ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/chamiye/