AMMAN

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Capitale du royaume hachémite de Jordanie, Amman est située sur une zone de plateaux du nord-ouest du pays à une altitude moyenne de 900 mètres. Cet ancien centre des Ammonites, qui la nommaient Rabbath Ammon, connut une certaine prospérité pendant la période gréco-romaine, sous le nom de Philadelphia. La ville actuelle en conserve d'imposantes ruines et un théâtre restauré à l'époque contemporaine. Amman déclina après la conquête musulmane et ne reprit vie que lorsque l'Empire ottoman y installa des Circassiens en 1878 (après leur expulsion du Caucase vers 1864) et qu'une gare du chemin de fer dit du Hedjaz y fut construite en 1903.

Jordanie : carte administrative - crédits : Encyclopædia Universalis France

Jordanie : carte administrative

Amman, Jordanie - crédits : Christian Goupi/ Robertharding/ Getty Images

Amman, Jordanie

En 1921, l'émir Abdallah choisit la ville pour capitale de Transjordanie, au détriment de Salt, jusqu'alors principal centre administratif de la région. Dès lors, son destin est lié à la géopolitique du Moyen-Orient. La ville accueille une première vague de réfugiés palestiniens en 1948, puis une deuxième en 1967. Le pouvoir jordanien favorise le développement d'Amman, aux dépens des villes palestiniennes de Cisjordanie. Pendant la guerre du Liban, elle bénéficie du redéploiement d'activités délocalisées de Beyrouth. En 1990, sa population enfle encore, lors du retour des expatriés consécutif à la guerre du Golfe. Amman devient ensuite une ville refuge pour les élites de l'Irak sous embargo. Après l'invasion de ce pays par les troupes américano-britanniques en 2003, un grand nombre d'exilés irakiens s'installent plus ou moins durablement dans la capitale jordanienne.

Amman comptait, dans le périmètre de la municipalité du Grand Amman, une population de plus de 4,3 millions d’habitants en 2024, soit plus du tiers de celle du pays, et plus de la moitié des emplois. En réalité, la ville forme, avec Zarka et Russeifah, une conurbation qui regroupe plus de la moitié des Jordaniens et près des trois quarts des emplois. Outre les fonctions de commandement politique, Amman concentre les emplois des services haut de gamme aux entreprises, un secteur hôtelier très développé, et des activités hospitalières et médicales à vocation régionale ; la majeure partie des emplois de l'industrie sont localisés dans les gouvernorats d'Amman et Zarka. En raison des guerres civiles en Irak et en Syrie, Amman est devenu un centre régional pour les ONG internationales.

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Cette très forte croissance démographique a entraîné un développement urbain considérable. Le site d'origine est une vallée encaissée parcourue par le Wadi Amman, dans laquelle se niche le balad, principale centralité commerciale aujourd'hui paupérisée. On y trouve la grande mosquée construite en 1924 et les monuments les plus emblématiques. La ville s'est rapidement étendue sur les collines pentues qui l'encadrent. Le bâti, d'une grande unité, se compose de villas et de petits immeubles couverts de pierre blonde, entre lesquels s'intercalent des cyprès, les minarets des mosquées et quelques clochers d'églises.

Un urbanisme inspiré du modèle de la garden city a ouvert le cadre de la croissance, à travers un réseau de voies rapides pour automobiles et un zonage qui, s'il privilégie globalement les faibles densités, accentue la ségrégation sociale. À l'ouest, le long d’un chapelet de ronds-points (circles), se mêlent les quartiers résidentiels aisés et les grands hôtels, les administrations, les quartiers d'affaires, les ambassades, l'université de Jordanie. L'est et le sud de la ville, où se regroupent des camps palestiniens (Jabal Hussein, Wihdat) et des quartiers informels, sont beaucoup plus denses. Les deux secteurs urbains communiquent mal, faute de transports collectifs performants, malgré l’inauguration entre 2022 et 2024 de deux lignes de bus rapides en site propre dans le Grand Amman et vers Zarka au nord-est. Les deux secteurs[...]

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Jordanie : carte administrative - crédits : Encyclopædia Universalis France

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    ...d'accroissement annuel (2009) est de 2,4 %, 65 % de la population ayant moins de vingt ans. En 2012, 82 % des Jordaniens habitaient les villes. Trois grandes villes, Amman (2,2 millions d'hab. en 2007), Zarka (1,5 million d'hab.) et Irbid (300 000 hab.), concentrent la majorité de la population.

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