HARD BOP

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À la fin des années 1950, le développement du cool et du West Coast signe, selon certains musiciens, un affadissement du jazz. De plus, la crainte de voir le be-bop récupéré et prendre une forme policé les convainc de revivifier le jazz par le blues et le gospel.

Dans les années 1950, des musiciens comme Lester Young ou Count Basie sont sacralisés au point que l'on assimile leur œuvre à un âge d'or du « jazz classique ». Mais certains créateurs comme Horace Silver, Max Roach associé à Clifford Brown ou Art Blakey et ses Jazz Messengers veulent mettre au jour les racines noires du jazz, tout en conservant certains acquis du be-bop, qu'ils craignent de voir glisser vers un nouvel académisme. Horace Silver, qui prend peu en compte l'héritage de Bud Powell, construit ses improvisations sur des séquences harmoniques composées de plusieurs variations, ou « blocks ». Le trompettiste Clifford Brown apporte un sens de la phrase et des conceptions d'interprétations héritées de son expérience de pianiste de rhythm and blues. Ce hard bop, également appelé funky jazz, intègre en effet des éléments empruntés au blues (les accords majeurs avec septièmes mineures) et au gospel (les séquences plagales d'accords), même si les harmonies complexes du bop sont toujours utilisées (ainsi, dans All Day Long, 1956-1957, du guitariste Kenny Burrell). Parallèlement, Charlie Mingus, Ray Charles (Soul Meeting, 1957) ou Jimmy Smith (The Sermon !) réalisent divers rapprochements entre la soul et le jazz.

Horace Silver

Horace Silver

photographie

Figure de proue du style hard bop, le pianiste américain Horace Silver donne ici un concert au festival de jazz de Newport, le 1er juillet 1957. 

Crédits : T. Williams/ Corbis

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Jusqu'au début des années 1960, la firme discographique Blue Note va promouvoir des artistes attirés par le son funky, notamment Herbie Hancock, Chic Corea et Tony Williams, futures vedettes du jazz fusion.

Les saxophonistes sont mis en valeur. Art Pepper passe d'un genre à l'autre, alors que Johnny Griffin joue dans un style assez représentatif de l'époque. Stan Getz, quant à lui, ne se cantonne pas dans un jeu cool et sait montrer, après 1949, une facette plus énergique. C'est à ce titre qu'il influencera le John Coltrane débutant que l'on découvre au côté de Miles Davis. Sonny Rollins brouille les pistes, utilisant des sonorités rudes sur des rythmes caribéens. Associé à Clifford Brown et à Max Roach, il apporte sa touche personnelle au hard bop (Blue Seven ou At Basin Street, 1956). Cannonball Adderley joue résolument funky (The Cannonball Adderley Quintet in San Francisco, 1959).

L'influence du hard bop est largement présente dans les sons funky d'aujourd'hui, dans l'acid jazz, par exemple, ou dans le jeu des frères Branford et Wynton Marsalis.

—  Eugène LLEDO

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Pour citer l’article

Eugène LLEDO, « HARD BOP », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/hard-bop/