CORRÈGE (1489 env.-1534)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Médias de l’article

Noli me tangere, Corrège

Noli me tangere, Corrège
Crédits : Bridgeman Images

photographie

Jupiter et Io, Antonio Allegri, dit le  Corrège

Jupiter et Io, Antonio Allegri, dit le Corrège
Crédits : VCG Wilson/ Corbis/ Getty Images

photographie


Les grands ensembles décoratifs

L'art de Corrège se révèle pleinement avec les fresques de la chambre de Saint-Paul (1519-1520, couvent de Saint-Paul, Parme), qui sont l'affirmation d'un talent exceptionnel. Cette explosion d'un style totalement nouveau pour l'Émilie, cette rapide maturation du vocabulaire formel du jeune peintre sont inconcevables s'il n'a pas connu les grands exemples romains. L'équilibre de la composition, la solidité du dessin anatomique, une nouvelle conception de la couleur – proprement tonale – confirment la thèse d'un voyage à Rome, vraisemblablement aux environs de 1517-1519. Ces fresques, remarquables par leurs nuances mesurées et leurs tonalités monochromes, sont parmi les décorations de Corrège la seule œuvre tranquille et équilibrée. La réussite toute classique de cet ensemble décoratif permet au peintre de recevoir les plus grandes commandes parmesanes. En 1520, il commence les fresques de l'église Saint-Jean-l'Évangéliste (la vision de saint Jean à Patmos, représentée sur la coupole, est terminée en 1524) ; toujours à Parme, on lui propose, deux ans plus tard, un contrat pour la fresque de la coupole octogonale de la cathédrale (1524-1530). Donnant libre champ à sa vertigineuse imagination spatiale, Corrège « gaspille avec la prodigalité la plus folle ce don miraculeux du mouvement » (Berenson). Des personnages proches de Michel-Ange, projetés dans un mouvement d'une immatérielle légèreté, créent des tourbillons de formes colorées. Avec un siècle d'avance sur les décorations spectaculaires du baroque, Corrège réalise le rêve des plafonds vertigineusement « aspirés » du père Pozzo. La perfection du dessin, cette cantilena lineare, est mise au service d'une sensibilité de coloriste sans égale.

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

Classification


Autres références

«  CORRÈGE (1489 env.-1534)  » est également traité dans :

CARRACHE LES

  • Écrit par 
  • Antoine SCHNAPPER
  •  • 1 840 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « L'activité bolonaise »  : […] Les Carrache sont originaires de Bologne, où Ludovic naît en 1555 et ses deux cousins germains Augustin et Annibal, respectivement en 1557 et 1560. Le milieu artistique local, si marqué qu'il fût par le maniérisme (tel est le cas de Prospero Fontana, qui aurait été le premier maître de Ludovic), n'avait jamais abandonné les références directes à la nature, comme le montre l'œuvre libre et variée d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-carrache/#i_14177

ÉMILIE

  • Écrit par 
  • Noëlle de LA BLANCHARDIÈRE
  •  • 2 411 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Parme et Bologne »  : […] Parme, le fief des Farnèse, ville moderne qui a moins d'unité que Bologne, n'est pas cette cité imaginaire au nom « compact, lisse, mauve et doux » que Proust colorait de douceur stendhalienne et du reflet des violettes. Pourtant c'est un peu dans le monde du rêve que nous transporte Corrège. L'admiration suscitée par Antonio Allegri, dit Corrège, a été presque un lieu commun depuis l'émotion […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/emilie/#i_14177

LOTTO LORENZO (1480 env.-env. 1556)

  • Écrit par 
  • Germain BAZIN
  •  • 2 238 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Signification de Lotto »  : […] Lotto appartient à ce courant anticlassique de la Renaissance qui naît vers 1515-1520, au moment où le classicisme connaît son apogée, mais aussi sa fin (à l'exception de Venise). À côté du maniérisme, mouvement de contestation pure, qui est un des aspects de cette tendance, il en est un autre qui prélude aux recherches du baroque. Dans l'Italie centrale et l'Italie du Nord, Corrège et Lotto illu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lorenzo-lotto/#i_14177

MANIÉRISME

  • Écrit par 
  • Sylvie BÉGUIN, 
  • Marie-Alice DEBOUT
  •  • 10 194 mots
  •  • 29 médias

Dans le chapitre « Parme »  : […] Corrège (1489-1534) joua à Parme un rôle analogue à celui d'Andrea del Sarto à Florence. Ses grandes décorations (camera di San Paolo, 1519 ; coupole de San Giovanni Evangelista, 1520-1523 ; coupole du Dôme, 1524-1530) inspirèrent par leur illusionnisme audacieux les décorateurs maniéristes bien avant les baroques. Dans ses madones, l'élégance des gestes, la grâce sont un prélude aux recherches de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/manierisme/#i_14177

PARMESAN (1503-1540)

  • Écrit par 
  • Augusta G. QUINTAVALLE
  •  • 2 125 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Les débuts de Parmesan »  : […] Francesco Mazzola ou Mazzuoli est né à Parme, comme l'indique son surnom de Parmesan ; il doit son éducation artistique à ses oncles paternels, « petits maîtres » encore à l'école de l'art de Venise et de Ferrare de la fin du xv e  siècle. Les œuvres qu'il exécute à Parme et dans les environs, entre seize et vingt ans, témoignent d'une maturité in […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/parmesan/#i_14177

VÉRONÈSE (1528-1588)

  • Écrit par 
  • Terisio PIGNATTI
  •  • 2 158 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « La formation »  : […] Fils d'un spezapreda (tailleur de pierre-sculpteur) de Vérone, Paolo Caliari, dit Véronèse, est placé, dès l'âge de dix ans, pour y apprendre la peinture, chez Antonio Badile, mais il se plaît également, suivant l'exemple paternel, à faire des modèles en terre. Avide de connaître toutes les tendances qui vont de la tradition héritée de Mantegna à la génération véronaise du dé […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/veronese/#i_14177

Voir aussi

Pour citer l’article

Andréi NAKOV, « CORRÈGE (1489 env.-1534) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/correge/