CHINOISE (CIVILISATION)La littérature

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Trois éléments

La langue

Caractères typologiques

La langue chinoise comporte deux états assez différents l'un de l'autre. Il y a, d'une part, un chinois vulgaire, ou plutôt une multitude de dialectes vulgaires dont l'un, actuellement celui de Pékin, sert de langue vulgaire commune pour tout l'ensemble du pays, et, d'autre part, un chinois littéraire, qui est le même partout et qui n'a guère changé depuis quelque vingt siècles. Cette langue littéraire est inintelligible à l'audition, et l'on ne peut que la lire et l'écrire : c'est pourquoi on l'appelle généralement la « langue écrite », tandis que le chinois vulgaire, qui peut s'écrire, lui aussi, mais qui seul se parle, est qualifié de « langue parlée ».

Ces deux états de la langue possèdent en commun certains traits essentiels, dont les principaux se rapportent à la nature du mot. Le mot, l'unité lexicale sous sa forme élémentaire, est en chinois formé d'une seule syllabe, et cela aussi loin que l'on puisse remonter dans le passé. Il y a naturellement bien des tempéraments à ce monosyllabisme. Le principal est dû à l'emploi extrêmement développé de termes composés, c'est-à-dire que les mots élémentaires formés d'une seule syllabe s'agrègent constamment en formations complexes qui forment, à leur tour, de véritables mots de deux ou de plusieurs syllabes.

« Homme » se dit ren, « genre » se dit lei : ren-lei, « le genre humain », est un composé fixé par l'usage, qui signifie « l'humanité ». Le disyllabe ren-lei peut, à beaucoup d'égards, se définir comme un mot au même titre que les monosyllabes ren et lei : le mot chinois est donc à la fois monosyllabique et polysyllabique ; il n'est pas possible d'en donner une définition qui soit applicable au mot européen. Nous avons, nous aussi, bien des composés dans nos langues ; mais le principe de la composition n'y est pas élevé à la hauteur d'un procédé systématique et tout-puissant, comme c'est le cas en chinois. De plus, les composés ont en chinois ceci de particulier que, tout en étant fixés par l'usage arbitraire de la langue, ils rest [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 68 pages

Écrit par :

  • : membre de l'Institut, professeur honoraire au Collège de France
  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études
  • : professeur à l'université de Paris-VII, directeur de l'Institut des hautes études chinoises au Collège de France
  • : ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de l'Université, maître assistant à l'université de Paris-VIII, Saint-Denis
  • : professeur à l'université de Bordeaux-III-Michel-de-Montaigne, responsable du département d'études chinoises, directeur du Centre d'études et de recherches sur l'Extrême-Orient
  • : professeur à l'Institut national des langues et civilisations orientales, directrice de l'équipe ASIES

Classification

Autres références

«  CHINOISE CIVILISATION  » est également traité dans :

CHINOISE (CIVILISATION) - Vue d'ensemble

  • Écrit par 
  • Jacques GERNET
  •  • 1 592 mots
  •  • 1 média

L'Asie orientale, de civilisation et d'influence chinoises, constitue un ensemble humain et géographique qui est à la fois très vaste et complexe en raison de la diversité de ses populations et de ses conditions naturelles. Elle s'étend depuis l'équateur jusqu'à la taïga sibérienne et depuis le Pacifique jusqu'au cœur du continent asiatique. On trouve des colonies chinoises à Java et en Malaisie c […] Lire la suite

CHINOISE (CIVILISATION) - La pensée chinoise

  • Écrit par 
  • Claude GRÉGORY
  •  • 3 454 mots
  •  • 3 médias

Depuis des temps qui se perdent aux origines légendaires, la mentalité chinoise est soutenue et sous-tendue par ce que l'on peut, faute de mieux, appeler une doctrine.Doctrine forte et profonde qui justifie l'histoire entière de la Chine, mais sans laquelle un monde s'écroule pour ne laisser subsister qu'une poussière de faits dans un désordre inexplicable. Aucune analyse socio-économique ne saura […] Lire la suite

CHINOISE (CIVILISATION) - Symbolisme traditionnel et religions populaires

  • Écrit par 
  • Maxime KALTENMARK, 
  • Michel SOYMIÉ
  •  • 7 067 mots
  •  • 2 médias

Les fondements de la pensée chinoise traditionnelle nous sont connus essentiellement par des textes qui furent rédigés pour la plupart à l'époque dite des philosophes (en histoire : l'époque des Royaumes combattants, ve-iiie s. av. J.-C.). Il est cependant certain que nombre de concepts remontent à une ép […] Lire la suite

CHINOISE (CIVILISATION) - Bureaucratie, gouvernement, économie

  • Écrit par 
  • Pierre-Étienne WILL
  •  • 11 003 mots

« Céleste » ou « hydraulique », peu importe : l'idée communément répandue suivant laquelle la Chine vit depuis des temps fort anciens sous un régime bureaucratique est essentiellement correcte. Sans vouloir ici décrire à nouveau l'évolution, esquissée dans les pages précédentes, des institutions gouvernementales au fil des dynasties, on rappellera simpl […] Lire la suite

CHINOISE (CIVILISATION) - Sciences et techniques

  • Écrit par 
  • Jean-Claude MARTZLOFF
  •  • 6 597 mots

Pour la Chine, comme pour d'autres civilisations, plus on remonte le temps, plus il devient difficile de préciser ce qu'on doit entendre exactement par « science ». C'est pourquoi la « science chinoise » peut se définir de plusieurs manières : il peut s'agir de toute idée, découverte ou méthode chinoise qui joue encore u […] Lire la suite

CHINOISE (CIVILISATION) - La médecine en Chine

  • Écrit par 
  • Florence BRETELLE-ESTABLET
  •  • 8 506 mots
  •  • 8 médias

Depuis le début des années 1980, plusieurs facteurs ont conduit historiens et anthropologues à développer et renouveler le champ des études sur la médecine chinoise. D'une part, les travaux menés par les historiens ou philosophes, comme Foucault, sur la médecine européenne ont montré combien la médecine était un champ fécond pour l'histoire intellectuelle, sociale et politique d'une société donnée […] Lire la suite

CHINOISE CIVILISATION - Les arts

  • Écrit par 
  • Corinne DEBAINE-FRANCFORT, 
  • Daisy LION-GOLDSCHMIDT, 
  • Michel NURIDSANY, 
  • Madeleine PAUL-DAVID, 
  • Michèle PIRAZZOLI-t'SERSTEVENS, 
  • Pierre RYCKMANS, 
  • Alain THOTE
  •  • 54 356 mots
  •  • 41 médias

Les tendances esthétiques chinoises ordonnent les créations artistiques selon une hiérarchie profondément différente de celle de l'Occident : elles tiennent compte de leur lien plus ou moins direct avec l'esprit. L'écriture – et donc la calligraphie, véhicule par excellence de la pensée – prend ainsi la première pl […] Lire la suite

ASTRONOMIE

  • Écrit par 
  • James LEQUEUX
  •  • 11 308 mots
  •  • 20 médias

Dans le chapitre « L'astronomie arabe et chinoise »  : […] En ce qui concerne les Arabes et leurs collègues juifs et persans, ce n'est pas seulement par amour de la science qu’ils s’intéressent à l'astronomie. L'étude des astres leur est indispensable pour prédire l'avenir : ce sont avant tout des astrologues. Ils ont d'abord besoin de méthodes de calcul et des tables déjà établies, qu'ils découvrent dans les vestiges des bibliothèques byzantines, et auss […] Lire la suite

CALENDRIERS

  • Écrit par 
  • Jean-Paul PARISOT
  •  • 9 872 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Calendriers chinois »  : […] Nos connaissances sur l'astronomie et le calendrier chinois sont dues au travail monumental réalisé entre 1723 et 1759 par le jésuite français Antoine Gaubil. Pendant les trente-six années qu'il passe à Pékin, sa fonction de traducteur et d'interprète lui permet d'être en contact permanent avec la cour et il a accès à tous les documents historiques. Il a publié plusieurs traités de chronologie (p […] Lire la suite

CHINE - Hommes et dynamiques territoriales

  • Écrit par 
  • Thierry SANJUAN
  •  • 9 791 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Le territoire, un produit de l'histoire »  : […] Le territoire de la Chine se donne, dans l'histoire officielle, comme l'extension d'un monde chinois qui trouve son foyer originel dans le bassin moyen du fleuve Jaune dès le II e  millénaire avant J.-C. Plus largement, la Chine se veut le foyer de civilisation de l'Asie orientale dans la mesure où elle était elle-même l'ensemble du monde, « tout ce qui était sous le ciel » ( tian xia ). Le peup […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Paul DEMIÉVILLE, Jean-Pierre DIÉNY, Yves HERVOUET, François JULLIEN, Angel PINO, Isabelle RABUT, « CHINOISE (CIVILISATION) - La littérature », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/chinoise-civilisation-la-litterature/