BANGLADESH

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Nom officielRépublique populaire du Bangladesh (BD)
Chef de l'ÉtatAbdul Hamid (par intérim depuis le 20 mars 2013, élu le 22 avril 2013)
Chef du gouvernementHasina Wajed (depuis le 6 janvier 2009)
CapitaleDhaka ou Dacca
Langue officiellebengali
Unité monétairetaka (BDT)
Population171 704 000 (estim. 2022)
Superficie (km2)147 570

Histoire du Bengale oriental (1526-1971)

La colonisation britannique

Le Bengale fut conquis par les musulmans au xiie siècle, et dominé par le sultanat de Delhi jusqu’à la bataille de Pānīpat en 1526, qui marque le début de l’Empire moghol. C’est une période de prospérité et de développement pour la région, qui voit progressivement s’accroître l’influence de la Compagnie anglaise des Indes orientales, créée en 1600. Simple compagnie commerciale, celle-ci se transforme rapidement en une vaste organisation politico-administrative et militaire chargée de défendre les intérêts des Britanniques en Inde. La bataille de Plassey, en 1757, qui voit la défaite de l’armée moghole, ouvre véritablement la voie à la domination britannique. S’octroyant rapidement le monopole du commerce (épices, soie, coton, jute, thé), et celui du versement de l’impôt, la Compagnie exploite massivement les ressources du Bengale. Inquiet de la puissance croissante de la Compagnie, le Parlement britannique adopte, en 1784, le Pitt’s India Act, qui autorise cette dernière à garder le contrôle des activités commerciales dans la région, mais la prive de tout pouvoir politique.

Afin de mieux asseoir leur pouvoir colonial, les Britanniques jouent également des tensions existant entre les communautés hindouistes et musulmanes. À cet effet, ils tentent, en 1905, de partager le Bengale en deux entités administratives distinctes, projet qu’ils abandonneront en 1911 sous la pression des élites hindouistes. Cependant, en se servant d’intermédiaires essentiellement hindouistes pour exercer leur contrôle, les Britanniques attisent la colère des paysans bengalis musulmans, appauvris et écartés de la vie politique. Cette situation encourage la progressive réaffirmation identitaire des musulmans, qui se matérialise par la création, en 1906, de la Ligue musulmane (All India Muslim League), destinée à défendre les intérêts des Indiens musulmans face aux élites hindouistes représentées par le parti du Congrès (Indian National Congress, créé en 1885).

Alors que l’indépendance de l’Inde britannique semble inévitable à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Ligue musulmane joue un rôle clé dans la diffusion de la « théorie des deux nations » promouvant un État spécifique pour les Indiens musulmans. Ainsi, en 1947, deux États voient le jour : l’Inde et le Pakistan. Le Bengale est également scindé en deux : alors que le Bengale occidental reste indien, le Bengale oriental (qui devient le Pakistan oriental), composé majoritairement de paysans bengalis musulmans, rejoint le dominion du Pakistan. La partition de 1947 s’accompagne de déplacements massifs de population de part et d’autre des nouvelles frontières : 6 millions d’Indiens musulmans viennent s’installer au Pakistan, tandis que 4 millions d’hindous vont s’installer en Inde.

La domination pakistanaise

La formation du Pakistan est unique et elle explique en grande partie son échec. Construit sur le principe d’un nationalisme religieux, le nouveau pays comprend cependant deux parties distinctes géographiquement (le Pakistan oriental et le Pakistan occidental), séparées par 1 700 kilomètres de territoire indien. Par ailleurs, le nouvel État n’hérite d’aucune structure politico-administrative de l’époque coloniale, et le Pakistan oriental, qui a été davantage exploité et privé d’infrastructures sous la colonisation britannique, tombe rapidement sous la domination du Pakistan occidental. D’emblée, le Pakistan souffre d’une forte instabilité politique et d’importantes difficultés économiques. Tandis que les élites du Pakistan occidental monopolisent les postes clés dans les domaines politique, administratif, judiciaire et bancaire, le Pakistan oriental s’enfonce dans le sous-développement.

Le mécontentement grandissant des Pakistanais bengalis se cristallise surtout autour de l’enjeu linguistique. Le gouvernement de Karachi (Pakistan occidental) proclame, dès l’indépendance, l’urdu (ou ourdou) langue officielle unique du Pakistan, provoquant à partir de 1952 de vives protestations au Pakistan oriental, qui regroupe la population bengalophone numériquement majoritaire au Pakistan (57 p. 100 de la population totale). Par ailleurs, [...]

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Bangladesh : drapeau

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Plage de Cox's Bazar, Bangladesh

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Fleuve au Bangladesh

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Érosion fluviale au Bangladesh

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Écrit par :

  • : doctorante en science politique et relations internationales à SciencesPo Paris et au Centre d'études et de recherches internationales (CERI), chercheuse invitée à l'International Centre for Climate Change Adaptation and Development (ICCCAD) Independent University, Dhaka, Bangladesh

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Pour citer l’article

Alice BAILLAT, « BANGLADESH », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/bangladesh/