CONGRÈS PARTI DU

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Aboutissement d'une lente évolution qui trouva son origine, au xviiie siècle, dans le Mouvement de la renaissance hindoue de Rāmmohan Rāy (1772-1833), le parti du Congrès national indien, ou plus communément parti du Congrès, est d'abord une simple organisation de concertation ; il se transformera en cheville ouvrière de l'indépendance indienne, pour assurer, ensuite, les responsabilités gouvernementales.

Rassemblant les nouvelles classes intellectuelles ouvertes à l'Occident, il a pour première forme officielle le Comité consultatif indien, créé en 1885 à l'instigation des autorités britanniques. Il participe ainsi avec modération à la timide politique de collaboration du début du xxe siècle. En 1905, la division du Bengale en deux États à assises religieuses distinctes entraîne le départ de ses membres musulmans pour la Ligue musulmane.

La victoire de l'aile extrémiste, dirigée par Bal Gangadhar Tilak et Annie Besant, sur le courant légaliste minoritaire de Gopal Krishna Ghokhale est consacrée par les revendications menées en 1915 au titre du Home Rule.

À la fin de la Première Guerre mondiale, la répression sanglante du Pendjab et le défaut d'application du Government of India Act sont l'occasion des premiers phénomènes de non-coopération des masses. Dès cette époque, le nouveau président du Congrès, le pandit Çri Jawāharlāl Nehru, prône l'indépendance totale.

L'explosion de la Seconde Guerre mondiale oblige le Royaume-Uni à engager l'Inde dans les opérations militaires sans consulter les élus indiens, qui subordonnent la fourniture d'un éventuel soutien à l'octroi de l'indépendance.

Leaders du Parti du Congrès indien, 1938

Photographie : Leaders du Parti du Congrès indien, 1938

Des figures du Congrès indien (ici, en 1938, lors du 51e congrès du parti) : de gauche à droite, Gandhi (1869-1948), Subhas Chandra Bose (1897-1945) et Vallabhai Patel (1875-1950). 

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L'opération Quit India (Quittez l'Inde) est lancée en 1942 dans un climat de forte tension et de violence. Les principaux dirigeants du Mouvement sont incarcérés. Pourtant, Subhas Chandra Bose, chef de l'aile intransigeante, parvient à rassembler les membres extrémistes du Congrès au sein de l'Armée nationale indienne et souscrit au pacte anti-Komintern aux côtés des forces de l'Axe.

L'indépendance est acquise le 15 août 1947, et la Constitution de la République indienne fut promulguée le 26 janvier 1950. Contre l'opinion de son chef idéologique, Mohandas Karamchand Gandhi, le Mouvement se transforme en parti politique. Selon les statuts adoptés à Jaïpur en 1948, le parti devait rechercher l'« établissement en Inde, par la voie constitutionnelle, d'un État socialiste de démocratie parlementaire ».Aux premières élections générales de 1951-1952, le parti obtient, avec 43 p. 100 des suffrages exprimés, l'assurance de pouvoir gouverner seul le jeune État. La consultation de 1957, où il réunit 47,7 p. 100 des suffrages, et celle de 1962 confortent sa position de parti dominant.

De l'indépendance à nos jours, le parti du Congrès gouverne le pays, avec quelques interruptions, entre 1977 et 1980, entre 1989 et 1991, entre 1998 et 2004 et depuis 2014.

Le parti du Congrès, à l'instar de nombreuses organisations politiques indiennes, ne défend pas une ligne dogmatique. Face aux fluctuations des données du sous-continent et à la diversité des problèmes, il propose une politique pragmatique. Au seuil de l'indépendance, son but était d'organiser un agrégat regroupant de multiples entités juridiques et administratives, à l'intérieur d'un État indien fédéral respectant les diverses appartenances religieuses, ethniques et linguistiques. Ce processus d'intégration n'a pas encore totalement abouti.

Le parti a été à l'origine de la réforme agraire des années 1950 et de la promotion du schéma d'organisation administrative des milieux ruraux (système des panchayats).

En 1955, les assises d'Avadi ont permis de dresser l'esquisse du modèle économique qu'il proposait à l'Inde. Le Congrès, à cette occasion, s'est prononcé dans le sens d'une direction de l'économie par les pouvoirs publics et d'une appropriation collective des moyens de production. Ces principes ont été repris par les différents gouvernements issus du parti. C'est ainsi que les organismes bancaires, les établissements financiers et les secteurs de production alimentaire sont progressivement pris en charge par l'État indien.

La faction la plus conservatrice du parti avait fait scission en 1969, sous le nom de Vieux Congrès, ou Congress (O). Elle est évincée par la tendance populiste dominante, le Congrès (R), pour requisition, qui reste au pouvoir sous la direction d’Indira Gandhi jusqu’en 1977. En 1978, celle-ci rassemble ses partisans sous l’appellation de Congress (I), pour Indira. Cette personnalisation exacerbée du parti sape encore un peu plus son hégémonie sur l’ensemble du pays, et laisse le champ libre à de nouveaux partis recrutant ouvertement sur des critères religieux (comme le BJP, Bharatiya Janata Party, Parti du peuple indien, hindou nationaliste) ou de caste, qui le concurrence sérieusement aux niveaux tant fédéral qu’étatique. L’adoption de mesures économiques libérales durant les années 1990 achève la rupture avec les vieux principes fondateurs du parti de l’indépendance.

Sonia Gandhi, 1998

Photographie : Sonia Gandhi, 1998

La dirigeante du Parti du Congrès, Sonia Gandhi, s'apprête à dénoncer la politique du gouvernement auprès du président indien (28 juillet 1998). Par cette première grande opposition, elle engage une tentative de reconquête du pouvoir. 

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Pour citer l’article

Laurent-Xavier SIMONEL, « CONGRÈS PARTI DU », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/parti-du-congres/