ARS NOVA

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Prolations de Philippe de Vitry

Prolations de Philippe de Vitry
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Talea et color

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Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Les progrès de la notation

L'essentiel des innovations reprochées aux musiciens par Jean XXII trouve sa source dans les progrès de la notation. Depuis l'époque des neumes jusqu'à l'école de Notre-Dame, la notation musicale était restée imprécise. C'est aux disciples de Pérotin qu'il faut attribuer les premières réformes qui furent à l'origine de la notation dite proportionnelle (nota mensurabilis).

Les musiciens de l'école de Notre-Dame furent en effet les premiers à utiliser les ligatures, artifices graphiques destinés à définir le rythme selon l'accentuation brève-longue (ou vice versa). Il ne s'agissait encore que de la découverte d'un principe qui en se perfectionnant au cours du xiiie siècle allait mettre à la disposition des compositeurs un système cohérent et efficace. Cette notation fut enrichie par les deux Francon : Francon de Paris, qui fut maître de chapelle à Notre-Dame et que l'on tient généralement pour l'auteur de l'Ars cantus mensurabilis, et Francon de Cologne, auteur d'un Compendium discantus. La notation dite franconienne se caractérise par l'attribution aux notes de formes différentes selon leur durée ; ainsi se précisent les figurations de la longa, de la brevis et de la semi-brevis :.

Jusque-là, on ne connaissait que le rythme ternaire, considéré comme tempus perfectum en vertu d'un symbolisme hérité des théories pythagoriciennes transmises par le philosophe Boèce, néo-pythagoricien du ve siècle, vénéré par tous les musiciens du Moyen Âge. Le tempus perfectum était représenté par un cercle, la figure géométrique parfaite par excellence ; un peu plus tard apparaîtra le demi-cercle (ancêtre de notre lettre C indiquant la mesure à quatre temps) comme symbole de la mesure binaire. L'unité de temps était la brevis. La longa perfecta valait donc trois brèves ; la longa imperfecta n'en valait que deux. Les difficultés surgissaient du fait que la figuration des notes ne leur accordait point une valeur absolue ; cette valeur était fonction des rapports des notes ent [...]


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Autres références

«  ARS NOVA  » est également traité dans :

ARS NOVA - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Juliette GARRIGUES
  •  • 468 mots

XIIe siècle-début du XIVe siècle L'ars antiqua (ou ars veterum, ou ars vetus), que l'on peut traduire par la « vieille école », désigne, d'une manière générale, l'école musicale parisienne des xiie et xiii […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ars-nova-reperes-chronologiques/

ADAM DE LA HALLE (1235 env.-env. 1285)

  • Écrit par 
  • Paul ZUMTHOR
  •  • 1 080 mots

Dans le chapitre « L'œuvre poétique et musicale »  : […] Son œuvre se caractérise par sa diversité. Les inspirations qu'elle manifeste sont principalement polarisées par des éléments tirés de la tradition lyrique des trouvères. Pourtant, Adam se situe aux confins de cette esthétique et d'un ars nova dont il est l'un des premiers créateurs, d'où une certaine dualité, et parfois l'ambiguïté de sa poésie. On y peut distinguer un type […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/adam-de-la-halle/#i_5018

AVANT-GARDE

  • Écrit par 
  • Marie-Laure BERNADAC, 
  • Nicole BRENEZ, 
  • Antoine GARRIGUES, 
  • Jacinto LAGEIRA, 
  • Olivier NEVEUX
  •  • 10 101 mots
  •  • 14 médias

Dans le chapitre « Les tendances modernistes avant la « seconda prattica » »  : […] Cette idée de modernité est liée à l'Italie au seuil du xvii e  siècle, à Claudio Monteverdi qui oppose, en 1605, dans son Cinquième Livre de madrigaux , la manière traditionnelle d'écrire, ou prima prattica – celle des grands contrapuntistes qui l'ont précédé –, à la nouvelle, moderne et audacieuse […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/avant-garde/#i_5018

CICONIA JOHANNES (1340 env.-1411)

  • Écrit par 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 480 mots

Compositeur et théoricien liégeois, le plus grand musicien entre Guillaume de Machaut (1300-1377) et Guillaume Dufay (1400-1474), dont l'influence, en Italie notamment, redonna vie à une production musicale déclinante. Ciconia vécut à Avignon, où, en 1350, il fut clerc et familier d'Aliénor de Comminges-Turenne, nièce du pape Clément VI ; c'était l'époque où les principes de l'ars nova (Guillaume […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/johannes-ciconia/#i_5018

CONTREPOINT

  • Écrit par 
  • Henry BARRAUD
  •  • 4 645 mots

Dans le chapitre « L'ars nova »  : […] On en vient ainsi, au xiv e  siècle, à la mise au point d'un système de notation très évolué et d'une extrême complexité, dont Philippe de Vitry nous décrit le mécanisme sous le nom d' ars nova , par opposition à l' ars antiqua dont nous venons de parcourir l'histoire avec l'éclosion de ses divers aspec […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/contrepoint/#i_5018

DUNSTABLE JOHN (1385 env.-1453)

  • Écrit par 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 856 mots

Astronome et mathématicien anglais, surtout connu comme musicien : Primus inter pares selon Tinctoris qui, dans son Proportionale Musices (1477), rendit son nom célèbre dans l'Europe musicienne du xv e siècle ; déjà de son vivant sa renommée était grande, car ses manuscrits ont été retrouvés à Rome, à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/john-dunstable/#i_5018

JACOPO DA BOLOGNA (actif mil. XIVe s.)

  • Écrit par 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 363 mots

Musicien et théoricien italien, compositeur le plus célèbre des débuts de l'ars nova dans la Péninsule, avant Landini. Son influence sur la musique florentine fut importante et durable. À en croire les nombreuses copies qui nous sont parvenues, ses œuvres furent fort prisées de son temps. Jacopo da Bologna est l'un des tout premiers polyphonistes italiens. De sa vie, on sait par Filippo Villani ( […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacopo-da-bologna/#i_5018

JOHANNES DE MURIS ou JEAN DES MURS (1290/1295 env.-apr.1344)

  • Écrit par 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 380 mots

Mathématicien, astronome, musicien, théoricien de la musique, Johannes de Muris (Jean des Murs) est l'un des fondateurs de l' Ars nova . Son influence fut grande dans les universités des xiv e et xv e siècles où, bien souvent, l'on commentait sa […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/johannes-de-muris-jean-des-murs/#i_5018

LANDINO ou LANDINI FRANCESCO (1330 env.-1397)

  • Écrit par 
  • Edith WEBER
  •  • 506 mots

Célèbre musicien et poète de l'ars nova florentine (Trecento), Francesco Landino, surnommé Magister Franciscus Caecus, Francesco Cieco ou Cecco (l'« Aveugle »), ou encore il Cieco degli organi, est né à Fiesole. Sa date de naissance se situerait entre 1325 et 1335 environ. Son père, Jacopo del Casentino, était peintre, et le jeune Francesco, avant d'être atteint de cécité à la suite de la variole, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/landino-landini/#i_5018

LYRISME MUSICAL

  • Écrit par 
  • Étienne SOURIAU
  •  • 2 856 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Arguments historiques »  : […] En fait, on voit dans l'histoire de la musique combien la théorie et la pratique de l'expression des sentiments intimes par l'enthousiasme créateur tiennent peu de place. Les primitifs semblent toujours avoir conçu des données musicales organisées (airs, réalisations instrumentales ou vocales déterminées et dénommées) comme des objets sui generis doués de propriétés générale […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lyrisme-musical/#i_5018

MACHAUT GUILLAUME DE

  • Écrit par 
  • Roger BLANCHARD
  •  • 2 609 mots

Dans le chapitre « L'œuvre musical »  : […] L'œuvre musical de Guillaume de Machaut comporte dix-neuf lais, trente-trois virelais, vingt-deux rondeaux, quarante-deux ballades, vingt-trois motets, une messe polyphonique et le Hoquetus David , composition instrumentale à trois voix, destinée, pense-t-on, à compléter l'organum Alleluia Nativitas de Pérotin. En son Remède de fortune […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/guillaume-de-machaut/#i_5018

MADRIGAL

  • Écrit par 
  • France-Yvonne BRIL
  •  • 2 196 mots

Dans le chapitre « Le « madrigal » du XIVe siècle »  : […] Le terme de madrigale apparut pour la première fois au xiv e  siècle, période italienne de l' Ars nova. C'était une forme de poésie profane dans laquelle le rôle de la musique était limité, soumis à l'expression verbale. L'apparition des premiers madrigaux correspondit à l'essor poétique pris en Italie dès la fin du […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/madrigal/#i_5018

PHILIPPE DE VITRY (1291-1361)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 379 mots
  •  • 1 média

Théoricien de la musique, poète et compositeur, le Français Philippe de Vitry naît le 31 octobre 1291, peut-être dans une localité nommée Vitry, en Champagne, peut-être à Paris. Il étudie à la Sorbonne et est ordonné diacre à un très jeune âge. Son premier emploi connu est la charge de notaire de Charles IV le Bel, qu'il obtient en 1329. Il deviendra maître des requêtes, puis conseiller du roi et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/philippe-de-vitry/#i_5018

PIERRE DE LA CROIX (2e moitié XIIIe s.)

  • Écrit par 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 269 mots

Théoricien et musicien français de la seconde moitié du xiii e  siècle, originaire d'Amiens, Pierre de la Croix (Petrus de Cruce) peut être identifié à Pierre de Picardie dont le traité fut reproduit par le dominicain, professeur de musique à la Sorbonne au temps de Saint Louis, Jérôme de Moravie, sous le titre Musica mensurabilis […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-de-la-croix/#i_5018

POLYPHONIE

  • Écrit par 
  • Jacques CHAILLEY, 
  • Michel PHILIPPOT
  •  • 2 165 mots

Dans le chapitre « La polyphonie classique occidentale »  : […] La polyphonie médiévale est attestée, dans la culture écrite occidentale, depuis le ix e  siècle seulement, et y reste en stagnation pendant près de deux siècles, avant de connaître l'essor extraordinaire qui, à partir de la fin du xi e  siècle, lui donnera des développements sans commune mesure […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/polyphonie/#i_5018

POWER LEONEL (mort en 1445)

  • Écrit par 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 381 mots

Avec Dunstable, Leonel Power (Leonellus Anglicus) est le théoricien et le compositeur le plus renommé de la musique anglaise de la première moitié du xv e  siècle. L'œuvre de ces deux musiciens assure très nettement le passage de l' ars nova à l'écriture de la Renaissance. En 1423, Power entra dans la fraternité bénédictine […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/leonel-power/#i_5018

TINCTORIS JOHANNES (1435 env.-1511)

  • Écrit par 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 395 mots

Compositeur flamand, théoricien de la musique, auteur du premier dictionnaire de termes musicaux. On ignore où Johannes Tinctoris fit ses études ; mais il enseigna les arts, les mathématiques, la musique, la poésie et le droit. Pendant trois ans (1474-1476), il fut succentor (sous-chantre) à la cathédrale Saint-Lambert de Liège ; auparavant, il avait fait un séjour à Chartre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/johannes-tinctoris/#i_5018

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Pour citer l’article

Roger BLANCHARD, « ARS NOVA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ars-nova/