ACÉTYLCHOLINE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'acétylcholine (ACh) est l'ester acétique de la choline, corps basique azoté dérivé de l'ammonium quaternaire.

Formule de l'acétylcholine : β-acétoxyéthyl-triméthyl-ammonium.

Formule

Formule

Dessin

 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher

L'ACh a été préparée par voie synthétique en 1867 et peut être obtenue aisément en chauffant de la choline avec l'anhydride acétique. Elle se conserve longtemps en milieu acide (pH 3,9) mais son hydrolyse est très rapide en milieu alcalin (quasi instantanée à pH 12) et libère l'acétate et la choline.

L'ACh diffuse facilement et se comporte comme un léger tensio-actif. Dans une interphase entre l'huile et l'eau, même à des concentrations faibles, elle peut produire un effet électrogène. On classe l'ACh parmi les composés naturels appelés médiateurs chimiques ou transmetteurs synaptiques qui réalisent la transmission de l'influx nerveux à un effecteur, neurone ou fibre musculaire, assurant la contraction des muscles et produisant, au niveau des viscères, des effets dits muscariniques (dilatation des vaisseaux, ralentissement du cœur, stimulation des sécrétions glandulaires, de la motricité intestinale, etc.) ; elle exerce d'autre part au niveau des ganglions sympathiques un rôle dit nicotinique, inversant certains effets précédents.

Mise en évidence et localisation

La mise en évidence, voire le dosage de l'ACh dans les tissus, s'effectue essentiellement par des méthodes biologiques. Ces tests font appel à la contractilité du muscle abdominal droit de la grenouille ou du muscle dorsal de la sangsue. Les méthodes chimiques n'offrent généralement pas la spécificité ou la sensibilité désirée. Une congélation extrêmement rapide des tissus est indispensable pour saisir le taux réel d'ACh qui peut subir des variations très rapides (destruction par la cholinestérase ou resynthèse par la choline-acétylase). L'ACh a été trouvée dans des plantes, des micro-organismes, puis découverte dans les tissus animaux par Dale.

L'ACh existe dans le tiss [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages



Médias de l’article

Formule

Formule
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Fixation sur la cholinestérase

Fixation sur la cholinestérase
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Anticholinestérasiques et pyridine

Anticholinestérasiques et pyridine
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin





Écrit par :

  • : professeur à la faculté de médecine de Strasbourg, directeur du Centre de neurochimie du C.N.R.S., Strasbourg

Classification


Autres références

«  ACÉTYLCHOLINE  » est également traité dans :

ALZHEIMER MALADIE D'

  • Écrit par 
  • Nathalie CARTIER-LACAVE
  •  • 1 863 mots

Dans le chapitre « Traitement »  : […] Il n'existe actuellement aucun moyen de guérir la maladie d'Alzheimer ou même d'en arrêter l'évolution. Certains traitements sont susceptibles d'atténuer les pertes de mémoire, les troubles du langage et du raisonnement. Le traitement reste à l'heure actuelle essentiellement symptomatique et vise à améliorer la qualité de vie des patients. La lutte contre les facteurs de risques vasculaires (hype […] Lire la suite

ATTENTION

  • Écrit par 
  • Éric SIÉROFF
  •  • 1 924 mots

Dans le chapitre « Mécanismes de l’attention »  : […] L’attention agit par des mécanismes complexes, et sa structure n’est pas unitaire. Sur le plan de l’anatomie cérébrale, Michael Posner et Steve Petersen ont décrit trois sous-systèmes cérébraux de l’attention. Le premier est le contrôle attentionnel qui détermine, en fonction des buts du sujet, les éléments vers lesquels elle va se diriger. Ce contrôle attentionnel est d’origine frontale et repos […] Lire la suite

AUDITION - Acoustique physiologique

  • Écrit par 
  • Pierre BONFILS, 
  • Yves GALIFRET, 
  • Didier LAVERGNE
  •  • 14 763 mots
  •  • 16 médias

Dans le chapitre « Les cellules ciliées externes »  : […] On ne connaît pas le neuromédiateur des terminaisons afférentes présentes à la base des cellules ciliées externes. Du fait de leur insensibilité à l'effet excitotoxique du glutamate, on peut exclure qu'elles soient glutamatergiques. L'acétylcholine est le neuromédiateur essentiel du contrôle efférent des c. c. ext. Elle active les récepteurs nicotiniques liés aux canaux K + de la membrane basale […] Lire la suite

CHANGEUX JEAN-PIERRE (1936- )

  • Écrit par 
  • Gabriel GACHELIN
  •  • 1 143 mots

Jean-Pierre Changeux, né le 6 avril 1936 à Domont (Val-d'Oise) est en 1955 élève de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm en biologie. Major de l'agrégation des sciences naturelles en 1958, il débutera sa carrière scientifique en décrivant de nouveaux copépodes parasites au laboratoire Arago de Banyuls et sera enlevé à la zoologie par Jacques Monod, dans le laboratoire duquel il passera en 1 […] Lire la suite

COUTEAUX RENÉ (1909-1999)

  • Écrit par 
  • Jacques TAXI
  •  • 1 099 mots

Né à Saint-Amand-les-Eaux (Nord), René Couteaux mena de front ses études de médecine et de sciences naturelles aux facultés de Lille, puis de Paris (1928-1933). Ayant toujours eu pour objectif la recherche scientifique, il entra dès 1932 au laboratoire de biologie expérimentale de la Sorbonne, dirigé par E. Rabaud. Très vite, il décida de se consacrer à l'étude de la zone de connexion entre la te […] Lire la suite

DALE HENRY HALLETT (1875-1968)

  • Écrit par 
  • Samya OTHMAN
  •  • 190 mots

Physiologiste et pharmacologiste britannique, né le 9 juin 1875 à Londres, décédé le 23 juillet 1968 à Cambridge. Colauréat, avec Otto Loewi, du prix Nobel de physiologie ou médecine en 1936 pour la découverte « des échanges chimiques dans la transmission nerveuse ». Formé à University College, à Londres, et Cambridge University (1903-1909), Dale mène carrière à la fois dans les instances universi […] Lire la suite

ÉSÉRINE ou PHYSOSTIGMINE

  • Écrit par 
  • Philippe COURRIÈRE
  •  • 414 mots

Alcaloïde de formule brute C 15 H 21 O 2 N 3 , extrait de la fève de Calabar ( Physostigma venenosum ), plante de la famille des légumineuses qui se développe de façon sauvage en Afrique, dans la région du Niger. On l'appelle également, évoquant le nom scientifique de la plante, physostigmine . Outre l'ésérine, on isole aussi de cette plante d'autres alcaloïdes comme la génésérine, l'éséridine et […] Lire la suite

EXPÉRIENCES DE LOEWI : LA NEUROSÉCRÉTION

  • Écrit par 
  • Pascal DURIS
  •  • 199 mots
  •  • 1 média

Le rôle de certains nerfs dans la régulation du rythme cardiaque avait été reconnu dès la seconde moitié du xix e  siècle. Mais comment l'excitation des fibres nerveuses se transmettait-elle au cœur ? Le pharmacologue allemand Otto Loewi (1873-1961) aborde expérimentalement la question en 1921. Ayant observé que la stimulation électrique du nerf vague d'un cœur isolé de grenouille perfusé par un l […] Lire la suite

KATZ BERNARD (1911-2003)

  • Écrit par 
  • Samya OTHMAN
  •  • 190 mots
  •  • 1 média

Physiologiste britannique d'origine allemande, Bernard Katz est né le 26 mars 1911 à Leipzig. Il reçoit le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1970, conjointement à Julius Axelrod et Ulf von Euler pour l'élucidation du fonctionnement de la plaque motrice qui relie une fibre musculaire au nerf moteur. Diplômé de médecine de l'université de Leipzig, il émigre en Grande-Bretagne en 1934 et sout […] Lire la suite

LOEWI OTTO (1873-1961)

  • Écrit par 
  • Samya OTHMAN
  •  • 208 mots

Pharmacologiste américain d'origine allemande, né le 3 juin 1873 à Francfort et mort le 21 décembre 1961 à New York. Otto Loewi reçoit le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1936, conjointement à Henry Hallett Dale, pour la découverte de la transmission chimique des impulsions nerveuses. Médecin diplômé de l'université de Strasbourg (1896), il renonce, devant les ravages des maladies infectie […] Lire la suite

MUSCARINE

  • Écrit par 
  • Philippe COURRIÈRE
  •  • 236 mots
  •  • 1 média

Alcaloïde, de formule brute C 9 H 21 O 2 N, que l'on trouve dans divers champignons supérieurs comme l'amanite tue-mouches ( Amanita muscaria ), l'amanite panthère ( Amanita pantherina ) et les inocybes. Ces champignons poussent dans les régions tempérées et sont responsables chaque année de nombreuses intoxications. S'ils ne sont pas mortels, ils sont très dangereux car ils provoquent des troub […] Lire la suite

MUSCLES

  • Écrit par 
  • Jean RAIMBAULT, 
  • Bernard SWYNGHEDAUW
  •  • 12 918 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « Les zones de jonction »  : […] La plaque motrice , ou jonction neuromusculaire, est l'endroit où la variation de potentiel électrique qui caractérise l' influx nerveux va voir ses effets amplifiés par la libération d'un médiateur, l' acétylcholine, qui permettra la dépolarisation cellulaire et donc la contraction. C'est une structure histologique qui comporte du côté musculaire des plissements réguliers de la membrane externe […] Lire la suite

NERVEUX (SYSTÈME) - Neurobiologie

  • Écrit par 
  • Jean-Marc GOAILLARD, 
  • Michel HAMON, 
  • André NIEOULLON, 
  • Henri SCHMITT
  •  • 13 735 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « Les récepteurs postsynaptiques »  : […] L' utilisation de techniques biochimiques, pharmacologiques et neuroanatomiques très fines a permis de préciser la nature et la localisation des récepteurs aux neuromédiateurs qui font aujourd'hui l'objet d'études considérables au niveau de la biologie moléculaire. Les résultats montrent une pluralité de sites d'action membranaires pour un seul neuromédiateur. Ces sites de reconnaissance membranai […] Lire la suite

NEUROBIOLOGIE (HISTOIRE DE LA)

  • Écrit par 
  • Jean-Gaël BARBARA
  •  • 3 877 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « L’ère des neurotransmetteurs »  : […] C’est au cours des années 1950-1980 que l’on découvre la nature de la plupart des neurotransmetteurs, alors que l’étude du premier d’entre eux défini expérimentalement, par Henry H. Dale (1875-1968) et Otto Loewi (1873-1961) au cours des années 1920, l’acétylcholine, s’était déjà étendue à un grand ensemble de préparations biologiques au cours des années 1940. La recherche de neurones du cerveau […] Lire la suite

NEUROLOGIE

  • Écrit par 
  • Raymond HOUDART, 
  • Hubert MAMO, 
  • Jean MÉTELLUS
  • , Universalis
  •  • 30 238 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Le XXe siècle et les neurosciences »  : […] À la sémiologie clinique traditionnelle les médecins associent peu à peu une sémiologie instrumentale. Dès la fin du xix e  siècle, des chercheurs travaillent dans cette voie. C'est l'entrée en scène des neurophysiologistes, qui s'intéressent aux structures histologiques, aux questions de physiologie et aux problèmes du fonctionnement du système nerveux. Un peu partout dans le monde, les travaux s […] Lire la suite

NEUROVÉGÉTATIF SYSTÈME

  • Écrit par 
  • Paul DELL
  •  • 15 353 mots
  •  • 20 médias

Dans le chapitre « Les transmissions cholinergiques »  : […] L' acétylcholine (ACh) assure la transmission de l'influx nerveux dans deux types de jonctions : celle du neurone postganglionnaire avec l'organe effecteur du système parasympathique et celle du neurone préganglionnaire avec le neurone postganglionnaire tant dans le système parasympathique que dans le système orthosympathique. Après avoir résumé les notions actuelles sur la synthèse et la destruct […] Lire la suite

RÉACTION INFLAMMATOIRE

  • Écrit par 
  • Jean-Marc CAVAILLON
  •  • 4 576 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Régulation négative de l’inflammation et phase de résolution »  : […] Sans contrôle, une réaction inflammatoire pourrait devenir délétère pour les tissus. Des mécanismes de contrôle négatif existent, qui permettent la résolution de l’inflammation. Aussi localisée que soit une réaction inflammatoire, l'ensemble de l'organisme est informé de sa survenue, en particulier grâce à la production de la cytokine IL-6 dont le niveau reflète l'intensité et la sévérité de la […] Lire la suite

RESPIRATOIRE (APPAREIL) - Pharmacologie

  • Écrit par 
  • Henri SCHMITT
  •  • 1 518 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les bronchodilatateurs »  : […] Les bronchodilatateurs ont l' asthme et, en général, le syndrome obstructif pour indication majeure. Au cours de la crise d'asthme allergique, la bronchoconstriction est la conséquence de l'interaction entre un allergène et un anticorps, qui libère des substances spasmogènes telles que l' acétylcholine et l' histamine. En effet, le calibre des bronchioles est sous le contrôle du système nerveux a […] Lire la suite

SARIN

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 1 094 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La toxicité du sarin »  : […] Le sarin passe dans le corps par respiration ou au travers de la peau. La dose létale chez l'adulte est de l'ordre de 500 microgrammes. Sa toxicité est due à la fixation du phosphate réactif sur un groupement hydroxyle (–OH) du site actif d'enzymes, en particulier de l'acétylcholinestérase, l'enzyme qui au sein du système nerveux détruit le transmetteur acétylcholine. Les effets du sarin sont a […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Paul MANDEL, « ACÉTYLCHOLINE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/acetylcholine/