Sport et argent constituent un couple des plus soudés, malgré la crise financière et économique mondiale – peuvent en témoigner les 94 millions d'euros versés en juin 2009 par le Real Madrid à Manchester United pour recruter le footballeur portugais Cristiano Ronaldo et le salaire que celui-ci perçoit (près de 13 millions d'euros net par an).
Ce couple, connu dès l'Antiquité, s'est réellement formé dans l'Angleterre du xixe siècle, a timidement gagné la France au début du xxe siècle, puis a prospéré dans le monde entier à partir des années 1980, avec l'omnipotence des médias et la pleine acceptation du professionnalisme par le Comité international olympique (C.I.O.).
Mais la vie de ce tandem n'est pas des plus tranquilles. En effet, cette intimité entre sport et argent suscite de multiples questionnements. Le sport peut-il se voir considéré comme une marchandise, dont la valeur fluctuerait selon les lois d'un marché, suivant l'offre et la demande ? Est-il possible d'envisager une forme de contrôle du sport-spectacle sur le plan international, notamment pour combattre les excroissances du phénomène : corruption, paris clandestins, voire blanchiment d'argent ? L'importance des sommes versées par les médias pour retransmettre les événements sportifs ne dénature-t-elle pas certaines compétitions, créant en outre une frontière tangible entre « grands » et « petits » sports ? Le sponsoring sportif peut-il réellement s'inscrire dans une démarche d'entreprise classique ? Les revenus des stars du sport demeurent-ils en phase avec une quelconque réalité économique ?
1. Bref historique
Certes, lors des concours sacrés panhelléniques de l'Antiquité, les lauréats des compétitions ne recevaient qu'une récompense honorifique (la branche d'olivier sacré des jeux Olympiques, la branche de pin des jeux Isthmiques, le laurier coupé par les prêtres des jeux Pythiques...). Néanmoins, les athlètes étaient déjà soutenus par leurs cités, qui leur accordaient des avantages substantiels – au point que, en 580 avant […]
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