3. Un contrôle international est-il possible ?
Quels pourraient être les objectifs d'un contrôle international en matière sportive ? Deux axes semblent primordiaux : avant tout, sanctionner les multiples acteurs qui gangrènent le sport professionnel, conduisant parfois à la corruption et au blanchiment d'argent ; par ailleurs, définir des règles communes en matière de législation et de fiscalité, pour éviter les dérives financières et afin que l'égalité des chances redevienne la norme des compétitions.
• L'ombre de la corruption
Depuis plusieurs années, le spectre de la corruption plane sur maints événements sportifs. On conserve bien sûr en mémoire le fait que la ville de Salt Lake City a obtenu l'organisation des jeux Olympiques d'hiver de 2002 en achetant les votes de plusieurs membres du C.I.O. Mais ce fléau s'avère multiforme, le football étant particulièrement touché. Ainsi, dans un rapport de 2004, le Service central de prévention de la corruption français indiquait que « compte tenu des enjeux financiers en cause, les risques de fraudes et de corruption ainsi que l'utilisation du sport comme vecteur de blanchiment d'argent sale se multiplient ». En mars-avril 2006, Gervais Martel, alors président de l'Union des clubs professionnels de football, n'hésitait pas à titrer l'un de ses éditoriaux : « Tous pourris ». Il évoquait les rétro-commissions, les banques offshore, des personnages douteux et des mafias. Quelques mois plus tard, l'Italie, dont l'équipe nationale allait remporter la Coupe du monde, fut touchée par une gigantesque affaire de matchs truqués, laquelle jeta l'opprobre sur le Calcio et conduisit à la rétrogradation de la Juventus Turin en Série B. En 2008, Jorge Pinto da Costa, président du F.C. Porto, fut accusé d'avoir acheté des arbitres lors de la saison 2003-2004 – il bénéficiera d'un non-lieu. Mais la corruption ne touche pas que les « grands » sports : en mars 2009, on apprenait que les arbitres de plusieurs matchs de handball internationaux avaient fait […]
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